I Résolution adoptée par le 5° Congrès Mondial
1. - Le fait dominant dans le développement de la révolution mondiale depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, est la progression de la révolution coloniale qui englobe les trois-quarts de la population de la terre, et qui se développe sur tous les continents qui ont été colonisés.
La première guerre mondiale et la victoire de la Révolution d'Octobre avaient contribué à l'éveil des peup.es colonisés, particulièrement en ASIE. L'Internationale Communiste autira, pour la première fois, l'intérêt du mouvement ouvrier métropolitain sur les soulèvements des peuples coloniaux comme élément de la lutte pour la révolution mondiale et formula les principes de la tactique et de la stratégie communistes dans les mouvements des masses coloniales.
Dans les douze années qui viennent de s'écouler depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, la révolution coloniale a connu une ampleur croissante et continue à déferler sur toutes les régions qui furent coonisées dans les siècles passés. (ASIE, MOYEN-ORIENT, AFRIQUE, AMERIQUE LATINE...).
La révolution coloniale a triomphé comme révolution prolétarienne en CHINE, puis en COREE DU NORD et au NORD-VIETNAM.
La viccoire de la révolution en CHINE a énormément contribué à déplacer le rapport des forces sociales.
Les mouvements révolutionnaires qui ne cessent de se poursuivre non seulement attestent ce deplacement du rapport de forces global; dans de nombreux cas ils l'ont encore accentué dans un sens plus défavorable à l'impérialisme et plus favorable aux masses et à la révolution mondiale. Les défaites subies par les masété que partielles et limitées.
La révolution coloniale a placé l'impérialisme mondial — en dépit de sa supériorité technique et matérielle présente — dans une situation qui, en dehors de tentatives pour contenir ou repousser la révolution coloniale sur des secteurs restreints, n'a d'autre perspective pour lui que la troisième guerre mondiale contre une combinaison des Etats ouvriers et de la Révolution coloniale pour rétablir globalement son équilibre désormais rompu.
La révolution coloniale met en mouvement les masses les plus arriérées économiquement et culturellement, en vue de leur faire franchir dans des délais historiquement courts le chemin jadis parcouru par les pays capitalistes avancés • de Europe occidentale et le chemin de la construction de la société socialiste. Si, sur le plan politique, la victoire de la révolution en CHINE et la progression de la révolution coloniale ont désormais assuré la victoire de la révolution mondiale, les problèmes économiques et culturels posés par cette propulsion de la très grande majorité de l'humanité ne pourront être résolus qu'avec la victoire de la révolution dans les pays capitalistes les plus évolués.
La révolution coloniale a entraîné une modification des rapports de force entre les masses et les bureaucraties - que ce soit la bureaucratie dirigeante du Kremlin et ses serviteurs, ou les bureaucraties réformistes. Elle a donc puissamment contribué à la crise du régime bureaucratique dans les Etats ouvriers et des vieilles directions ouvrières dans le monde capitaliste.
Sur le plan théorique, la révolution coloniale a apporté une vérification éclatante de la théorie de la révolution permanente, vérification forte du poids de 600 millions de Chinois dans l'histoire actuelle, et a fait pénétrer déjà des parties de cette théorie dans la pensée de communistes à formation stalinienne. Elle a aussi enrichi cette théorie, et par conséquent le marxisme.
PINTERNATIONALE QUATRIEME 2. LA REVOLUTION COLONIALE EST UNE PARTIE INTEGRANTE
DE LA REVOLUTION SOCIALISTE MONDIALE a) En raison de son développement propre.
La marche de la révolution chinoise — depuis 1911 jusqu'en 1949 — a montré, tant par les lourdes defaites qu'elle a connues que par sa victoire finale, qu'il n'y a pas, dans la structure du monde actuel, de possibilité pour la bourgeoisie endigène d'accomplir l'ensemble des tâches fondamentales de la révolution démocratique ( indépendance nationale économique et politique, unité nationale, réforme agraire) et d'instaurer un régime bourgeois stable dans lequel les forces productives connaitraient une longue période de développement, volutions des 17°, 18° et 19º siècles, et ces pays deviendraient des puissances impérialistes indépendantes.
En dépit de variations du rythme de progression resuitant surtout, comme on le verra plus loin, du rôle joué par le gouvernement soviétique et les directions de partis contrôles par lui, la marche de la révolution coloniale dans le monde ne trouve aucune solution effective sous une direction bourgeoise et sa victoire ne peut être assurée que par une direction prolétarienne.
comparaison la plus éclatante est donnée entre la CHINE et l'INDE : entre la Chine, ou la révolution se poursuit sous une direction ouvrière (très empirique et opportuniste) et l'Inde, où la bourgeoisie indigene dirigeante à présent de l'appui financier de l'impérialisme et de l'aide politique matérielle du gouvernement soviétique. Une telle comparaison aboutit aux conclusions suivantes:
- L/Inde n'a pas résolu les tâches essentielles de la révolution démocratique :
l'indépendance politique a été acquise, mais l'unité nationale n'est pas achevée
(Pakistan) et la réforme agraire n'a pas éte ettectuee ;
Le régime bourgeois de l'Inde ne présente aucune stabilité réelle ; il se prolonge avant tout grâce aux traditions et à l'autorité du parti du Congrès, acquises dans les luttes anciennes contre l'impérialisme britannique, et à la personnalité de Nehru ;
Pour répondre aux sentiments des masses indiennes qui sont affectées par le développement des forces productives en Chine, gouvernement indien a élaboré un deuxième plan quinquennal ambitieux qui devait montrer des possibilités de développement économique sans qu'il soit necessaire de recourt aux méthodes révolutionnaires. Mais la situation économique en Inde s'est considérablement détériorée (inflation, manque de devises), et le deuxième plan quinquennal est entré dans une crise qui exigerait dès à présent des sommes considérables (selon les estimations du ministre des Finances, deux milliards de dollars) pour être surmontée. Ainsi, bien qu'à la différence de la Chine boycottée par les Etats-Unis, l'Inde ait eu des relations normales avec le monde entier, ses possibilités économiques dans le cadre du maintien du régime capitaliste se sont révélées très limitées ; • L'Inde ne pourra s'ouvrir la voie vers un développement de ses forces productives comparable à celui de la Chine que par le bouleversement du régime capitaliste et la réalisation de la réforme agraire.
Dans tous les pays qui, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, ont accé dé à l'indépendance politique, ce changement d'ordre politique a rapidement dissipé les illusions sur « l'unité nationale » de toutes les couches sociales, et les masses ont aussitôt mis en avant avec vigueur, en opposition aux objectifs de la bourgeoileurs revendications propres, sans lesquelles I'ndépendance nationale ne serait qu'une forme vide pour elles.
Dans tous les mouvements coloniaux est apparu ce que Nasser a dépeint empiriquement comme la marche simultanée de « deux révolutions ». c'est-a-dire, en termes marxistes, le caractère permanent de la révolution coloniale
Les peuples coloniaux ne revendiquent pas seulement une égalité formelle de droits avec les nations occidentales. A l'égalité politique, et pour que celle-ci soit pas une forme dépourvue de substance, ils ajoutent l'égalité des conditions d'existence. C'est pourquoi dans tous les pays coloniaux et semi-coloniaux l'idée de lindustrialisation exerce une influence profonde sur toutes les couches de la population. et du fait du processus d'industrialisation qui commence a s'opérer même dans le cadre colonial, les positions du prolétariat des colonies se
Get celui-ci pourrait plus aisément revendiquer et obtenir la direction de la lutte, s'il n'y avait la trahison stalinienne et réformiste pour le mettre à la remorque de la bourgeoisie indigène.
La deuxième loi de la révolution permanente (transformations révolutionnaires et développements par bonds dans tous les domaines aprês l'établissement du voir prolétarien) se trouve à présent confirmée en CHINE, comme elle l'avait été en U.R.S.S
A ce sujet, le rythme du développement économique dans les pays coloniaux et semi-coloniaux après la victoire sur l'impérialisme dépend dans une large mesure de l'aide que peut leur apporter la révolution victorieuse dans les pays industriellement avancés. La tâche formidable de la révolution coloniale, c'est d'assurer en 40
QUATRIEMEINTERNATIONALE un temps relativement court à près de deux milliards d'être humains un niveau d'existence de l'ordre de celui que possèdent à présent quelques centaines de millions de personnes, construction du socialisme. Si ces pays sont obligés de résoudre ces problèmes essentiellement avec leurs propres forces ou avec une aide inévitablement réduite de lU.R.S.S. - et tel est encore le cas pour la Chine — ils ne pourront le faire que ientement, avec de grands sacrifices pour les masses travailleuses et des dangers de déformations bureaucratiques, même sous une direction authentiquement révolutionnaire.
b) Par ses effets sur la stabilité des régimes capitalistes dans les métropoles.
June période où la lutte révolutionnaire des masses européennes a par les directions social-démocrates et staliniennes, où la poussée révolutionnaire de 1944-1945 a pu être contenue en raison d'une part du soutien americain aux forces bourgeoises, et d'autre part de l'impuissance des partis communistes orientés sur les objectifs de la diplomatie du Kremlin, le monde capitaliste dans les métropoles même n'a pas pu rétablir une stabilité économique et politique durable à cause des efforts qu'il devait dépenser contre la révolution colo-
L'extension de la révolution coloniale n'a pas seulement affaibli l'économie des pays impérialistes, elle a aussi constitué un frein efficace à l'extension des exportations (ETATS-UNIS, SUISSE, BELGIQUE, de capitaux, causant ainsi une pléthore de capitaux dans certains pays en partie GRANDE-BRETAGNE et ALLE MAGNE) et un retard persistant de l'industrialisation, même de type colonial, de certaines régions du monde, ce qui accentue à la fois la crise des pays coloniaux et la crise du système capitaliste mondial dans son ensemble.
Ce sont évidemment les deux grandes puissances colonialistes du 19º siecle, la GRANDE-BRETAGNE et la FRANCE, qui ont subi les eftets les plus importants de la révolution coloniale.
Le capitalisme britannique, malgré une politique relativement souple dans un grand nombre de territoires de son ex-empire, a perdu position sur position, tant du point de vue stratégique qu'économique, Dans le MOYEN-ORIENT se trouve posée une question de vie ou de mort pour son commerce et son indusurie, pour son existence comme pays capitaliste.
L'impérialisme français depuis 1946 n'a pas cessé un seul jour d'être en guerre avec des peuples colonisés. Il a cédé ses positions en EXTREME-ORIENT et se bat le dos au mur en AFRIQUE DU NORD, la défaite en ALGERIE entrainant l'écroulement de son empire africain. Les guerres coloniales grèvent lourdement le budget. Des centaines de milliers d'hommes sont mobilisés pour elles. L'armée a été profondément entamée dans son moral. Le capitalisme français n'a survécu que grâce à l'aide des Etats-Unis et à la politique désastreuse et criminelle des directions du P.C.F. et du P.s.
Quant à l'impérialisme américain qui bénéficie encore d'un équilibre social depuis longtemps disparu en Europe, toute sa structure économique se trouve minée par le fait qu'il n'a pas de réelles perspectives d'expansion en raison de la révolution coloniale. Il ne peut pas trouver, comme la Grande-Bretagne du 19e siecle, les débouchés adéquats à ses forces productives. Alors que celles-ci sont considérables, il se trouve en face d'un monde capitaliste qui se réduit, et c'est seulement aux dépens des ses « alliés » qu'il a des possibilités restreintes d'expansion. En même aux Etats-Unis, sur le plan politique et social, la première source d'instabilité est constituée par le mouvement de revendication des Noirs qui, dans une grande mesure, est influencé par les succès des mouvements d'émancipation ds peuples colonises.
En résumé, tant par la logique de son propre developpement que par ses effets sur la stabilité des régimes capitalistes dans les métropoles, la révolution coloniale est partie intégrante de la révolution socialiste mondiale et, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale jusqu'à ce jour, elle a constitué l'élément le plus important dans la révolution mondiale. 3. LES DIRECTIONS ACTUELLES DES REVOLUTIONS COLONIALES
La révolution coloniale se développe à des rythmes différents et sous des directions diverses, suivant les
En CHINE, dans une partie de la COREE et du VIETNAM, elle a triomphé sous une direction d'un parti ouvrier d'origine stalinienne.
A CEYLAN, elle progresse sous une direction marxiste révolutionnaire
En BOLIVIE, ses chances et ses succès dépendent avant tout de la capacité de la direction marxiste révolutionnaire à remplir son rôle de manière efficace
Dans la plupart des cas, existent des formations politiques ouvrières assez puissantes, elle se trouve à présent sous une direction bourgeoise ou Les causes coe. u petite-bourgeoise. cette situation résident beaucoup moins dans les conditions objectives spécifiques des pays coloniaux ou semi-coloniaux (jeunesse ou faiblesse du prolétariat, poids de la paysannerie et des classe moyennes indigènes) que dans la politique des directions ouvrières des métropoles, réformistes ou staliniennes des dans la politique du Kremlin. Elles préconisent dans les colonies l'alliance ouvriers et des masses paysannes et petites bourgeoises pauvres avec la bourgeoi sie indigene sous la direction de celle-ci et sur son programme. Staliniens et réformistes ont enfin paralysé les travailleurs des métropoles au lieu de les appeler à des actions de solidarité envers des peuples coloniaux. Dans ces conditions, ceuxci ne voient pas encore dans le socialisme, le communisme, une réponse à leurs besoins, et tendent à se tourner vers des idéologies formulées par les leaders bourgeois ou petits bourgeois (justicialisme, panarabisme, ete...). 4. LES PAYS COLONIAUX ET LA SITUATION INTERNATIONALE
Au cours des années d'après-guerre, entre la coalition atlantique des pays impérialistes et l'alliance des Etats ouvriers, les pays à structure coloniale qui ont accédé à l'indépendance politique en ASIE et en AFRIQUE ont constitué le groupe de Bandoeng qui cherche à tirer le maximum de profit économique et politique de l'équilibre précaire qui s'était établi entre l'Est et l'Ouest et de leur antagonisme.
Les Etats latino-americains ont beaucoup moins bien réussi à constituer ur Ils n'hésitent pas à utiliser à leur profit les rivalités économiques inter-impérialistes sur leur continent. A l'occasion, ils manifestent leurs sympathies envers les gouvernements bourgeois des pays du groupe de Bandoeng contre les visées impérialisies, mais ils sont nettement alignés derrière l'impérialisme américain contre l'U.R.S.S., étant d'ailleurs liés à lui par un réseau d'accords économiques, politiques et militaires dans l'Organisation des Etats Américains, précisément à de la peur que leur inspirent les sympathies grandissantes des masses latino-américaines envers l'U.R.S.S. et la Chine.
La) La politique des impériailstes. Les impérialistes ont eu une politique différenciée suivant les régions et variabe avec le temps.
Tandis que la GRANDE-BRETAGNE accordait l'indépendance politique formelle a INDE, a CEYLAN et à la BIRMANIE dès le lendemain de la guerre, partout ailleurs les impérialistes s'efforçaient de défendre chacun leurs propres positions (HOLLANDH en Indonesie, FRANCE au Vietnam, GRANDE-BRETAGNE en Malaisie). D'autre part, les ETATS-UNIS, tout en affectant d'accorder l'indépendance formelle aux PHILIPPINES, y consolidaient un régime compiètement à leur soumission.
En EXIREME-ORIBNT, les Français et les Hollandais ont perdu leurs positions essentielles. La Grande-Bretagne ne maintient qu'une domination précaire en Malaisie.
Economiquement ce sont les ETATS-UNIS qui tendent à supplanter les anciens impérialismes déchus. L'impérialisme américain qui, en raison de sa puissance écrasante par rapport aux vieux impérialismes et de son rôle dirigeant coalition impérialiste, a prôné une politique de « modération » et de « compréhension » pour associer les bourgeois indigènes dans la lutte générale contre la révolution socialiste montante, n'en a pas moins montré en AMERIQUE LATINE (Guatémala, Argentine...) qu'il est tout disposé à organiser des opérations de force là où il lui apparait que ses intérêts vitaux peuvent être affectés par un mouvement de masse que ne pourrait endiguer la bourgeoisie indigène, ou lorsque des bourgeoisie s'écartent de façon dangereuse de son orbite. Il a montré en CORDD et dans sa politique à l'égard de T'IRAN, qu'il n'hésitera pas à agir ainsi en n'importe quel point du globe.
Au cours des toutes dernières années, les impérialistes français et anglais ont earune politique dite voient leurs derniers retranchements d'Afrique menacés, renciee dans ce continent, accordant - sous une pression irrésistible - l'indépendance à une bourgeoisie indigène plus ou moins développée (MAROC, TUNISIE, TOGO, COTE DE L'OR...), mais se livrant à une répression forcenée dans les pays gui occupent des positions stratégiques (KENYA) ou dans lesquels le mouvement des masses est difficile à canaliser (ALGERIE).
L'Afrique, entité géographique, ne représente pas une unité ethnioue suffisante pour que lensemble de ses pays puissent sauter par-dessus l'étape de la constitution de nations distinctes. Mais si cette étape est en train de se réaliser dans tout le nora du continent, de Casablanca à Suez, et si demain l'Egypte et sans doute aussi la Libye, trouveront leur place dans une Fédération arabe des pays du Moyen-Orient, la partie de l'Afrique au sud du Sahara a été artificiellement découpée lors de la conquête imperialiste en entités ne correspondant à aucune unité historique et les impérialistes tentent de maintenir leur domination en donnant une indépendance ou une autonomie sans substance à de telles « nations », en « balkanisant » l'Afrique (loi-cadre Deferre pour les territoires coloniaux de l'impérialisme français). Sans sous-estimer l'importance propagandiste que peut avoir pour le mouvement d'émancipation le rappel d'anciens empires noirs disparus (Ghana, Songho, Congo, pays des Kaffirs, ete.), et sans manquer d'exploiter toutes les possibilites d'arriver a independance politique même dans le cadre des frontières artificielles d'aujourd'hui, l'avant-garde révolutionnaire orientera résolument ses efforts vers la constitution des Etats-Unis Socialistes d'Afrique, pays de l'Afrique du Nord étant libres de choisir leur confédération avec la Fédération des pays arabes, avec l'Afrique socialiste, ou avec l'Europe socialiste, selon leur propre gré.
Le Moyen-Orient a vu l'impérialisme anglais pratiquement éliminé de cette région où il avait joui depuis la fin de la première guerre mondiale d'une suprématie quasi totale (à l'exception de la Syrie et du Liban où dominait l'impérialisme français). Sa dernière tentative à Suez en octobre 1956, en liaison avec l'impérialisme français et l'Etat d'Israël, l'a contraint de céder la place de champion de l'impérialisme aux Etats-Unis. Ceux-ci ont montré depuis lors l'importance extrême qu'ils attachent à cette partie du monde (doctrine Eisenhower) qui constitue à l'heure actuelle une des régions les plus explosives dans les rapports internationaux.
Mb) La politique de l'U.R.S.S. et de la CHINE. Parce qu'ils n'ont aucun intérêt économique de nature impérialiste dans les pays coloniaux et semi-coloniaux, Moscou et Pékin ont eu, à la différence des impérialistes, l'attitude la plus amicale envers les gouvernements des bourgeoisies indigènes du bioc de Bandoeng. Ils leur ont accordé un soutien dans leur résistance aux visées impérialistes, mais ils approuvent en même temps ces gouvernements, les appuyant aussi contre les revendications des masses travailleuses de ces pays (INDE, INDONESIE, MOYEN-ORIENT...)
L'influence du Kremlin peut s'accroitre d'autant plus que, sur le plan econo mique, TU.R.S.S. se trouve actuellement en état de fournir une aide relativement substantielle à ces pays coloniaux et semi-coloniaux dans leurs plans d'industrialisation et dans leurs besoins d'armements, grâce aux possibilités de l'industrie soviétique et aux stocks d'armements fabriqués au cours de la « guerre froide » et qui sont actuellement remplacés par un armement plus moderne, et d'assurer en échange, à ces pays, une garantie d'écoulement croissant de leurs productions en matieres premières et en produits agricoles dont l'U.R.S.S. a un besoin gran-
De ce fait, les pays du groupe de Bandoeng ont montré une attitude • neutraliste » marquée par une inclination plus favorable envers l'U.R.S.S qu'envers les Etats capitalistes.
L'entente des Etats ouvriers avec les pays de la conférence de Bandeng est fragile du point de vue des intérêts particuliers des directions ; devant le danger des masses, les directions nationales bourgeoises se retourneront du côté de limpérialisme américain. Par contre les intérêts des masses coloniales et des masses des Etats ouvriers vont dans le sens d'un renforcement de cette coalition.
Les directions des pays de la conférence de Bandoeng ont elles-mêmes des intérêts divergents de pays à pays; dans certains cas existent même oppositions entre eux (divergences entre Etats arabes du Moyen-Orient gences Inde-Pakistan). Fondamentalement, les dirigeants de ces pays sont des courgeois ou des chefs féodo-capitalistes soucieux du maintien du systeme capitasource de leurs profits. Mais ils se tournent du côté des dirigeants soviétiques, représentants de la bureaucratie dirigeante, parce que ceux-ci leur donnent un appui à la fois contre les visées impérialistes et contre les revendications des
Mais ni les uns ni les autres ne sont actuellement en état de ne pas tenir compte des masses qui, tant dans ces Etats que dans les Etats ouvriers, sont en montée révolutionnaire. Et, comme nous l'avons exposé plus haut, les aspirations des masses des pays colonisés rejoignent celles des masses des Etats détruire l'impérialisme et le capitalisme, construire un monde de bien-être et de liberté. 5. LES GOUVERNEMENTS BONAPARTISTES
Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale jusqu'a ce jour, l'équilibre international instable qui a été caractérisé par un déclin accentué du capitalisme et un affaiblissement des positions impérialistes d'une part, et par le développement économique grandissant de l'U.R.S.S. et l'opportunisme le plus grossier du Kremlin freinant les mouvements de masses d'autre part, cet équilibre instable a fait surgir dans une série de pays coloniaux et semi-coloniaux des gouvernements de type bonapartiste (Nasser, Sukarno, et autrefois Péron...).
Les nommes qui sont a la tete de ces gouvernements paraissent souvent portés par l'ensemble de la nation, ou du moins, par les grandes masses de leur pays Ils agissent aussi de façon bonapartiste, en arbitre par rapport aux diverses couches sociales de leur pays. Mais l'examen de leur programme montre sans aucun doute possible qu'ils expriment les intérêts fondamentaux de la bourgeoisie indifonciers et à la bourgeoisie compradore alliés à l'impérialisme, à créer un marché cherchant à s'assurer une place plus grande par rapport aux propriétaires indigène plus grand dans la paysannerie et, éventuellement, à élargir ce marché à des pays limitrophes.
Ces hommes disposent d'un pouvoir disproportionné par rapport aux forces propres de la bourgeoisie indigène.
Leur force provient essentiellement de la possibilité qu'ils ont eue de jouer un rôle bonapartiste tant à l'échelle internationale qu'à l'échelle nationale. Sur le plan international ils ont pu exploiter l'antagonisme Est-Ouest ; sur le plan national ils ont pu se servir de la grande combativité des masses paysannes et ouvrières contre l'impérialisme, les propriétaires fonciers et les compradores.
L'exemple de Péron a cependant montré les limites de tels gouvernements. Ils ne peuvent poursuivre une lutte conséquente contre l'impérialisme et les autres classes possédantes, à la fois en raison des liens qu'ils possèdent également avec elles et de leur faiblesse intrinsèque en face des masses dont ils utilisent la combativité. Ils sont ainsi amenés, en périodes de difficultés économiques, à se retourner contre les masses et à leur reprendre une partie des avantages que celles-ci avaient obtenus dans la première partie de la lutte. Au moment ou le soutien des masses leur fait défaut, 'impérialisme et les autres couches possédantes n'hésitent pas à s'attaquer à eux, spéculant essentiellement sur l'impossibilité pour ces gouvernements de faire le saut mortel hors du cadre capitaliste, en armant les masses et en s'attaquant a la propriéte capitaliste.
Les mêmes hésitations qui caractérisent l'attitude politique de la bourgeoisie indigène - ballottée entre le mouvement de masse et l'impérialisme — caractérisent aussi sa politique économique, non seulement en ce qui concerne des problèmes de structure comme la réforme agraire, mais aussi et surtout envers le problème de l'industrialisation. Les résultats importants qui ont été obtenus dans certains cas comme celui du Brésil ne l'ont été que dans des secteurs qui ont été stimulés par des capitaux étrangers. L'industrialisation par les moyens propres de la bourgeoisie indigène n'a nulle part atteint des résultats importants.
En outre, en dépit d'une industrialisation plus grande des pays à coloniale, leur rythme de développement reste inférieur à celui des pays métropolitains. Il en résulte que leur situation relative dans le monde est loin de s'amé-
: ainsi dans la période de bonne conjoncture de l'économie capitaliste qui 1954, cette conjoncture n'a atteint que les pays capitalistes évolués, tandis que les pays colonisés, notamment en AMERIQUE LATINE, connaissent de sérieuses difficultés économiques. Il s'établit une nouvelle structure des échanges dans le monde capitaliste qui réduit leurs débouchés pour une série de leurs
En résumé, ces gouvernements de type bonapartiste ont eu une puissance apparente, mais au fond très limitée dans ses capacités, en raison d'une conjonction de circonstances internationales, du conflit Est-Ouest et de la politique de trahison du Kremlin envers les mouvements de masse menaçant le statu quo. 6. LA PAYSANNERIE DANS LA REVOLUTION COLONIALE
ET SA LIAISON AVEC LE PROLETARIAT Avec la question de la libération du joug impérialiste, la question agraire est la question dominante dans les pays coloniaux et semi-coloniaux, celle qui est la plus explosive en raison de la grande misere des masses paysannes et de leur poids numerique dans La structure sociale de la paysannerie dans ces pays est variée à l'extrême, d'un pays à l'autre et au sein d'un même pays. Mais qu'il y ait des grands propriétaires fonciers avec une structure semi-féodale ou de minuscules petites propriétés ne permettant pas à la paysannerie de vivre de son travail, il n'existe nulle part de « partis paysans ». La paysannerie suit, pour la défense de ses intérêts économiques et politiques, des formations politiques urbaines (bourgeoises, petites bourgeoises ou prolétariennes).
Là où existent des plantations se trouve un prolétariat agricole, dont les caractéristiques essentielles sont celles du prolétariat, et il relève du prolétariat comme formation sociale.
La révolution coloniale triomphante, c'est — en résumé - le soulèvement de la paysannerie dirigé par le prolétariat. En Chine la victoire a été acquise sans intervention de la classe ouvriere, par la seule lutte d'armées paysannes dirigées par un parti ouvrier. Mais il ne s'agit que d'un cas unique, dû à des circonstances tout a tait exceptionnelles (décomposition extrême du régime bourgeois, proportion numerique considérable entre la paysannerie et le prolétariat, politique du P. C. chinois envers les villes, traditions anciennes de guerres paysannes, politique des U.S.A. tournée principalement vers l'Europe, bourgeoisie chinoise antérieurement affaiblie par les impérialistes japonais, armes japonaises prises par les armées rouges chinoises...).
La tâche du parti révolutionnaire pour assurer la victoire de la révolution coloniale est de combiner la lutte des prolétaires des villes avec celle de la paysannerie.
Cette combinaison trouve une de ses expressions les plus élevées dans les gué44
INTERNATIONALE rillas, qui — face aux forces armées de l'impérialisme et de l'Etat bourgeois se montrent un puissant moyen de lutte et un facteur non moins puissant d'organisation politique.
Ces guérillas ne peuvent vivre, se développer et vaincre qu'en étant formées d'individus possédant un moral révolutionnaire très élevé et étant liées aux masses du pays. C'est dire qu'elles tendent à devenir une sélection d'avant-garde élaborant et appliquant une politique correspondant aux intérêts des masses.
En plus de leur importance politique essentielle, les guérillas se montrent aussi une forme de lutte « économique », nécessitant un encadrement limité, un petit nombre de combattants, peu de moyens matériels et entrainant une paralysie et une démoralisation de forces ennemies considérables.
LE PROLETARIAT DANS LA REVOLUTION COLONIALE En dépit de sa faiblesse numérique, le prolétariat des pays coloniaux a tendu, dès sa formation, à jouer un rôle dirigeant dans la révolution coloniale, se faisant dans les luttes anti-impérialistes le porte-parole des autres couches de la population laborieuse, et en premier lieu de la paysannerie, dont il était fraîchement issu. Il pourrait puiser une force immense dans le fait qu'il appartient au prolétariat mondial, seule classe sociale qui ne se trouve pas fondamentalement divisée par des intérêts locaux ou nationaux. Mais, précisément parce que le prolétariat des pays coloniaux n'a pas reçu des prolétaires des pays métropolitains la solidarité internationale nécessaire, il s'est trouvé affaibli dans sa lutte pour la direction de la révolution coloniale.
Tandis que le mouvement ouvrier des pays coloniaux et semi-coloniaux présente des caractéristiques variables sur le plan politique d'un pays à l'autre, qu'il se trouve parfois sous une direction stalinienne et, le plus souvent, sous des rections bourgeoises et petites bourgeoises, une de ses caractéristiques principales pour tous les pays, c'est la création de puissantes organisations syndicales.
Ce fait est avant tout le produit du développement de la conscience de classe des prolétaires des pays coloniaux et aussi de la nécessité objective pour le capitalsme du 20º siecle d'avoir un marche du travail organisé, Dans certains cas, la bourgeoisie industrielle indigene a favorisé l'organisation syndicale ouvrière. comme un moyen pour utiliser la force des travailleurs d'une manière contrôlée contre l'impérialisme ou les couches possédantes liées à lui.
La révolution coloniale étant encore le plus souvent sous une direction bourgeoise ou petite bourgeoise, il en résulte fréquemment que la direction des syndicats est entre les mains d'hommes appartenant à des partis bourgeois ou petits bourgeois. Néanmoins cette appartenance politique des directions n'altère nullement le fait que les syndicats sont des organisations ouvrières, des organisations de classe, et non des appendices des partis bourgeois ou petits bourgeois. Même les dirigeants de ces syndicats ne peuvent pas servir seulement les intérêts de la bourgeoisie ou de la petite bourgeoisie au sein de ces syndicats. Ils subissent d'une façon plus ou moins accentuée la pression des masses ouvrières. Très souvent, les dirigeants des organisations syndicales sont obligés de se placer à gauche au sein des partis bourgeois ou petits bourgeois.
Etant donné la situation dans laquelle se trouvent les pays coloniaux ou semicoloniaux, il y a inévitablement une combinaison de la lutte politique avec la lutte syndicale. Là où des partis ouvriers de masse reconnus par celles-ci font défaut les syndicats ont tendance a deborder le cadre syndical et à jouer, le cas échéant un rôle de parti et un rôle d'organisation du pouvoir ouvrier dans les grands moments de crise.
Le fait que la classe ouvrière des pays coloniaux ou semi-coloniaux commence dans de nombreux cas son expérience comme classe par le canal de l'organisation syndicale aura des consequences importantes dans le développement de la classe ouvrière sur le plan politique. Dans ces cas, il n'y a pas de doute que le mouvement syndical sera appelé a jouer un rôle important dans la formation du parti ouvrier de masses. 8. LES PARTIS SOCIALISTES DES PAYS COLONIAUX
Il existe dans certains pays coloniaux et semi-coloniaux des partis socialistes, ou bien des partis à idéologie socialisante.
Il nest pas possible de mettre sur le même plan, au point de vue de leur nature de classe, les partis socialistes des pays capitalistes et les partis socialistes des pays coloniaux. Les partis socialistes des métropoles, tout en étant des organisations a politique réformiste, sont historiquement et socialement des organisaions de la classe ouvrière ; pour des pays aussi importants que l'Allemagne a Grande-Bretagne, ce sont les partis de masse des ouvriers. Par contre, les partis socialistes des pays coloniaux et semi-coloniaux, même quand ils ont une activite politique militante, révolutionnaire, ne sont généralement pas des partis de la classe ouvrière d'une manière spécifique.
Dans la plupart des cas, ce sont des formations politiques petites bourgeoises, à idéologie socialisante. Historiquement, leur sort ne peut pas faire de doute : ils sont appelés à se disloquer entre l'action de l'impérialisme et celle des masses travailleuses. Pratiquement, dans certains pays, ces partis — du fait qu'ils commencent par rassembler des éléments venant de toutes les couches sociales et notamment les plus combattifs doivent être considérés comme un milieu de travail pour y former des cadres marxistes et une aile prolétarienne. 9. LE STALINISME ET LES PAYS COLONIAUX
Tous les partis à direction stalinienne ont placé les intérêts du Kremlin, les objectifs de la diplomatie soviétique au-dessus des intérêts des masses, notamment des masses des pays coloniaux.
Pour les partis des métropoles, cette subordination a eu les conséquences les.
plus scandaleuses en France, où le P.C.F., désireux d'obtenir par la pression un accord de la bourgeoisie française avec le Kremlin (contre la politique de réarmement de l'Allemagne), luttant pour « l'indépendance nationale » par rapport à la politique des Etats-Unis, a, tant au moment de la guerre du Vietnam que, maintenant, dans la guerre d'Algérie, eu tout au plus une politique d'opposition dépourvue de vigueur; en fait il a laissé faire la politique impérialiste et, sous prétexte d'amener les socialistes à faire le front unique, le P.C.F. s'est discrédité auprès des mouvements révolutionnaires des peuples coloniaux et a mis dans une position difficile les Partis communistes des pays coloniaux.
Les P.C. des pays coloniaux ont, eux aussi, Kremlin, et l'exemple le plus célèbre de trahison d'un mouvement révolutionnaire est celui de l'Inde en 1942. Actuellement leur politique principale est l'alliance avec les bourgeoisies indigènes, sur le programme de celles-ci.
La crise des P.C. se développant depuis le 20º congrès a, en raison de la place de la révolution coloniale dans la lutte révolutionnaire actuelle, porté dans plusieurs pays au centre des débats soit la politique des Partis communistes dans la question coloniale, soit la politique envers la bourgeoisie nationale dans les pays
Les directions staliniennes dans les pays coloniaux ont retenu des travaux du 20° congres les aspects les plus droitiers de celui-ci : coexistence pacifique, voies nouvelles... pour accentuer leur orientation de collaboration avec les bourgeoisies indigènes, sur le programme de celles-ci et au détriment des intérêts propres de la. classe ouvrière et des masses paysannes pauvres.
Dans ces conditions, les Partis communistes des pays coloniaux seront amenés à connaître des crises de plus en plus graves, dans lesquelles se posera la question de leur existence. 10. LES P.S. DES METROPOLES ET LA REVOLUTION COLONIALE
D'une façon générale, les partis socialistes des métropoles manifestent des sentiments de sympathie envers les peuples coloniaux dans la mesure où les mouvements de ces peuples n'affectent pas les intérêts de leur propre bourgeoisie. Dans ce cas, par contre, ces partis se montrent sous leur véritable nature « socialdalérialiste », comme Lénine les avait qualifiés pendant la première guerre mon-
L'exemple le plus marquant, à présent, et le plus odieux est fourni par le Parti socialiste de France. C'est à son secrétaire général que la bourgeoisie a confié la tâche d'écraser la révolution algérienne, et c'est aussi lui qui s'est montré le plus acharné dans la préparation et la poursuite de la guerre contre l'Egypte. Il n'a décroché que lorsque la Grande-Bretagne a déclaré renoncer à pousuivre le combat.
Quant au Labour Party britannique, son attitude sur la question coloniale reflète l'évolution vers un centrisme encore très droitier qu'il a subie. Il fait une opposition parlementaire aux manifestations de politique impérialiste du gouvernement britannique.
Sur le plan politique, le centrisme social-démocrate rejoint le stalinisme pour encourager les travailleurs des pays coloniaux à suivre leur bourgeoisie indigène. Dans ce domaine, les sociaux-démocrates transplantent dans les pays coloniaux leur propre politique dans les métropoles. 11. LA IV® INTERNATIONALE ET LA REVOLUTION COLONIALE
La IV• Internationale, parti mondial de la révolution socialiste, soutient inconditionnellement toutes les luttes des peuples colonisés contre l'impérialisme, indépendamment de leur direction momentanée.
Cette participation à ces luttes se fait en toute indépendance politique. La IVe Internationale, au cours de ces mouvements des peuples colonisés, lutte pour les objectifs ci-après :
- La IVe Internationale lutte pour la formation de partis ouvriers de masse, indépendants des formations politiques de la bourgeoisie, de la petite bourgeoisie et du stalinisme ; 46
- La IV• Internationale lutte pour que les partis ouvriers de masse et les organisations de masse de la classe ouvrière (les syndicats en particulier) aient une politique prolétarienne révolutionnaire indépendante de la bourgeoisie nationale
La IV• Internationale lutte pour que ces révolutions coloniales visent à l'instaurate des objets etes tracai perspees, les mentoure la et antanatiotauration d'un pouvoir des travailleurs, de gouvernements ouvriers et paysans ; nale s'efforce de constituer dans tous les pays coloniaux et semi-coloniaux définissent une tactique appropriée à l'état du mouvement de masses à l'étape actuelle.
Dans les pays capitalistes, et plus particulièrement la ou la bourgeoisie est en lutte contre des mouvements coloniaux, les sections de la IV• Internationale accordent leur soutien sans réserve aux révolutions coloniales et ont également comme tâche impérieuse de lutter pour assurer l'aide des prolétaires des métropoles à la lutte des peuples coloniaux. Les sections de la IVe Internationale des métropoles doivent tout particulièrement combattre dans les rangs ouvriers la politique des directions réformistes et staliniennes qui - même quand elles dénoncent le colonialisme - le font au nom de pseudo intérêts nationaux qui seraient mis en danger par un colonialisme suranné et non en fonction des intérêts du socialisme mondial. Une telle idéologie loin de stimuler l'appui des masses des métropoles aux révolutions coloniales, a une base sociale bourgeoise, tend politiquement & la de bourgeois « de bonne volonté », humanitaires, etc., et désarme le mouvement ouvrier. 12. LA PLACE DE LA REVOLUTION COLONIALE
Après la vague révolutionnaire de 1917-1923, la marche de la révolution mondiale, commencée en Russie, fut bloquée à l'Ouest par suite d'une combinaison de la résistance du capitalisme, du rôle joué par le réformisme et des conséquences de la victoire de la bureaucratie soviétique dans le mouvement communiste.
Après plusieurs lourdes défaites qui ont culminé dans la victoire du fascisme en Allemagne et le déclenchement de la deuxième guerre mondiale, la révolution mondiale a commencé par percer à l'Est par la victoire de la révolution coloniale en Chine. Le bouleversement social effectué en Europe orientale l'a été, sauf en Yougoslavie, avant tout par l'action militaire et policière des armées soviétiques et, pour cette raison, n'a pas été un stimulant pour l'action révolutionnaire des masses en Europe occidentale, toujours freinées par les directions traditionnelles social-démocrates et staliniennes.
La percée à l'Est a modifié le rapport des forces ; elle a contribué décisivement à la crise du stalinisme ; elle a stimulé le déclenchement de la montée révolutionnaire dans les Etats ouvriers, mais elle n'a pas apporté par elle-même, étant donné le niveau politique des problèmes qu'elle avait à résoudre immédiatement et de la direction chinoise, les éléments pour résoudre la question de la direction révolutionnaire mondiale.
Le déclenchement de la montée dans les Etats ouvriers, U.R.S.S. et Démocraties populaires, et surtout la révolution politique actuellement er logne et en Hongrie, ont posé dans tout le mouvement communiste international mondiale, de la IV. Internationale. Elle met egalement a loedre revolutionnaire les questions les y compris celle de la direction révolutionnaire lution européenne, étape décisive sur la voie de la révolution mondiale.
La révolution coloniale aura donc été le chaînon entre la Révolution d'Octobre et la vietoire de la révolution mondiale.