Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 14, n° 7-9

Les rapports entre Partis communistes et socialistes

Quatrième Internationale, vol. 14, n° 7-9 · septembre 1956 · p. 7-8 · 1 008 mots

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Le 20 congrès du P.C. de l'U.R.S.S. avait donné comme directive principale aux Partis communistes d'œuvrer à « l'unité du mouvement ouvrier », tout en précisant qu'il s'agissait avant tout de l'unité avec les Partis socialistes. Les thèmes de la « coexistence pacifique », la « possibilité d'éviter désormais les guerres », et des ‹ voies parlementaires au socialisme », ainsi que la « déstalinisation » devaient faciliter cette évolution.

Les Partis communistes ont immédiatement repris en cœur cette directive et n'ont pas manque de prodiguer des adresses émouvantes, très soigneusement épurées de toute attaque, en direction des « Partis frères » socialistes.

Le Kremlin lui-même s'est montré particulièrement soucieux de renouer avec les dirigeants socialistes en invitant délégation après délégation à Moscou.

Mais toute cette opération était fondée sur une tentative de compromis avee les directions socialistes, sur la base d'un programme d'appui à la politique « neutraliste» que pratiquent les pays dits de la « zone de la paix » et que le Kremlin encourage. C'est-à-dire que le rapprochement avee les socialistes n'avait rien à faire avee une politique léniniste de front unique avec la social-démocratie sur un programme de mobilisation commune pour des revendications essentielles économiques, démocratiques, politiques du prolétariat. Il s'agissait d'un rapprochement entre directions opportunistes et bureaucratiques. représentent une bureaucratie attachée à la défense (a sa façon de I'U.E05.5. et des Mais, tandis que les dirigeants soviétiques el les directions des autres Etats ouvriers, les directions social-démocrates n'ont cessé fondamentalement d'être ce qu'elles étaient du temps de Lénine: des gérants loyaux du régime capitaliste, des serviteurs fidèles de la démocratie bourgeoise. Elles le démontrent quotidiennement par leur politique générale partout, que ce soit en France où c'est un gouvernement à direction socialiste qui mène la guerre contre les peuples coloniaux de l'Afrique, dans l'exemple de la position prise par les différents partis socialistes sur l'actuelle défendu inconditionnellement l'Egypte contre l'impérialisme. En réalité, comme par le passé, les partis sociaux-démocrates sont des partis à base plus ou moins ouvrière et à direction bourgeoise. La politique du front unique à leur égard - toujours valable - est théoriquement basée sur la constatation de ce double caractère de ces partis.

En formulant un programme minimum de revendications économiques et politiques qui correspondent aux besoins et aux aspirations des masses dans un pays donné, un moment donné, et en proposant systématiquement au parti socialiste, de la base au sommet, l'action commune sur ce programme, il est possible soit d'arriver à cette action commune, soit bourgeoises social-démocrates de leur soutien parmi les masses. C'est le sens de la politique léniniste de front unique envers la social-démocratie.

Le Kremlin et les dirigeants des partis communistes, en procédant par des compromis entre directions sur un programme qui émeut peu sinon pas aussi bien base des partis socialistes que celle des partis communistes, n'ont en réalité aucun moyen de forcer à l'unité d'action. Car il s'agit effectivement de lutte, et de rapports de forces et non d'échanges d'amabilités aussi hypocrites qu'inefficaces.

D'autre part, en se plaçant sur le terrain de l'action parlementaire dans le cadre de la démocratie bourgeoise, le Kremlin ainsi que les partis communistes, ne renforcent pas mais au contraire affaiblissent énormément leur ascendant, leur mordant sur la base des partis socialistes. de lecom a tere dir elles poiles envers lesques d metire a asemates no expas En matière de telles « voies nouvelles », les directions social-démocrates n'ont pas chez elles une profonde méfiance.

En réalité, la « déstalinisation », loin d'avoir profité au Kremlin et aux partis communistes dans leurs rapports avec les partis socialistes, leur a plutôt nui jusqu'à maintenant.

Les directions social-démocrates, en confondant sciemment auprès de leur clientèle bolchevisme démocratique et stalinisme, ont utilisé les « révélations » de Khrouchtchev sur Staline pour justifier leur anticommunisme foncier et prendre encore plus de distance par rapport aux directions staliniennes des partis communistes. D'autre part, celles-ci en limitant la « déstalinisation » et leur propre autocritique au striet minimum compatible avec leur survivance politique ont facilité cette attitude des sociauxdémocrates.

Le fiasco complet de la politique du Kremlin envers les socialistes est illustré dans le cas de Nenni en Italie. De tous les partis socialistes de masse du monde, le P.S. italien était le seul allié appréciable du Kremlin. Le voilà maintenant qui rompt les amarres et s'eflorce de faire cavalier seul, tout en se rapprochant du parti socialdémocrate de Saragat!

Nenni, prosterné devant Staline durant toute la période de la phase aiguë de la guerre froide, afin de bénéficier ainsi d'une certaine audience auprès du prolétariat italien et de la petite bourgeoisie radicalisée de ce pays, a compris l'avantage qu'il pouvait tirer du discrédit qui, après les « révélations » sur Staline, frappe toutes les directions staliniennes, ainsi que des nouvelles conditions économiques et politiques qui caractérisent actuellement la situation italienne.

Prendre ses distances envers le P.C. italien, se revendiquer des principes démocratiques dans le fonctionnement des partis et du pouvoir prolétariens, est actuellement une opération rentable en Italie, naturellement au détriment de la clientèle propre du P.C. S'il n'est pas certain que l'unification se fasse et dure entre le parti de Nenni et celui de Saragat, il est par contre certain que l'alliance telle qu'elle a existe entre le P.S. italien et le P.C. italien est désormais très relâchée sinon rompue.

« L'habile » Togliatti dont l'opportunisme droitier fut donné en exemple par les opportunistes et les centristes, et pas interatements et on crantistes, etr Pensentete de sa p ceux etasie, interdins le , est actuellemen usines, et il perd dans la petite bourgeoisie.

Seule une politique de classe conséquente, sur un programme de classe opposé celle de la social-démocratie, tout en lui proposant non moins systématiquement de la base au sommet le front unique sur cette politique peut redresser la situation pour les partis communistes et mener à l'unité dans l'action du mouvement ouvrier.

Ce fut la politique du léninisme dans ce domaine, et le léninisme est ici comme ailleurs plus que jamais actuel et vivant.

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