Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 14, n° 7-9

La Conférence de Panama

Quatrième Internationale, vol. 14, n° 7-9 · septembre 1956 · p. 10-11 · 973 mots

Texte lu par machine sur le scan (relu en 2026 colonne par colonne) : il peut contenir des fautes de lecture. Pour citer, reportez-vous au scan de la page.

Malgré sa brève durée - elle ne se tint qu'un seul jour - la conférence de Panama du 21 juillet a une importante signification en ce qui concerne les plans de l'impérialisme yankee pour le continent américain : préparation de l'impérialisme yankee pour le continent américain : préparation de sa guerre contrerévolutionnaire mondiale, liberation nationaux populaires; et entrave à l'industrialisation de l'Amérique latine.

La Conférence avait été imposée par l'impérialisme yankee. Au début, la majorité des gouvernements latino-américains dont les plus importants d'entre eux, s'était opposée à la tenue de cette Conférence ou exprimait des réserves, arguant qu'elle ne saurait se justifier que si elle traitait de problèmes économiques et sociaux ressant véritablement l'Amérique latine. Cet argument constituait d'autre part sorte de pression sur le gouvernement américain pour en arracher des concessions. Mais Washington y tenait manifestement. Dans les coulisses, il menaça les gouvernements latino-américains de représailles économiques, misant sur la mauvaise tion économique de ces pays.

La Conférence a approuvé une déclaration qui constitue incontestablement un soutien aux plans généraux de l'impérialisme yankee, Elle est dirigée contre les mou10 vements nationaux a direction petite bourgeoise ou même bourgeoise nationale, ainsi que contre P'U.R.S.S. et contre toute tentative de renverser ou de mettre en danger le régime capitaliste en Amérique latine et ailleurs.

Il est vrai que l'impérialisme comptait obtenir une déclaration plus précise qui aurait condamné explicitement le communisme et les mouvements nationaux ou révolutionnaires. lutionnaires. S'il ne l'a pas obtenue, c'est parce que, latine, caractérisées l'a pas obtenue, c'est parce conditions actuelles le monde, plus particulièrement révoltes populaires et des poussées révolutionnaires des masses, et devant la nécessité de developper l'industrialisation ces pays, les gouvernements latino-américains, tout en n'étant pas d'un avis différent ont considéré que la déclaration désirée par Washington constituerait un coup contre ces pays, une entrave à leurs projets. craignaient d'apparaitre devant leurs peuples comme des agents directs de l'impérialisme.

Il est certain d'autre part que la conférence a adopté des résolutions secrêtes coordonnant la répression des mouvements révolutionnaires en Amérique latine.

Apparemment les décisions prises à Panama ne sont que la répétition de celles prises lors analogues précédentes. Cependant les buts plus précis de cette conférence ne doivent pas nous échapper. L'importance de la Conférence à laquelle Eisenhower lui-même a tenu à être présent ne s'est pas tant exprimée par la lettre des résolutions que dans les rapports existants actuellement entre l'impérialisme yankee et les pays latino-américains, leurs mouvements nationaux, les mobiéconomique. Le retour d'une pénétration l'impérialisme anglais en Argentine, l'inquiétude devant les investissements de capijaponais et allemands, surtout devant le développement du commerce PU.R.S.S. ouvriers avee latino-américains Met de Wasington a la Conteren ce de Pantes. Mexique, l'Uruguay, l'Argentine, ont incontestablement beaucoup influence l'attil'impérialisme britannique est parvenu à reconquérir une partie de son influence d'antan sur le gouvernement, ce qui incontestablement représente un coup dur pour Etats-Unis. Il de soi qu'un contrôle impérialisme sur l'Argentine se répereuterait sur d'autres pays de ce continent.

Les tentatives de pénétration commerciale du bloc soviétique avec les conséquences sociales et politiques qu'elle entrainerait sont matière d'autres graves soucis pour l'impérialisme yankee. Plusieurs délégations parlementaires du Brésil et du Chili ont visité P'U.R.S.S. pour explorer les possibilités d'amplifier le commerce. échanges culturels et sportifs se multiplient entre certains pays latino-américains et les Etats ouvriers, dont l'U.R.S.S. D'autre part le dumping pratiqué par les EtatsUnis pour écouler le surplus de ses produits agricoles pousse certains gouvernements latino-américains à rechercher des débouchés pour leur propre production en direction

Etats ouvriers, et plus particulièrement de PU.R.S.S. d'utiliser ces rapports commerciaux comme un moyen de pression sur Washington. Il est incontestable que Washington a voulu donner à Panama un coup d'arrêt cette orientation, l'Amérique latine étant considérée par lui comme sa chasse gardée essentielle.

Un autre but de cette conférence était d'exercer une pression en vue de la constitution d'un commandement militaire unique pour l'Amérique du Sud, commandement que les Etats-Unis entendent toujours mettre sous leur seule direction. Après la Conférence, le chef d'état-major pour les Caraïbes a visité plusieurs pays où il s'est entretenu avec des chefs militaires. Et le gouvernement argentin a proposé à l'Uruguay et au Brésil un pacte de defense de l'Atlantique avec la participation du haut commandement militaire yankee. Il s'agit là d'une concession aux Etats-Unis, d'un pacte militaire servant les intérets de l'impérialisme yankee, en échange de capitaux et de prêts dont l'Argentine a besoin, Cependant ces plans militaires semblent trouver des difficultés dûes à la résistance du Brésil.

Depuis longtemps, mais surtout depuis la Conférence, l'impérialisme yankee a livré des avions et des armes lourdes à plusieurs gouvernements de l'Amérique centrale dont commandement militaire siège au Nicaragua. Ce pays déjà reçu une trentaine d'avions modernes dont quelques bombardiers. De son côté, l'Uruguay a reçu 10 avions et la Bolivie 8. A quoi seront destines ces engins enrayer l'invasion de l'Amérique par les armées soviétiques ? Non. ils sont destinés contre les masses latino-américaines, contre celles de Bolivie en premier lieu, comme hier contre les masses guatemalteques.

Il est temps que le mouvement ouvrier latino-américain, les paysans, les organisations culturelles de la petite bourgeoisie progressive conjuguent pour la convocation d'une Conférence latino-américaine capable d'organiser la lutte contre l'impérialisme yankee.

Le devoir des organisations et des partis ouvriers, associations culturelles et courants progressistes de l'Amérique latine, c'est de s'unir dans un front unique en défense du commerce avec tous les pays et pour pousser en avant l'Amérique latine tant dans le domaine culturel que dans le domaine social et politique. Le devoir des forces politiques et syndicales de la classe ouvrière, c'est de préparer à leur tour d'un front unique de elasse, de créer une seule Centrale syndicale latino-américaine, de chasser l'impérialisme, de lutter pour la prise du pouvoir par dans la perspective de l'unification de l'Amérique latine en une puissante Fédération d'Etats ouvriers socialistes soviétiques.

Une erreur sur cette page ?