Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 14, n° 7-9

La campagne présidentielle aux Etats-Unis

Quatrième Internationale, vol. 14, n° 7-9 · septembre 1956 · p. 9-10 · 976 mots

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La campagne pour l'élection du nouveau Président des Etats-Unis est virtuellement ouverte, et les candidats sont déjà désignés.

Cette fois encore la lutte principale va se livrer entre le Parti républicain et le Parti démocratique, sans qu'un parti ouvrier de masse n'y intervienne. En effet, daute ma orte de de ade enir la candiate du tand en democrate st yen oul direction de la nouvelle Centrale unifiée A.F.L.-C.I.O., qui a combattu l'idée d'un parti, a en majorité décidé de soutenir la candidature du tandem démocrate Stevenson-

Le Parti communiste s'oriente vers le même soutien. Les seuls candidats ouvriers appartiennent en réalité à des groupes politiques mineurs, tel le Parti Socialiste, le Socialist Labor Party et le Socialist Workers Party (trotskyste).

La différence des plates-formes électorales des deux partis de la bourgeoisie est à peine perceptible et celles-ci n'engagent comme d'habitude en rien le comportement pratique futur de leurs candidats dans le cas où ils seraient élus. Il s'agit de documents savamment confectionnés compose l'électorat du sud, Noirs, syndicats, paysans, Israélites, etc.).

Il est cependant significatif que, sur deux questions au moins parmi les plus importantes, le Parti démocratique, soi-disant le parti le plus libéral, sur lequel misent aussi bien les directions syndicales que le Parti communiste, se place à la droite si on peut dire du Parti républicain: la question de la discrimination raciale, et celle des tarifs douaniers.

Sur la première question la plate-forme démocrate évite de prendre un engagement précis par rapport à la décision de la Cour suprême relative à la ségrégation raciale dans les écoles, et se contente de dire que « tous les citoyens doivent avoir les mêmes possibilités quant à l'éducation » tandis que la plate-forme du Parti républicain affrme que le parti « accepte » la décision de la Cour statuant que la ségrégation doit être « progressivement diminuée » et ajoute, « avec toute la rapidité possible ».

Les Démocrates pensent ainsi récupérer les voix sudistes quí, aux élections précédentes, avaient favorisé les Républicains.

Sur la question des tarifs douaniers, ce sont également les Démocrates qui cette fois demandent la protection de l'industrie textile contre la concurrence étrangère. Cette concession est faite également à l'adresse des Démocrates du sud, producteurs de coton, et des nouvelles industries textiles de la Nouvelle-Angleterre. Tous les deux avaient pour beaucoup contribué au refus de Washington de financer le nouveau barrage d'Assouan, qui augmenterait considérablement la surface des terres pour la production cotonnière de l'Egypte.

La stratégie électorale des Démocrates est basée surtout sur deux points: la critique de la politique extérieure de l'administration Eisenhower, accusée d'avoir miné par ses hésitations et son incapacité l'unité de l'alliance occidentale; et la personne du vice-président Nixon.

Les Démocrates veulent exploiter les réserves sinon l'hostilité du Labor et de la gauche libérale en général envers le candidat vice-président, homme de la droite du Parti républicain qui, vu les conditions de santé d'Eisenhower, risque de lui succéder rapidement à la présidence.

Par contre, la stratégie des Républicains est basée sur deux slogans incontestablement populaires: « Paix et prospérité ». Les Républicains entendent par là que leur administration a pu jusqu'ici garantir les deux, et promettent d'agir de meme à l'avenir. Mais leur principal atout est la popularité personnelle d'Eisenhower luimême, dont les chances ne sa santé.

Dans le climat du boom économique qui continue aux Etats-Unis malgré la récession importante cette année dans l'industrie de l'automobile, et à condition que les Etats-Unis ne se voient pas d'ici les élections en novembre impliqués dans un conflit au Moyen-Orient, les Républicains partent favoris dans la campagne électorale.

Sur le front économique, les seules ombres importantes proviennent de la hausse prix, particulièrement sensible depuis quelques mois déjà, et de l'abaissement continu du revenu des paysans.

Les complications les plus graves qui influeront aussi bien sur le résultat des élections que sur l'évolution de la situation intérieure aux Etats-Unis dans les années à venir, proviennent de la nouvelle acuité de la question raciale. Le fait nouveau dans ce domaine est l'organisation d'une sorte de résistance passive des Noirs sur une échelle plus considérable que jamais, leur réveil puissant manifesté avec tant d'éclat particulièrement dans l'exemple du boycott qui continue des autobus de la ville de Montgomery, dans le Sud.

Las de subir les vexations des Blanes, les Noirs de la ville, clientele majoritaire des autobus, ont préféré depuis quelques mois déjà marcher à pied, amenant ainsi la Compagnie propriétaire des autobus au bord de la faillite. Toutes les mesures prises pour briser le boycott ont échoué. Son exemple au contraire s'est étendu à toute série d'entreprises et de magasins qui, dans le Sud, pratiquaient la discrimination raciale.

Les Noirs semblent cette fois décidés à poursuivre la lutte jusqu'à la pleine vietoire, et ce malgré les ripostes violentes des éléments racistes militants, organisés dans les « Conseils de Blanes » et des organisations terroristes à la Ku-Klux-Klan.

Ainsi la minorité noire se place à la tête de la lutte plus générale pour les libertés démocratiques aux Etats-Unis, lutte qui stimule le processus de formation d'un parti réellement démocratique, le parti de classe du prolétariat américain et de tous les opprimés du capitalisme, le Parti Ouvrier de masse.

Sur le plan international l'importance des prochaines élections présidentielles aux Etats-Unis est mise en relief par l'actuelle conjoncture internationale et la nécessité impérieusement sentie par bourgeoisies occidentales d'un véritable leadership américain, plus ferme et plus efficace.

Il est en effet peu probable que les conditions dans les quatre années à venir permettent au nouveau Président des Etats-Unis de se tenir si strictement que l'a fait Eisenhower « au milieu du chemin », sans que l'Alliance atlantique ne se disloque davantage et sans que le rapport des forces ne se détériore de manière littéralement catastrophique pour cette Alliance. C'est là maintenant une opinion quasi générale d milieux de la bourgeoisie internationale.

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