Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 14, n° 4-6

Le vote du 27 mai en Italie

Quatrième Internationale, vol. 14, n° 4-6 · juin 1956 · p. 7-7 · 874 mots

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En considérant les résultats complets des élections administratives du 27 mai, on doit conclure que les changements se sont opérés dans des limites restreintes. Mais un examen plus approfondi fait apparaitre des données incontestablement

En général, le P.C. italien a eu des pertes modestes, tant en voix qu'en pourcentage. Mais l'élément le plus intéressant du point de vue des rapports de force et des perspectives de lutte politique, consiste en ceci. Dans les grandes cités du triangle industriel (Milan, dante (nlan: 1951, 22,6 %%, 15 P.C. a perdu nettement, se trouvant toujours sur la courbe descendante (Milan : 1951, 22,6 1953 : 20,5 %. 1956 : 18 %. Turin : 1951 : 29,5 %, 1953 : 27,4 %, 1956 : 24 %. Gênes : 1951 : 32,4 %, 1953 : 27,5 % , 1956 : 24,9 %). Si on considère une autre cité ouvrière, cette fois dans l'Italie centrale, comme Terni, on voit aussi la courbe descendante en voix : 1951 : 19.977, 1953 : 18.068, 1956 : 17.500. Enfin, dans une ville méridionale comme Tarante qui a un fort noyau ouvrier, le P.C. recule légèrement par rapport à 1951 et 1953.

Parmi les centres, on peut noter d'autre part Venise où il il y a eu une reprise depuis le grave échec de 1953.

Dans toute une série de villes intermédiaires, tant du point de vue composition sociale qu'importance géographique, le P.C. a maintenu ses propres positions dane l'ensemble. A Rome les positions n'ont guère bouge. A Florence il y a une chute parallèle à celle des villes du triangle industriel : 1951 : 33,7 %, 1953 : 28,1 %.

surtout a Bologne. où on enregistre les plus notables exceptions, des facteurs particuliers ont contribué de toute évidence aux progres

C. Dans le Midi (Mezzogiorno), le P. C. se trouve à la fin de sa phase ascendante sur le terrain électoral a commencé a faire des pas en arrière. Il a perdu pourcentage à Reggio Calabria (faiblement), à Aquila, à Potenza, à Bari, à Caglieri, le phénomène étant encore plus net en Sicile. Dans le grand centre de Naples, la perte est de 3 %.

Une des caractéristiques les plus notables de ces élections est le déplacement des voix du P.C. sur les candidats du P.S.I. (parti socialiste de Nenni). Dans des cas, comme ceux des villes du triangle, le phénomène est d'une évidence palpable.

P.S.I. est ascendante, exactement à 1951 a 1956, on trouve : Milan : 14,1 %, 15,7 %, 20 %; Turin : 8,9 %, 10,5 %. 12,9 %; Gênes : 13,4 %, 18.3 %, 21,2 %.

Tarente, des trois mille voix perdues par le P.C., deux mille sont allées P.S.I. A Terni, celui-ci recueille exactement ce que le P.C. perd. Il en est de même dans les villes « intermédiaires », comme Florence, a l'exception A Rome le P.S.I. gagne sensiblement plus du P.C. que (Saragat). Dans le midi, les résultats sont variables. A Bari, le P.S.I. enregistre une nette augmentation, mais il perd à Naples et dans quelques villes de Sicile.

Autre élément à souligner, l'augmentation des voix du P.S.I. a provoqué une hémorragie parmi les électeurs sociaux-démocrates, alors que les fois précédentes le P.S.D.I. ne faisait que des gains mineurs dans le P.S.I.

En ce qui concerne les démocrates-chrétiens, ils font des progrès nets dans les grandes villes, à Turin (4,9 %) et à Florence (1.9 %) où le « gauchisme » de La Pira agit en leur faveur. Dans le midi, ils marquent une reprise par rapport a la droite.

D'une façon générale, sauf de rares cas, la droite a perdu. Globalement, on peut-tirer les conclusions suivantes : a) Il y a un déplacement des voix de la droite vers le centre-droit et le centre; b) Dans le « centre », la gauche se renforce, entre autre le P.S.D.I. (Saraget): c) Dans la gauche, on enregistre un glissement vers le P.S.I. La gauche au total se renforce (le P.S.I. gagnant davantage que le P.C. a perdu), mais c'est la gauche « modérée » qui se renforce au sein de la gauche. En réalité, ce sont le P.S.I. et le P.S.D.I. qui ont le plus gagné de ces élections. Le phénomène du déclin du P.C.I. se rencontre plus nettement, plus constamment dans les villes industrielles.

Aprês ces résultats, il n'y aura pas de changements important immédiats sur la scène politique italienne. Tout au plus assisterons-nous à une tentative de rapprochement entre les deux P.S. principaux vainqueurs de l'épreuve. Mais le P.C. italien que dirige toujours l'équipe Togliatti — équipe si vantée par les communistes divers centristes etrangers pour sa souplesse sa « perspicacite son « efficacite » - - est manifestement en perte de vitesse auprès des masses ouvrières avancees du pays.

commettre une erreur que ne pas attribuer ce fait à l'inconsistance de sa ligne du point de vue de elasse, à son opportunisme outrancier, mais à ce que cette ligne aurait encore une certaine « rigidité

Le P.C. italien ne retrouvera son audience aussi bien auprès des prolétaires avancés que des éléments petits bourgeois radicalisés que par une politique de classe capable d'enthousiasmer les ouvriers et d'attirer par son dynamisme la partie flottante de la petite bourgeoisie radicalisée.

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