Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 14, n° 10-12

Les courants de gauche dans les P.S. d'Amérique latine

Emilio Prado · Quatrième Internationale, vol. 14, n° 10-12 · décembre 1956 · p. 43-47 · 4 220 mots

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S. d'Amérique Latine dans les P.

L'histoire des partis socialistes de l'Amérique latine, presque dans sa totalité - dans le processus de dégénérescence mondiale de la social-démocratie -est l'histoire de leur rôle d'agents de l'impérialisme yankee au sein du mouvement ouvrier. En général, ces partis non seulement ont tourné le dos aux mouvements des masses surgis dans l'après-guerre mais, comme c'est le cas de celui de l'Argentine sont des agents inconditionnels de l'actuel gouvernement de l'oligarchie et de l'impérialisme, en se dressant comme force de choc contre les ouvriers. Au Brésil, ils ont appuyé dans les dernières élections le candidat de l'impérialisme américain et de l'oligarchie, Juarez Tavora.

La vague révolutionnaire d'après-guerre et la poussée des masses à l'échelle mondiale, ainsi que le développement de la lutte des masses en Amérique latine concrètement, ont frappé, secoué, certains partis socialistes et provoqué une crise dans laquelle des tendances de gauche se sont manifestées. Celles-ci sont le reflet, quoique déformé, confus, des changements révolutionnaires dans l'ordre mondial à l'époque actuelle et sont aussi le reflet d'un important pas en avant dans la politisation.

Telles les tendances représentées à la direction du Parti Socialiste Populaire du Chili par Waiss et Ampuero, tendances qui accentuent davantage le courant de gauche dans le cours vers la délimitation du P:S.P. avec les autres partis socialistes de l'Amérique latine; telle est aussi la tendance Aguirre dans le Parti Socialiste de l'Equateur, de même que l'aile gauche dans le Parti Socialiste Uruguayen.

Le Parti Socialiste péruvien, sous la direction de Luciano Castillo, qui exerce une influence dans les zones pétrolières, a ébauché une certaine radicalisation sous

La tendance Aguirre est celle qui a le plus avancé vers des positions marxistesrévolutionnaires en alignant sa politique sur la théorie de la Révolution permanente. En effet, elle signale que seul le prolétariat au pouvoir soutenu par paysannerie et les couches pauvres de la petite bourgeoisie peut réaliser les tâches de la révolution démocratique bourgeoise et pose la question de la nécessité des la pression des derniers mouvements de masses pendant les élections en s'approchant ainsi du Parti communiste avec lequel il a formé, un front unique électoral. D'ailleurs, la formation de ce front électoral a été favorisée par les changements d'orientation survenus dans le P.C. en conséquence des répercussions du XX Congrès.

Le Parti Socialiste colombien, encore relativement jeune, a vu naitre, particulièrement sous l'orientation de l'un de ses chefs, Antonio Garcia, une tendance qui a essayé de donner une explication correcte des mouvements anti-impérialistes en Amérique latine, mais elle tombe dans une position d'appui aux bourgeoisies de neut nationales. Dans le P.s. argentin sest esquisse un courant de gauche, a travers Latendorf, dirigeant de la jeunesse socialiste. Il se prononça pour l'appui aux masses - en mettant cette lutte sur le plan latino-américain - dans des cas comme ceux de la Bolivie et du Guatémala; en critiquant l'impérialisme yankee. Ce qu'il exprime en réalité c'est le mécontentement des secteurs de la petite bourgeoisie qui s'attendaient à une solution « démocratique » du gouvernement de la révolution qu'ils avaient appuyé. en croyant que celui-ci allait résoudre les problèmes économiques. Mais la politique réactionnaire du gouvernement leur a fait perdre confiance, et l'appui a diminué. Cependant, ce courant de gauche ne rompt pas ouvertement avec le gouvernement Rojas-Aramburu et moins encore avec la direction du P.S. pro-oligarchique et pro-impérialiste. Elle est complètement coupée du mouvement ouvrier, en dehors de la lutte du prolétariat pour la récupération de la C.G.T. et des syndicats; par contre elle est encore fortement influencée par la petite bourgeoisie « démocratique » qui craint le retour de Péron. Etats-Unis Socialistes de l'Amérique latine comme la seule solution historique (1). Sur le plan international, cette tendance se place sur le terrain révolutionnaire et

(1) « Révolution Bourgeoise ou Révolution Prolétarienne pour l'Amérique Latine l'Equateur ». Impraterre "ai Universite Bations M. A. • Aguirre. Editions Equateur.

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CARACTERISTIQUES GENERALES DE CES TENDANCES

CARACTERISTIQUES GENERALES DE CES TENDANCES

Q UATRIEME IN proclame son accord avec les révolutions coloniales et semi-coloniales de même que son appui à l'U.R.S.S., la Chine communiste, etc.

La tendance Waiss-Ampuero, qui constitue la majorité dans la direction du Parti Socialiste Populaire Chilien, représente un parti qui, avec le P.C.. est le seul à avoir une influence réelle dans le mouvement ouvrier du Chili. Ils organisent d'importants secteurs de l'avantgarde prolétarienne et influencent aussi d'autres tendances socialistes telles que l'aile gauche du Parti Socialiste Uruguayen. La tendance Waiss-Ampuero, qui s'oriente de plus en plus vers des positions marxistes révolutionnaires est une tendance centriste de gauche typique, ce qui mérite particulièrement une analyse de ses caractéristiques.

On doit tenir compte que le P.S.P. provient à l'origine d'une scission du Parti Socialiste et est depuis l'expression la plus à gauche de la traditionnelle politique réformiste et des agences de l'impérialisme que sont les partis socialistes. Dans son programme, il pose la question de l'impossibilité pour les bourgeoisies nationales d'accomplir les tâches de la révolution bourgeoise et qu'elles pourront être menées à fond seulement par la Révolution Socialiste dirigée par le prolétariat. Ceci favorisa la naissance de tout un courant de gauche, majoritaire dans la direction, laquelle refléta, dans les nouvelles conditions, la montée révolutionnaire des masses dans le monde et plus particulièrement en Amérique latine. A présent, le P.S.P. constitue un parti centriste de gauche.

Le livre d'Oscar Waiss « Nacionalizaciones y Socialismo en América Latina » expose amplement et complétement la pensée de sa tendance et en meme temps montre les causes qui, nour nous, expliquent d'une façon claire toutes les limitations et les inconséquences de cette tendance dans l'application de sa politique sur le terrain concret de la lutte de classes, même l'opportunisme caractéristique dans son action.

Bien qu'il représente un progrès sensible par le fait qu'il reconnait l'incapacité historique de la bourgeoisie et le rôle du proletariat comme dirigeant historique de la révolution latino-américaine: bien qu'il reconnaisse le caractère progressif des mouvements des masses en Amérique latine et la nécessité de les appuyer, Waiss, en contradiction flagrante avec son exposé. tire la conclusion qu'il est impossible d'instaurer la dictature du prolétariat, dans cette étape de la lutte pour le pouvoir, et qu'une étape « intermédiaire » est nécessaire. Une « République Démocratique des Travailleurs » formée par un bloc du prolétariat, de la paysannerie et de la petite bourgeoisie qui devrait réaliser les tâches démocratiques bourgeoises dans sa phase première, c'està-dire la révolution par étapes et sous une forme graduelle, d'après Waiss, en suivant l'exemple du gouvernement Arbenz-Arévalo au Guatemala et celui du M.N.R. en Bolivie, tous deux nécessaires pour la première étape.

Une telle conception met de côté, et pour un temps indéfini, le rôle du prolé

TERNATIONALE tariat dans la révolution latino-américaine en plaçant celui-ci à la remorque des directions bourgeoises et petites bourgeoises, ce qui explique l'opportunisme et les concessions devant ces directions. Elle explique, en outre, l'inconséquence dans l'application de classe et les va-et-vient à droite et à gauche, les fluctuations inhérentes au centrisme de gauche, comme elle explique. enfin, son inertie et reculs sous la pression des classes ennemies.

L'appui apporté à Ibanez par le P.S.P et la collaboration au gouvernement ont éte un produit de ces conceptions - que Waiss essaie de justifier dans son livre. Par la suite, la désaffection des masses envers Ibanez et la recherche d'une politique et d'une direction de classe — qui s'étaient exprimées par la CUTCH au moment de sa création - ont obligé la direction du P.S.P. a adopter une politique plus a gauche facilitant ansi la formation d'un « Front de classe » ce qui, en général, tendait a donner une impulsion à la lutte des masses dans la CUTCH, de loin plus correctement que le Parti communiste; celui-ci se trouvant engagé par son alliance avec les radicaux et la Phalange. Jusqu'à la grève générale du 7 juillet 1955, le P.S.P. a suivi une ligne ascendante: ses députés, surtout Ampuero et Aniceto Rodriguez ont mené une campagne d'agitation en dénonçant les tares du régime capitaliste et de la démocratie bourgeoise et montrant, comme la seule issue, la conquête du pouvoir par les masses. Le résultat a été une plus grande pénétration de son influence.

Après la grève du 7 juillet — plus particulièrement après l'échec de la grève générale de septembre 1955 et de celle de janvier 1956, l'incapacité de la direction étant la cause de la défaite subie par les travailleurs - la direction du P.S.P recula sur des positions droitières et remplaça sa politique de Front de Classe par un compromis avec les radicaux à travers le F.R.A.P. (Front d'Action Populaire) pour aboutir aux élections. L'échec de cette politique, exprimé par des pertes de voix dans des fiefs du P.S.P., a révélé le mécontentement des travailleurs envers cette politique conciliatrice et capitularde et obligea la direction du parti a faire un nouveau tournant.

Ce tournant s'est produit sous la pression d'événements nouveaux. D'une part. le mécontentement et les critiques de la base du parti, la volonté de celle-ci de mener une politique de classe avec son esprit combatif en opposition à sa direction qui a reculé devant les coups du gouvernement et de la bourgeoisie et cherché un refuge dans une alliance avec les secteurs de la petite bourgeoisie et de la bourgeoisie « progressiste » (avec l'aile Bossay des radicaux); d'autre part. les répercussions du 20• Congrès du P.C. de l'U.R.S.S. sur le mouvement commun ste se sont fait sentir aussi sur le P.S.P en poussant celui-ci vers une politique de Front unique avec le P.C., ce qui détermina un changement dans le contenu du Front d'Action Populaire transformé d'organisme purement électoral et d'alliance avec les radicaux et les phalangistes en organisme de Front unique des partis ou- vriers qui se transforment ainsi en élément d'impulsion du mouvement ouvrier.

Un autre fait important est constitué par la discussion publique à travers le quotiden du P.C. « El Siglo». sur des problèmes relatifs au caractère de la révo-

LEUR POSITION A L'EGARD DES

Par rapport au processus révolutio:1naire en Amérique latine, ces tendances manifestent leur appui aux mouvements des masses tels que la revolution bolvienne, mais elles se maintiennent dans le cadre d'un appui à la direction petite bourgeoise du M.N.R. ou d'Arévalo-Arbenz au Guatemala. Lorsque Waiss dit : « C'est une erreur de vouloir appliquer au Chili les mots d'ordre de Lénine pour la Révolution d'Octobre; mais ce n'est pas une erreur d'assimiler l'esprit du lén'nisme.. » (2), il le dit parce que malgré les différences qu'il établit avec la polltique du P.C.: — « Front des Travailleurs » au lieu de « Front Démocratique de Libération Nationale » - il existe au fond une même conception chez Waiss que celle du stalinisme, c'est-à-dire la révolution par étapes. « Nous ne tomberons pas dans la simplicite de soutenir qu'il faut combattre en même temps contre l'ensemble de la bourgeoisie, de l'oligarchie, de l'impérialisme et des pu ssa ices du ciel et de la terre coalisées. Nous reconnaissons le besoin et même la nécessité de lutter souvent à côté de secteurs de la bourgeoisie contre des ennemis plus puissants, mais à condition de ne pas nous confondre avec nos alliés transitoires ; de ne pas leur céder l'hégémon.e; de ne pas donner l'impression que nous faisons partie du même « appare l politique » (3). Malgré cet essai pour se différencier du stalinisme — esquisse d'une politique qui ait un caractère de classe plus accentué — Waiss laisse sans précision le róle du prolétariat, sa fonction indépendante et laisse aussi la porte ouverte à l'opportunisme.

Mais ce qui montre davantage sa limitation à comprendre le caractère de la révolution en Amérique latine et la pression subie de la part des secteurs petits bourgeois « démocratiques » est sa postion vis-à-vis du problème argentin. du mouvement péroniste de masses et ses organisations de classe: la C.G.T. et les syndicats. Le P.S.P. s'est borné uniquement a reconnaitre l'ex stence d'un tel mouvement et à repousser le gouvernement comme gouvernement de loligarchie. Mais la gauche du Parti Socialiste Uruguayen. par exemple, s'est alignée sur les positions maintenues sur cette question par l'aile droite de Frugoni. Malgré quelques différences qu'ils ont maniestées avec le P.S. argentin, leurs divergences sont bien maigres. Ni le P.S.P. ni la gauche du P.S. uruguaye ne se sont levés pour défendre le mouve-

(2) * El Siglo », 22-8-56. "13): Idem.

TERNATIONALE lution en Amérique latine. Le P.S.P. y expose, dans les caractéristiques que nous avons analysées, une position plus juste que celle du P.C. puisque celui-ci défend sa conception du « Front de Libération Démocratique Nationale r. PROBLEMES LATINO-AMERICAINS ment ouvrier argentin et sa C.G.T., la grande organisation des masses argentines, contre laquelle a été dirigé principalement le coup réactionnaire de l'oligarchie et l'impérialisme qui provoqua la chute de Péron. A cette occasion ils se sont fait les complices de la Sainte Allance établie par tous les secteurs réactionnaires de l'Amérique latine contre les masses argentines. Contre ces masses argentines qui, avec les masses boliviennes, ont été le bastion des luttes anticapitalistes et anti-impérialistes de l'Amirique latine. La réunion du Bureau Latino-Américain de l'Internationale Socialiste qul a eu neu cette annee a Montevideo et à laquelle ont participé le Parti Socialiste Populaire du Chili et le Parti Socialiste à côté du Parti Socialiste argentin, a montré un esprit capitulard de la part du P.S.P. et autant de la gauche du P.S. uruguayen face au réactionnaire P.S. argentin. A cette réunion, tous deux ont fait le jeu du P.S. argentin, de la position réactionnaire de celui-ci, agent du gouvernement oligarchique AramburuRojas. Pas un mot d'appui à la classe ouvrière argentine en lutte pour défendre ses conquêtes contre les attaques du gouvernement, celui-ci ayant utilisé le Parti Socialiste comme force de choc contre le mouvement ouvrier. En outre, Ampuero. Secrétaire général du P.S.P.. a parlé au meeting de clôture de lad te réunion, à côté de Moreau de Justo -- membre la Junte consultative du gouvernement Aramburu — et à côté de Frugoni.

Par ailleurs, à la même réunion, une résolution fut approuvée en vue d'organiser une conférence latino-américaine de partis « democratiques », tels que le Parti Radical du Chili, l'U.C.R. de l'Argentine bien entendu, le Parti Socialiste argentin, c'est-à-dire les Partis qui ont des positions gauche avec des partis bourgeois et petits bourgeois « démocratiques » aux positions pro-impérialistes. En opposition à cela. Oscar Waiss, aopuyé par la majorité du P.S.P., avait posé la question d'une conférence de Partis socialistes et révolutionnaires de l'Amérique latine dans le but d'y unifier la lutte anti-impérial ste, ce qui représentait un pas progressif.

Encore une fois, l'inconséquence de ces gauches pour mettre en pratique leurs propres positions théoriques - d'où leur esprit de capitulation devant la droite -s'est montrée par ce tournant.

Sur le plan international. la position adoptée est celle du « troisiémisme » en s'alignant du côté de la Yougoslavie, de lInde, etc. Ces gauches appuient -les

ET INTERNATIONAUX

ET INTERNATIONAUX

N révolutions coloniales et votent aussi des résolutions d'appui à l'U.R.S.S., à la Chine communiste et aux démocraties populaires. Leur appui aux mouvements coloniaux est coupé du processus des luttes des masses coloniales et semi-coloniales de cette époque comme partie du développement de la révolution socialiste mondiale dont ils font partie, l'U.R.S.S., la République Populaire de Chine, l'Indochine communiste, la Corée du Nord, les démocraties populaires et les révolutions coloniales et semi-coloniales, ceci indépendamment du fait que la direction se trouve dans les mains de la bureaucratie stalinienne. Par là se reflète leur manque de compréhension du caractère du stalinisme ainsi que de celui des Etats ouvriers. Dans cette question ou une prise de position correcte est décisive pour l'avenir de toute tendance qui prétend parler au nom du marxisme révolutionnaire, ces courants de gauche manifestent clairement leur position centriste qui subit, d'allleurs, la pression idéolo-

LA GAUCHE DU

La gauche du Parti Socialiste uruguayen avec Trias et Broquen comme cheis, dans une évolution analogue à celle du P.S.P., a exprimé par les résolutions de son dernier Congrès ordinaire de 1355 et du 14º Congrès extraordinaire de l'année en cours, son appui à la révolution bolivienne et à la lucce des peuples coloniaux pour leur émancipation. Une résolution sur la Centrale unique a éta aussi approuvée, mais ces resolutions refletent de plus grandes limitanons que celles du P.S.P. Ceci s'exprime principalement à l'égard des rapporis avec le mouvement ouvrier et ses taches les plus importantes telles que l'unification syadicale et la Centrale unique. En ce sens elle est plus en arrière que le P.C., qui a pris l'initiat.ve sur ce terran et pousse en avant la lutte pour la Centrale unique en meme temps qu'il insiste sur le iront unique ave. le P.S. Aussi bien la droite que la gauche du P.S. ont repoussé ca Front unique.

Cependant, la situation objec.ive a influé et influe encore sensiblemen. sur la gauche socialiste. Malgré son empirisme et ses hésitations, elle a été obligée, sous la pression des événements, de marcher au rythme de ceux-ci et d'avancer vers des posions correctes. Ainsi, les derniers mouvements de la classe ouvrière - et particulièrement la grève des ouvriers des frigorifiques — se sont manifestes au sein du Paru Socialiste et ont obligé la gauche à se jondre au mouvement général d'appui à la grève des frigoritiques et à pratiquer de ta.t l'uaité d'action avec le P.C. De même cette situaton s'est vue reflétée au dern er Congrès extraordinaire qui approuva une politique d'unification du mouvement synd cal et pour la Ce.trale unique. Ces premers pas sont encore limités par le rejet des propositions de Front unique avec le P.C.; sa réalisation reniorcerait sans douce le Front prolétarien et faciliterait le chemin vers la Centrale unique car le P.C. et le P.S sont pratiquement les seuls partis ayant 4G

TERNATIONALE gique de l'impérialisme. La dénomination «impérialisme soviétique » (coincidence avec celle que donne aussi l'impérialisme) répond à leur incompréhension du caractère social de l'U.R.S.S. et de la bureaucratie au pouvoir. Ce manque de compréhension a pour base l'absence de toute analyse, et aussi d'une position marxiste révolutionnaire conséquente sur les phénomènes historiques les plus importants de cette époque et, plus particulièrement.

en ce qui concern la forme du cours liste mondiale de agir sur la base sable, donc sur d e le développement et de la révolution socianotre temps. Ne pas indispende l'analyse es positions politiques justes, équivaut à favoriser les plans de l'impérialisme mondial dans sa préparstion de la guerre contre l'U.R.S.S., la Chine communiste, le Vietminh, la Corée du Nord, les Démocraties populaires et toute autre forme de développement de la révolution socialiste mondiale, malgré les déformations que celle-ci pu sse avoir à cause de la nature de ses directions. P.S. URUGUAYEN une influence importante dans le mouvement ouvr.er. Ce rejet est, en fin de compte, la conséqueice de la press on exercée par la droite et de la crainte de s'opposer à elle, ce qui a comme cause le maintien de conceptions réformistes et l'esprit hésitant qui en découle.

Au sujet du problème argentin. dont l'importance pour l'Uruguay et pour le prolétariat uruguayen n'est pas à soul.gaer, la gauche s'est également tenue aux côtés de Frugoni et Ce, en appuyant le P.S. argentin, agent du gouvernement ollgarch que, en caractérisant de lascistes Peron et le mouvement argentin de maset en servant ainsi les intérêts de l'oligarchie argentine de l'impérialisme. Elle est restée silencieuse devant la campagne de la Sainte Alliance réactionnaire dans toute l'Amérique latine contre le mouvemen avrier et les masses argentines ; elle n'a pas dit un seul mot d'appu à la lutte des travailleurs argentins pour la dense de leurs syadicats et de leur C.G.T Dans toutes ces questions. la gauche du P.S. uruguayen a montré sa nature conciliatrice et capitularde envers la droite chaque fois que celle-ci fait preuve de décision. Et ceci est l'une des consé fuences du manque d'un organe de la gauche où elle critique les positions de la drote, ou elle puisse delnir ses posinons et se diterencier de celles de Frugoni. Le résultat, l'un des résultats de tout cela est que l'organe du P.S. « El Sol • est une mixture de positions de la gauche et de la droite et, par conséquent, n'exprime pas une politique cohérente.

Tel, par exemple, au moment de la proposition de Front unique formulée par le P.C. qui fut rejetée. Dans cet ordre d'idées, la droite - qui agit comme agent de limperialisme - de meme que la gauche, veulent ignorer le poids du P.C. dans le mouvement ouvrier, veulent ignorer aussi que le P.C. a une influence sur un secteur important d'ouvriers d'avantgarde, parmi les plus conscients et les

Q UATRIEM EN IN plus combatifs, et prétendent faire une « unification » comme si ce secteur n'existait pas.

Récemment, lors de l'arrivée de Paz Estensoro à Montevideo, ils ont fait son apologie en le présentant comme l'un des chefs de la révolution latino-américaine. Bien que la position de la gauche socialiste soit celle d'un appui à la révolution bolivienne, l'apologie de Paz Estensoro, qui représente la direction petite bourgeoise de cette révolution, met en évidence le caractère capitulard de sa polltique devant la petite bourgeoisie. Cette gauche marche à la remorque des masses, se place derrière la petite bourgeoisie, mettant dans les mains de celle-ci la direction de la révolution en Amérique latine. A cet égard, la concordance avec les autres gauches — celles du P.S. et P.S.P. - est complète. Du reste, elle n'est rien d'autre que consequence d'une même conception de la révolution par étapes. La même conception qui nie le rôle dirigeant du prolétariat dans la

OU VONT CES

Toutes les tendances de gauche des Partis socialistes qui se sont avérées sensibles aux changements de l'époque, concrètement dans la montée mondiale du mouvement des masses et dont quelques-unes ont tendu et tendent vers la sortie des anciens cadres réformistes et du rôle d'agents idéologiques de l'impérialisme, autant dire à la rupture avec les caractéristiques du réformisme, ont fait, comme nous l'avons vu, des pas en avant dans leurs positions et programmes. Les progrès et les développements sont imprévus et dans une grande mesure déterminés par la situation objective même, par la force des luttes du prolétariat, luttes qul se placent sur un plan de plus en plus élevé, et sont influencées dans leurs progrès et développements par des événements comme le 20 Congrès du P.C. de I'U.R.S.S., lequel a eu — et a encore -des répercussions sur les P.S. Ces progrès se font de manière empirique et, quoique marqués par de fortes doses ré ormistes et opportunistes, ils développent à leur tour, dans le sein même des tendances de gauche, des forces révolutionnaires qui cherchent de plus en plus consciemment la ligne marxiste révolutionnaire. Ce complexe exerce sa pression et, malgré les reculs des directions de ces tendances et malgré leur esprit conciliateur envers la droite, oblige les chefs à répondre et à prendre position par rapport aux conquétes du prolétariat et aux exigences de ses luttes, comme cela est arrivé au Chili avec le Front unique P.C. et P.S.P. et

TERNATIONALE révolution, en le reléguant pendant une durée indéfinie, et en se plaçant a la queue des mouvements de masses conduits par des directions bourgeoises ou petites bourgeoises au lieu d'être la conscience et la direction marxiste révolutionnaire. Ils n'ont pas tiré la moindre conclusion de la défaite au Guatemala, ni de la stagnation de la révolution bolivienne et du danger constant d'un coup de «la Rosca », comme ils n'ont pas non plus tiré des conclusions de la chute de Péron (par contre, le P.S. uruguayen se réjouit de cette chute et donna son appui au gouvernement « révolutionnaire » de l'oligarchie), dans le sens de montrer l'incapacité historique des bourgeoisies nationales et et de la petite bourgeoisie pour mener à bout les tâches de la révolution démocratique bourgeoise, de meme que la révolution en Amérique latine pourra avancer que sous la direction du prolétariat, dirigeant des grandes masses à travers l'instauration de Gouvernements Ouvriers et Paysans. TENDANCES 2 comme cela arrive actuellement en Uruguay avec la Centrale unique.

Le caractère limité de leur politique -- à cause des attaches, non rompues avec les conceptions social-démocrates tant sur le terrain politique qu'organisationnel - est un facteur négatif pour la politisation des masses ainsi qu'un frein pour les autres tendances révolutionnaires telles qu'elles existent dans les Partis communistes. Tel est le cas que l'on peut voir en Uruguay où les hésitations et les inconséquences de la gauche du Parti socialiste dans l'application de ses propres résolutions — approuvées au Congrès extraordinaire - sont un facteur qui retarde la formation de la Centrale unique dans un milieu où existent des conditions irréprochables pour aboutir à sa formation.

Or, la situation objective mondiale et le nouveau essor dans la montée des luttes de masses en Amérique latine influe sensiblement sur ces gauches, en produisant des éléments de fermentation et en développant constamment des forces vers le marxisme révolutionnaire. Dans la base des partis communistes aussi, les positions du marxisme révolutionnaire font leur chemin en créant des conditions favorables à leur développement.

Les marxistes révolutionnaires insérés dans ces courants agissent dans le sens d'un développement conscient en élargissant les bases pour la formation du parti révolutionnaire de masses.

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