Après les journées de mai 1937 à Barcelone, la révolution espagnole va décliner presque continuellement jusqu'à ce que Franco lance son offensive finale à la fin de l'année 1938.
Pratiquement, après mai 1937, après les mesures politiques, économiques et sociales mentionnées dans notre précédent numéro, après les procès contre les mili-
Dis que la guerre civile éclata, les puissances fascistes, Allemagne et Italie, accordèrent un soutien sans réserve à Franco. Des troupes italiennes, du matériel de toute sorte. Dans la Méditerranée des sous-marins « inconnus » torpillaient des navires.
Les masses travailleuses dans le monde entier voulaient assurer l'aide la plus complète au camp républicain. Quand Madrid fut menacée, des milliers de volontaires allèrent former des Brigades internationales qui furent soumises d'ailleurs, après les journées de mai 1937, à un féroce controle stalinien. (Il est remarquer que nombre des militants communistes qui revinrent des Brigades furent désormais considérés comme peu sürs par Staline. On le vit à propos de l'affaire yougoslave, du proces Rajk, etc.
Mais lEspagne républicaine avait besoin d'armes, de munitions, d'avions... En face des gouvernements fascistes qui ne refusaient rien à Franco, on assista à l'attitude suivante des gouvernements qui, normalement, s'affirmaient opposés aul fascisme: le gouvernement soviétique vendit des armes aux Républicains espagnols et exploita ce concours pour imposer des conditions politiques, pour faire eliminer des partis et des gouvernants qui ne se montraient pas disposés à s'aligner sur la politique de Staline. Quant aux gouvernements anglais et français (ce dernier sous la présidence de Léon Blum), ils se prononcèrent pour la « non intervention ».
LA DEFAITE
Il n'est guère utile de donner un tableau détaillé des opérations militaires de l'année 1938. D'une façon générale,
(*) Voir « Quatrième Internationale », numéros de juin 1956 et de septembre 1956. 48 tants du POUM - copiant servilement les grands procès de Moscou des années 1936-1938, à la différence que les accusés se refusèrent a « avouer » des crimes d'espionnage qu'ils n'avaient pas commis — après une série de décrets interdisant de plus en plus toute vie politique, aussi bien a Barcelone que dans les unités militaires, la guerre civile se réduisit à une lutte purement militaire.
Pour assurer la « non intervention ». la Société des Nations nomma un comité. On entra dans le maquis des procédures diplomatiques. Que signifiait exactement ce terme? Comment pourrait-on vérifier les accords qui pourraient être pris? Comment obtenir l'évacuation des volontaires ? etc.
On pouvait poser des questions à l'infini. Les commissions se réunissaient, les diplomates ergotaient. Pendant ce temps, les fascistes alimentaient Franco, tandis que les démocraties soucieuses de respecter leurs engagements de non intervention empêchaient des livraisons ouvertes d'armes à l'Espagne républicaine qui vidait son trésor dans les caisses de l'Etat soviétique et devait, en outre, re courir à des achats d'armes par contrebande.
La « non intervention » fut d'ailleurs plus qu'une hypocrisie diplomatique pour justifier l'inaction des démocraties; pendant toute la période de la guerre civile, ie gouvernement anglais et d'abord une alle du quai d'Orsay, puis le gouvernement lui-même entretinrent des pourparlers dans la coulisse avec Franco, dans l'éventualité qu'il allait gagner la partie.
Le comité de la non intervention fut sur le point de finir ses travaux au début de 1939, quand la victoire de Franco était presque acquise militairement. En janvier 1939, il y eut un accord pour le retrait des volontaires, quelques jours avant l'entrée des troupes franquistes à Barcelone. MILITAIRE sauf quelques réactions des troupes républicaines, la tendance générale est celle d'une avance des franquistes.
Dans les derniers jours de 1938, Franco engage son offensive en Catalogne qui va être la bataille décisive de cette guerre.
LA NON INTERVENTION
LA NON INTERVENTION
Une contre-attaque des Républicains en Estamadoure ne parviendra pas à changer la marche des événements.
Le 15 janvier, chute de Tarragone. Negrin décrète la mobilisation générale. Le général Miaja, célébré par les staliniens, déclare : « Nous ne nous rendrons jamais»
Quelques jours plus tard, les troupes franquistes commencent leur marche sur Barcelone. C'est une véritable avance sans combats.
Le 26 janvier elles entrent dans Barcelone qui n'est pas défendu, « pour éviter le massacre de la population »!
Des milliers d'hommes refluent vers la frontière française. Le gouvernement français désarme les troupes, prend des mesures contre les réfugiés qui vont connaitre un peu d'aide des organisations ouvrières et beaucoup de tracas et de mesures rigoureuses de la part des autorités françaises (police, gendarmerie, armée).
A partir du 6 mars commence une lutte intérieure dans le camp républicain.
Un pronunciamento a lieu le 6 mars à Madrid. Le gouvernement Negrin est remplacé par un Conseil National de Défense avec le général Miaja, le général Casado, le socialiste Besteiro, Carillo de l'U.G.T., San Andres de la Gauche républicaine, Vals et Gonzales Marin de la C.N.T. Nous voulons la paix, déclarent-ils. Et ils se tournent contre Negrin et le P.C. espagnol.
Negrin se réfugie en France.
Pendant près d'une semaine, des combats se produisent dans Madrid. Franco se garde d'avancer pendant que se produisent ces combats pour lesquels des troupes sont retirées du front.
La fin de la guerre d'Espagne pâlit en
Le 1°r février, réunion à Figueras, non loin de la frontière française, des Cortès : 62 présents et 106 absents.
Le 4 février, chute de Gerone.
Le 6, la lutte en Catalogne est terminée. Les troupes de Franco sont arrivées à la frontière française. La République est encerclée sauf sur une partie de la côte méditerranéenne.
Le 10 février, Minorque se rend.
Le 11 février, le gouvernement Negrin s'installe à Madrid.
Le 27 février, les gouvernements de France et de Grande-Bretagne reconnaissent le gouvernement de Franco. La France aura pour ambassadeur Pétain, « le plus noble et le plus humain de nos chefs militaires », écrivait Blum dans « Le Populaire » en guise de consolation aux militants de son parti.
Le 28 février, Azana qui n'est pas rentré en Espagne donne sa démission de Président de la République. face des nouveaux événements qui se produisent, de l'effondrement de la Tché-coslovaquie, le 15 mars, de sa dislocation et de l'instauration du protectorat allemand.
Le 18 mars, Besteiro propose des négociations à Franco. Le 22 mars, le comité de non intervention se dissout.
Le 26 mars. Franco rompt les négociations et prend l'offensive sur le front de Cordoue et de Tolède.
Le 28 mars, reddition de Madrid.
Le 30 mars, reddition de Valence. Miaja fuit à Oran.
Le prolétariat espagnol a été vaincu. Le fascisme a triomphé avant tout en raison de la politique de collaboration de classe, de la politique de Front populaire, des organisations ouvrières.