L'économie de l'Europe occidentale a fait son entrée dans l'année 1956 en plein boom, mais un boom qui est déjà en perte de vitesse par rapport aux rythmes qu'il avait connus aux environs de l'été 1955.
La production industrielle ne progresse plus autant; les exportations stagnent ou baissent même, à l'encontre de la tendance à l'accroissement qui caractérise les Importations ; le déficit commercial et le déficit en dollars augmente; l'inflation reprend un peu partout.
Dores en eaeral gese fárise enie, gée de le voir perspennes fermeures D'ores et déjà, il n'est ni risqué, ni exagéré de prévoir une année 1956 moins « bonne » en écoulee, une année aux perspectives ultérieures incertaines, préoccupantes sinon sombres.
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Dans cette évolution générale de l'économie de l'Europe occidentale, celle de l'Angleterre est déjà la plus délicate, la plus précaire (suivie de celle de la France). Devant un quasi plafonnement de la production industrielle depuis l'été 1955, une baisse relative des exportations et, par contre, une augmentation des importations, on du déficit commercial, une baisse des réserves en or et en dollars, une reprise considérable de l'inflation. Pour le mois de janvier, le déficit commercial se chiffre à 74 milliards de franes français.
Alarmé par cette situation, le gouvernement britannique vient de décider une série de mesures restrictives du crédit, de la consommation intérieure et des importations. D'autres vont, incontestablement, suivre, visant le blocage sinon la diminution des salaires, l'abolition de « charges » sociales et l'application de nouveaux impôts. D'autre part, le gouvernement conservateur ne verra pas du tout d'un mauvais œil certaines conséquences de ces mesures sur le plein emploi.
Les licenciements qui interviennent déjà dans l'industrie de l'automobile, des textiles, du bâtiment, en provoquant un certain chômage, peuvent amener, selon les vues des conservateurs, une baisse de la tension qui régnait sur le marché du travail, et mettre quelque peu une sourdine aux revendications ouvrières pour l'augmentation débuts de changement de la conjoncture économique risque d'être violente. Les ouvriers de leurs salaires. Mais, d'autre part, il est clair que la réaction des ouvriers à ces auront tendance à défendre vigoureusement le niveau de vie acquis sous le régime du plein emplot.
Les réactions des dirigeants syndicaux, y compris des plus droitiers d'entre eux, sont à ce propos déjà significatives. Les répercussions de cette situation au sein du Labour Party ne seront pas moins importantes. La victoire de Gaitskell et de la droite conservatrice est précaire. Depuis l'élection du nouveau président du parti, Bevan n'a cessé de mener bataille pour une démocratisation du parti et des syndicats et de s'adresser aux ouvriers par la plume et la parole, dans ses articles de « Tribune » et dans les meetings que ce journal organise, sans trop se préoccuper de sanctions éventuelles prises contre lui, C'est qu'il sent que la base, non seulement du parti mais aussi des syndicats, l'appuie dans cette campagne, et que le raidissement de la classe envers les tories ne peut que lui être favorable.
Les mineurs de la région du Yorkshire, traditionnellement jusqu'ici appuyés de l'aile droite de parti, voteront cette fois, à la prochaine conférence du parti, en faveur de Bevan au poste de trésorier du parti; de même le syndicat des métallurgistes. Un reclassement important à tendance « bevaniste » s'opère dans les syndicats, jusqu'ici fef de la droite, ce qui peut provoquer d'importantes surprises lors de la conférence du parti.
Les conditions générales dans le pays évoluent de nouveau favorablement pour le Labour Party en général et pour sa partielles qui ont eu lieu dernièrement ont clairement démontré à la fois la fidélité de la base ouvriere au Labour, et le mécontentement des éléments petits bourgeois des villes et des campagnes envers la politique économique des tories qui ne ménage que
L'offensive que le gouvernement prépare contre la classe ouvrière dans un climat et un rapport de forces qui ne lui sont encore nullement favorables, ne peut que pro voquer des réactions de la part des ouvriers favorables à la gauche du Labour Party. Dans ces conditions, la perspective devant ce parti pour tout l'avenir prévisible est ainsi tracée : soit il y aura une victoire bevaniste, soit une scission provoquée par une contre-attaque désespérée de la droite du parti. Mais dans cette éventualité, la scission entrainerait cette fois une importante partie des syndicats également, aboutissant à rexistence de deux partis ouvriers de masse en Angleterre, dont l'un représentant une formation centriste de gauche et qui canaliserait l'essentiel du courant de radicalisation des masses prolétariennes anglaises.
Dans les deux éventualités, la tâche des marxistes révolutionnaires anglais est claire : se maintenir en contact étroit avec les masses politisées cette tendance à la base, dans les syndicats et le parti; combiner cette activité pra tique, quotidienne, avec une clarification, du point de vue du marxisme révolutionnaire, des problèmes du mouvement ouvrier anglais et international, à travers un organe marxiste révolutionnaire intégral.