Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 14, n° 1-3

Les « révélations » de Khrouchtchev

Quatrième Internationale, vol. 14, n° 1-3 · mars 1956 · p. 8-9 · 602 mots

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Sous la pression montante des masses soviétiques - cuvriers, paysans, jeunes, intellectuels — les dirigeants de l'U.R.S.S. s'empressent de se désolidariser à qui mieux mieux de Staline et de l'accabler comme se? esponsable des crimes collectifs commis par la caste bureaucratique ré lante à l'égard. du prolétariat soviétique et international.

Emboîtant le pas à Mikoyan, Khrouchtchev, mani stement désireux de capitaliser sur son nom le titre de véritable fossoyeur de Staline, a prononcé à huis clos (cela est maintenant confirmé), à la fin du XX° Congrès, le réquisitoire le plus violent contre Staline. I la accusé d'une série de forfaits com8 mis plus particulièrement depuis 1934, date de l'assassinat de Kirov, qui a donné le signal de la grande purge des années 1936-38. Il n'a « révelé » que des crimes dénoncés à l'époque par Léon Trotsky et la IV" Internationale. Nous ne connaissons pas encore le contenu exact de ce réquisitoire et ne pouvons pas nous baser sur les compte-rendus donnés par les services diplomatiques étrangers et les journalistes bourgeois.

La démocratie ouvrière la plus élémentaire exige que ce réquisitoire soit porté immédiatement et sans retouches à la connaissance des prolétaires du monde entier. Il est déjà inconcevable qu'il ait été prononcé en dehors de la présence des délégués étrangers assistant au Congrès. Ceux-ci, tenus dans l'ignorance de l'ampleur véritable de la condamnation de Staline, ont de la peine à accorder leurs violons, Duclos et Pollitt louant le rôle du stratège Staline dans la guerre contre Hitler et pour la défense de YU.R.S.S., Ubricht et Togliatti le désignant comme responsable de l'impréparation de l'Armée rouge en 1939, des premières défaites et de la dévastation du pays qui s'ensuivit. Ces dirigeants se disqualifient de nouveau devant les masses en tant qu'hommes manquant autant de dignité, de probité que de courage.

Asser de procédés bureaucratiques ! Assez de violations provocantes de la democratie proletarienne en U.R.S.S., dans les « démocraties populaires » et dans les Partis communistes. Il faut nendre ouvertement ei completement les comptes de la gestion stalinienne de T'U.R.S.S. et des Partis communistes devant les communistes et les ouvriers du monde entier ! Il faut exiger la convocation de Congrès des Partis communistes, démocratiquement préparés, avec droit aux tendances et participation des communistes exclus, pour soumettre à une critique approfondie tout le passé et les répercussions de la politique du Kremlin sur l'orientation actuelle des Partis communistes ! Il faut empêcher qu'une nouvelle version mensongère, bureaucratique, de l'histoire s'établisse : celle faisant de Staline le seul responsable des crimes révoltants accomplis depuis 1934 et entérinant comme « léniniste » toute la gestion de la direction bureaucratique depuis la mort de Lénine jusqu'en 1934 : gestion entre autre de scission du PC de l'U.R.S.S. et de l'Internationale Communiste, de trahisons du mouvement ouvrier international, de collectivisation forcée en U.R.S.S. au détriment de la vie de millions d'êtres humains et de la sécurité de l'U.R.S.S. Boulcharine,...) qui, pendent toute cette période, ont lutté contre Staline et Il faut réhabiliter les oppositions communistes (Trotsky, Zinovier, le régime bureaucratique montant ! Il faut rendre justice à Léon Trotsky et à l'opposition de gauche qu'il dirigeait, les seuls qui ont lutté avec conséquence pour une politique marxiste révolutionnaire en U.R.S.S et dans l'Internationale ! Il faut réviser tous les procès de Moscou et toutes les condamnations prononcées contre les innombrables communistes soviétiques et étrangers, de toutes tendances, victimes de la terreur stalinienne !

C'est à ces conditions seulement que la voie sera ouverte effectivement à l'assainissement du mouvement ouvrier et au rétablissement de son unité révolutionnaire !

20 mars 1956.

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