Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 13, n° 7-10

Néo-réformisme, stalinisme et marxisme (A propos du livre de Merleau-Ponty « Les aventures de la dialectique »)

M. P. · Quatrième Internationale, vol. 13, n° 7-10 · octobre 1955 · p. 49-55 · 6 452 mots

Texte lu par machine sur le scan (relu en 2026 colonne par colonne) : il peut contenir des fautes de lecture. Pour citer, reportez-vous au scan de la page.

L'ouvrage de Merleau-Ponty est un essai de « philosophie politique ». « A l'épreuve des évènements — apprenonsnous de sa préface — nous faisons coninacceptable, et c'est cette expérience naissance avec ce qui est pour nous expérience interprêtée qui devient thèse et philosophie » de cet ouvrage.

Retenons déjà cette constatation faite par l'auteur, que c'est dans les « évènements » qu'il a trouvé la matière première de ses interprétations théorinoe euhientives comme c'est dans l'exques subjectives, comme c'est dans expérience et la pratique de la révolution qu'il s'efforce tout au long de son ouvrage de prouver aussi bien la faillite de la dialectique marxiste que du prolétariat et de la révolution prolétarienne. Cela ne l'empêche pas de combattre le « marxisme philosophique, postérieur à 1850 pour avoir place la dialectique « dans les choses » de la nature et de la société. Mais nous y reviendrons.

C'est à partir de la guerre de Corée que Merleau-Ponty a fait connaissance avec « l'inacceptable » et qu'il a rompu avec son attitude « d'attentisme marxiste » qu'il avait encore au lendemain de la deuxième guerre. Jusqu'alors. il avait espéré, dit-il, que le prolétariat de l'Occident pourrait jouer son rôle révolutionnaire et donner au communisme un autre visage que celui de l'URSS. Mais la guerre de Corée avait posé l'éventualité d'un envahissement de l'Europe par l'URSS « et l'établissement dans tous les pays d'un régime de son choix ».

Prenant conscience du danger, Merleau-Ponty abandonne non seulement son « attentisme marxiste » mais entreprend une critique à fond du marxisme, qui lui découvre à la fois les racines philosophiques de la faillite de ce dernier et son impuissance dans l'ac- Ton.

tion.

Nous soupçonnons que ce qui a en réalité déterminé le ressaisissement sensationnel de Merleau-Ponty n'était pas l'imminence d'un envahissement de l'Europe par l'URSS (on aurait vu dans un pareil cas des conversions plutôt contraires et autrement spectaculaires), mais plutot la sensation d'un éloignement d'une telle perspective dans ces dernières années et l'enhardissement, l'optimisme de la bourgeoisie occidentale dans un climat d'euphorie économique relative.

C'est dans ce cadre que s'esquisse l'offensive de l'aile mendessiste néo-li bérale de la bourgeoisie en France, dont

Merleau-Ponty, il le dit presque explicitement lui-même, act a norte narole est le porte-parole philosophique. Nous en reparlerons quand nous arriverons aux conclusions politinues pratiques de sa « philosophie politique », de son programme.

Nous n'avons pas l'intention de suivre

Merleau-Ponty dans tous les sentiers ou ion Dont done tous les sentiers ou il fait vagabönder ce qu'il veut appeler, lui, la dialectique, ni surtout dans ses développements concernant les tentatives. de Lukaes, dépassant l'acquis relativiste de Marx Weber, de fertiliser le « marxisme occidental », et dans ses longs démêles avec sartre. Nous laissons & Simone de Beauvoir le soin de rétablir la vérité dans ce domaine, elle qui connait aussi bien Dubreuilh que Sartre et qui est incontestablement la plus qualifiée pour saisir et fixer un personnage, par ailleurs assez fuyant. Elle le fait avec beaucoup d'ardeur dans son essai sur « Merleau-

Ponty et le pseudo espérons que ses m nant les vraies op de Sartre, que Mer il, interprétées de même « falsifiées reuses que les quel fait aux soi-disant kystes », classes en Lefort (2) qui cepe temps cessé de se kysme pour n'être xiste » démystifié trotskyste. (3)

Mais passons.

Nous nous con part de répondre les points où il met en cause Léon Tro action. Ceci du res le verrons, à l'esse anti-marxistes.

Merleau-Ponty pr exemple pour pro dialectique en act raitre « l'équivoq térialisme et de dans l'action ».

« Encore faut-i l'exemple soit pro sartrisme » (1). Nousises au point concerinions philosophiques leau-Ponty a, paraitmanière abusive et *. seront plus heuheuques allusions qu'elle positions des « trotscompagnie de Claude ndant a depuis longrevendiquer du trotsplus qu'un « marde la « mythologie » tenterons pour notre à Merleau-Ponty sur plus particulièrement isky, sa pensée et son te est lié, comme nous ntiel de ses arguments end L. Trotsky comme uver la faillite de la ion, pour faire appaue théorique du mala dialectique... aussi 1, écrit-il, pour que bant, s'adresser à un dialectique ait cas pur, où vraiment la dialectique alt été mise à l'épreuve. Il nous a semblé que Trotsky offrait cet équilibre du sens pratique et du sens dialectique, et c'est donc sur sa destinée que nous raisonnerons ».

Trotsky, nous apprend Merleau-Ponty.« n'était pas philosophe, et quand il parle philosophie c'est en reprenant à son compte le naturalisme (4) le plus banal ». Merleau-Ponty est même « surpris » « de retrouver chez quelqu'un qui avait au plus haut point le sentiment

(*) Aux Editions Gallimard, Paris

(1) Les Temps Modernes, juin-puillet 1955-

(2) 4 Contre les trotskystes, contre Lefort », est une expression qui plume.

(3) C'est dans ces position trotskyste SUT Lefort, Chanlieu, dans N° 17 juillet-septembre revient souvent sous sa de la termes que parle,

VURSS, le coéquipier de

Socialisme ou Barbarie

1955

(4) Il veut dire matérialisme.

49-

U AT R MIE de l'honneur et de la rectitude personnels une philosophie qui fait si peu de place & la conscience ».

Merleau-Ponty a absolument raison que L. Trotsky n'était pas (il n'en avait aucune ambition) un philosophe dans le sens que lui, Merleau-Ponty, attribue aux philosophes et à la philosophie. Comme il le sait bien, depuis Engels, aucun grand marxiste n'a compris autrement la philosophie que comme une interprétation des connaissances acquises les sciences de la nature et de l'homme à travers la méthode du matérialisme dialectique et historique. A côté de celleci, il n'y a place pour aucune autre

‹ philosophie » qui ne soit en réalité de la métaphysique (dans le sens préhégelien du mot). Mais Merleau-Ponty se trompe quand il attribue à Trotsky un matérialisme « banal », et apporte comme preuve un passage tiré de l'article • Une opposition petite-bourgeoise dans le Socialist Workers Party ». (5)

Nous redonnons ici le passage en entier avec la phrase qui le précède, car c'est elle qui explique son sens

" Nous appelons notre dialectique matérialiste puisque ses racines plongent non pas dans les cieux ou dans les profondeurs de notre « libre arbitre », mais dans la réalité objective, dans la nature. La conscience est née de l'inconscient, is psychologie de la physiologie, le monde organique monde inorganique, système solaire de la nebuleuse. Sur les barreaux de cette échelle de développement, les changements quantitatifs se sont transformés en changements quaJitatifs. Notre pensee, y compris la pensee dialectique, n'est qu'une des formes d'expression de la matière en train de changer, Il n'y a de place dans ce système ni pour Dieu ni pour le Diable, ni pour lame immortelle, pas plus que des normes éternelles de lois et de morale. La bensee dialectique étant nee de la nature par consequent un caractere touta fait matérialiste.

Le darwinisme, qui explique l'évolution des espèces par transformations quantitatives devenant qualitatives, a été le plus haut triomphe de la dialeetique dans le champ tout entier de la matière organique. Un autre grand triomphe a été la découverte de la table des poids atomiques des éléments chimiques et par la suite la transformation d'un élément en un autre. »

Trotsky veut dire que les phénomènes de conscience, de philosophie. ete.... plongent leurs racines dans la matière organique, elle-même provenant de la matière inorganique. Il veut établir la nature, en dernière analyse matérialiste, de ces phénomènes.

Mais Trotsky est loin d'identifier ces phénomènes aux phénomènes de la physique, de la chimie ou même de la physiologie. Il est très conscient de l'unité, en dernière analyse, de tous ces phénomènes, tous expressions de la matière en changement, mais nullement de leur identité. Il souligne au contraire le caractère spécifique de chaque ensemble

(5) In Dejense of Marxism.

E RATIONALE des phénomènes, et la nécessité d'y découvrir les lois spécifiques qui les déterminent.

Voici par exemple comment il s'exprime à ce sujet dans le fameux discours qu'il a prononcé à l'occasion du Congrès Mendeleiev, le 17 septembre 1925, en tant que président de la commission scientifique et technique de l'industrie :

« La chimie a sa conception spécifique de la matière, ses proprés méthodes de recherche, ses propres lois. Si, sans la connaissance que les réactions chimiques sont réductibles en dernière analyse aux propriétés mécaniques des particules élémentaires de la matière, il n'y a pas et ne peut y avoir de philosophie fondant tous les phénomènes en un seul système, ainsi, d'autre part, la simple connaissance que les phénomènes chimiques ont leurs racines dans la mécanique et la physique, ne donne pas en elle-même la clé d'une seule réaction chimique. La chimie a ses propres cles.

On peut choisir parmi elles seulement par expérience et généralisation, à vers un laboratoire de chimie, une hypothèse et une théorie de la chimie.

Ceci s'applique à toutes les sciences. La chimie est un puissant pilier de la physiologie avec laquelle elle est directement liée au moyen de la chimie organique et physiologique. Mais la chimie n'est pas un substitut de la physiologie. Chaque science est fondée sur les lois des autres sciences seulement en dernière instance. Mais en même temps la séparation des sciences l'une de l'autre est déterminée précisément par le fait que chaque science couvre un champ particulier de phénomènes, un champ de combinaisons tellement complexes de phénomènes et de lois élémentaires qu'il nécessite une explication spéciale, recherche technique spéciale, des méthodes et des hypothèses spéciales. » c'est dans ce même article, d'où Merleau-Ponty a tiré son passage, que L. Trotsky insiste sur la souplesse cessaire de la pensée dialectique (en opposition à la rigidité mécanique de la pensée ordinaire) :

« La pensée dialectique donne aux concepis, au moyen d'approximations plus grandes, de corrections, de concrétisation, richesse de contenu et flexibilité. Je dirai même une succulence qui jusqu'à un certain point les rapproche des phénomènes vivants. »

Merleau-Ponty veut bien admettre que « quand Trotsky ne parle pas philosophie pure mais littérature, morale ou politique, on ne trouve jamais chez lui de ces rechutes dans le mécanisme... et qu'il ne cesse jamais d'avoir, des rapports dialectiques les plus complexes, la perception la plus précise et la plus souple».

On se demande comment Trotsky aurait pu réaliser ces performances en matière de littérature, de morale et de politique S'il n'avait pas maitrisé à fond la philosophie matérialiste marxiste dans toute sa souplesse dialectique

Mais en réalité. ce qui gêne MerleauPonty chez Trotsky (ainsi que chez Marx et Lenine), c'est la base, en dernière analyse. matérielle des phenomènes de la conscience qui reflète de manière

IN I

QUATRIEME •IN active et selon ses propres lois le mouvement dialectique de la matière.

L'idée que Merleau-Ponty attribue aux marxistes d'une conscience simple reflet de la matière, appartient en réalité aux matérialistes pré-marxistes. Les marxistes savent très bien que le « reflet » mental n'est ni simple, ni total. mais se réalise dans une attitude active du sujet avec l'objet, selon des lois propres à l'homme de s'approprier mentalement le monde, la nature, la société, son propre moi. Marx voulait écrire un manuel de dialectique materialiste, retravaillant les notions de la dialectique de Hegel d'un point de vue matérialiste, c'est-àdire faisant ressortir logique et pla théorie de la connaissance « du développement de toute la vie naturelle et spirituelle » (Lenine). (6)

Revenons cependant aux critiques que Merleau-Ponty adresse à Trotsky.

Comment se fait-il, demande MerleauPonty, que les « thèses si précises, où revit bien une dialectique concrete sans mythe » de Trotsky sur le réalisme révolutionnaire, sur l'Histoire, sur le Parti et les masses, aient échoué en pratique ? Prenons par exemple « la dialectique du parti et des masses ».

Merleau-Ponty, s'appuvant sur Claude Lefort qui « l'a bien montré », soutient que Trotsky s'est laissé battre par Staline dans la période 1923-1927, et qu'il n'a fait appel aux masses, au prolétariat, pour le soutenir, par fétichisme marxiste du parti et de l'URSS. Trotsky « a hésité à mettre la vérité hors du parti parce que le marxisme lui avait enseigné qu'elle ne peut pas par principe habiter ailleurs qu'a la jonction du prolétariat et de l'organisation qui l'incarne ». (Souligné par nous).

D'autre part, « on sait que même expulsé (Trotsky) de l'URSS et fondateur d'une nouvelle Internationale, il n'a jamais accepté de considérer la bureaucratie comme une classe, et a maintenu en conséquence sa thèse de la défense inconditionnelle de l'URSS comme pays de la collectivisation et de la planification ».

Merleau-Ponty trouve que ces « fautes » sont imputables à la notion marxiste de la dialectique qui la place « dans les choses » et qui ne sépare pas la collectivisation et la planification du pouvoir du prolétariat, elle ne veut pas choisir entre eux. elle n'admet pas qu'on la suppose en conflit ».

Il est complètement inexact qu'il У avait dans la dialectique marxiste, la conception du parti telle que le concoit

Merleau-Ponty, et encore davantage, bien sûr, Sartre et Simone de Beauvoir. Le marxisme distingue entre la classe, le parti et la direction du parti — trois

Le parti est un instrument historique de la classe, un instrument temporaire, susceptible, sous les effets de la lutte des classes soit de commettre des erreurs, soit de cesser même de représenter la conscience politique de la classe et ses intérêts historiques fondamentaux. Les erreurs et les déviations sont d'autant plus possibles et même inévitables que le parti se différencie de la classe et que sa direction se différencie de sa base.

La définition la plus saine, la plus « marxiste » du parti fut donnée par Marx et Engels eux-mêmes dans le Manifeste Communiste :

« Les communistes n'ont point d'intérêts qui les séparent du prolétariat en général.

Ils ne proclament pas de principes sectaires sur lesquels ils voudraient modeler le mouvement ouvrier.

Les communistes ne se distinguent des autres partis ouvriers que sur deux points :

1) Dans les différentes luttes nationales des prolétaires, ils mettent en avant et font valoir les intérêts communs du prolétariat.

2) Dans les différentes phases évolutives de la lutte entre prolétaires et bourgeois, représentent toujours et partout les intérêts du mouvement général,

Pratiquement les communistes sont donc la section la plus résolue, la plus avancée (de la classe) de chaque pays: la section qui anime toutes les autres théoriquement ils ont sur le reste du sur reste prolétariat l'avantage d'une intelligence nette des conditions de la marche et des fins générales du mouvement prolétarien. »

Le parti appareil et sa direction superappareil dans l'appareil, voulant forcer la classe, lui imposer leur controle, et se considérer par principe ses tuteurs et les détenteurs de sa vérité, c'est la conception stalinienne, mécanique et bureaucratique du parti, dans laquelle Sartre en particulier n'a pas hésité à patauger tant qu'il a pu.

Mais, déjà un tel parti n'est plus celui de la classe, c'est celui d'une formation sociale dont il s'agit de découvrir le caractère, les origines, la fonction, Ainsi, par exemple, les partis socialistes de la ite Internationale. qui avaient commencé par être les partis du prolétariat, sont devenus, dans un processus bien connu par les marxistes révolutionnaires, des formations politiques transmettant la politique bourgeoise au sein du moudu mouvement ouvrier. Ainsi le Parti bolchevik russe s'est transformé aussi de parti du prolétariat, « qui a rempli un prodigieux rôle historique » (Trotsky) en instrument de la bureaucratie soviétique.

La lutte des classes, réalité suprême de la société, est permanente, dans tous les domaines, y compris dans celui du parti qui se déclare étre le Parti révolutionnaire de la classe. Ni ses origines.

ni le fait que la majorité de la classe le suit momentanément, ne sont une preuve ou une garantie suffisante qu'il continue à être le parti de la classe dans à être le narti de la classe dans le sens donné par Marx et Engels.

éléments entre lesquels teraction dialectique, restant fondamental analyse, déterminant.

(6) Nous pouvons ajouter même écrit par Marx, de la pensée dialectique, s'exerce une inPélément classe et, en dernière qu'il ne s'agirait pas, d'un code définitif qui reste ouverte à l'infini et se développera evec toute nouvelle comde la matière.

préhension du mouvesnet prehension

VATRI

EME

IN be parti est une expression, une incar-

T E RNATIONAL fondeurs des « infrastructures » - de reprocher à Trotsky et à l'Opposition de n'avoir pas prévu, dès les années 1923, le triomphe fatal du stalinisme.

Trotsky a lutte dans le parti, qui était loin d'être à cette époque le parti de la bureaucrane, avec les forces les plus la bureaucratie, avec les forces les plus actives capables d'enrayer le processus de bureaucratisation qui se trouvaient alors encore dans le parti.

Trotsky considérait d'autre part que l'appel direct aux masses était à la fois inopportun et risquait de ne donner aucun résultat pratique, les masses sentant alors la fatigue de tant d'années de lutte et de difficultes. plus que leur avant-garde organisée dans le parti.

Trotsky admit que sa maladie, lors de la mort de Lénine, l'a peut-être empêché momentanément de déployer une activité plus grande. Il émit d'autre part lhypothèse que, si Lénine avait encore vécu il aurait mené la lutte dans le parti plus efficacement que lui, tout en considérant qu'a la longue il aurait lui aussi été vaincu par le renforcement d'une situation objective défavorable.

Même en admettant que L. Trotsky ait effectivement commis des erreurs de tactique, et que sa manière de conduire la lutte ne correspondait pas aux exigences de la lutte pour le pouvoir, on voit mal pourquoi cette attitude doit être imputée à la nature de la dialectique marxiste et pas seulement au tempérament de l'homme ou à ses faiblesses,

Quant aux reproches concernant la caractérisation de classe de T'U.R.S.S. donnée par Trotsky, soi-disant sur la base de critères exclusivement économiques, séparés du politique, il nous faudrait rappeler toute la dialectique concrète de l'URSS, en tant qu'Etat ouvrier dégénéré, développée par Trotsky.

Soulignons cependant les aspects principaux de cette analyse :

L'étatisation de tous , les moyens de production et la planification ne sont pas des notions exclusivement économiques mais à la fois historico-politicosociales. C'est-à-dire qu'il est impossible d'arriver à un tel système économique sans une lutte sociale précise, menée par le prolétariat, contre la bourgeoisie l'impérialisme, et sans la destruction révolutionnaire de l'appareil d'Etat des anciennes classes dirigeantes.

› autre part, pour arriver a un véri able Etat socialiste il est de toute ma nière indispensable d'établir au début un tel système économique.

Les formes de production établies en URSS sont le fruit d'une lutte sociale concrète, qui marque déjà leur nature classe. Les affirmations selon les quelles le capitalisme organiquement peut aboutir aux mêmes formes, variante de la théorie du « capitalisme d'Etat », n'ont trouva historiquement aucune confirmation, ou plutôt l'évolution se fait dans le sens contraire : au lieu que ce soit l'Etat qui exproprie les monopoles, ces derniers s'approprient davantage 1'Etat et le dominent.

Seule le nowalntion prolétarienne peut nation approximative de l politique de la classe, de historiques fondamentaux, lité révolutionnaire de son correspondant aux intérêts soins du prolétariat, et par conscience ses intérêts par la quaprogramme, et aux besa lutte pratique constante, consequente, pour ce programme. Car il ne s'agit pas de se contenter de ce qu'il déclare être, mais de vérifier ce qu'il est en réalité par son comportement pratique, quotidien.

Tous les autres critères sont fallacieux.

Ainsi, les actuels Partis Communistes, même dans des pays comme la France ou l'Italie, où ils sont suivis par la majorité de la doivent partie politisée du prolétariat, être jugés, pour savoir s'ils représentent ou non le parti revolutionnaire du prolétariat, à la fois par leur programme et par la ligne sur laquelle luttent pratiquement, quotidiennement depuis des années.

Un tel examen fera apparaitre très clairement que leur comportement de tous les jours est loin d'être la lutte conséquente pour leur programme général communiste, mais qu'il obéit en réalité à d'autres impératifs : ceux de la politique extérieure de la bureaucratie soviétique. Par conséquent ces partis, comme les partis socialistes, ont cessé de représenter le prolétariat dans le sens du Manifeste Communiste.

La lutte pour maintenir le parti et sa direction sur la ligne de la classe est permanente. Pour ces raisons, il ne peut y avoir aucun fetichisme de la part des marxistes révolutionnaires pour le parti. et il n'y en a pas eu effectivement.

Lénine n'a jamais hésité à subordonner son attachement à la discipline du parti, au « centralisme démocratique » à la question de la ligne, du programme. Son attitude envers la tendance menchévique est a ce propos un exemple.

Trotsky lm-meme, pour des raisons qu'il a du reste lui-même reconnues erronées est resté des années durant en dehors de la tendance bolchevique du Parti social-démocrate russe, n'étant pas persuade de la justesse de la ligne de elle-ci. Pourquoi alors Trotsky n'a-t-il pas lutté soi-disant conséquemment dans la période de 1923-1927, n'a-t-il pas fait un appel direct aux masses et saisi le pouvoir ? Parce qu'il aurait été erroné en 1923 d'extrapoler. en partant des « tendances bueaucratiques » qui avaient commence à se développer en URSS sur l'inévitabilité de la victoire de ces tendances, de l'expropriation politique du prolétariat par la bureaucratie, du « Thermidor » de la Révolution en ce sens. Parce ou'il y avait encore lutte. possibilité de lutte, rien n'était tranché par avance, et il fallait que le facteur subjectif. Trotsky, l'Opposition. intervienne tout d'abord pour tenter de conjurer cette fatalité.

Il est pour le moins curieux de la part 0313701 152 de Merleau-Ponty - qui est si probabiliste en matière d'histoire, qui enregistre et interroge un sens des évènements mais rejette toute idée de «foreeso travaillant inexorablement dans les pro52

R

IEM donner naissance à un régime économique comme celui de l'URSS. D'autre part, avons-nous déjà dit, ce régime est de toute manière la base initiale sur laquelle commence à s'édifier un véritable régime scarte d'un certain moment Qu'il y ait eu en URSS, ( dissociation de l'économique à partir et du politique, en ce sens qu'une bureaucratie sortie des rangs du prolétariat a exproprié politiquement ce dernier, est facteur important dont Trotsky a tenu largement compte en définissant l'URSS comme un Etat ouvrier dégénéré.

Mais sur quoi votre dialectique (marxiste) base-t-elle l'inévitabilité d'un processus socialiste d'un tel Etat, nous demande Merleau-Ponty ? En partant d'une économie collectiviste et planifiée, on peut aussi bien aller au socialisme mais également à un nouveau « régime de classes comme celui qui existe d'après lui actuellement en URSS. Il n'y a pas de voie unique dans l'histoire, de vole forcée, inexorablement préparée d'avance « dans les infrastructures »; il y a probabilité et choix entre différetites voies. Le règne politique du prolétariat, « classe universelle » qui amènera la société socialiste sans classe est une extrapolation arbitraire que l'histoire jusqu'à maintenant infirme

- voilà le raisonnement de Merleau-

Ponty.

Une chose cependant est déjà acquise en faveur de la nature « dialectique » révolutionnaire du prolétariat : les nouveaux rapports économiques d'étatisation et de planification sont le produit concret de la lutte révolutionnaire du prolétariat renversant les anciennes classe dirigeantes. Il s'agit maintenant de savoir si, en partant de cet acquis.

la nature « dialectique » révolutionnaire du prolétariat est capable de Telever au pouvoir politique direct et surtout de construire vraiment une société socialiste, sans classes.

Merleau-Ponty n'en sait rien, et il est plutôt franchement sceptique.

Il n'a vu, nous dit-il, aucume « société homogène » et « sans Etat » s'établir avec la « fin de l'exploitation », la « fin de la propriété privée ». la « fin capitalisme ». Il a vu au contraire l'expropriation politique du proletariat par la bureaucrate.

Arrivée à ce stade de développement, sa « dialectique » perd toute sa souplesse et s'avère plutôt une technique verbale, formelle de la dialectique, une phénoménologie de la dialectique plutôt qu'une vraie connaissance, une prise mentale de la dialectique du réel. Car ni Marx, ni

Lénine, - ni Trotsky n'ont jamais fait sortir achevée de la prise du pouvoir dans un d'emblée la société socialiste dans un pays, même le plus avancé.

La révolution triomphante dans un pays n'est ni « la fin de l'exploitation », ni de « la propriété privée », ni du « capitalisme », ou ne l'est dans un sens seulement qui tout au début n'est encore que juridique. A partir de la prise du pouvoir commence un long processus

« dialectique » révolutionnaire dans lequel se réaliseront toutes ces « fins ». Marx a parlé d'une époque de transition entre le capitalisme et le communisme, la société sortie de la révolution gardant toute une période des traits de l'ancienne société. Le dépassement dialectique n'est pas commencement à zéro mais fusion dialectique sur un niveau supérieur.

Marx, d'autre part, ainsi que Lénine

Trotsky n'ont jamais envisagé la société socialiste réalisée autrement que sur une base internationale. Cet élément échappe pratiquement complètement Merleau-Ponty, et en cela il se retrouve avec Sartre et la pléiade des mystifiés du stalinisme qui parlent du « socia-

. en URSS, certains même du lisme « socialisme » en Albanie.

La fonction révolutionnaire du prolétariat s'est démontrée amplement au sein de la société capitaliste, en tant que force motrice essentielle de la lutte pour le renversement des anciennes classes dirigeantes. Dans ce domaine, le prolétariat s'est montré infiniment plus a gauche que ses « directions » les plus révolutionnaires en paroles, en programmes « des fins ultimes ».

Il s'agit de savoir si, ensuite, le prolétariat est capable d'édifier une société socialiste sans classes. Et bien ! La preuve contraire concrete, pratique, ne pourra pas être donnée avant aue la révolution ne triomphe internationalement, car selon le marxisme authentique le socialisme.

par sa nature, ne peut s'édifier que sur une telle base.

Comprendre cela à fond, c'est déjà répondre aux objections de Merleau-Ponty qui exploite, pour sa cause, le cas isolé de l'URSS, pays qui était il y a trente ans encore un pays arriéré. Le phénomène bureaucratique est essentiellement lié au bas niveau économique et culturel.

Une victoire mondiale de la révolution crée la possibilité d'une économie étatisée et planifiée internationalement qui provoquerait un essor inoul des forces productives. Sur une telle base économique, le phénomène bureaucratique dépérira nécessairement : l'oppression, les classes, l'Etat n'ayant, n'en déplaise à Merleau-

Ponty, aucun autre fondement matériel que la pénurie relative.

Pour que les processus politiques et culturels puissent s'engager dans la voie du socialisme, de la société sans classes, il faut que la base économique de l'étatisation et de la planification soit élargie sur l'échelle internationale. C'est en cela que consiste la thèse fondamentale du marxisme authentique et qui tranche avec tout le fatras stalinien et la confusion des critiques de plus ou moins bonne volonté du socialisme.

Merleau-Ponty se révolte à l'idée que l'histoire « finit » dans la « vraie société du socialisme ». où la « négation ».

la « dialectique » soi-disant ne jouent plus, mais en même temps il veut que l'image de ce que serait la société socialiste internationale soit déjà donnée dans le visage actuel de l'URSS, ou de la

Chine, Etats préparatoires _ et par

U A E ME certains côtés seulement — au socialisme !

Les grands marxistes, et les marxistes authentiques en général n'ont eu et n'ont aucune prétention d'inclure lavenir pratiquement infini de l'humanité dans une perspective concrète définie par avance. Marx n'a fait qu'esquisser quelques traits de la société succédant capitalisme, et Lénine et Trotsky n'ont pas dit en cette matière bien davantage.

Trotsky a souvent trouvé l'occasion de souligner que le communisme est la phase supérieure de la société succédant au capitalisme, qui modèlera ses traits concrets à travers tout un processus révolutionnaire, et que, pour le reste, pour la suite, il n'y a rien et 1 ne peut y avoir rien à dire dès maintenant. Le meme esprit en cette matière animait Marx, Engels, Lénine.

C'est Trotsky qui a , aussi écrit que « le matérialisme dialectique n'est pas naturellement une philosophie éternelle et immuable. Penser autrement c'est contredire l'esprit de la dialectique. Des développements ultérieurs de la pensée scientifique vont, indiscutablement, créer une doctrine plus profonde dans laquelle le matérialisme dialectique entrera comme élément structurel » (7).

Merleau-Ponty connait la théorie de la Révolution permanente de Trotsky, envalents. vers laquelle il a des sentiments D'un côté, il l'apprécie, à sa ambimanière, en tant que « crise et suite de la pensée de Marx, qui rend « à la dialectique sa souplesse, à l'histoire son imprévu », mais d'un autre côté, mais elle de « la Révolution (qui) sévit de partout » l'inquiète et l'incommode. Cette idée avant et après la prise du pouvoir, qui installe à l'intérieur de la révolution « un régime de déséquilibre créateur », ce « travail souterrain du négatii » permanent « qui ne cesse jamais », lui, Merleau-Ponty les rejette, ne croit pas du tout en eux, les déclare de purs « mythes ».

Pour ceux qui ne sont pas des « politiques professionnels » comme lui. il il n'y a pas que la « Révolution permanente ». Il y a - heureusement - « le travail et le loisir, la guerre et la paix, le mouvement et le repos » et « à leurs yeux la révolution permanente est un prétexte pour faire passer la violence ».

T R NATIONAL E et intensification de la dialectique de la société (8).

La révolution permanente puise cette dynamique de sa nature sociale spécifique dans le contexte des conditions historiques concrètes dans lesquelles elle doit s'accomplir : celles de l'époque de l'impérialisme.

D'autre part le marxisme n'a jamais soutenu que les professeurs de l'Université étaient prêts à s'agiter avec la même fréquence et la même intensité que les masses prolétariennes et coloniales à notre époque. Eux, ils ont leur travail et leurs loisirs, tout le temps pour philosopher à loisir ; ils peuvent étre attentistes ou carrément contre la révolution — cela dépend. Mais les Algériens et les Marocains par exemple, geriens et les déracinés par l'impérialisme de leurs terres, de leur milieu de travail et de loisir, jetés dans les bidonvilles d'Alger et de Casablanca, s'adonnent follement, jour et nuit, sans relâche, avec rage et enivrement aux jeux de la révolution permanente. Exaspérés. ils cherchent de manière permanente une issue, ce qui ne peut que choquer un Européen « civilisé ». tolérant, rafline et paisible.

La tempête révolutionnaire qui ne cesse de souffler depuis la dernière guerre dans le monde colonial « couvait » exactemeat dans les « infrastructures » du selon les lignes générales de la révosystème impérialiste et développe lution permanente. Elle n'est pas l'œuvre des « politiques professionnels » marxistes, mais des consequences sur le plan subjectif du système impérialiste. La revolution est le fait des hommes qui, soumis aux conditions du capitalisme et l'impérialisme, inévitablement vont réfléchir, vont agir, vont élaborer des programmes politiques marxistes et construire des partis marxistes révolutionnaires.

C'est dans ce sens que les « infrastructures » provoquent inévitablement le processus de la révolution permanente à notre époque (9).

La tentative de Merleau-Ponty, indépendamment de ses intentions conscienphilosophique d'une certaine offensive représente objectivement l'aspect néo-libérale que mène actuellement toute une aile de la bourgeoisie aussi bien en France qu'ailleurs.

Ce néo-libéralisme, ce néo-réformisme

(8) Dont les formes et les lois ne S'identifient pas pour les marxistes avec celles de la dialectique de la nature. La société n'est pour les marxistes * seconde nature » que dans un sens spécifique, « seconde en tant que réalité soumise à des lois, mais d'un déterminisme spécifique. telles que le comprend le matérialisme historique.

(9) Les changements en URSS survenus depuis la mort de Staline sont un autre aspect de la dialectique des • infrastructures », de la • négativités dans les choses ». Sous l'effet combiné des progrès de la révolution prolétarienne dans le monde, de la situation révolutionnaire issue de la dernière guerre, et des proprès économiques et culturels . accomplis en URSS précisément grâce à l'économie collectiviste et planifiée », le stalinisme c'est-à-dire le règne de la bureaucratie soviétique est entré dans sa phase de déclin.

decin.

Merleau-Ponty a lectique permanente réalite, la nature e veut admettre que occasionnelles horreur de la diadans les choses, la la société. Il des « descentes » blement aussi espacées que possible « de la négativité dans l'Histoire », c'est à-dire tout au plus quelques révolutions.

L'idée de la révolution permanente ne signifle pas du tout formes perinanentes violentes de lutte de classe, mais evolution révolutionnaire et non toujours grer duelle, de la société issue de la révolution, dans tous les domaines economique, politique, social, culturel, accélération

(7) In Defense of Marxism, D. 26 54

LIN

. — qu'il souhaite proba- se nourrit essentiellement à l'étape acdu climat économique, à certains égards tuelle de la jonction de deux facteurs du climat économique, à certains égards euphorique, qui règne actuellement dans le monde capitaliste de la politique de « paix » et de compromis avec l'impérialisme que mène avec une vigueur accrue la bureaucratie soviétique.

La jonction de ces deux facteurs crée incontestablement un climat d'amollissement de la lutte des classes dans les métropoles, et redonne de la confiance et de l'optimisme relatiis a la bourgeoisie. Après avoir été mortellement effrayée au lendemain de la guerre par une extension éventuelle mondiale révolution, elle reprend actuellement une certaine confiance en ses possibilités et en l'avenir. Naturellement elle est victime des apparences seulement, sur lesquelles ses penseurs construisent leur dialectique phénoménologiste incapable de scruter la réalité en profondeur, car en réalité le rapport des forces global, indépendamment des intentions et de la politique de la bureaucratie soviétique n'a cessé d'être défavorable à la bourgeoisie et à évoluer toujours davantage en ce sens.

Cependant la bourgeoisie ne vit pas actuellement avec des perspectives historiques mais au jour le jour. Elle se sent actuellement bien, et relativement rassurée. Elle peut donc se permettre une « offensive » néo-libérale, néo-reformiste, dont Merleau-Ponty assure l'aspect « philosophique ». Il le dit du reste clairement, comme nous l'avons déjà noté au début de cet écrit.

Aussi bien dans la conclusion de son livre que dans ses articles dans « T'Express » par exemple, il raisonne ainsi : La révolution convient peut-être aux pays sous-développés, coloniaux et semi-coloniaux. Mais rien n'indique qu'elle soit « inévitale » dans les métropolitains, et on ne sait pas si elle les pays métropolitains, et on ne sait pas si elle vaut ce qu'elle coute.

Ainsi il est préférable de s'installer dans le régime parlementaire démocratique actuel et d'y promouvoir une gauche « a-communiste », néo-libérale, tolérante, néo-réformiste qui au lieu de promettre le « Paradis » œuvre pour des améliorations partielles concrètes.

Merleau-Ponty, aidé par 1 économetre A. Sauvy a découvert la « biologie sociale » qui mesure une société donnée sous « lé rapport de la productivité ». La « planification autoritaire » convient peut-être à l'URSS ou à la Chine, la France n'en a pas besoin. Débarrassée du « malthusianisme », des monopoles, des entreprises « marginales », rénovée et reequipée, entreprise privée, libre, peut s'avérer plus productive, plus rentable que la « planification ».

Merleau-Ponty idéalise la conjoncture économique et diplomatique internationale actúelle et brosse un tableau d'évolution idyllique du capitalisme qu'en homme « libre » il choisit de tout cœur en tant qu'alternative beaucoup plus probable que la révolution soi-disant « inévitable » que prépare la « négativité » dans les « infrastructures ».

Merleau-Ponty ne croit pas au « Capital » et aux lois qui déterminent les cycles économiques du capitalisme, done

TERNATIONALE au caractère de toute manière éphémère d'une conjoncture d'essor relatif comme celle d'aujourd'hui.

Merleau-Ponty ne croit pas à l'impérialisme, donc il ne voit pas que révolution dans les pays coloniaux, qu'il admet comme un fait (et même un bienfait relatif), mine inexorablement la position privilégiée des metropoles et achemine, elles aussi, par ce moven également à la révolution.

Merleau-Ponty trouve très convenable pour sa cause d'identifier le marxisme, le socialisme, avec le visage du stalinisme et de l'URSS actuelle, ce qui lui permet de combattre avec une certaine aisance les absurdités métaphysiques (dans le sens hegelien du mot) et les mensonges de ses critiques staliniens, ou même de Sartre et de Simone de Beauvoir, concernant la société qui soi-disant serait déjà sans classe, « socialiste » de l'URSS, ou leurs références cyniques ou candides sur la « critique et l'autocritique » en URSS et dans les Partis communistes, forme supérieure de « démocratie » qui remplace avantageusement et « constructivement » le droit aux tendances dans le parti, le droit à la formation éventuelle d'autres partis politiques soviétiques (10).

C'est là cependant la mésaventure de sa propre dialectique. En n'effleurant que le superficiel, l'apparent présent, et faute précisément de pouvoir plonger racine dans les « infrastructures » de la réalité, elle démontre n'être que la dialectique de la forme, sophistique du verbe, technique de la « négativité » des rapports apparents entre sujets.

Juillet 1955. M. P.

(10) La Nouvelle Critique, revue du « marxisme militant , animée par le P.C. français, 8 consacré en grande partie son numéro 67 de juillet-août 1955 à l'antimarxisme de MerleauPonty. A côté de remarques utiles et justes sur les vraies positions de Marx, de Lénine, sur l'évolution de Lukacs sur Weber, il y a toute une partie concernant le Parti et P'URSS, où la métaphysique et l'efironterie staliniennes s'adonnent à cœur joie. Exemple : l'URSS, « société socialiste ». sans classe, où la « lutte des classes a disparu (1) grâce à la socialisation (1) des moyens de production et avec elle l'exploitation de l'homme par l'homme (), la plus-value (I1), le marché du travail (111). Le problème économique qui hantait l'humanité... est tésolu (1). (page 39)

Autant de mots, autant d'erreurs fondamentales.

Une seule contradiction demeure encore en

URSS : @ celle de la collectivité humaine et de la nature » ! « On voit » d'autre part e mal ce que signiferaient des partis politiques au sein d'un monde où il n'y a plus d'antagonismes de classes sociales > | (pages 40,4t). Dans • un tel monde » < lopinion n'est pas l'expression d'intérêt privé » mais seulement « une appréciation », « une critique → dans c le cadre général → de la « science » qui détermine • l'évolution économique d'ensemble » de la a société socialiste ». Et ainsi de suite. Partant d'une série de postulats : URSS = société socialiste, etc., on extrapole sans difficulté la @ forme supérieure de la « démocratie socialiste » qui existe en URSS:

Une erreur sur cette page ?