La question de la reconstruction d'une Internationale prolétarienne de masse est soulevée par l'article du dirigeant yougoslave Vlahovic, publié dans le dernier numéro du Communiste, organe théorique de la Ligue des Communistes yougoslaves. Cet article doit refléter un avis plus général de la direction yougoslave et probablement fait suite aux discussions qui ont eu lieu sur cette question lors de la visite des dirigeants soviétiques a Belgrade.
Nous ne possédons pas encore le texte complet de cet article et devons nous contenter des comptes rendus qui en ont été donnés par la presse internationale.
Cependant les points essentiels de cet article sont déjà saisissables.
Vlahovic préconise la reconstruction d'une Internationale prolétarienne englobant tous les mouvements qui déclarent lutter pour le socialisme, dont la grande majorité est composée par les Partis communistes et les Partis socialistes.
Il se réfère à ce propos à la I° Internationale et à l'opinion qu'a défendue Engels, lors de création, d'y inclure lassaliens, bakouninistes, ete., et marxistes. Mais, à l'encontre de Marx et d'Engels, il évite de mentionner les conditions historiques d'alors et de dégager pour quelles raisons cette Internationale s'est ensuite disloquée, ainsi du reste que la Il Internationale.
Des considérations sur la « loi du développement inégal du socialisme » et les nouvelles forces et « formes » de production Il pont sise dont e monde etottent lanalyse et la conclusion de Vlahovic. comme premier pas pour déblayer le terrain dans cette direction, la dissolution du Cominform. ion d'une Internationale poletarienne de masse caprale a la reconstruc-
Elle a prévu que cette question deviendrait d'actualité ; et c'est ce qui se passe maintenant dans les Partis communistes, dont un nombre croissant militants d'esprit critique réalisent les méfaits résultant de la dépendance de ces partis envers la politique extérieure du Kremlin, et comprennent la nécessité d'une étroite collaboration des forces qui luttent effectivement pour le pouvoir prolétarien et socialiste au sein d'une Internationale vraiment démocratique.
La IV* Internationale s'est construite en 1938, à la suite d'une dégénérescence bureaucratique de la III° Internationale, devenue un instrument de la bureaucratie soviétique, avec pour but de continuer l'esprit qui animait la III® Internationale dans les années 1919-1923 sous la direction de Lénine et Trotsky.
Dans ses premières années, la III Internationale représentait, dans les conditions nouvelles de limpérialisme et du mouvement ouvrier la conti nuation de lœuvre entreprise par la I' Internationale pour l'émancipation effective des travailleurs par l'abolition du capitalisme et l'avènement du socialisme. La III° Internationale, dans ces années, regroupait toutes les qui luttaient effectivement sur un programme de prise révolutionnaire du pouvoir et d'instauration d'un véritable régime prolétarien démocratique basé sur les Soviets.
La IV® Internationale a repris ce programme, en le complétant par les leçons de l'expérience de la dégénérescence bureaucratique du premier Etat ouvrier, TU.R.S.S. Cette experience demontre que le pouvoir prolétarien démocratique, c'est-a-dire la gestion effective de l'Etat et de l'économie par le prolétariat vaingueur, est impossible sans soviets démocratiques, sans syndicats démocratiques, défendant le cas échéant les ouvriers contre leur propre Etat, et sans un parti révolutionnaire démocratique, reconnaissant le tx tendances et le droit à la formation éventuelle d'autres partis sovietiques que poi, te pe associe in plternation nées travait sus gant vå notre relement grouper les forces luttant effectivement pour le pouvoir prolétarien démocratique se résume dans la prise révolutionnaire du pouvoir, et ensuite son organisation démocratique par un système de soviets, syndicats et parti ou partis tel qu'énoncé ci-dessus.
La IV• Internationale rejette l'idée qu'une soi-disant « loi du dévelopPement existant son cinque puis expression t que e le es mirite dus yoagoslaves signifie le social accentué de la production que Mars et Lénine ont suffisamment souligné) s'épanouiront graduellement, sans revolutions, sans un changement brusque, sans la prise révolutionnaire du pouvoir, en un régime prolétarien « socialiste », soit que le contenu de classe de ce pouvoir diffère suivant les pays et soit autre chose qu'une forme de la dictature du prolétariat.
L'inégalité du développement historique et social dans tous les domaines est une «loi» universelle, applicable à toute l'histoire humaine, connue de Marx avant que Staline ne la découvre et n'en attribue la découverte à Lénine en 1915, et ne saurait justifier ni « le socialisme dans un seul pays » ni une Internationale comme simple « somme arithmétique » d'unités nationales hétérogènes. De telles idées sont des idées centristes, aussi vieilles que le mouvement ouvrier, et qui furent théoriquement combattues à fond aussi bien par Marx que par Lénine et Trotsky.
On ne peut apporter aucune preuve théorique et encore moins de preuve pratique que le pouvoir prolétarien et socialiste est actuellement possible sans un renversement révolutionnaire des classes dirigeantes et sans la destruc tion de leur Etat, qui est de plus en plus au service et sous le contrôle des grandes entreprises et des monopoles capitalistes.
On ne peut apporter aucune preuve théorique et encore moins de preuve pratique que les formes nécessairement différentes du processus de recons ruction socialiste entrepris dans chaque pavs au lendemain de la prise du pouvoir cachent autre chose que la dictature du prolétariat, c'est-à-dire un régime politique dirigé par le prolétariat en alliance avec la paysannerie pauvre. ces qui luttent efectivemont pere Te une asie panianen nat sonaliste foit, La IV* Internationale considère pour être actuellement efficace et pour pouvoir fonctionner et durer, avoir un programme clair et regrouper des forces idéologiquement assez homogènes par rapport aux lignes générales de ce programme. Sinon, elle risque soit de n'être qu'une version de l'Internationale socialiste actuelle, aussi impuissante que décorative, soit de se disloquer rapidement.
Laccord sur le programme général ne signifie pas l'organisation « monolithique » dans laquelle le stalinisme a caricaturé le parti bolchevik et la III* Internationale, tels qu'ils étaient du temps de Lénine. Comme les sec. tions, l'Internationale doit être une organisation démocratique-centraliste, reconnaissant le droit aux tendances idéologiques, aux formations idéologi66 ques passagères qui respectent dans l'action les décisions majoritaires régulières.
Il ne peut y avoir d'organisation voulant agir effectivement qui ne se définisse idéologiquement par rapport aux autres courants de la classe ouvrière sur la base d'un programme clair, , librement et consciemment accepte par tous ses membres. La question de l'unité dans l'action de la classe ouvriere ne peut être résolue par la cohabitation dans la meme organisation de tous les courants idéologiques de la classe, indépendamment de leur degré de rapprochement idéologique sur un programme commun ; elle peut rétre par l'établissement d'un front unique à des moments donnés, pour des buts donnés, d'organisations distinctes, idéologiquement dittérentes et meme divergentes.
Ice dont le prolétariat a besoin afin de lutter efficacement pour la prise du pouvoir et l'organisation démocratique de celui-ci, ce n'est pas un bureat international d'échanges d'informations et d'expériences entre organisations nationales idéologiquement hétérogènes, mais un Parti mondial démocratique centraliste de la Révolution Socialiste, car la lutte pour le pouvoir ainsi que la construction d'une véritable société socialiste sont par leur nature des tâches internationales.
De ce point de vue essentiel, fondamental, toute l'expérience qui va de la I° Internationale à nos jours ne doit pas être interprétée comme amoin-drissant cette nécessité, mais au contraire comme la renforçant. C'était cette compréhension qui animait déja la III° Internationale de Lénine et trotsky. Si, par la suite, la III° Internationale a dégénéré et est devenue effectivement un instrument de la bureaucratie soviétique, ce ne fut pas a cause de son strict programme ou du régime démocratique-centraliste, mais du fait précisément qu'elle fut dominée par un seul parti qui lui-même avait été dominé, absorbé par le pouvoir d'Etat. C'est dans la mesure où la III° Internationale a cessé d'être une Internationale qu'elle a dégénéré et est devenue l'instrument de la direction bureaucratique d'un Etat.
Une nouvelle association internationale prolétarienne doit avant tout éviter de devenir l'instrument de la politique de « coexistence pacifique » illusoire entre les Etats ouvriers et les Etats capitalistes, et l'apologiste « idéologique » des diplomaties des Etats ouvriers, de leurs formules, de leur langage, de leurs explications. Le climat euphorique actuel de « coexisla lutte des classes et l'opposition mortelle entre le capitalisme et le socialisme sont autre ment fondamentales et déterminantes en tant que base pour une Internationale prolétarienne.
Dans tous les Etats ouvriers d'aujourd'hui, dégénérés ou déformés bureaucratiquement, les partis du prolétariat sont devenus les instruments de politique d'Etat, de ses raisons et de ses intérêts. Ils rationalisent et théorisent a posteriori la pratique et les changements de la politique d'Etat. Pour cette raison, ils ont défiguré la théorie marxiste et l'ont transformée. elle aussi, en « idéologie » reflétant les intérêts de couches sociales privilégiées ou de directions issues du prolétariat, qui disposent du pouvoir.
Sur une telle base « théorique » il est impossible de bâtir une organisation internationale du prolétariat. Thermal dite au de trine arte demand monite con. Il faut que les partis du
Get élaborent leur ligne en pleine traliste, revenue aux principes du marxisme-léninisme, du marxisme révolutionnaire authentique.
Ceux qui disent qu'il y a de nouveaux problèmes non prévus par le marxisme-leninisme. surgis de changements structurels nouveaux dans le monde d'aujourd'hui, doivent le prouver théoriquement dans une discussion démocratique devant l'avant-garde marxiste révolutionnaire internationale. Il y a incontestablement de nouveaux aspects et problèmes, aussi bien de l'évolution du capitalisme que de l'expérience de YU.R.S.S. et des autres Etats ouvriers. Il est nécessaire et profitable de les discuter. Il faut le faire non à coup d'affirmations non approfondies, mais selon la méthode marxiste-léniniste, en les reliant à tout ce qui a déjà été dit dans ces domaines par les classiques du marxisme, par Engels, Lénine, Trotsky, Rosa Luxembourg et à la véritable expérience théorique et pratique acquise par le mouvement ouvrier. Une telle méthode, basée sur la connaissance de la théorie et de l'histoire du mouvement ouvrier, sur le respect de la vérité, el de la probite révolutionnaire, préciserait les problèmes, les vraies divergences et élèverait considérablement le niveau théorique et politique des militants marxistes, riques staliniennes et la décades ce théorique irrémediable de la social-démopar les pracratie. question qui est soulevée d'une nouvelle association prolétarienne interna Pour toutes ces considérations, la IV® Internationale préconise que la tionale de masse soit démocratiquement débattue devant lavant-garde prolétarienne mondiale, avant qu'aucune décision ne soit prise,
Qu'une conférence préliminaire soit convoquée, ouverte à toutes les tendances qui se réclament du marxisme révolutionnaire, afin d'examiner ce que doivent être les grandes lignes du programme, des statuts, de l'organisation rune nouvelle Internationale prolelarienne de masse, qui veut œuvrer effec ivement à la prise du pouvoir par le prolétariat sur léchelle internationale et à la construction d'une véritable société socialiste démocratique ;
Que cette Conférence préliminaire engage ensuite une discussion publirue démocratique dans les organisations qui y participeraient et dans tout a classe ouvrière, sur les idées émises et sur les propositions faites à cette Conférence, afin de préparer le programme et les statuts de la nouvelle Internationale prolétarienne de masse à construire.
Une nouvelle Internationale prolétarienne de masse ne saurait être une construction des sommets, des directions d'Etat et de parti qui ont perdu Phabitude de se soumettre au contrôle et à la discipline des masses qu'elles prétendent représenter. Une nouvelle Internationale sera démocratique, sinon elle ne sera pas. L'ère des Cominform, des instruments d'Etat et des directions bureaucratiques est dans ce sens effectivement close.