Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 13, n° 7-10

Nouvelles du mouvement ouvrier et de l'Internationale

Quatrième Internationale, vol. 13, n° 7-10 · octobre 1955 · p. 69-78 · 6 909 mots

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Une Ecole internationale de cadres

Une Ecole Internationale de cadres a

Elle fonctionné cet été en Allemagne.

a groupé 30 camarades environ, élèves secet conterenciers, appartenant a tions différentes de l'Internationale pour une durée de 8 jours.

Les cours ont porté sur :

du matérialisme a) La conception historique et les théories bourgeoises contemporaines en matière d'histoire et de sociologie.

par le camarade VANDERPOEL différentes théories marxistes

Les sur l'impérialisme et les conceptions bourgeoises contemporaines en matière économique.

par le camarade GERMAIN

*) Les problèmes économiques fondamentaux de l'époque de transition.

par le camarade M. PABLO d) La Révolution coloniale • par le camarade P. FRANK

" Revista marxista

Le numéro 2-3 de la Revista Marxista

RNATIONALE ionale de Cadres e) L'Internationale (de la lère à la IVe Internationale).

par le camarade EDOUARD f) Les fondements historiques et théoriques de la tactique actuelle de la IVe Internationale pour la construction des Partis Révolutionnaires de masse.

par le camarade L. MAITAN

Tous ces cours étaient écrits et seront. au courant du mois d'Octobre prochain. ronéotypés et envoyés à toutes les sections.

De l'avis unanime des camarades qui ont participé à l'Ecole, elle a bien rempli ses buts : faire travailler certains camarades sur des sujets précis, qu'ils devaient préparer ; aider les jeunes cadres prometteurs de notre mouvement à mieux connaitre et à approfondir des questions ineoriques, historiques, et pratiques essentielles à l'heure actuelle ; fournir à toute l'Internationale un matériel écrit capable de servir entre autre à la tenue d'Ecoles nationales analogues.

Septembre 1955 latino-americana prennent que « ce processus qui s'opère en Amérique latine fait partie de la foit nontio do la dé. désintégration du capitalisme mondial »En participant aux mouvements de masse, ils ne sont pas dupes de la démagogie sociale des directions nationalistes petites-bourgeoises, mais luttent luttent pour la formation de « partis révolutionnaires marxistes de masses ». Ils ne s'isolent pas dans un petit cercle. Au contraire :

«Il faut donner à ce processus une forme consciente; il faut l'aider en lui donnant une forme organisationnelle. Il faut élever les luttes syndicales des masses, développer les actions pour le front unique des masses dans toute l'Amérique latine, les éduquer, leur faire appel, les orienter et organiser l'alliance ouvrière et paysanne. Il faut lutter pour la constitution d'une seule centrale ouvrière pour toute l'Amérique latine et d'une centrale ouvrière unique dans chaque pays latino-américain; construire des partis de masses basés sur les

Latinoamericana confirme gnification de cette revue vement révolutionaire en tine. La revue même est plus claire du processus la grande sipour le mou-

Amérique lal'expression la de politisation dans cette partie du monde qui est cacaractérisée par une grande instabilité. Ce n'est pas par hasard que l'éditorial est intitulé « L'instabilité de l'Amérique latine ». J. Posadas en donne une image très vive. En analysant profondément la situation, il montre que, contrairement à la situation d'avant-guerre, « le facteur le plus important qui domine dans ce processus et empeche une nouvelle stabilite sociale, economique et poutque du capitalisme, c'est la tendance des masses a participer aux luttes polltiques et syndicales, ce sont les mouvements populaires, le développement de l'esprit combatif des masses, de leur organisation et de leur politisation. »

Les trotskystes d'Amérique Latine sont des marxistes authentiques. Ils com-

Q VATRIEME I N syndicats (en Argentine et peut-être aussi en Colombie); developper les courants gauches des partis socialistes et communistes en les orientant à prendre conscience de la nécessité d'une lutte pour le programme et la construction des Partis révolutionnaires marxistes des masses. »

Dans les « Notes éditoriales », un article sur « L'agression à Costa-Rica » fixe :

« Cette action de l'impérialisme yankee fut mise en échec par l'action des masses costaricaines qu rejoignirent les rangs des milices qui se formèrent. Aussi l'impérialisme, malgré sa puissance militaire, a montré en l'occurrence sa faiblesse dans la mesure où, par crainte d'une mobilisation des masses latinoaméricaines, il n'a pas voulu apparaitre ouvertement comme un agresseur et a du reculer. »

Le rapport d'une grève héroïque des ouvriers des mines « El Teniente » au Chili donne une impression des grandes tensions dans ce pays, dont nous espérons trouver une analyse dans le prochain numéro de la revue.

Une autre note éditoriale (hélas trop limitée !) s'occupe de la Conférence Economique de Rio et montre « l'incapacité de l'impérialisme yankee et l'impuissance des gouvernements et des bourgeoisies latino-américaines à résou-

Dans un article sur « les élections et les luttes ouvrieres en Uruguay », B. Ortiz décrit l'aggravation de la lutte de classe dans ce pays « calme ». Les élections ont confirmé une radicalisation croissante des masses qui, cependant, cherchent encore une solution plus radicale dans le cadre de la politique bourgeoise. Le P.C., le P.S. et les trotskystes ont obtenu 6 % des voix. Le P.S. a fait des progrès remarquables.

« Est-il possible de renverser le capitalisme en Amérique latine avant de le renverser en Amérique du Nord ? », demande Hector Lucero dans son article intéressant sur « La révolution latinoaméricaine et la révolution nord-américaine ». Il répond affirmativement, en montrant que les lois de la révolution permanente se font valoir avec toute leur force dynamique en Amérique latine. « En sapant les fondations de l'impérialisme, la révolution latino-américaine prépare les conditions pour la révolution aux U.S.A. » et sera « une des conditions pour que celle-ci progresse et se réalise. »

Pour les principales données contenues dans un article de Manuel Souza sur la chute de Vargas et dans un rapport de M. Arroyo sur « Le Congrès de la C.O.B. et la Révolution bolivienne », nous renvoyons les lecteurs aux numéros de décembre 1954 et de mars 1955 de Quatrième Internationale.

Enin H, Villa donne un rapport des tues ouvrieres de mai-Juin 1954 en Argentine ainsi que de la lutte du gouvernement de Peron contre l'Eglise catholique. On y trouve déjà beaucoup d'éléments, caractéristiques pour les évenements récents en Argentine. H. Villa conclut:

« Les mois prochains connaitront de nombreux combats de la classe ouvrière argentine luttant pour la défense de ses conquêtes, de ses organisations et pour une élévation de son niveau de vie. Ces combats élèveront la conscience politique d'une grande partie de l'avant-garde la nécessité de construire le parti de la classe. Les éléments les plus conscients de la classe ouvrière doivent se rassembler pour la lutte pour la construction d'un Parti ouvrier basé sur les syndicats. Ils doivent montrer, dans les usines, les ateliers, les assemblées, les meetings, cette issue aux masses - cette propagande étant essentielle pour pousser en avant le processus révolutionnaire en Argentine. »

La Revista Marxista Latinoamericana confirme son caractère internationaliste par la publication d'articles de Quatrième Internationale et du manifeste du IV• Congrès de la IV• Internationale.

Le niveau politique de la Revista est exemplaire. On désirerait plus d'articles, plus d'informations sur le Mexique, les pays d'Amérique Centrale et sur le Chili aussi. Cependant il n'y a pas de doute que la rédaction de la Revista a le même désir. Ses efforts pour surmonter ces lacunes coïncident avec ses efforts pour construire le mouvement marxiste révolutionnaire dans toute l'Amérique latine. L'intérêt brûlant de l'avant-gardre les problèmes posées par arriérée de l'Amérique latine

L'impérialisme américain d'être responsable de la mort président de Panama, qui d'obtenir des conditions plus ses pour le renouvellement l'économie

». est accusé de Remon.

s'efforçait avantageude la convention du Canal de Panama.

Francisco Canas souligne dans son article « Expérience de la défaite au Guatemala » que cette défaite a révélé sans excuse l'impuissance et la lâcheté du gouvernement d'Arbenz envers l'impérialisme. Seule la mobilisation des masses aurait pu prévenir la défaite. « La politique du stalinisme a été d'imposer au mouvement ouvrier un soutien du gouvernement petit-bourgeois d'Arbenz. Ce fut une des causes principales de la défaite des masses. »

Marcos, membre d'un groupe de guerillas, témoigne, en termes émouvants, que « la Colombie se réveille ». Contrairement à la politique capitularde des dirigeants petits-bourgeois, il faut « la Révolution totale » :

« Certes le triomphe ne peut être immédiat. Mais le délai importe peu. Le plus important maintenant c'est de conduire la révolution par la voie de véritables revendications populaires vers des buts précis. »

Dans un commentaire, la redaction de la revue precise que, dans letape actuelle en Colombie, il est nécessaire de séparer les masses ouvrières et paysannes au beralisme, a travers la lutte pour un parti ouvrier. « Les bases pour constituer le parti ouvrier ne sont pas encore définies. Celui-ci peut être basé sur les syndicats ou bien à travers une lutte à l'intérieur du libéralisme et de son aile gauche.» 70 de d'Amérique latine pour la littérature plus grand optimisme. Sa parution rérevolutionnaire trouvera, nous l'espégulière contribuera énormément à prorons vivement, son echo dans une eripager le marxisme en Amérique latine tique littéraire dans la Hevista, une taet sera indispensable pour la construcche pour laquelle la rédaction pourrait tion du mouvement trotskyste d'Amériintéresser les écrivains les plus capables. que latine, qui peut être certain d'un

La lecture de Revista Marxista Latinogrand avenir. americana ne peut que nous remplir du Julio P.

Belgique

UNE ANNEE DE COALITION SOCIALISTE-LIBERALE

En mai, le cabinet socialiste-libéral de Van Acker a célébré son premier anniversaire. En juillet, le Sénat belge a voté le projet scolaire dit « projet Collard qui a marqué l'essentiel de l'activité gouvernementale. Quel est le bilan de cette activité du point de vue des rapports de forces entre les classes ?

Le gouvernement de coalition a profite d'un retour de conjoncture qui a notamment un accroissement considérable des exportations belges. De ce fait, le problème du chômage, qui se posa de façon angoissante à la veille des élections générales d'avril 1954, a pu être en grande partie résolu. D'autre qui dure paris le mate 10, ara pas ete caractérisée en Belgique jusqu'en juillet 1955 par une hausse du coût de la vie. Pour une fois, la classe ouvrière ne dut done pas payer les frais du boom comme elle paya ceux de la récession précédente. La pénurie de main-d'œuvre dans certains secteurs a même entrainé une légère hausse des salaires réels, fût-ce par des augmentations des gains horaires (incorporation des primes, etc.), tut-ce par l'accroissement des neures supplémentaires,

Tout cela résulta bien moins de l'activité gouvernementale proprement dite, que du fonctionnement normal d'une économie capitaliste prospère, suçant d'énormes surprofits de ce nouveau paradis de l'impérialisme que représente le Congo belge, jusqu'à maintenant à l'abri des vagues de la révolution coloniale.

Si le cabinet de Van Acker invoque en sa faveur certaines initiatives pour combattre le chômage structurel dans des régions dites de dépression chronique, il s'agit d'une mise au travail obligatoire des chômeurs à des salaires moins que modestes échappant aux tarifs syndicaux. Les réformistes s'enorgueillissent en l'occurrence de mesures qu'ils ont eux-mêmes violemment combattues dans le passé comme anti-ouvrières.

A côté de ces modestes et quelquefois politique économique exclusivement controlée par les libéraux, c'est-à-dire une politique qui permet aux capitalistes de monopoliser tous les gains de la haute conjoncture. Les syndicats réformistes ont, pour le moment, enfermé dans les cartons leurs projets de nationalisations et de dirigisme. Hier, il ne fallait pas en parler parce qu'il y avait la crise. Aujourd'hui, il faut encore moins en parler pour ne pas « gêner » le boom et les partenaires libéraux. On connait la fasie, dont la morale, invariable, résonne en faveur du grand capital.

L'excuse que les dirigeants réformistes invoquent ceute tois-ci pour Justiner cette politique d'abandon des intérêts ouvriers, c'est la nécessité de mener à bien la « lutte scolaire ». Il s'agit d'une entreprise très limitée de restreindre quelque peu les subsides à l'enseignement catholique, qui avaient été gonflés démesurément sous le gouvernement clérical 1950-1954, et pour accroitre le champ d'action de l'enseignement laïque dans certaines régions, avant tout flamandes, où il avait à peine pu prendre pied.

Il est clair que cette reprise d'une vieille guerre scolaire, qui domina la vie politique du pays pendant des décades du 19e sècle, présente de grands avantages du point de vue bourgeois. Comme au siècle passé, question SCOlaire et question sociale se succèdent au centre de l'attention, l'une ne pouvant polariser les énergies sans que l'autre ne passe inévitablement à l'arrière-plan. La guerre scolaire divise la classe ouvrière en deux camps hostiles, séparés par les convictions religieuses, et assure la permanence du gouvernement direct de la bourgeoisie. puisqu'elle implique non pas l'alternative « gouvernement bourgeois - gouvernement ouvrier ». mais l'alternative « gouvernement clérical - gouvernement libéral-réformiste ».

Cependant il serait erroné de considérer cette guerre scolaire comme un dérivatif sciemment inventé par les chefs réformistes afin de tromper les ouvriers.

Au contraire, toujours encins aux compromis et à la ligne de moindre résistance, ces chefs ont été surpris et déconcertés par la violence de la contreattaque cléricale. A moins de capituler honteusement devant la réaction catholique, ils ont été obligés d'engager une lutte qu'ils avaient espéré transformer en simple simulacre. Il serait indigne problématiques avantages ouvrière, il y a les profits réalisés par la bourgeoisie battront vraisemblablement de classe la exceptionnels profits qui le record de la meilleure année du boom de la guerre de Corée. Il y a une série d'emprunts publics lancés dans des conditions telles que les banques en ont retiré des milliards de franes de cadeaux. Il y a une

N de l'avant-garde révolutionnaire de conseiller la capitulation devant la réaction sociale-chrétienne, sous prétexte que la guerre sociale est préférable à la guerre scolaire.

Le mouvement ouvrier ne peut pas choisir un terrain de lutte idéal, en faisant abstraction des réalités historiques qui, si elles sont souvent désagréables, n'en sont pas moins réelles. Il n'y a pas de « fausses luttes » dans l'histoire des luttes de classes. Il y a seulement des fautes tactiques ou stratégiques le mal ne réside pas dans cette qui entrainent des défaites.

Ainsi, Jutte scolaire en elle-même, il réside dans la façon dont les chefs réformistes la mènent. Ceux-ci oscillent constamment entre deux erreurs, aussi néfastes l'une que l'autre. Parfois, ils cherchent à concilier la réaction cléricale sous prétexte de se « rapprocher des ouvriers chrétiens ». Parfois ils cherchent à concilier la bourgeoisie « libérale » (qui est aussi monopoleuse que la bourgeoisie catholique) sous prétexte de « crever l'abcès du cléricalisme ». Une tactique aboutit aux mêmes compromis pourris que l'autre et les deux se spident habituellement par un échec dans le domaine le plus sacré pour les réformistes eux-mêmes, savoir le domaine électoral.

Il ne faut pas oublier que le problème du cléricalisme dans des pays comme la Belgique, l'Italie, les Pays-Bas et dans une certaine mesure même la France et l'Allemagne occidentale, est un problème social et politique de la plus haute importance.

Dans tous ces pays les partis cléricaux sont les partis les plus puissants de la bourgeoisie, qui réussissent à transformer en clientèle électorale des capitalistes une partie importante des classes moyennes et une fraction non négligeabie du prolétariat lui-même. Le problème de la conquête du pouvoir par le mouvement ouvrier se heurte à ce phénomène, et dans le domaine parlementaire et dans le domaine extra-parlementaire.

Ansi, en Belgique, le P.S. ne pourra aspirer à cette « majorité absolue » dont ses chefs se sont remis à parler de temps en temps, sans mordre pro-

Ce qui ressort des résultats électoraux c'est :

1) Les grosses pertes des deux partis principaux coalisés au sein du gouvernement jusque deux mois avant les élections : le Mapai vit le pourcentage de ses voix passer de 37,3 % en 1951 à 32.2 % et les Sionistes généraux reculé rent du 16,1 % à 12,1 %.

2) Le Herout s'éleva au rang de second parti en passant de 6,6 % à 12,6 % des voix. 72

TERNATIONALE fondément sur les travailleurs catholiques, notamment en Flandre (le même problème se pose aux Pays-Bas dans les provinces dites du Sud). Le mouvement socialiste ne pourra, de même. entrainer la classe ouvrière dans une vaste action extra-parlementaire sans s'assurer l'appui des travailleurs organisés dans les syndicats chrétiens.

C'est parce que le P.S., et les syndicats qu'il contrôle, ont remporté quelques succès sur ces voies lors de son passage dans l'opposition entre 1950 et 1954, que les dirigeants cléricaux ont déclenché la guerre scolaire afin de ressouder leurs rangs. Pour la même raison, les dirigeants syndicaux chrétiens ont engagé une véritable lutte de surenchère avec les leaders réformistes, n'hésitant pas à déclencher des grèves violentes longue durée dans certains secteurs qu'ils contrôlent. Jusqu'à maintenant, la classe ouvrière a plutôt profité de cette surenchère dans la mesure où elle maintient et aiguise l'esprit revendicatif. Mais elle risque de payer cher ces succès limités, si elle reste définitivement divisée sur le plan politique et se transforme en appendice des deux clans bourgeois qui se combattent.

Aussi, la véritable solution de la question du cléricalisme ne peut-elle résider que dans l'offensive sociale qui conquiert la confiance des travailleurs chrétiens dans le domaine où ceux-ci sont le plus sensible au langage de classe : celui des revendications économiques et des transformations sociales. Conquérir les travailleurs chrétiens, cela ne signifie ni capituler devant les évêques, ni s'allier aux liberaux. Cela signifie se battre pour un programme vraiment socialiste et un gouvernement vraiment ouvrier.

Faut-il ajouter qu'en s'accrochant à la coalition avec les libéraux, les dirigeants réformistes sont incapables d'entamer une telle conquête et, de ce fait, incapables de lutter sérieusement pour leur fameuse « majorité socialiste » ? C'est à l'avant-garde révolutionnaire qu'incombe la tache de développer le programme et la ligne de conduite qui conduisent à ce but, important objectif transitoire du mouvement ouvrier belge.

3) Le Mapam et achdout havoda qui formaient précédemment un seul parti et se présentèrent séparément aux elections actuelles augmentèrent ensemble leurs voix de 3 %.

En dépit de ces modifications, il n'en reste pas moins que le Mapai demeure le parti le plus puissant qui jouera. comme par le passé, le rôle prédominant. Il conserve une avance considérable vis-à-vis de ses concurrents. C'est tout de même pour la première fois

Israel

LE SENS DES ELECTIONS PARLEMENTAIRES DU 26 JUILLET

Israel

LE SENS DES ELECTIONS PARLEMENTAIRES DU 26 JUILLET

N que ce parti « inébranlable » subit un important recul.

La comparaison avec les élections de 1951 n'a pas une valeur absolue dans la mesure où, par suite de l'immigration masse, le nombre des electeurs a augmenté de pres de 30% Les changements intervenus ne sont pas, par conséquent, le simple résultat de déplacements politiques internes. J'ai l'impression que les anciens électeurs n'ont pas sensiblement modifié leurs votes. Les changements proviennent principalement des votes des nouveaux électeurs. Citons certains exemples édifiants. Dans la région de Haifa, le Mapai, non seulement n'a pas perdu de voix mais les a proportionnellement augmentees.A Haïfa et dans ses environs se trouvent concentrées les principales entreprises de l'Histadrout dont la bureaucratie se confond avec celle du Mapai. Ces entreprises constituent le pivot de la vie économique de l'Etat d'Israël et d'elles dépend le destin d'une importante partie de la classe ouvrière. La plupart des travailleurs se rendent parfaitement compte que le Mapai est un parti corrompu qui sacrifie quotidiennement leurs intérêts. Mais pourquoi prêteraient-ils foi aux promesses gratuites du Mapam, de Achdout havoda ou des communistes? Où peuvent-ils trouver l'assurance que ces partis seront en état d'améliorer leur situation ou de maintenir seulement ce qui a été acquis ? Il s'avère chaque jour que ce sont les entreprises animées par le Mapai qui contribuent au développement de la vie économique du pays et procurent du travail aux ouvriers. Le secteur nrivé ioue le rôle d'un parasite et fait

TERNATIONALE sans qu'ait été guéri aucun des maux essentiels de ce petit pays isolé, entouré d'ennemis et dépourvu de matières premières. Les Sionistes généraux ont collaboré avec le Mapaï au gouvernement et aucune amélioration des conditions de vie n'en est résultée. Les Sionistes généraux ont perdu du coup toute chance de pénétrer la masse des nouveaux immigrants et ont subi le recul que l'on sait.

Une grande partie des nouveaux immigrants et de la jeunesse se prononça pour le parti Herout po grand dan tee Ligue de cete un qui représente un formé par les anciens éléments terroristes de l'Irgoun s'apparente avec celle du fascisme. Sa revendication principale est la conquête, non seulement des parties de la Palestine aux mains des Arabes mais encore de toute la Transjordanie. Ce parti appelle à la lutte contre les Arabes pour les conquêtes territoriales. Il regroupe les éléments les plus arriérés de la population. Dans les sommets du Mapai et du Mapam on sent une certaine frayeur devant la croissance de ce parti dont on redoute qu'il passe prochainement à l'organisation d'action extra-parlementaire.

Les masses ne sont pas du tout sensibles à ce danger. L'opinion couramment exprimée c'est : nous ne sommes pas d'accord avec le Herout, mais ce sont de bons et courageux nationalistes juifs. Certains électeurs du Mapam opinent stupidement qu'il en est très bien ainsi parce que cela représente un coup contre le Mapai et les Sionistes généraux. Cela rappelle par trop le parti communiste allemand qui continuait à trompetter : « La social-démocratie est l'ennemie principale » alors qu'Hitler s'approchait du pouvoir.

Le parti Achdout havoda représente un cas curieux. Il est l'émanation politique de la fédération des kibboutz « hameuchad ». La coopération de la bureaucratie de l'Histadrout avec la bourgeoisie et le capitalisme étranger représente un danger pour la position des kibboutz. C'est une des raisons d'être essentielles de ce parti qui n'est pas très éloigné du Mapai sur le plan idéologique. Dans les questions de stratégie militaire il est plus réactionnaire que le Mapai. Son chef Igal Alon est l'apôtre de la défense « active » qui n'est autre chose que l'attaque et la conquête. Il ne va pas toutefois aussi loin que le Herout qui entend incorporer la Transjordanie dans l'Etat d'Israël : il se satisfait, ainsi que son parti, de la conquête des régions palestiniennes situées à l'ouest du Jourdain.

Il faut bien dire que c'est uniquement cette propagande des conquêtes qui procura à ce parti un certain surcroit de voix.

Le chauvinisme de ce parti, ses humeurs expansionistes et la personnalité de Igal

Alon qui joua un grand rôle dans les victoires des forces israéliennes au cours de la guerre avec les pays arabes lui ont fait rallier les voix de nombreuses gens qui, en raison de leur passé, ne peuvent se résoudre à voter Herout.

Pour ce qui est du Mapam, quoiqu'il 73 73" privé joue le rôle d' passer ses bénéfices dustrialisation et le nomique ne peuvent l'aide de l'Occident. Mapam ou du Moki sent très peu devant pour cette raison que sa position écrasante un parasite et tait à l'étranger. L'indéveloppement écoavoir lieu qu'avec Les promesses du (P.C. israélien) pècette réalité. C'est le Mapai conserve non seulement à

Haïfa mais dans la plupart des grandes agglomérations. Ses pertes sont dûes la morgue, à la corruption et à l'arbitraire de sa bureaucratie qui heurte tous les travailleurs, y compris ceux qui continuent à voter pour le Mapaï, Ce sont les nouveaux immigrants qui éprouvent les plus grandes difficultés à trouver leur place dans la vie économique et sociale du pays, qui sont les plus grandes victimes de ces bureaucrates repugnants. Resultat : dans toutes les localités ou se trouvent concentres les nouveaux immigrants, les pertes du Mapai furent sensibles.

Le parti des Sionistes généraux représente davantage les spéculateurs, les négociants du marché noir, les importateurs et autres catégories douteuses que le secteur des industriels, représenté plutôt par le parti dit progressiste. Dans les années 1950-51, lorsque le pays vécut sous le régime d'un rationnement sévère, les Sionistes généraux eurent un certain essor et se hissèrent à la seconde place, derrière le Mapaï. en devenant les protagonistes de la « libéralisation économique ». Les conditions économiques du pays sc sont relativement normalisées

N n'ait pas subi de pertes il n'est pas exagéré d'affirmer que ce parti n'a pas d'avenir. Sans nous étendre aujourd'hul sur ce chapitre, il vaut la peine de relever la politique arabe du Mapam qui éclaire blen sa nature politique. Lors de la scission du Mapam, l'aile droite regrouhavoda reprocha ala majorite du part ses sympathies exagérées envers les éléments arabes. Une des causes essentielles de la scission fut la décision de la majorité que les Arabes seront admis à adhérer au parti ; selon les termes de la résolution: « Le Mapam devient ur parti territorial ». Ce n'est que du bluft. Le chomer-hazair (fédération des kibboutz qui forment l'ossature et la base essentielle du Mapam) qui se trouve isolé au sein de ces kibboutziens vient sans doute en aide ici et la aux paysans arabes de leur entourage, mais socialement et politiquement il leur est aussi éloigné que l'Achdout havoda et même le Mapai.

Dans l'ancienne fraction parlementaire du Mapam, il y avait un représentant arabe ; dans la nouvelle il ne s'en trouve aucun : elle se compose de 6 membres des kibboutzim, d'un avocat et de vieilles femmes de l'ancien Poale-Zion. Voilà ce qu'il en est de l'admission des Arabes au sein du parti. De même le

E RNATIONALE quotidien du parti « Al-Hamishmar » qui entretenait autrefois une rubrique spéciale traitant des problèmes de la population arabe a fait disparaitre cette rubrique depuis que le parti est devenu « territorial ». Ce n'est que rarement et d'une pauvre façon que se trouve traité ce problème central du MoyenOrient.

Il n'est pas encore possible de prévoir ce que sera la nouvelle coalition gouvernementale. Ce qui est certain, c'est que toute coalition sera des plus precaire. Jamais encore la formation d'un gouvernement n'a posé un problème aussi difficile qu'actuellement. Il est sûr, en outre, que les partis rengieux qui, tous réunis, n'obtiennent que 15 % des votx, occuperont en raison de ces difficultés une position d'arbitre qui sera plus accusée que par le passé et fera sentir encore davantage la pression cléricale dans les diverses institutions de l'Etat. Les fascistes du Herout vont déployer une activité débordante à l'intérieur comme à l'extérieur du parlement. Les résultats électoraux vont encourager l'activité du cléricalisme et des bandes fascistes qui vont devenir un facteur important dans la vie sociale et politique de l'Etat d'Israël.

(ler septembre) -

Etats-Unis

APRES LA SIGNATURE DE LA CONVENTION FORD

SUR LE SALAIRE

La convention passée entre Ford et le syndicat de l'Automobile CIO sur le salaire annuel garanti eut beaucoup moins d'importance par ses clauses même oue par les conséquences qui en resultèrent tant dans les autres usines d'automobiles que dans de très nombreuses industries. La General Motors et les autres grands producteurs d'autos durent suivre Ford.

Puis, les ouvriers de l'acier, après une douzaine d'heures de grève, obtinrent une augmentation de 15-16 cents de l'heure. D'autres industries obtinrent des augmentations ou entrèrent en lutte : marins du trafic de l'Atlantique, transports de Washington, raffinerie de cuivre dans le New-Jersey et dans l'Ouest... Même dans les houillères qui sont en stagnation, Lewis obtenait une augmentation pour la première fois depuis trois ans.

Des grèves se produisirent également dans le Middle-Ouest pour des augmentations de salaires.

D'une façon générale, l'esprit militant s'est accru et la confiance ouvrière s'est renforcée. Ce qui constitue un point de départ excellent pour les luttes a venir. Celles-ci auront très vraisemblablement des objectifs plus larges que des augmentations de salaires. Les ouvriers de chez Ford, à la suite de la convention signée par leur syndicat sur le salaire annuel garanti, ont exprimé leur mécon74

ANNUEL GARANTI tentement que rien n'avait été obtenu en matière de cadence. Cette question et la généralisation de l'automation vont inévitablement faire mettre au premier plan la question de la réduction de la semaine de travail.

telle

Mais une affaire pas une simplement entre revendication n'est régler qui peut se patrons et ouvriers.

elle relève de la législation. Autrement dit, elle entrainera une certaine politisation du mouvement ouvrier amércain. Les dirigeants des syndicats CIO et AFL n'ont nullement l'intention de mener une politique ouvrière indépendante, ils restent fidèles à leur systeme d'appui à des candidats démocrates, prétendument favorables aux revendications ouvrières. Cependant. en même temps qu'ils viennent de préparer la fusion de l'AFL et du CIO en une seule centrale syndicale, ils ont annoncé des projets d'accroissement de leur action politique. Dans l'état du Wisconsin, les républicains cherchent deja à mettre des entraves à une telle activité en faveur de leurs adversaires démocrates, au moyen de chicanes juridiques. L'unification du mouvement syndical et le renpuveau de luttes ouvrières qui vient de se produire ne manqueront pas de stimuler le développement politique de la classe ouvrière américaine sur la voie où elle a beaucoup de terrain rattraper, celui de la création d'un parti ouvrier base sur les syndicats, Ce ne sera hélas pas pour l'année 1956, mais tout permet de penser que quelques pas seront faits au cours de l'année à venir.

Il est évident qu'aux Etats-Unis aussi, c'est le plein emploi et les profits élevés

TERNATIONALE qui ont encouragé les revendications ouvrières. Au moment où Eisenhower signait une loi fixant le salaire horaire minimum à 1 dollar, le syndicat CIO de l'automobile annonçait que la General Motors faisant un profit de 2, 98 dollars par heure par ouvrier.

Ceylan

NOMBREUX MOUVEMENTS REVENDICATIFS

Le 12 août, le L.S.S.P. (section ceylanaise de la IVè Internationale) a célébré par une série de meetings qui connurent un grand succès le hartal du 12 aout 1953, ou toutes les masses travalleuses se heurtèrent aux forces de l'ordre qui tuèrent neuf personnes.

Cette année, le terrain de lutte est avant tout celui des revendications économiques. Il intéresse aussi bien les travailleurs des villes que ceux des plantations. Le patronat, conscient de la montée du mouvement, prend chaque fois qu'il le peut des mesures d'ordre préventif, en renvoyant ceux qui s'organisent syndicalement et qui, ainsi, les plus spectaculaires, si l'on peut dire. est celle des travailleurs des cinémas à la fois contre des renvois abusifs et pour des augmentations de salaires.

Les dirigeants et tous les militants du L.S.S.P. sont à la pointe de ces mouvements, renforçant l'autorité du parti sur les travailleurs ceylanais.

Il est question de nouvelles élections générales pour un délai pas trop éloigné. Dès maintenant, le L.S.S.P. a affirmé qu'il était prêt à s'entendre avec toutes les organisations se revendiquant des travailleurs pour lutter pour un gouvernement anti-capitaliste sur un programme anti-capitaliste, seul moyen de recontribuent à mieux préparer les luttes.

D'où des mouvements des syndicats pour s'opposer à ces renvois. Une des grèves soudre les mentation.

préoccupent importantes questions (aliterre, emploi, logement) qui les masses du pays.

Uruguay

CRISE DANS LE P.C.

A la suite de plusieurs années de politique erronée (politique d' « unité nationale_», freinage des luttes grevistes...) le PC d'Uruguay a vu se détériorer ses rapports avec les masses travailnoy cac vannote aver lac macces travail leuses de ce pays. Une série de militants qui s'étaient dressés contre cette politique avaient été exclus dans les années passées avec des accusations calomnieuses.

En juillet 1955, le Comité Central de ce parti vient d'exclure son secrétaire général Eugenio Gomez ainsi qu'un au-

En fin septembre auront lieu les premières élections générales en Indonésie.

Le nouveau cabinet Harahap, qui a succédé à celui d'Ali Sastroamidjojo soutenu par les staliniens, est un gouvernement des partis Masmuj (partı musulman réactionnaire) et PSI (socialiste de droite). Il jouit de l'appui des officiers réactionnaires d'une armée intensément travailtre membre bao, qui pour toute loin de rec gime du nai de la direction, Gomez Chiservent de boucs émissaires la politique passée.

Mais, tifier les méthodes et le réti. Gomez est accusé menson.

gime du parti, Gomez est accuse mensongèrement d'avoir agi «au sein du parti pour le compte de l'impérialisme yankee ».

L'organisation trotskyste uruguayenne a adressé une lettre aux militants du P.C. à cette occasion faisant un bilan d'ensemble de la politique stalinienne et des raisons de celle-ci. lée par l'impérialisme américain. On craignait que le nouveau cabinet n'ajourne purement et simplement sine die les élections. La pression des masses étant toujours forte, le cabinet Harahap s'est résigné à l'épreuve électoral, mais le danger reste grand d'un coup d'Etat en cas d'échec de la coalition gouvernementale.

Indonésie

LES ELECTIONS GENERALES

Indonésie

LES ELECTIONS GENERALES

INT

A

EME

Le PC indonésien soutient une politique de collaboration de classe, préconisant comme tâche n° 1 aux élections « la victoire du Front national » en vue de la « formation d'un gouvernement • de coalition nationale, » Dans sa résolution du 24 juin, son Bureau Politique précise que le programme d'un tel gouvernement n'est pas du tout « un programme de démocratie populaire », mais « au fond le même » que celui « vis-à-vis du gouvernement » bourgeois d'Ali Sastro-

U. R. LE « DEGEL »

La nouvelle direction se trouve constamment en face d'ex gences nouvelles et s'efforce de manœuvrer pour sauvegarder les privilèges et le régime bureaucratiques.

A ce propos la convocation du 20° Congrès du P.C. de l'URSS présente un grand intérêt. Si les hommes du Kremlin l'ont convoqué un an avant le délai statutaire, ce n'est ni pour faire preuve de démocratie ni pour avoir on ne sait quelle caution pour le prochain plan quinquennal. Le centre du Congrès. rien de particulier ne se produit d'ici là, sera le rapport d'activité de Khrouchtchev, dans lequel celui-ci doit s'efforcer de définir une sorte de ligne pour la bureaucratie et les directions des P.C. en face d'une situation mouvante.

**

Le « dégel » s'est manifesté dans les rangs de l'armée. Tout d'abord, une conférence d'écrivains militaires a dénoncé la censure qui les obligeait à traiter toutes questions, et notamment celles de la dernière guerre, en images d'Epinal : d'un côté, les bons qui agissent toujours bien, et de l'autre les méchants qui sont toujours stupides.

En outre, on a dénoncé la thèse officielle relative aux opérations de la première année de la guerre, selon laquelle il s'était agi d'une retraite préparée, et non d'un désastre qui a abouti à été ultérieurement exploitée. En fait, il y a dans tout cela une condamnation des conceptions straqui après élimiminé dans les épurations de 1936-38 — les chefs de l'Armée rouge qui étaient eux pour un repli stratégique dans la première partie des opéraavait imposé une stratégie défense de tout pouce du territoire et avait fait accumuler des troupes et un matériel considérable dans tous les territoires que les Allemands occupèrent au déclenchement des hostilités.

D'après le professeur Harold J. Bermann, de la Harvard Law School des Etats-Unis, qui a séjourné récemment en URSS, le projet de nouveau code pénal serait sur le point d'être achevé.

Annoncée immédiatement après la mort 78 amidjojo. Le secrétaire général D.N. Aidit préconise le front unique, la « coopération », « l'unité de toutes les couches ». y compris avec « les partis nationaliste et islamique et leurs membres » (Pour une paix durable,.. 9-9-55) qu'il croit pouvoir coaliser contre un seul ennemi, l'impérialisme. En attendant, le cabinet Harahap fait tout ce qu'il peut pour saper l'influence et l'organisation du PC indonésien. S. S. SE POURSUIT de Staline, cette réforme délicate destinée à remédier aux plus criants excès de l'ère stalinienne, a démesurément trainé, les législateurs ayant eu certainement de la peine à concilier une certaine libéralisation nécessaire avec le maintien du contrôle essentiel de la bureaucratie. Selon le professeur Bermann. le projet prévoirait :

- toute personne accusée aurait le droit à un avocat « à partir d'un certain stade de l'instruction préliminaire ».

- certains délits ne seraient plus punis selon le code criminel ; le fameux article 16 du code pénal actuel procédant « par analogie » entre délits divers serait éliminé.

— les peines pour « propagande contrerévolutionnaire » et plusieurs autres « crimes » seraient réduites.

- les procureurs seraient chargés d'enquêter dans les camps pour éliminer les «abus ».

Il faut attendre la publication du projet qui sera soumis à la ratification du Soviet suprême pour pouvoir se prononcer plus adéquatement sur sa portée véritable.

Au récent Congrès pour la liberté culturelle (il s'agit d'un rassemblement anticommuniste), l'écrivain allemand Scholmer et le professeur américain Passin ont fourni les indications suivantes, d'après les témoignages de prisonniers de guerre autrichiens et japonais récemment libérés :

A partir du printemps de 1954, des changements ont eu lieu dans les camps de travail forcé. A Vorkuta (où se produisit une grande grève en juillet 1953), environ 60 % des prisonniers ont été relâchés jusqu'en juin 1955. Les invalides et ceux qui avaient moins de 20 ans quand ils furent condamnés ont pu retourner chez eux. Pour d'autres, les peines ont été réduites, chaque journée de travail dans laquelle la norme a été remplie comptant pour trois jours de peine. Dans les camps, les conditions se seraient considérablement améliorées: on a retiré les numéros sur les vêtements et les barreaux aux fenêtres, la paye a été augmentée, des permissions ont été accordées

Dans certaines régions où se trouvent des prisonniers libérés mais astreints à la résidence forcée, la construction de logements pour ceux-ci a reçu la priorité.

Une des raisons de ces mesures est la très faible productivité du travail forcé. Une autre est évidemment les luttes très courageuses, héroïques, des prisonniers, en particulier des prisonniers politiques d'avant-garde dans ces camps.

GOMULKA

Nous avons déjà signalé, dans les « démocraties populaires » de nombreuses libérations de personnes arrêtées autrefois pour « titisme ».

En Pologne, la principale figure qui a bénéficié de cette nouvelle situation est Gomulka ex-vice président du conseil, exsecrétaire du Parti ouvrier polonais, qui avait dirigé celui-ci sous l'occupation

Commencée le 5 juillet, la deuxième session de l'Assemblée Nationale Populaire s'est terminée le 2 août après avoir adonté & Tunanimité sept décisions dont les plus importantes concernaient premier plan quinquennal 1952-1957, le budget de 1955, dés plans d'aménagement, de contrôle et d'exploitation des pany du Fleuve Jaune. eaux du Fleuve Jaune.

Le premier plan quinquennal est axé, selon le rapporteur Li-Fou-Choun, « sur

Te developpement énergique de l'industrie le développement energique de mausuite lourde » qui absorbera 89 % du total des investissements pour l'industrie, et les 3/5 environ du total des investisse-

1952

Charbon (en millions de tonnes) 63,5

Acier brut ( 1,4

Ciment ) 2,9

Electricité (en millions de Kwh) 7,3

Ce n'est que, dans le deuxième plan quinquennal, aux environs de 1960, après

La récente amnistie aux « collaborateurs » des Allemands entre aussi dans la série des mesures visant à abaisser la tension, car l'appellation de « collaborateur », chez Staline, avait reçu une extension considérable et ne touchait pas seulement la très faible minorité qui a coopéré avec les hitlériens, mais nombre de ceux qui étaient simplement hostiles à son régime de terreur. pre

LIBERE allemande et qui avait été chassé du parti et arrêté en 1949 pour « titisme ».

Selon des sources sérieuses, l'Observer (18 septembre) indique que Gomulka aurait été invité à une session du C.C. polonais au cours de ce mois, ou on lui aurait demandé de rentrer dans le parti et dans le gouvernement. Gomulka aurait refusé d'accepter ces invitations.

ments (contre 8 % seulement pour l'agriculture, et 1/5 pour les transports.

La production industrielle totale, rapportée en prix constants à celle de 1952, augmentera en cinq rythme annuel

(contre

14,7 un

% seulement de

23,3 soit au rythme cole.

ans de 98,3 %, soit d'accroissement de accroissement de la production agriannuel de 4,3

%).

Malgré l'effort consacré à l'industrie, l'industrie lourde en particulier, les à résultats en chiffres absolus lors de la fin du premier teront modestes.

l'immensité de la

1957

1954

Plan

4,1

4,6

15,9

10,6 plan quinquennal ressurtout par rapport a population chinoise.

1951 par

Pourcentage rapport à 1952 que les dirigeants chinois s'attendent à un essor important de l'industrie.

Touchiontre do laorieulture sont

Les objectifs de l'agriculture sont encore plus

JUTE de

19,7 modestes.

SUCRE

TABAC tonnes)

7.42

13.150

76,6 la réalisation de la réalisation de «

1952...

1957

% Pourcentage d'accroissement

GRAIN

163.900

192.800

17,6

COTON

(En

1,304

1,635

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Chine

LA DEUXIÈME SESSION DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE POPULAIRE

Polo

Chine

LA DEUXIÈME SESSION DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE POPULAIRE grands projets ».

grands projes s millions

La transformation collectiviste de l'agriculture pour toute une grande période est envisagée sur la base d'un développement du mouvement coopératif de la production. En 1957, un tiers des foyers paysans sera inclus (selon le plan) dans de telles coopératives.

Mais la base technique et économique, qui dépend des possibilités de l'industrie lourde et légère, pour une collectivisation véritable, effective, manque encore. La première usine de fabrication de tracteurs commencera à fonctionner à partir de 1959.

Trois plans quinquennaux sont nécessaires, selon les dirigeants chinois, pour faire de la Chine un pays « socialiste », 78

TERNATIONAL E et cinquante ans environ pour « bâtir un pays puissant d'un haut niveau d'industrialisation socialiste ».

En réalité, ce qu'ils appellent faire de la Chine dans 15 ans un « pays socialiste » signifie éliminer la propriété capitaliste dans les villes, engager la collectivisation formelle de l'économie agricole sur la base de kolkhoz.

Nous reviendrons dans le prochain numéro de Quatrième Internationale sur l'analyse plus détaillée du premier plan quinquennal, la manière dont il s'accomplit actuellement, les problèmes économiques et politiques qu'il a déjà posés. la nouvelle lutte des classes qu'il engendre, et les méthodes avec lesquelles réagit la direction du Parti communiste chinois.

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