Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 13, n° 7-10

Au 15e anniversaire de la mort de Léon Trotsky

M. Pablo · Quatrième Internationale, vol. 13, n° 7-10 · octobre 1955 · p. 17-21 · 3 770 mots

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Nous évoquerons, comme chaque année en ce mois d'août, avec ferveur le souvenir de l'homme qui, dans les plus difficiles conditions d'entre les deux guerres, a su continuer la pensée et l'action de Lénine, maintenir et enrichir le marxisme révolutionnaire militant : Léon Trotsky, assassiné il y a 15 ans par un agent de Staline.

Au fur et à mesure que les annees passent, que lexperience du mouvemen ouvrier international s'accumule et se décante, que la situation dans le mouvemen communiste en particulier et en U.R.S.S. connait de nouveaux développements. homme et son œuvre ne peuvent que gagner en stature et en importance.

La pensée et l'action de Léon Trotsky apparaissent avec plus de relief que jamais comme s'étant exercées dans une juste direction historique.

Il importe peu que telle ou telle estimation ou perspective établie par Léon Trotsky fût invalidée a posteriori. Dans l'œuvre de tous les grands maitres du marxisme révolutionnaire, Marx et Lénine y compris, il est facile de trouver maintes prévisions et estimations qui ne se sont pas vérifiées a posteriori, et dont certaines furent corrigées du vivant de leurs auteurs, par eux-mêmes.

Ceci tient au fait que les estimations et les pronostics marxistes n'ont rien de commun avec la manière d'opérer des oracles et leurs aphorismes lourds de fatalité. Chaque militant marxiste est conscient des limites objectives à ses possibilités de connaissance, d'approximation de la richesse, de la complexité de la vie et des situations, et par conséquent de l'inévitabilité des erreurs. D'autre part, toute estimatout pronostic marxiste est basé sur la résultante la plus probable pour une période d'un ensemble de facteurs en interaction, qui déterminent cette résultante.

Ces facteurs ne sont pas statiques mais en évolution, en changement, en lutte entre eux ce qui donne une dynamique à chaque moment différente du résultat global de leur interaction. Il arrive ainsi qu'au bout d'un certain temps. l'estimaayant pris avec le temps une autre importance. tion, le pronostic, la perspective ne sont plus valables, certains facteurs initiaux

Ainsi les estimations et les pronostics marxistes valent, selon leur nature, pour une periode plus ou moins longue, correspondant au laps de temps durant lequel l'interaction des facteurs initiaux aboutit plus ou moins au même résultat global initialement estimé, escompté.

De ce point de vue - le seul valable pour un marxiste - l'œuvre de Léon De ce point de vue Trotsky ne peut être jugée par les côtés secondaires de telle ou telle estimation, de telle ou telle perspective, aujourd'hui nécessairement invalidée, lyses et les théories qui couvrent et dominent toujours des mais par ses anaproblèmes essentiels de notre temps, et par sa méthode. réalités, des questions.

Les critiques de Léon Trotsky, dont certains sortis des rangs de son propre infligés par l'histoire à ses pronostics. mouvement, ne manquent pas une dernière guerre. S'appuyant sur des phrases de ses derniers écrits détachées de leur occasion de mettre en par exemple concernant les résultats de la épingle les « démentis révolution mondiale, et celui de la IV• Internationale. contexte, immédiatement ils lui attribuent l'idée d'avoir escompté la après la bureaucratie soviétique, inévitable durant le triomphe de la

Dans le cas contraire Trotsky serait prêt, affirment-ils, a admettre la faillite historique du prolétariat et la régression de l'humanité dans la barbarie. Et comme survenus effectivement, durant et après cette guerre, ne constituent qu'une expaneux-mêmes considèrent maintenant que tous les changements révolutionnaires Trotsky et préconisent un nouveau programme sien mondiale du « totalitarisme barbare ils crient à la faillite de nouvelle société « bureaucratique » qui s'intercale, selon eux, historiquement entre défense des esclaves dans la le capitalisme et le socialisme. C'est certain. butaine des des de listes plus pour lae de de ta bureau. - l'Ü.R.S.S. Que Léon Trotsky n'ait pas prevu un des déroulements de la dernière cratie soviétique et le triomphe de la révolution mondiale et de la IVe Internationale, à ceux qui se présentent actuellement - cela aussi est certain Marx,

Engels et Lénine dans des cas analogues, n'ont pas évité de prévoir des développements révolutionnaires d'un même rythme rapide et surtout dans une ligne aussi recungne.

Si erreur il y a eu dans cette manière de voir (et de prévoir), l'erreur tient à l'impossibilité objective de donner, en réalité, dans des conditions analogues, autre chose que la ligne générale des développements inevitables. Par exemple les pronostics de Lénine que la premiere guerre mondiale inirait inevitabiement dans une crise révolutionnaire étaient absolument justes en tant qu'indication générale résultant du déséquilibre profond provoqué par la guerre dans la structure du capitalisme. Les pronostics de Léon Trotsky que la deuxième guerre mondiale finirait inévitablement dans une crise révolutionnaire d'une envergure encore plus grande que par le passé, se sont avérés également justes en tant qu'indication de la ligne generale des développements inévitables. Que, dans cette crise révolutionnaire resuitant de la guerre, le stalinisme périrait inévitablement, conjointement à l'aitermissement de la révolution mondiale et du marxisme révolutionnaire que seule virtuellement défend la IVe Internationale, ceci non plus, en tant que pronostic général. n'est pas invalidé.

Le processus escompté est cependant devenu concret, épousant des lignes plus sinueuses, qui influent aussi sur le rythme.

La véritable et seule différence qui importe avec ces critiques de Léon Trotsky et nous-même se place sur un autre terrain. Ils nient purement et simplement l'existence d'une crise révolutionnaire et des développements révolutionnaires. issus de la dernière guerre. L'apparition d'autres Etats ouvriers, à côté de l'U.R.S.S.. tant en Europe qu'en Asie, le développement impétueux de la révolution coloniale. de la situation en U.R.S.S., du mouvement ouvrier dans des pays comme la France ou l'Italie, tout cela est vu sous l'angle unique des directions inféodées encore au Kremlin et, par conséquent, en dernière analyse, comme une expansion mondiale du stalinisme et l'avènement de lere bureaucratique.

Nous, par contre, interprétons ces développements comme étant objectivement ceux, sinueux certes et déformés, de la révolution prolétarienne, et amenant inevitablement en dernière analyse la crise finale et la disparition du stalinisme.

Il est certain que Léon Trotsky les aurait interprétés de cette manière, et très probablement plus rapidement et amplement que nous ne l'avons fait. Cette conviction n'est pas arbitraire, mais basée sur sa doctrine concernant le caractère de classe de I'U.R.S.S. et sa méthode d'investiguer les phénomènes sociaux en général, ceux de notre temps en particulier.

Trotsky avait beaucoup insiste, dans ses écrits positis ou polémiques concerproblemes souleves par la degenerescence bureaucratique de - U.R.S.S., sur le facteur temps strale arace repi ponce du ne ne telle appréciation de TU..S.S, conclure sur telle ou telle appréciation de l'U.R.S.S.,

Qui pourrait sérieusement arguer que Léon Trotsky, s'il se trouvait devant les nouveaux développements issus de la guerre qui rendent la situation plus fluide que jamais, conclurait que le bilan de la lutte entre prolétariat et capitalisme s'est soldé par l'épuisement des capacités révolutionnaires des masses. l'éloignement de la perspective socialiste et l'avènement d'une ère bureaucratique ? Toute sa manière de penser porte au contraire à croire qu'il défendrait plus vigoureusement que jamais ses vues sur le potentiel accru de la Révolution prolétarienne, T'aflaiblissement des anciennes directions traditionnelles, les possibilités et les perspectives meilleures de la IVe Internationale.

Le « moment » de l'histoire dont parlait Trotsky pour caractériser le laps de temps écoulé depuis le commencement de la dégénérescence bureaucratique de 1U.R.S.S., reste toujours, à l'échelle du temps de l'histoire, un simple moment qui ne suffit pas pour conclure dans un sens contraire à celui qui fut le sien, ni sur le caractère de l'U.R.S.S., ni sur le caractère de l'époque. Au contraire, « moment » est ouvert actuellement sur des réalités et des perspectives éminemment révolutionnaires qui justifient l'optimisme robuste dont il n'a cessé d'être imbu,

Face au développement de la révolution coloniale ou de la Chine prise même isolément, Léon Trotsky aurait la satisfaction immense d'apercevoir à quel point ces exemples illustrent et vérifient les lignes fondamentales de sa théorie de la Révolution permanente. L'Assemblée nationale chinoise discute deja les problèmes de la planification de l'industrie qui s'étatise à un rythme accru, et ceux de la collectivisation de la production agricole.

l'école stalinienne des « deux révolutions politique distincts, et de la « Démocratie logique et des nécessités de la Révolution

Les théoriciens chinois, tous grandis à

» de caractère social et sous régime nouvelle », pris dans l'engrenage de la permanente, n'ont plus dans la bouche que les mots de « socialisme », de « dictature du proletariat », de « panication » de « collectivisation » pour caractériser le régime social et politique en Chine et les taches qu'aborde déjà la Révolution permanente chinoise.

D'autre part, si on tourne les yeux vers ce qui se passe en U.R.S.S. depuis la mort de Staline, on ne peut que s'étonner de la vitesse avec laquelle s'amplifie crise de direction de la bureaucratie soviétique aux prises avec les problèmes et •les difficultés hérités du règne de Staline et aggravés depuis.

Au lendemain de la mort de Staline, il était encore facile de nier ces développement inévitables , prédits par notre mouvement; il était facile de draper Malenkov 18 dans le manteau d'un autre Staline, et de croire que la bureaucratie pourrait gouverner désormais purement et simplement comme passe. ment, chacun sent qu'il y a un changement de climat en U.R.S.S. que dans les Partis communistes ; que le prestige des directions staliniennes a fortement baisse ; que l'esprit critique et revendicatif, développe en U.R.S.S. que dans les Partis communistes: que le culte de Staline a pratiquement presque disparu ; que la soviétique, les dirigeants jusqu'a faire amende honorable à Belgrade, sont à la recherche de formules, de formes et dé moyens nouveaux pour gouverner.

Il s'agit de comprendre le pourquoi de ces changements. Notre mouvement n'a pas attendu la mort même de Staline pour les prévoir et indiquer leur direction generale. En realité, années avant cet évènement, notre mouvement, formé recole de Trotsky, de ses doctrines et de sa méthode (celles du marxisme révolutionnaire vivant) avait employé la dialectique pour comprendre les conséquences que gue tecratie sovietique et le stalinisme apres la devaient entrainer les nouvelles conditions dans lesquelles furent placés la dernière guerre. La où d'autres ne voyaient qu'expansion pure et simple et en réalité consolidation du stalinisme à la suite de la création des Etats de démocratie populaire » triomphe de la Revolution chinoise sous la conduite d'une direction stalinienne, notre mouvement avait vu facteurs de rupture de l'équilibre bureaucratique comprendre dans ce sens la signification de la rupture yougoslave et sa très grande lerments de dislocation du stalinisme. C'est ce qui lui a permis, entre autre, nouveau et par la visite des dirigeants soviétiques à Belgrace, et les conséquences de ce geste.

D'autre part, notre mouvement n'a cessé, durant ces mêmes années, de souligner l'importance des développements économiques interaction avec la montée révolutionnaire mondiale. En nous basant sur l'analyse profonde donnée par Léon Trotsky du phénomène de cratique de I'UR.S.S car les condito s d'isolement et du bas niveau économique eb culturel de l'U.R.S.S. au lendemain de la Révolution d'Octobre, nous avons pu dégager l'inévitabilité d'un processus de déclin accéléré, quoique non rectiligne, du règne de la bureaucratie soviétique en U.R.S.S. même et sur les Partis communistes, dans le cadre des conditions internationales et nationales contraires.

Le stalinisme est essentiellement un produit des conditions nationales arriérées dans le cadre d'une situation internationale de régression de la révolution. C'est dans de telles conditions que devint possible la formation d'une vaste couche bureau. cratique, usurpant le pouvoir politique du prolétariat, et aboutissant à monstruosités sur le plan de la théorie et de la pratique que nous avons vu produites par le stalinisme en U.R.S.S.

L'analyse de ce processus faite par Léon Trotsky est allée au fond des choses et se confirme pleinement.

Toutes les difficultés et tous les problêmes auxqueis la bureaucratie soviétique a toujours a faire face, proviennent de deux facteurs obe leur importance tondamentene par Leon Trotsky : le cadre national incomtoute leur importance fondamentale par Léon Trotsky patible avec la possibilité d'y construire le socialisme; lentrave supplémentaire d'un régime bureaucratique pour progresser dans un tel cadre.

La propagande stalinienne qui a fait et fait toujours tant de victimes non seuJement dans les rangs des ouvriers de l'Occident, mais aussi chez un bon nombre des membres « intelligents » de l'intelligentzia occidentale, et selon laquelle l'URSS est déjà un pays « socialiste », se préparant à entrer dans la phase supérieure du communisme, est un mythe sinistre qui engendre la pire confusion.

Le socialisme n'est concevable qu'en tant que régime international, fonde sur un niveau des forces productives supérieur a celui du capitalisme le plus développé

Le « socialisme » dans la pénurie, tel qu'il existe encore en U.R.S.S., n'est qu'un régime préparatoire au socialisme, par certains de ses fondements économiques t sociaux qui sont des conquête de la Révolution d'Octobre. Sous le régime issu e cette revolton, la Russie a lait des progres économiaue. et culturels énormes, productives d habitant, ne dépasse pas celui des pays capitalistes les plus développés (des Etats-Unis en particulier) mais il reste encore considérablement inférieur.

Dans ces conditions, parler de labolition économique réelle. et non fictive, juridique, * des aladace meme relaie tendie de salit dre les besoins de tous d'une abondance la société, etc. — c'est fermer délibérément les yeux devant une réalité toute autre.

L'état de l'agriculture et la lutte autour des rythmes respectifs de l'industrie lourde et de l'industrie légère ont éloquemment démontré dans ces derniers temps l'actuel niveau des forces productives en U.R.S.S. par tête d'habitant.

Dans des conditions hypothétiques de paix internationale prolongée sur laudrait envisager plusieurs plans quinquennaux Ps, Quingueni des forces prinde ves atteindre dépasser, dans le cadre national de l'U.R.S.S., d'habitant du capitalisme le plus développé. La construction du soelalisme ne saurait être envisagée qu'à partir un tel niveau.

INTERNATIONALE QUATRIEME faisant abstraction de l'impossibilité d'une paix durable pour des décades, il faudrait en plus tenir compte du déséquilibre perma- Mais, en réalité, même en nent qui résulte de la planification de l'économie dans un seul pays et qui est énormément aggravé en U,R.S.S. par l'existence de la bureaucratie au pouvoir.

la planification en U.R.S.S. est viciée à la base par le a comme cadre un cadre national, En effet, de toute manière limité, et qui oblige de développer telle ou telle branche de l'économie pour toute une période, à un coût de revient sensiblement supérieur à celui du marché international. Ce qui est une des (industrie lourde, industrie légère, agriculture) et au sein de chaque branche. raisons du déséquilibre produit diverses branches de l'économie

Ainsi, il est organiquement difficile dans des conditions nationales de maintenir des rapports et des rythmes d'équilibre entre trois secteurs de l'économie, et d'éviter les crises qui, de temps à autre, se manifestent dans ce domaine.

Mais l'économie soviétique d'autre part est viciée à la base par le fait supplémentaire entre les mains, politique et économique (des administrateurs de l'Etat et de l'économie), gestion bureaucratique. d'une couche sociale distincte Le pouvoir politique aux mains de la U.R.S.S. celle-ci planifie selon ses intérêts propres et selon ses méthodes. Il en résulte qu'une bureaucratie revenu national est absorbée par cette bureaucratie improductive. grande partie du gaspillée par l'organisation bureaucratique du travail. qu'une autre partie D'autre part les ouvriers, n'étant pas associés démocratiquement est à l'élaboration de ce plan, comme ils le désireraient, le rendement du plan et ne profitant pas du travail en souffre considérablement.

tendance à proliférer et à devenir vraiment Ainsi la bureaucratie, frein de plus en plus puissant au développement des qui a tentaculaire, constitue un forces productives en U.R.S.S

Si cela est le cas avec le « socialisme » de l'U.R.S.S., on pourra comprendre quelle énormité théorique constitue de parler du « socialisme » en Pologne, en Roumanie, en Yougoslavie, en Albanie, ou même en Chine.

Best probable que les dirigeants soviétiques actuels, aux prises avec des difficultés insolubles dans le cadre national, envisagent une planification sur une échelle serait là incontestablement un grand pas en avant, mais dont l'importance serait plus vaste, de « l'Elbe au Pacifique », comme ils le laissent entendre. Ce serait de nouveau limitée par le fait que cette planification associerait des pays (la Chine de l'U.R.S.S., et que par conséquent, on ne pourrait rattraper un niveau supérieur en particulier) ayant un niveau de forces productives encore plus bas que celui à l'actuel niveau D'autre part, il faut tenir compte du fait qu'une telle planification serait gérée de TU.R.S.S. que plus tard. non démocratiquement par nivales, et dans lesquers ceiede mur. S. de en peaue celle masses productives nationales souvent auront tendance à dominer et orienter la planification selon leurs de la Chine propres intérêts. La lutte de Léon Trotsky contre la théorie du « socialisme dans un seul pays » qui paraissait à certains au début comme n'ayant qu'un caractère doctrinaire abss'avère étre fondamentale, non seulement à cause des implications internatrait, socialiste dans un seul pays en attendant le triomphe de la révolution mondiale. tionales déforment et faussent le sens et de cette théorie, également à cause de l'orientation à ses implications intérieures a la reconstruction

Le socialisme sera international ou ne sera pas, voilà ce que Léon Trotsky a apicles dommes en ternational et nate cal cumule ses espere ce ses mene explicitement mis en lumière, avant que l'expérience stalinienne

Faute d'une telle base internationale pour l'édification socialiste, on peut enregistrer des dans le cadre du régime capitaliste, mais le risque est grand de voir se former progrès économiques à un rythme même impossible atteindre une bureaucratie qui politiquement le prolétariat et vicie vraiment socialiste du pays. Ce qui fut et est toujours encore toute l'évolution le cas pour l'U.R.S.S

La notion de la bureaucratie soviétique, de ses origines, de son comportement double, de ses perspectives est à la base de l'analyse faite par Léon Trotsky pour comprendre la structure sociale actuelle de l'U.R.S.S. et le phénomène du stalinisme.

Plus le temps passe, plus les faits s'accumulent, et plus cette analyse acquiert étant la seule qui permette une explication correcte de la réalité sa valeur, soviétique et du stalinisme.

Le régime politique actuel en U.R.S.S. est incompréhensible, sans avoir entiècette notion. C'est elle qui permet de rejeter le confusionnisme des le confusionnisme des que « régime totalitaire », ou « régime socialiste », dans le sens que donnent a dernière formule les mystifiés du stalinisme.

D'autre part, forts de l'expérience maintenant concrète de ce qui peut advenir de la dictature du prolétariat dans un seul pays, Léon Trotsky et les trotskystes ont pu dégager. mieux que quiconque dans du programme de la démocratie prolétarienne. passé, la question — qui a une importance Le pouvoir démocratique du prolétariat est inconcevable, sans que cette classe puisse capitale croissante effectivement participer de plus en plus amplement et directement à la gestion de l'Etat et de l'économie, à travers des soviets vraiment démocratiques, des syndicats indépendants de l'Etat qui, rigueur, puissent ouvriers a l'égard même de l'Etat ouvrier, et le droit aux partis politiques soviétiques.

Ce dernier droit d'une libre activité de la classe au niveau le plus éleve c'est-à-dire au niveau politique, s'avère du reste déterminant pour tout le fonc. tionnement effectif d'une véritable démocratie prolétarienne, c'est-à-dire d'un véritable accès de la classe à la gestion de l'Etat et de l'économie (I). Ceci n'est plus pour nous un catéchisme abstrait et doctrinal qu'on jettera par dessus bord, devant les exigences et les difficultés de la « dure réalité » après la prise du pouvoir, mais une conviction théorique qui se dégage de l'expérience concrète acquise depuis près de ans déja. Dans ce domaine aussi, peut maintenant dire : Le pouvoir prolétarien sera tel ou ne sera pas du tout.

Grâce à l'œuvre de Léon Trotsky, sa pensée et à sa méthode qui sont celles du marxisme révolutionnaire vivant, mouvement qu'il a créé. à la IVe Inpessenbors de la theorie et de la parante de memen jour un programme complet, embrassant tous les domaines communiste à notre époque, un programme qui corresponde à ses besoins, qui réponde a problèmes.

cette raison, des qu'il y a réveil et maturation de la conscience politique parmi des éléments et des couches de l'avant-garde prolétarienne, il y a en réalité tendance à la rencontre de ces éléments, ces couches avec le trotskysme. Ils reconnaissent, dans son programme et ses idées l'expression la plus claire et la pius consciente de la voie qu'ils cherchent.

Les conditions objectives actuelles favorables à de tels processus dans la classe. Le caractère général de la période dans laquelle nous sommes entrés depuis dernière guerre, reste révolutionnaire. Il Il est toutefois vrai que la conscience politique des masses ne correspond : pas encore aux conditions objectives revolutionnaires, ni à l'activité révolutionnaire spontanée des masses. Il y a là toujours un très grand décalage, à la fois effet et cause de l'existence des directions traditionnelles, social-démocrates et staliniennes.

Nous devions tenir compte de cela, et nous en avons effectivement tenu compte. Opposer notre programme intégral du dehors aux masses politiquement actives organisées dans des partis et des syndicats de masse, ne suffisait Il tallait combiner cette tâche avec une présence effective nos cadres. dans ces organisations, et y opérer la. l'esprit d'une politique de transition. C'est-à-dire y formuler les mots d'ordre, la politique qui conviennent à un moment donné, en tenant compte du niveau de conscience et des possibilités des organisations dans lesquelles nous opérons.

Nous nous efforçons de nous placer, dans tous ces cas, du point de vue d'une aile gauche politique risquerait de nous dans la pratique centriste de gauche si elle ne se combinait, comme nous le faisons, avec un secteur indépendant de notre travail, avec l'existence d'organes de presse et d'une littérature cent pour cent marxiste révolutionnaire, cent pour cent trotskyste, défendant notre programme catier, et avant tout par l'existence indépendante de l'Internationale.

Ces conditions de travail, nous ne les avons ni choisies ni préféréres. Elles nous sont imposées par la réalité du mouvement ouvrier international 3 l'étape actuelle. Nous en tirons seulement ainsi le meilleur parti possible dans les conditions actuelles pour la reconstruction d'un marxiste-révolutionnaire de masse, et pour la formation de cadres individuels marxistes révolutionnaires.

Car pour ces derniers, destination de fee ras la tt naplete san faction lesonne il n'y a meilleure que d'agir dans le sens de l'Histoire et de préparer l'avenir

Août 1955. (1) Nous avons eu souvent l'occasion de mieux expliquer cette idée dans d'autres ecrits. dont le dernier est l'article paru dans Quatrième Internationale marsjuin 1955 : « La conception de la « démocratie directe » des dirigeants yougoslaves ».

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