a) Ies développements auxquels la situation internationale est arrivée récemment propose d'examiner dans ce rapport : et les perspectives de celle-ci b) certaines situations et évènements particuliers qui se sont produits depuis notre dernier Plénum.
J'inclurai d'autre part, dans ce rapport, une partie sur nos tâches à l'étape actuelle. POINTS CARDINAUX DE NOTRE ANALYSE DEPUIS LE 3• CONGRES MONDIAL
La Conférence de Genève n'a pas produit, elle a consacré ce qu'on appelle actuellement « l'esprit de Genève », qui s'acheminait dans les développements de situation internationale depuis un certain temps déjà.
Une impression s'est produite d'un dégel « soudain » de la guerre froide, d'un éloignement de la menace de la guerre générale et des débuts d'une « ère nouvelle » qu on interprète généralement comme pouvant être celle de la « coexistence paciique » prolongée sur toute une période entre l'impérialisme et l'alliance des Etats ouvriers.
Je ne crois pas nécessaire de m'appuyer sur telle ou telle citation des textes des 3ª et 4º Congrès Mondiaux, des différents Plénums qui ont eu lieu depuis 1951, ou de nos écrits je ferai des fondements de notre ligne, de notre raisonnement de base en ce qui dans « Quatrième Internationale » pour épauler le résume que ne s'agit pas de citations seulement, qu'on pourrait étaler par dizaines, mais de concerne l'appréciation de la situation internationale et ses perspectives. Car il la lettre et de l'esprit de ces documents tout entiers.
Il s'agit d'un raisonnement d'ensemble et non pas d'appréciations et de prévisions éparses.
Notre appréciation fondamentale de la situation internationale créée depuis la guerre de Corée précisément, de la période dans laquelle nous entrions, était basée sur l'estimation d'un rapport global des forces désormais favorable à la Révolution, défavorable à l'impérialisme, et qui, en tant que tel, ne saurait changer fondamentalement pour tout l'avenir dégagé le caractère fondamentalement révolutionnaire de toute la période devant prévisible. De cette estimation de base,
Cette idée, à cette époque, apparaissait osée, même discutable, car la force de l'impérialisme l'époque par beaucoup, y compris dans nos rangs, comme étant encore déterminante. de l'impérialisme américain en particulier - était considérée à Mais maintenant, précisément à l'occasion de la Conférence de Genève et depuis, l'appréciation du caractère révolutionnaire inchangé de la période. cette idée est départ fondamental, aussi bien pour la devenue plus ou moins courante. C'est là, je le répète, un point de compréhension de notre ligne que pour base d'une telle appréciation du rapport des forces global, la question suivante s'était posée à nous déjà au 3º Congrès Mondial : faut-il en conclure que préalable du prolétariat ? rapport de la guerre, c'est-a-dire l'action violente, concevoir comme révolution devenait désormais lorces défavorable et arrêter dans le Nous avons répondu : non, et impossible ? c'est-à-dire : la guerre devait-elle se comme possible armée, de l'impérialisme pour changer seulement en dangereuse de la cas d'écrasement ceci pour les raisons
Il n'y aura plus de guerres inter-impérialistes majeures, lution coloniale, mouvements ouvriers des métropoles. Le heurt violent avec l'im- l'impérialisme coalisé et la révolution sous toutes ses formes :Etats ouvriers, révomais une lutte entre de tout l'impérialisme, une fois réarmé, reste toujours la probabilité la plus grande, particulier avec l'impérialisme américain, désormais base essentielle pratiquement inévitable, ou de nouvelle avance dangereuse de la révolution. aussi bien en cas de menace de crise économique majeure « pacifique » de la révolution, l'impérialisme — y compris l'impérialisme américain — Nous avions pratiquement exclu l'éventualité d'une avance soi-disant désormais capitulant devant elle sans lutte. Mondial, pratiquement impensable, sauf en cas d'action révolutionnaire cas, avions-nous souligné au 3• Congrès masses au Etats-Unis qui paralyse et terrasse l'impérialisme dans sa propre citadelle.
Dans ce raisonnement, nous avions souligné les points suivants : la force de 48 l'impérialisme, de l'impérialisme américain en particulier, toute relative qu'elle soit léventualité de l'éventualité de voir la menace de erse sonomique reere ne nouvelle devenue par rapport à la force globale de la révolution, n'est pas négligeable était liée à la menace de crise économique dans l'épreuve avance dangereuse de la révolution. La question des délais était liée à ces conditions,
Dans les thèses du 3º Congrès Mondial la question des délais fut posée de la manière suivante:
Considérant que « dans un tel rapport de forces » (celui analysé par la Thèse
V) « la victoire" l'impérialisme deviendrait problématique » en cas de conflit majeur, la Thèse VI concluait ainsi :
« Pour cette raison, il est beaucoup plus probable que l'impérialisme prolongera ‹ Pour cette raison, la période de la préparation (de la guerre) jusqu'à ce qu'il atteigne la limite de sa capacité d'amortir la crise économique et de maintenir son contrôle sur les masses americaines.
« Il lui sera d'autre part d'autant plus possible de poursuivre cette ligne que la bureaucratie soviétique, partiels, limités ou plus étendus, à la politique d'un partage de zones d'influence, déclenchement d'une guerre générale, se compromis et d'avantages réciproques ».
Au 12 Plenum (octobre 1952), nous avons précisé qu'à partir de la fin de 1953 environ, l'impérialisme se date nous entrerions dans une période critique, qui pouvait s'etaler sur quelques trouverait sérieusement réarmé, et qu'à partir de cette années, et pendant laquelle la guerre - sans qu'elle se déclenche nécessairement -devenait possible. Possible en cas de réalisation d'une des conditions précitées ou d'une combinaison de ces conditions. d'une Soumettons cette appréciation et cette nouvelle avance dangereuse de la révolution. Dans deux cas déjà depuis la perspective à l'épreuve de la condition fin 1953, celui du Vietnam et de la bataille de Dien-Bien-Phu, et celui de la crise à deux doigts de la guerre. Il aurait suffi, dans ces deux cas, que soit le Viet-Minh dans le détroit de Formose, la situation internationale est effectivement arrivée soit Pekin tasse encore un pas plus audacieux ou que le danger de crise économique pèse plus lourdement sur certains d'entre eux tombent et qu'ils se précipitent dans la les capitalistes, dernières hésitations de tèges en chambre ou des prophètes capables de scruter l'avenir dans le mare de lutte armée. Des stradire maintenant a posteriori que ce danger n'existait pas. Mais il café, c'est-à-dire des francs-tireurs n'assumant aucune responsabilité, peuvent seul homme responsable, soit du camp bourgeois, soit du camp adverse, qui pouvait il n'y a pas un alors assumer une telle responsabilité, car l'éventualité de la guerre fait réelle et sa réalisation dépendait de peu de choses, d'une conjonction de certains facteure de ce point de vue, la situation restee dore maintenant fondamentalement être sur de pouvoir controler. la même. C'est-à-dire qu'en cas d'une nouvelle avance importante de la révolution dans le monde, l'impérialisme réarmé est susceptible probable) de riposter par la guerre. Cela, il y a en réalité peu de gens qui oseront (c'est toujours le cas le plus le contester.
Il y en a par contre une quantité pour dire ouvertement, et surtout pour penser ecretement, qu'en réalité il n'y aura pas une telle eventualite tout simplement pare qu'il n'y aura pas, pour toute une période, une nouvelle révolution. aurait maintenant plus ou moins maintien du statu quo actuel. avance dangereuse de 1 Je reviendrai loin la-dessus.
Reste à este à examiner la condition liée à la menace de crise économique majeur est la, a mon avis, la question capitale, aussi bien pour la comprenension du pass que pour les perspectives d'avenir. Cette question est d'autre part liée, au moins en partie, aux perspectives révolutionnaires. par accident ou par conjoncture économique a Jamais écrit ou par accident ou par supériorité manifeste dans le rapport des forces. dit que analyses l'impérialisme se joué, concernant les délais de guerre, la question de la et pour cause, lancerait rôle fondamental. Nous n'avons des torres. Nous avon, écrit et dit, nécessité, afin d'éviter le pire, en quelque sorte pris à la gorge. et ceci à satiété, que l'impérialisme se lancerait dans la guerre par
L'évolution de la conjoncture économique vers une crise testablement aussi mortelle pour l'impérialisme qu'une nouvelle majeure serait incontante, très dangereuse, de la révolution : elle amènerait une telle avance. Placé avance très impordevant cette éventualité, l'impérialisme préférerait, dans la guerre. D'autant plus que cela se produirait dans le cadre d'une situation avons-nous soutenu. se révolutionnaire, d'un rapport de forces qui, même avant l'éclatement de la crise, est défavorable à l'impérialisme. maintenant, et par conséquent nous n'avons pas la preuve éventualité n'a pas été réalisée Jusqu'à de l'impérialisme dans ce C'est un aspect de la question. pratique des réactions que nos pronostics concernant l'évolution économique ne se sont pas vérifiés jusaspect est qu'ici, et celle-ci a même pris maintenant une tournure nouvelle, tendue, dont il s'agit d'examiner toutes les implications sur l'évolution future de réellement inatla situation internationale dans son ensemble.
Les pronostics économiques établis lors du 3• Congrès Mondial et précisés davantage au 12º Plénum étaient qu'à partir à partir du moment où les dépenses d'armement aux Etats-Unis commenceraient la fin de 1953 environ, c'est-à-dire 4. Congres Mondial, tout en ayant attiré l'attention sur un étalement encore plus on risquait de voir se précipiter la menace de crise économique. Le cause du rôle interventionniste de l'Etat, n'a pas long des délais pour une crise économique majeure, étalement possible surtout a prevu un retournement aussi spectaculaire de la conjoncture économique que celui auquel nous assistons, surtout depuis un an déjà.
Nous pensions - plus prudents à ce propos que quiconque au sein du mouvement ouvrier — que la « récession » américaine, commencée effectivement à partir de l'été 1953, pouvait plafonner pour toute une période, sans se précipiter dans une crise économique majeure, qu'une nouvelle reprise pouvait même se réamorcer en cas de nouvelles dépenses étatiques surtout d'ordre militaire : mais nous n'avons pas prévu qu'elle pouvait bientot laisser la place à un véritable boom, aussi bien de l'économie américaine que de celle de l'Europe occidentale, comme celui auquel nous assistons maintenant.
J'examinerai plus loin les causes de ce retournement de la confoncture économique et ses perspectives. Retenons pour le moment le fait que le climat économique est redevenu prospère pour le capitalisme mondial, et que ce facteur enormément influencé aussi le climat politique. Car quelles sont les raisons de
« l'esprit de Genève » et en quoi consiste exactement le sens de celui-ci ?
retournement qui s'est opéré dans les relations entre l'impérialisme l'URSS est venu du côté de l'impérialisme, de l'impérialisme américain en particulier. Par contre, l'attitude de la bureaucratie soviétique est conforme à sa ligne du passé, clarifiée mieux que jamais. et accentuée dans ce sens. Elle confirme pleinement ce que que nous avons avance, contre tous nos adversaires. que s'il est vrai que la bureaucratie cherche un compromis avec l'impérialisme, elle le cherche actuellement sur la base de la division présente du monde, du statu quo, et ceci s compris sur la question de l'Allemagne. Je répète : il n'y a rien de nouveau mation pieine et entière de notre appréciation de la ligne de conduitente la bureauen cela la bureaucratie soviétique, y a au contraire confircratie soviétique depuis la dernière guerre, et plus particulièrement depuis le triombureaucratie soviétique, c'est ceci : la nécessité pour elle, encore plus impérieuse la révolution par le passé, de gagner encore et toujours du temps afin de faire face aux problèmes posés par la succession du long règne absolutiste de Staline dans tous les domaines (rapport bureaucratie soviétique avec les masses soviétiques et internationales, avec la Chine et les « démocraties populaires ". problèmes économiques resultant des disproportions dans l'agriculture et l'industrie légère par rapport à l'industrie lourde). Ceux-ci incitent bureaucratie rechercher encore plus ardemment le compromis avec l'impérialisme. Combinant ses atouts forts avec une diplomatie plus souple, la bureaucratie soviétique est parvenue incontestablement à créer un lacteur qui contribue considérablement au climat de la « détente ».
La vraie question soulevée plus concrètement par Genève reste cependant celle mercain em par danser, steste de de & brague po celer a se resigne du retournement dans l'attitude de l'impérialisme. Pourquoi celui-ci, l'impérialisme americain en particulier, s'est-il décidé « brusquement » provisoirement au et à entrer lui aussi dans la voie de la recherche de compromis limités avec l'alliance des Etats ouvriers
Dire que ceci est le résultat de la conscience qu'il a acquise, depuis les défaites de Corée et au Vietnam, du rapport des forces global à lu défavorable, ne suffit pas. Car nous avions envisagé ceci des la guerre de Corée, sans en déduire l'impossibilité pour l'impérialisme désormais de se lancer dans de telles conditions dans a guerre. Dire que c'est le résultat de la possession de la bombe H également par l'URSS, de la peur qu'il aurait désormais d'une guerre également destructrice, * sans vainqueur », par suite d'inévitables réprésailles, suffit également pas Car la possession d'une arme si destructive soit-elle de part et d'autre, ne doit aboutir logiquement qu'à l'éventualité de la neutralisation de cette arme, le combat étant mené le cas échéant avec toutes les autres armes, y compris les armes atomiques tactiques. Et c'est effectivement dans cette direction que s'engagent uns et les autres.
La possession de la bombe Il par l'URSS également a joué et joue incontestablement tant qu'élément supplémentaire, très important, dans le changement du rapport de forces, défavorable à l'impérialisme, mais non pas en tant qu'obstacle désormais absolu au déclenchement de guerres partielles ou d'une guerre générale. Lors de la crise de Dien-Bien-Phu et de la crise de Formose, l'impérialisme était prêt à commencer une guerre limitée, avec des armes atomiques tactiques visant des objectifs militaires. Nous savons, bien sûr, qu'une telle guerre risquait énormément de se généraliser à plus ou moins brève échéance. Mais cette considération n'excluait ni la possibilité de voir commencer une guerre limitée, ni l'inévitabilité dans une guerre généralisée d'utiliser les bombes H
Considérer que l'impérialisme agit sur la base de calculs absolument logiques, selon un plan réfléchi et sans contradictions, c'est méconnaitre sa véritable nature de classe, aussi bien du point de vue économique que politique ; celle-ci l'empêchant précisément d'apprécier la situation à la manière des marxistes et d'agir en conséquence, Placé devant l'éventualité d'une progression dangereuse de la révolution au Vietnam et ensuite à Formose, l'impérialisme réarmé a esquissé une réaction dans le sens de la guerre. Voilà le fait. voila ce qui compte et qui ne doit jamais etre oublié. Il n'est pas allé jusqu'a la déclencher, reculant juste à la toute dernière minute, parce que cette avance dans le cas Vietnam n'a pris malgré tout qu'une ampleur limitée, et qu'elle n'a pas été réalisée du tout dans le cas de Formose. 50
D'aure part, le climat économique ne poussait pas, ne talonnait pas du tout limpérialisme ; au contraire. Se développant en une nouvelle prospérité, une des plus importantes depuis les années 20, ce climat le remplissait de confiance et tard le combat, et l'incitait à jouir pour le moment, au jour le jour, des avantages d'optimisme quant à ses possibilités de se mieux preparer pour entreprendre plus de cette prospérité.
Le retournement de l'impérialisme à Genève est le résultat de l'interacuon ciliante de la bureaucratie soviétique, dans • un climat de prospérité économique du facteur du rapport de force défavorable à l'impérialisme et de l'attitude conpour le capitalisme,
Le retournement de l'impérialisme n'est cependant pas définitif, dans le sens qu'il abandonnerait désormais le recours à la guerre, et ne signifie pas non plus qu'il accepte désormais le statu quo actuel. Ce retournement est conjoncturel et dépend toujours de l'évolution de la conjoncture économique et révolutionnaires. Aucun des problèmes litigieux de la « guerre froide » n'a trouvé des perspectives en premier lieu, ni le problème du désarmement. Nous reviendrons là-dessus à Genève : ni ceux d'Extrême-Orient ni ceux d'Europe, l'Allemagne
De toute manière, l'évolution de la conjoncture économique doit etre considérée comme un facteur fondamental dans l'évolution de la conjoncture politique et il en nouveau boom aux Etats-Unis, ainsi que les perspectives de son évolution. est nécessaire d'examiner pour quelles raisons la « récession » s'est retournée
LES RAISONS DU RETOURNEMENT DE LA CONJONCTURE ECONOMIQUE ET SON ETAT ACTUEL La « récession » commencée en 1953 aux Etats-Unis s'était résorbée début de l'automne Elle n'a eu qu'une ampleur limitée et a peu affecté la vers situation économique de l'Europe occidentale. Epaulée par les dépenses militaires industries du bâtiment et de l'automobile. toujours énormes, a amorce une nouvelle reprise par les de la « récession », L'industrie de l'acier qui stagnait, n'a naturellement pas tardé à suivre le mouvement déclenché après reculé considérablement lors par l'activité grandissante des deux branches ci-dessus.
Le boom de l'industrie du bâtiment n'a en réalité période de la « récession ». A chaque moment où il pas cessé durant toute la velle extension des facilités de crédit par les banques lui impulsait un nouvel élan. semblait plafonner, une nouC'est particulièrement par le crédit que cette industrie connait toujours un essor Ininterrompu.
C'est aussi par le crédit que l'industrie de l'automobile s'est mise en marche et se développe à nouveau impétueusement. L'extension se surajoutant aux dépenses militaires et autres dépenses de l'Etat (pour les traconsidérable du vaux publics ou sous forme de subvention aux produits agricoles, etc.), est à la base du fait de l'ampleur limitée prise par la « récession » et de la nouvelle reprise.
On évalue le crédit total accordé actuellement aux consommateurs de de toute sorte à plus de 34 milliards de dollars (1), soit une hausse de l'órdre produits € milliards environ depuis l'automne 1954. Et plus de 83 autres milliards de dollars hausse de plus de sont toujours prêtés aux acheteurs et 7 milliards de dollars pour le ler constructeurs privés d'habitations, soit une au ler semestre 1954 (2). Dans cet ensemble de conditions : énorme intervention semestre 1955, par rapport l'économie américaine économique de l'Etat et du système de crédit bancaire, éviter aussi bien une crise économique il n'est pas étonnant que temps, d'une manière en quelque sorte réfléchie et planifiée, sur la base de l'exqu une stagnation prolongée. D'autant plus que cette aide lui vient à périence empirique dégagée du passé par les cadres dirigeants de l'Etat capitaliste, expérience facilitée et complétée par l'observation quotidienne à laquelle ces cereles soumettent la marche de l'économie.
Que ceci ne suffise pas à la longue pour altérer le cours fondamental de l'économie capitaliste américaine et mondiale vers la crise economique majeure, certain. Mais que cette intervention, pour un certain temps et dans certaines limites, soit importante et efficace, c'est aussi certain maintenant.
Par le fait que la « récession » américaine n'a eu en réalité qu'une ampleur limitée, elle a peu affecté la conjoncture économique de l'Europe occidentale. Les exportations en direction de la zone dollar n'ont subi aucune diminution notable, ni non plus l'aide militaire en commandes off-shore et autres formes d'aide aux pays européens. Par contre, l'industrie « récession » américaine, de prix stables ou meme en baisser ent européenne a bénéficté, cause de la matières premières qu'elle importe.
Epaulée par l'aide américaine, les dépenses militaires, l'activité de l'industrie
(1) Contre 5,7 milliards de dollars seulement en 1945.
(2) Crédit aux consommateurs et dettes contractées pour l'amortissement d'habitations achetées ou construites ont ensemble augmenté de 24 milliards de dollars en fin 1945 à 110 milliards en 1955. Le total des dettes privées a passé dans cette
D'autre part les avances consenties par les banques à des entreprises commerciales donnent à présent un total d'environ 9 milliards de dollars, « soit le chiffre record jamais atteint précédemment ».
du bâtiment, et aidée par la libération des échanges inter-européens, l'industrie de l'Europe occidentale a enregistré dernièrement un progrès ininterrompu, Delargissement a la tos marche interre domine en e la fois du marché inter-européen et du marché d'exportatior en direction de l'Amérique latine, de l'Afrique, de l'Asie, des Etats-Unis et du Canada. Il porta plus particulièrement sur les biens d'équipement et les biens de consommation durables (voitures particulières, motocycles, équipement ménager, appareils électriques, quincaillerie, meubles, textiles pour usages domestiques).
Biens d'équipement et biens de consommation durables furent demandés par le marché intérieur et le marché d'exportation. Les clients en étaient, à l'intérieur : les paysans ayant bénéficié de bonnes récoltes en 1953 et 1954 ; les ouvriers ayant benencié de hausses de salaires; les industries ayant accumulé des profits élevés dont une partie était investie dans la modernisation et l'extension des entreprises à l'extérieur : les pays ayant amorcé une industrialisation notable depuis la dernière guerre.
La reprise de l'économie européenne porta par conséquent sur l'industrie de production et de transformation des métaux en premier lieu, ainsi que sur l'industrie chimique. Par contre l'industrie textile a connu un recul qui ne semble toujours pas surmonté.
Passons maintenant à une analyse détaillée de l'état actuel de l'économie aux Etats-Unis et en europe occidentale.
Etats-Unis. — La production industrielle est actuellement à l'indice 140, contre la moyenne de 125 en 1954 et 134 en 1953. L'industrie de l'acier travaille à plus de 90 % de sa capacité contre 60 % en moyenne en 1954. La production d'automobiles cette année a déjà battu tous les records dans l'histoire des Etats-Unis et impossible qu'elle atteigne un chiffre voisin de 8 millions d'unités toutes 3 secondes, nuit et jour, en mars-mai 1955). Le revenu national s'élève actuellement au taux annuel de plus de 380 milliards de dollars (contre 364,5 1953 et 360,5 en 1954), les revenus personnels annuel de plus de 300 milliards de dollars.
investissements nouvelles installations industrielles et équipement atteindront probablement cette année 28 milliards de dollars, soit 3 % supérieur au niveau calculé antérieurement.
Enfin le nombre des personnes employées a atteint en août le chiffre record de 65 millions (contre chômage officiel est descendu en août à 2.250.000 contre 3.400.000 en août 1954.
Par contre, les exportations n'ont pas beaucoup dépassé la movenne mensuelle une augmentauon relativement importante importations) et malgré une forte reprise des importations des pays de l'Europe occidentale en provenance de la zone dollar et des Etats-Unis en particulier.
Les points : la surproduction agricole, l'extension démesurée du crédit aux achats et à la consommation, le développement démesuré de la capacité production productif la capacité d'extension du marché, le chómage, la nouvelle poussée
La surproduction est maintenant un fait chronique qui impose à l'Etat une La surproduction est maintenant un fait chronique qui impose charge croissante, sa contribution pour agricoles (soutien rigide ou flexible) et des frais qu'il assume quotidiennement gasinement des surplus agricoles (un million dollars environ par jour pour environ 8 milliards de surplus). Malgré le soutien de l'Etat, le revenu des paysans ne cesse de baisser (environ 10 % en 1954 par rapport à 1953, à nouveau 4 % dans le premier semestre 1955 par rapport à 1954).
Nous avons déjà noté l'expansion du crédit qui continue, malgré les élévations successives d'intéret décidées encore cette année par le Federal Reserve Board qui contrôle les quelque 6.700 banques américaines. L'extension du crédit aux consommateurs particuliers et aux commerçants a joué incontestablement un rôle déterminant dans la nouvelle reprise. moitié environ des prêts accordés aux combattants de la dernière guerre pour l'achat d'appartements a été faite entlèrement sur la base d'un crédit payable dans une durée de 25 ans. La contribution d'un crédit non moins libéral pour l'achat d'automobiles est à la base du démarrage foudroyant, cette année, de cette industrie.
Le développement de la capacité de production de l'appareil productif de l'économie américaine est un autre facteur qui pesera, une longue échéance, l'avenir de celle-ci. Sous la pression d'une concentration accélérée du capital et des entreprises, et de la concurrence avivée entre les monopoles géants, la capacite de production de l'économie américaine ne cesse d'augmenter. Elle est actuellement de 60 % supérieure à ce qu'elle était en 1945, tandis que la productivité du travail, publiée du Federal Research Department, pourrait avoir atteint en 1954 un pourcentage compris entre 4 et 8 %, contre le pourcentage normal de 3 %. L'introduction de l'automation et bientôt de l'énergie atomique que les grandes concentrations monopoleuses sont obligées d'envisager — sur une échelle limitée certes — afin d'être mieux armées dans la concurrence à mort qu'elles se font (comme c'est déjà le cas avec l'automation dans l'industrie de l'automobile et de l'aviation, etc.) ne pourra qu'accentuer ces développements dans la production et la productivité.
La contradiction avec un marché qui ne se développe pas en conséquence ne pourra, du même coup, que se trouver exacerbée.
La tendance au chômage chronique, technologique, a s'accentuer dans de telles conditions vient d'être prouvée, précisément au cours de la nouvelle reprise phé- noménale, qui n'a pu absorber que partiellement celui légué par la « récession ». Il reste égal à environ 3,5 % du total de la main-d'œuvre disponible et aura tendance à s'accroître dans le proche avenir. C'est du moins là, entre autre, le pronostic des économistes des des syndicats.
La poussée inflationniste quoique toujours modérée, a repris en 1955, tranchant avec la stabilité relative très grande en 1953 et entre autre, qui a incité les autorités à intervenir pour limiter le crédit par l'élévation du taux d'intérêt de l'argent.
Si nous examinons maintenant l'économie de l'Europe occidentale, nous apercevons les traits et les tendances suivantes :
La production industrielle dans l'ensemble a continué à progresser pendant le premier semestre 1955, mais à un rythme plus lent qu'en 1954 et inégal pays. L'expansion économique est plus marquée en occidentale, Autriche, en Italie, moins en France, en Grande-Bretagne et dans les pays scandinaves. D'autre part, ce sont toujours les industries du bâtiment, et de la production et de la transformation des métaux qui restent en tête dans cette avance, et deuxième lieu les industries chimiques. Par contre, la crise persiste dans l'industrie textile. L'agriculture connait en Europe une surproduction.
L'essor de l'industrie du bâtiment s'explique par la reconstruction non encore terminée dans les pays comme l'Allemagne, la France, l'italie, la Grande-Bretagne, à laquelle vient s'ajouter. depuis l'automne 1954, une importante partie de construc tions industrielles. Cependant rythme construction d'appartements maintenant plutôt tendance à plafonner et même a reculer, particulièrement dans les pays qui, dans ce domaine, avaient pris une avance initiale importante, comme la Grande-Bretagne l'Italie et même maintenant l'Allemagne occidentale.
L'essor des industries de production et de transformation des métaux est toujours dû à la demande intérieure et extérieure en biens d'équipement et biens de consommation durables. facteur particulier agit actuellement dans ce. domaine, c'est qu'en automne 1954 plusieurs industries attisées par l'expansion économique de 1954, ont décidé de faire d'importants investissements pour la modernisation et l'expansion de leurs installations, qui commencent actuellement à se réaliser. Vu le niveau de la demande dans ce domaine et les carnets de commande archi-remplis, on prévoit difficilement un recul important possible de ces industries avant la fin de l'année 1956.
Les commandes off-shore ont, dans les années passées, joué un rôle important dans le développement de ces industries industries en France on évalue. Italie, Angleterre, Belgique, mais à peu près nul dans le cas de qu'il reste encore à livrer 1,5 milliard de dollars de commandes (qui suffiront à maintenir le stimulant que ces commandes représentaient pour l'industrie de ces pays durant toute l'année 1955). Par contre, c'est le réarmement de l'Allemagne qui pourra remplacer partie la diminution des commandes off-shore. En effet, il est possible que magne occidentale, desireuse de ne pas perdre ses marches a exportation actuels, décide de passer une grande partie des commandes concernant son réarmement à d'autres pays européens.
L'expansion économique de l'Europe occidentale, intereuropéen et aux occidentale, avons-nous déjà noté, est due en grande partie développement du commerce exportations en direction des pays sous-développés. Il est maintenant intéressant de placer l'économie européenne dans son contexte véritable du marché mondial et d'examiner particulièrement quelle manière elle est influencée par la nouvelle conjoncture de boom de l'économie américaine.
On enregistre depuis le milieu de 1954 une hausse importante dans les importations européennes provenance de la zone dollar, dépassant considérablement les exportations en direction de cette zone. Ainsi, durant les 5 premiers mois de 1955, les importations européennes en provenance de la zone dollar ont été 50 % supérieures à celle de la période correspondante de 1954, contre une hausse de 6 % seulement des importations provenant des pays se trouvant hors de zone. Les exportations européennes en direction de ces baissé, car ces pays, en général producteurs de matières premières, ne peuvent leurs achats biens d'équipement biens consommation durables que les pays industriels leur fournissent les devises nécessatres en contre-partie leurs importations en provenance
Un tel fonctionnement actuel du commerce européen a naturellement la tendance à augmenter nouveau le défleit en dollars de l'Europe, qui a passé effectivement de 256 millions de dollars dans le premier trimestre de 1954 à plus 546 millions de dollars dans le premier trimestre de 1955. La principale raison de l'augmentation des importations de la zone dollar pour à peu près tous les pays européens se trouve dans les mesures prises pour libéraliser les importations en dollars, afin de procurer à l'industrie européenne une série de matières premières qui manquent actuellement ; charbon, acier, pate à papier. coton, nickel (canadien), etc... partie plus restreinte des des importations provenance des Etats-Unis est représentée par des machines et divers produits chimiques. Une autre partie est constituée même par des produits agricoles, puisés dans les surplus agricoles que les Etats-Unis sempressent de liquider. C'est la le résultat de l'essor inégal a Letape actuelle de leconome européenne. aul a atteint presque le plein emploi de ses machines et de ses ouvriers, ce qui l'oblige en quelque sorte à s'approvisionner sur le marché le plus capable de lui fournir immédiatement le nécessaire, c'està-dire les Etats-Unis et en partie le Canada. Mais cette orientation du commerce européen comporte les risques graves suivants : Perdre une partie des marchés d'exportation que représentent les pays sous-développés faute de les soutenir en important surtout de chez eux, sans pouvoir compenser ces pertes par une augmentation adéquate des exportations européennes en direction de la zone dollar, diminuer ainsi le volume global des exportations européens et accroftre démesurément à nouveau le déficit en dollars de l'Europe.
La situation économique des pays sous-développés producteurs de produits agricoles de consommation et de matières premières continue à rester difficile, et même dAmérique latine producteurs de cate (esti panie, Repenge mais dans certains cas à être angoissante.
Colombie, Républiques d'Amérique centrale), de blé, de viande ou de laine (Argentine, Uruguay) qui, tous, à des titres divers, subissent les effets déprimants d'une saturation du marché dans ces produits et de la crise mondiale D'autre part, un pays comme le Chili, par exemple, qui pourrait bénéficier actuellement de la pénurie de cuivre et de sa hausse de prix sur le marché mondial, n'en profite presque pas par le fait que la production est monopolisée par quelques compagnies américaines.
Le commerce extérieur de tous ces pays est en baisse. Leur endettement envers les pays fournisseurs de biens d'équipement et de consommation durables s'accroît. Leur rythme d'industrialisation se ralentit. Et l'inflation ne cesse de pousser. D'ou grande instabilité sociale et la tension politique qui, dans ces derniers temps, ont marqué la vie de plusieurs d'entre eux.
Leur tentative de rémédier à cette situation par une diversification de la production nationale et par le commerce multi-national n'a pas donné des résultats appréciables. Leur dépendance semi-coloniale envers les Etats-Unis les empêche de pouvoir se libérer des impératifs de la conjoncture économique dans ce pays qui influence l'ensemble du marché capitaliste mondial, impératifs qui, à l'étape présente, ne favorisent guère ni l'écoulement de la production agricole des pays de l'Amérique latine ni leur industrialisation d'une facon tant soit peu libre et harmonieuse
En ce qui concerne situation économique de l'URSS et des « démocraties populaires » d'Europe, les faits suivants sont à noter :
Selon les rapports préliminaires qui sont maintenant disponibles pour le premier trimestre de 1955, l'augmentation de la production industrielle marque un rythme plus rapide que pour la période correspondante de 1954, dans le cadre d'un dépassement général des objectifs du plan. La part des biens de consommation dans cette augmentation s'avère plus grande que celle prévue par le plan. Durant les 18 mois
Sont précédé cette année, l'accent a été mis partout sur une augmentation immédiate des biens de consommation. Sauf dans le cas de l'URSS, partout ailleurs on n'a pas pu noter un changement à ce propos pour l'année en cours.
Dans les plans annoncés pour 1955, la proportion entre biens d'équipement et biens de consommation reste à peu près la même que pour l'année passée. la plupart des cas (Hongrie, Pologne, Roumanie, Albanie, Allemagne orientale) on peut même noter une réduction des investissements.
Par contre, l'agriculture a reçu partout, à l'exemple de l'URSS, une attention particulière. De nouvelles surfaces ont été particulier, et plusieurs mesures sont envisagées pour fixer une plus grande partie de la main-d'œuvre à la terre et favoriser les paysans (entre autre une substantielle hausse des prix, en particulier en Roumanie, Tchécoslovaquie, Bulgarie). La création de collectifs de production agricole se développe de manière générale, mais a un rythme assez modéré et qui varie d'un pays à un autre.
J'insisterai un peu plus sur la situation économique La production industrielle globale aura augmenté en Union soviétique, au cours du plan quinquennal actuel, d'environ 80 % au lieu de 70 % prévu par le plan. L'accroissement sera d'au moins 84. % pour la production de moyens de production (au lieu de 80 % prévus), et de 72 % pour la production d'objets de consommation Cau lieu de 65 %la réalisation du plan avant terme. au leu de 65 9.).
L'Union soviétique compte produire, • la fin de cette année, 33 millions de tonnes de fonte, 45 millions de tonnes d'acier, 390 millions de tonnes de charbon, 70 millions de tonnes de pétrole, 166 milliards de Kwh d'électricité.
Dans le printemps 1955, on a semé 21 millions d'hectares de plus qu'au printemps 1954. La surface totale cultivée est montée à 183,1 millions d'hectares contre millions en 1954, surtout grâce à l'appoint de quelque 20 millions d'hectares de terres nouvelles en Sibérie et au Kazakstan.
On prépare maintenant activement l'élaboration du 6• plan quinquennal, dont le 20° Congrès du P.C. russe convoqué pour le début de l'année prochaine aura
Il sera naturellement intéressant de connaitre bientôt la structure de ce plan, la place qu'y occuperont l'énergie atomique et l'automation, la manière dont il sera articulé avec les plans des « démocraties populaires » et de la Chine, etc. Cette articulation est maintenant décidée et prendra effet à partir des nouveaux plans quinquennaux.
Les indications données par le discours de Boulganine au dernier C. P.C. de l'URSS sont en partie révélatrices des préoccupations dominantes à l'heure actuelle chez les dirigeants de la bureaucratie soviétique. Boulganine a mis l'accent sur la nécessité de s'occuper désormais de rationaliser le développement de l'industrie et d'augmenter sa productivité, grace & sa modernisation et à une meilleure organisation du travail. Il a d'autre part attiré l'attention sur la nécessité d'économiser désormais la main-d'œuvre et les matières premières, de réduire les gaspillages et les faux frais de toute sorte, de penser au coût de revient.
L'accent est mis sur le rendement quantitatif et qualitatif de la production, 54
QUATRIEMEINTERNATIONALE en comparaison avec les niveaux internationaux, et non pas sur les chiffres globaux dans le cadre d'une économie se développant en vase clos.
Boulganine a mis en lumière la disproportion encore énorme qui existe entre le niveau technologique et productif des diverses entreprises au sein d'une même branche, et entre les diverses branches de l'industrie. admettant que 40 % des entreprises dépendant des ministères industriels de l'Union et des Républiques n'ont pas atteint les chiffres fixés en 1954 en ce qui concerne la productivité du travail Les méthodes avec lesquelles les dirigeants soviétiques pensent remédier à insuffisances et atteindre les nouveaux objectifs sont naturellement toujours celles qui sont le plus à la portée de leur mentalité de bureaucrates techniciens : introduction d'une meilleure technologie, pouvoirs accrus des directeurs des entreprises par rapport à l'administration centrale, une certaine élasticité dans la planification, stricte liaison des salaires plus rigoureuse des normes du travail, et une plus mais aussi une définition plus rigoureuse des normes la productivité (3). Nous sommes toujours loin d'une participation démocratique des travailleurs à la gestion de l'économie - seul remède véritable à ses tares bureaucratiques.
PERSPECTIVES ET TACHES
Les incidences de la conjoncture économique sur l'évolution de la situation politique sont naturellement importantes et doivent retenir toute notre attention. Elles posent les questions fondamentales suivantes
Assistons-nous à nouveau, comme entre 1923 et 1929, à une nouvelle stabilisation relative du capitalisme, qui éloigne à la fois la perspective de la crise économique, de la guerre et de la révolution
Sommes-nous entrés dans une longue période de « coexistence pacifique » qu s'étalera par exemple sur toute la durée de la prochaine decade ?
Les deux questions sont liées dans la réalité, et pas seulement dans l'esprit de ceux qui ont déja opté pour une telle évolution de la situation comme étant la plus n efet la perspective de la « coexistence pacifique » prolongée présuppose plus probable. que la prospérité capitaliste dure et que le statu quo actuel entre les Etats et entre les classes se maintienne. L'interaction de l'un des éléments sur l'autre est du
Une prospérité capitaliste prolongée ne peut que diminuer l'acuité des luttes sociales dans les métropoles, éloigner les perspectives révolutionnaires, et faciliter le maintien du statu que.
D'autre part, une altération grave du statu quo actuel ne peut que nuire à la conjoncture économique actuellement favorable au capitalisme.
Pour répondre aux deux questions posées ci-dessus, il est par conséquent nécessaire d'examiner ces différents facteurs chacun en soi et dans leur interaction.
Les perspectives économiques sont actuellement celles d'un essor, de l'économie américaine que celle de l'Europe occidentale. Les caractéristiques de cet essor sont le quasi plein emploi de l'appareil productif (machines et hommes)
Get une tendance analogue, mais toujours en retard par rapport au développement incessant de la capacité de l'appareil productif aux Etats-Unis, développement actuellement épéronné par l'emploi de l'automation et de l'énergie atomique. La production des biens d'équipement et des biens de consommation durables garde une avance importante par rapport à toutes les autres branches industrielles. La hausse des prix reprend un peu partout. L'extension du crédit se surajoute aux dépenses étatiques pour stimuler l'élan de l'économie. La surproduction agricole est généralisée. Le chomage technologique, important aux etatsUnis, peut se manifester bientot aussi en Europe, surtout avec les progres l'automation.
Normalement une telle situation devrait conduire rapidement à la crise classique, avec effondrement des prix, tarissement brusque du crédit, augmentation brusque du chômage.
Seulement, ce qui compte pour une perspective plus précise, c'est d'un les délais d'un éventuel de la conjoncture économique, et la question de savoir si les formes classiques de la crise peuvent se reproduire face à économie épaulée par le gigantesque secteur des armements, les Investissements dans les nouvelles industries d'énergie atomique et de l'automation (limitées pour le moment aux Etats-Unis et en Angleterre), et le nouveau rôle économique que joue actuellement l'Etat capitaliste.
Le tournant défavorable de la conjoncture économique est incontestablement plus proche _ quoique pas encore immédiat - aux Etats-Unis qu'en Europe occidentale, et a l'intérieur de celle-ci il est plus proche pour les pays comme l'Angleterre, la France et l'Italie que pour l'Allemagne occidentale. grande « égalisation » des salaires ne font que se URSs et exercer une pression accrue sur la bureaucratie. La nouvelle réforme des salaires qui a décidée peut en apporter la preuve.
La lutte entre la bureaucratie défendant ses privilèges et voulant augmenter tra vall normal le « recouressement de la courne de tea sans diminue de la productivité aux dépens des ouvriers, exigent un « effort
Get la revision du système « du salaire aux pièces » est d'ores et déjà engagée en URSS
L'économie de l'Europe occidentale risque plutôt de plafonner bientôt à un niveau voisin du niveau goulots d'étranglement qui se manifestent actuellement (disette d'énergie, de certaines matières premières, de main-d'œuvre),
D'autre part, l'économie des Etats-Unis parait avoir pris un élan qui pourrait se soutenir jusqu'à la fin de 1956 environ a un niveau légèrement déclinant rapport à celui de 1955. Les formes exactes que prendra ensuite l'évolution de économique, aussi bien aux Etats-Unis qu'en Europe occidentale, ne sont pas prévisibles.
moyens toujours importants dont dispose l'Etat capitaliste en matière de dépenses et de subventions de toute sorte, et de contrôle du crédit, et vu l'étude empirique constante a laquelle il soumet quotidiennement la marche de l'économie, il est plus probable que la nouvelle dépression économique que préparent inéluctablement tous les processus actuels, prendra plutôt la forme d'une « récession plus accentuée plus profonde que les précédentes, mais non pas d'une crise classique brusque et catastrophique des le début.
Dans le cas d'une telle evolution probable de la conjoncture, économique. luttes ouvrières aux Etats-Unis et Europe occidentale auraient tendance à circonscrire dans le cadre de revendications portant sur une plus grande part du revenu national, et surtout des profits capitalistes accrus, des heures de travail (afin de restreindre au minimum le chômage qui résultera des progrès de la productivité).
La conjoncture economique, en valorisant davantage la force de travail (avec le plein emploi et le manque de main-d'œuvre), loin de constituer un frein absolu aux luttes ouvrières, stimule dans certaines conditions (celles d'une direction en particulier) les luttes revendicatives, portant sur des objectifs nouveaux et audacieux pour le mouvement ouvrier (semaine de 40 heures et salaire annuel garanti, congés payés comme le prouvent les exemples récents l'Angleterre, de la France, de la Belgique, des Etats-Unis et même de l'Allemagne.
La reconstitution la conscience de la force sociale et syndicale du prolétariat à travers ces luttes,. se traduit, dans le cadre de la situation générale actuelle du capitalisme, en un stimulant important aussi pour l'activité politique du prolétariat. La classe ouvrière est partout intacte, consciente de sa force, capitalisme qui est moins apte que jamais à engager une épreuve décisive avec celle-ci.
Cette considération acquiert toute son importance quan on examine les perspectives politiques et évolutionnaires du capitalisme placé dans son context international. Les perspectives économiques ne peuvent être envisagées en faisant abstraction de ce cadre.
L'équilibre économique du capitalisme, qui a déja reçu un coup irréparable à la suite de l'amputation de son marché mondial d'un secteur de 900 millions d'hommes représenté par le groupe des Etats ouvriers, est entamé d'autre part par la progression de revolution coloniale.
Celle-ci ne connait toujours aucun arrêt global, et ce fait détériore non seuleent les finances des pays impérialistes directement impliqués dans la répressic a la revolution coloniale (comme c'est le cas actuellement pour la Franc partie pour l'Angleterre elle-même), mais aussi leur puissance économique en général, ainsi que celle de l'impérialisme en général.
Certains évoquent le processus d'industrialisation favorisé par l'émancipation plus ou moins complete des colonies répercussions plutôt favorables Sur l'essor qui porte avant tout sur les biens d'équipement et les biens de consommation durables.
A courte échéance, de telles répercussions sont possibles pour l'impérialisme dans son ensemble. A plus longue échéance, de tels processus ne peuvent qu'aggraver la crise générale du capitalisme, tout en aggravant dans l'immédiat déjà la situation des pays capitalistes possesseurs de colonies.
toute manière, la progression continue de la révolution coloniale est un facteur qui, indépendamment même de la conjoncture économique dans les métropoles, joue aussi bien contre le statu quo international que contre le statu social des pays impérialistes. Elle est un facteur puissant de crises révolutionnaires sur une échelle nationale ou même internationale. Les répercussions de la révolution coloniale, actuellement en plein développement en Afrique du Nord, sur la situation intérieure française sont déjà évidentes. Par ce seul facteur, celle-ci évolue vers une crise révolutionnaire majeure.
D'autre part, le calme actuel en Extrême-Orient n'est que relatif. Ni la question de la Corée, ni celle du Vietnam, ni même celle de Formose n'ont encore trouvé aucune solution. L'échéance d'une crise majeure sur la seule question des élections au Vietnam se place déjà dans le très proche avenir. La situation au Japon est d'autre part toujours loin d'être stabilisée.
Dans ces conditions, et en présence d'une Chine lancée déjà dans la reconstruction planifiée de Féconomie, de l'industrialisation et tivisation de l'agriculture, affirmer qu'il est possible de prévoir une stabilisation prolongée de ce secteur, sans risque de conflits majeurs avec l'impérialisme - limpérialisme américain en particulier — est une perspective aussi peu probable pratiquement que par le passé.
Dans les rapports entre l'impérialisme coalisé et les Etats ouvriers, deux autres questions fondamentales restent toujours une source de tension et même de crise : celle de l'Allemagne et celle du désarmement.
Dans la mesure où se confirme l'intention du Kremlin d'imposer le fait de « deux Allemagnes » et de n'envisager la réunification que fondamentalement a travers un processus aléatoire de pourparlers entre le gouvernement de Bonn et celui de Pankov, l'impérialisme ne se lassera pas de maintenir le climat de la « guerre froide ».
Les divergences sur le désarmement, toujours inconciliables sur le fond, fourfourniront l'autre élément de justification de cette attitude. Il n'est pas question pour l'impérialisme de « désarmer » dans le sens de réduire à un minimum les depenses militaires, de détruire ses stocks d'armes atomiques et d'interdire désormais leur fabrication. Réduire ses dépenses militaires a un minimum signifierait enlever le soutien et le stimulant N° 1 de son économie générale. Detruire ses stocks d'armes atomiques et interdire désormais leur fabrication signifierait supprimer sa défense principale (brandie comme une menace) devant une nouvelle avance importante de la révolution.
L'apparence d'un certain compromis possible sur le « désarmement » qui s'esquisse actuellement, a ceci comme base : des réductions de la force numérique des armées et de l'armement classique sont devenues possibles et même nécessaires. par suite de l'adaptation à l'armement atomique qui se généralise ; d'autre part, généralise ; d'autre part, fois maintenant généralement admise « l'impossibilité » d'une destruction effective des stocks d'armes atomiques, et même de l'interdiction de leur fabrication, on s'oriente vers un contrôle limité afin d'éviter «l'attaque surprise».
Sous le couvert de telles discussions et de tels compromis et « progres » dans le désarmement, on continue de plus belle la course aux armements. L'Allemagne et le Japon sont lancés maintenant eux aussi dans cette course. Autres exemples : ceux des budgets stabilisés a leurs sommets actuels ou en augmentation, et de l'utilisation militaire de projets en apparence utilitaires (par exemple les satellites de la terre et découlant des progrès dans les fusées téléguidées intercontinentales).
Ainsi, de quelque maniere qu'on envisage lévolution possible de la situation internationale, sur une période plus longue on ne peut responsablement affirmer qu'il existe une perspective, pratiquement la plus probable, d'une « coexistence pacifique » synouyme d'une prospérité économique prolongée du capitalisme, ainsi que d'un éloignement des perspectives révolutionnaires et de eventualite de la guerre dans de telles conditions, c'est-à-dire de la riposte de l'impérialisme a la evolution.
La question de l'éventualité d'une nouvelle stabilisation du capitalisme analogue à celle de 1923-1929 qui serait soi-disant déjà commencée, trouve du coup sa réponse : dans les conditions d'une periode dans laquelle le rapport des forces global reste toujours favorable à la Révolution, il est insensé de parler d'une telle éventualite pour le capitalisme.
L'aspect actuellement favorable de la conjoneture économique pour le capitaLisme n'a qu'un caractère provisoire et limité dans le cadre des conditions politiques et sociales internationales éminemment défavorables à l'impérialisme, et qui ne risquent pas de changer en tant que telles fondamentalement.
Dans la définition de notre tactique entriste au sein des grandes organisations de masse, nous avons tenu compte du fait qu'en partie à cause du caractère de la période tendue vers l'épreuve décisive entre l'impérialisme et la Révolution, Il ne fallait pas s'attendre pour une période à des scissions importantes au sein de ces organisations ou à leur abandon par les masses, mais plutôt à des crises et des reclassements à l'intérieur de ces organisations. Pour toute une période, avons-nous soutenu, le processus de maturation politique de la classe ouvrière passera les organisations social-démocrates ou staliniennes. Nous avions prévu, d'autre part, à cause du rapport de forces favorable à la révolution et du caractère révolutionnaire de la période, l'apparition inévitable, dans ces conditions, de courants de gauche dans ces organisations.
Dans le cas plus particulier des organisations staliniennes, nous avons soutenu que l'évolution de la situation vers la guerre imposerait un gauchissement, y compris de la politique de leur direction. Mais nous avions pris soin, en meme temps. de souligner dès le 3º Congrès Mondial déjà qu'il ne fallait pas le comprendre comme processus rectiligne, mais comme un processus llé aux changements de la conjoncture politique.
« Les limites de ce cours gauchiste sont maintenant plus clatres. Dans la mesure où un compromis étendu avec l'impérialisme est plutôt exclu et où les préparatifs de guerre de la bourgeoisie iront en s'accélérant, ce cours persistera fondamentalement. Il connaîtra néanmoins des oscillations de gauche à droite et vice-versa, toujours sur la base de cette ligne fondamentale, selon les possibilités de compromis limites et éphémeres, et a chaque otensive de « paix » que la bureaucratie soviétique ne cessera de lancer jusqu'au conflit ». (Résolution politique du 3 Congrès Mondial) L'expérience a complètement vérifié tous ces pronosties. Nous n'avons effeetivement pas assisté à un abandon des grandes organisations social-démocrates ou staliniennes par les masses, ni à des scissions importantes dans leurs rangs.
Effectivement, nous avons assisté, reclassements contenus dans leur sein.
ticulier des organisations staliniennes, développement dépassant les prévisions assisté,
Effectivement, nous avons plutôt a tendances et des des crises, des
Ces phénomènes, dans le cas plus particonnaissent depuis la mort de staline un les plus optimistes.
la pression de la situation objective,
SOLS de forces global défavorable à l'impérialisme, de la radicalisation des du rapport à l'apparition de courants de gauche au sein des organisations de masse, masses, pas limités seulement à la base mais s'étendant jusqu'à des éléments les plus haut placés de la direction.
Effectivement aussi nous avons assisté au phénomène d'un certain gauchissement de la politique de la direction dans son ensemble, communistes de masse, lors des moments de tension accrue dans les rapports internationaux de poussée importante des masses de leur base, et de la classe. Il faut toutefois reconnaitre que ampleur n'a été que des plus limitées.
Personne, cependant, ne doute de l'importance qu'aurait prise ce phénomène en cas de déclenchement d'un conflit majeur. Dans tous ces domaines, étroitement que possible. Faut-il maintenant, dans le cadre des récents développements internationaux, reviser notre tactique entriste 2
Cette question aussi doit être réexaminée à fond. Je pense qu'en réalité notre mouvement tient plus jamais à elle, ayant fait les preuves pratiques de Justesse et de sa réussite. Si changement il y a dans ce domaine, le changement se place sur le point suivant: que même dans certains cas où nous avions cru pouvoir agir indépendamment. nous avons compris qu'il fallait mieux observer l'expérience concrète de la classe, les formes même élémentaires qu'elle a créées, et nous insérer dans son mouvement réel, poser la question du Parti révolutionnaire la aussi de manière transitoire, en partant de cette expérience et de ces formes, comme en Argentine, comme au Chill, comme aux Etats-Unis, comme même en partie en Bolivie.
Nulle part nous n'avons d'indices suffisants pour conclure que les masses en train d'abandonner les grandes organisations dans lesquelles nous avons décidé de nous insérer. Au contraire.
D'autre part, aussi longtemps que le caractère de la période restera révolutionnaire (et notre perspective est qu'un changement fondamental de ce caractère est toujours pratiquement improbable, exclu), il est inévitable que des courants de gauche se manifestent dans ces organisations, У compris jusqu'a des éléments de leur direction, et que la politique de celle-ci ne cessera des masses radicalistes ce sa base et de la classan. en partie au soumise à la pression Elle doit par conséquent en partie tenir compte de cette pression.
Mais, indépendamment de la politique des directions dans leur ensemble, l'important pour nous comme par le passé reste l'apparition inévitable de courants de gauche exprimant le processus de maturation politique de la elasse, à travers ces organisations.
Notre mouvement était, dans une mesure, préparé à accepter la politique entriste au sein des organisations social-démocrates, dans un ensemble de conditions même moins favorables que celles que nous avons vu et que nous voyons toujours réaliser. était par contre beaucoup plus réticent par rapport à l'entrisme dans les organisations staliniennes de masse.
Or, et je crois exprimer en ceci l'opinion maintenant unanime des camarades, la situation dans ces organisations est devenir plus intéressante que Jamais, et a dépassé, comme je l'ai déjà souligné, les espoirs et les prévisions les plus optimistes.
La crise du stalinisme, en tant que crise de direction et que crise idéologique, a pris une ampleur inouïe depuis la mort de Staline, accélérant son déclin. Il n'est pas nécessaire dans ce rapport d'insister sur cet aspect fondamental de la nouvelle situation créée depuis dans le mouvement révolutionnaire international, ni de rappeler tous les faits que même nous, avant mars 1953, aurions eu de la peine à croire comme pouvant se réaliser dans de si brefs délais depuis cette date.
Les directions staliniennes ont perdu leur mordant, leur assurance ainsi que les moyens de terroriser leurs organisations. La fermentation, l'esprit critique et une certaine tolérance se développent au sein de celles-ci, rendant le travail entriste, à la fois plus facile et plus rentable. De prochains reclassements idéologiques importants se préparent incontestablement au sein des organisations staliniennes, beaucoup plus qu'au sein des organisations social-démocrates, ce qui exige de nous une attention plus grande que jamais à cette évolution et un nouveau développement de notre travail entriste.
Ce que j'aurais à dire à ce propos s'applique du reste aussi bien pour notre travail au sein des organisations social-démocrates de masse, et pour tout autre travail entriste.
Actuellement l'intégration dans les organisations de masse est partout terminée et plusieurs éléments trotskystes sont devenus soit des organisateurs directs de tendance de gauche, soit les meilleurs stimulants de telles tendances
Le nouveau pas dans le travail de masse doit maintenant consister : a) en une meilleure coordination du travail indépendant avec le travail entriste proprement dit, ceci dans le cas plus particulier des organisations staliniennes :
Mb) en une meilleure qualification politique de tous nos membres et cadres, afin qu'ils puissent jouer pratiquement leur rôle de dirigeants de secteurs donnés de leur classe, dans les entreprises, les syndicats, les partis politiques ;
Gc) en une amélioration et un développement de notre presse et notre littérature en général.
La situation présente et la période devant nous sont fondamentalement de Cera se rere en un niveau naturetiemedes supereur dans se de garde les mos. caractère révolutionnaire, vement ouvrier, qui bénéficie en outre actuellement du « dégel » du stalinisme et à son déclin.
Une intense vie idéologique est en train de se développer à nouveau dans mouvement ouvrier d'avant-garde. Elle prendra pour une période la forme de la renaissance d'importants courants centristes, allant dans tous les sens. Ce que nous retenir cette situation, c'est que le monolithisme bureaucratique est brisé, que le devient plus malléable, plus propice à la pénétration de nos idées, à condition que nous soyons en mesure de les présenter aussi fréquemment, aussi clairement et sérieusement que possible.
Faute de quoi, la combinaison du travail entriste, qui par sa nature est activiste, pratiquement absorbant, sur
- un bas niveau théorique et politique, avec un ideologique général centriste, risque non seulement de assimiler de nouveaux éléments au marxisme révolutionnaire, mais de faire perdre à certains leur propre « âme » dans cette ambiance.
La nécessité de développer au maximum la quantité, la fréquence et la qualité de notre presse littérature, devient plus grande que Jamais, nécessaire de consacrer à de nos organes de presse actuelle un soin beaucoup plus grand que par le passé, de les confier à des équipes de camarades parmi les plus capables politiquement, qui auront à de ne pas cant que journalistes mais en tant que dirigeants révolutionnaires éduqués, étudiant serieusement chaque question, l'approfondissant, capables de la présenter au mieux pour le public auquel ils s'adressent.
journaux, nos revues doivent devenir encore plus substantiels, répondant aux questions posées par la situation, et acquérir une supériorité écrasante par rapport au reste de la presse ouvrière.
Des améliorations dans ce sens sont possibles aussi bien pour la presse « entriste » que pour notre presse indépendante
Mais naturellement la qualité idéologique de notre mouvement ne pourra se manifester surtout que dans des organes 100 % trotskystes, de caractère théorique.
La parution de tels organes, si cela était possible, dans chaque pays, est maintenant évidente.
aussi bien pour différencier centrisme vraiment marxiste révolutionnaire que pour éduquer nos propres membres et cadres.