Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 13, n° 11-12

Brésil : après les élections

Quatrième Internationale, vol. 13, n° 11-12 · décembre 1955 · p. 62-62 · 462 mots

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Kubitschek et Goulart viennent d'être élus respectivement Président et vice-Président de la République, suivis de près par les candidats de l'extrême-droi

Best à remarquer que Goulart, candidat du Parti Travailliste de Vargas. a reçu environ 18 % de voix de plus que Kubitschek.

Il y a eu un nombre important d'abstentions, ainsi que de bulletins blancs ou nuls, La victore du tandem KubitschekGoulart fut incontestablement favorisée sinon assurée par les votes du P.C. dans les grands centres urbains du pays.

Inquiète de ce résultat, l'oligarchie, liée à l'impérialisme, a esquissé la tentative d'un premier coup d'Etat pour empêcher l'ascension de Kubitschek à la Présidence. Mais l'unanimité des forces armées était loin de se faire sur cette ligne. Une partle de l'armée, donnant son appui à Kubitschek, représentant de la bourgeoisie industrielle, réagi, ce qui démontre le poids acquis par celle-ci au sein des classes dirgeantes du pays.

Protégé par cette partie de l'armée, Kubitschek se prépare à accéder à la Présidence. Il n'en reste pas moins prisonnier de ses protecteurs. Les apparences constitutionnelles du régime semblent sauvées, tandis que toute velléité à une démagogie « ouvriériste » à la Vargas. de la part du nouveau Président, et surtout de son vice-Président redouté, est déjà tuée dans l'œuf. Comme gage de leur modération tous deux chargent déjà à fond contre le « péril communiste ». Sous la bénédiction de l'armée, on s'oriente ainsi vers une solution « nationale » 62 ésil ÉLECTIONS qui permettra à la bourgeoisie d'aftronter avec plus de stabilité la situation écono mique et financière difficile du pays. De nouvelles surprises d'ici janvier ne sont pas exclus. Reste naturellement le facteur de réaction des masses. Leur vote en faveur du tandem KubitschekGoulart avait surtout la signification d'une mesure défensive contre la menace qui planait déjà avant les élections d'une dictature militaire. Mais il est loin d'exprimer un enthousiasme tel que celui qui s'était manifesté dans l'élection triomphale de Vargas.

Les masses sont méfiantes envers les représentants de la bourgeoisie, même s'ils sont appuyés par le PC. Encouragées par le résultat des élections, li est possible qu'elles porteront maintenant leur principale activité dans le domaine des luttes économiques et de l'organisation syndicale. On signale plusieurs grèves sporadiques dans le pays, accompagnées dans certains cas de l'occupation des usines.

A Volta-Redonda, la principale entreprise métallurgique du pays, les ouvriers ont dressé des barricades pour défendre leur syndicat, et ont émis l'idée d'une Union Intersyndicale Nationale, d'une Centrale syndicale.

Un très grand pas en avant pour le mouvement ouvrier brésilien sera fait si cette idée se réalisait à travers un congrès national des syndicats, et si ceux-ci obtenaient leur autonomie par rapport au Ministère du Travail qui les contrôle actuellement.

Les trotskystes brésiliens agissent activement en ce sens.

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