Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 13, n° 1-3

Les élections japonaises

Quatrième Internationale, vol. 13, n° 1-3 · mars 1955 · p. 7-8 · 1 074 mots

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En Extrême-Orient le Japon occupe une place très importante. C'est un pays hautement industrialisé. Avant la guerre, il combinait une structure de capitalisme de monopoles avec une agriculture semi-féodale. La réforme agraire au lendemain de la guerre a en partie modifié le statut des campagnes. Mais le Japon vu sa situation s'améliorer pour plusieurs raisons. Le pays reste surpeuplé. L'in-

June industrie de transformation. Les matières premières venaient de Mandchourie. Les exportations se répandaient dans le monde. et mzodustrie est avant tamment dans les pays asiatiques. Or, depuis la fin de la guerre, en l'absence de relations avec la Chine et par fermeture marchés, le déséquilibre de l'economie était formidable. Aussi la tension sociale allait montant. Les vagues greves se succedaient les unes aux autres. L'ancien chef du gouvernement, Yoshida, se rendit en voyage l'an dernier pour réclamer l'aide du monde capitaliste. Aux Etats-Unis, il suggéra un « plan Marshall asiatique » de 4 milliards de dollars (dont le Japon devait être le grand bénéficiaire). On lui promit tout juste 100 millions de dollars en produits agricoles américains que le gouvernement japonais pourrait vendre dans son pays. ainsi obtenu servant à « des buts économiques intérieurs et pour soutenir l'effort de défense ». Yoshida revenant les mains vides, il fut incapable de tenir en main son parti, le parti libéral. La bourgeoisie japonaise se tourna vers narti démocrate, sous la direction de Hatoyama. Celui-ci, en minorité au parlement, ne put prendre le pouvoir qu'avec l'aide des deux partis socialistes, à la condition de tenir au plus vite des élections générales. il n'y avait sur bien des points qu'une sur-

Entre les deux partis bourgeois, réduction des impôts de 500 millions de yens. Les démocrates doublaient la mise : enchère. Les libéraux un vague plan économique ans et véritable différence se trouvait dans l'orientation internationale. Le parti libéral de 6 ans aussi vague, et une réduction d'impôts d'un milliard de yens.

Le parti démocrate, plus exactement son chef Hatoyama, se déclarait prêt à rétablir des relations normales avec la Chine et était marqué de pro-américanisme. YU.R.S.S. Ce faisant. il coupait en partie l'herbe sous le pied aux partis socialistes japonais, surtout au parti socialiste de gauche. Moscou entra dans le jeu de Hatoyama. et celui-ci — pour tenter de diminuer les socialistes - autorisa une certaine activité légale du Parti communiste japonais à l'occasion des élections.

montrent les résultats des élections du 27 février ? Sur le plan des partis bourgeois. le parti démocrate l'emporte sur le parti libéral mais pas de façon absolument décisive. de sorte que — bien que la bourgeoisie vers une politique plus nuancée entre les Etats-Unis japonaise se soit tournée d'une part, et la Chine et P'U.R.S.S. d'autre part. il n'y a pas de doute que du pouvoir bourgeois s'est affaiblie. D'autant plus que le déplacement des masses à gauche s'est fortement accentué. Le P.C. gagne 300.000 voix. Le P.S. de droite passe de 61 à 67 élus. le P.S. de gauche passe de 72 à 89 députés, alors qu'il était le plus visé dans la manœuvre qui précéda les élections.

De 1949 à 1953, les partis socialistes étaient passés de 7 à 10 millions d'électeurs.

De 1953 a 1955, leur influence est encore croissant.

Donnons quelques informations sur l'état interne du mouvement ouvrier janombreuses crises intérieures. Le P.S. de droite est parti qui rejette le marxisme. Il est à la fois adhérent à la 2è Internationale et à la Conférence des partis socialistes asiatiques. Il influence une centrale syndi le Zenro, adhérent à l'Internationale des syndicats libres, groupant environ

800.000 membres. Le P.S. gauche. par contre, exerce une influence prépondéla centrale syndicale SOHYO, de 3 millions de membres. Sur le plan de la situation internationale, le P.S. de gauche adopte une série de positions

Formose à la Chine, évacuation de toutes les troupes étrangères la S.E.A.T.O., et aux pactes des Etats_Unis Kai Chek, et bien entendu relations normales avec la Chine

YU.R.S.S. La de ce parti réside dans son absence d'orientation claire et de structure d'organisation solide. Il reflète à vrai dire l'état du prolétariat japonais qui est poussé par la situation vers des solutions socialistes, mais qui ne sait pas comment S'y prendre pour y parvenir. Le P.S. de gauche comprend un éventail de tendances et de courants également mal définis. Sans aucun doute, la politique du P.C. chinois, la politique stalinienne, gêne un grand nombre de militants pour s'orienter convenablement : leurs sympathies vont vers la révolution chinoise dans son ensemble. mais pas vers la politique de la direction de celle-ci.

A la veille des récentes élections, l'Economist de Londres écrivait avec tume : " L'Ouest ne profitera pas des résultats des élections japonaises de 1955 ».

février 1955). C'était être prophète à bon marché. Maintenant le capitalisme japonais va se trouver avec les mêmes difficultés et une machinerie parlementaire affaiblie. Une reprise des relations avec l'U.R.S.S.

et la Chine pourra donner quelques résultats économiques, mais il ne faut pas surestimer leur ampleur. Le Japon ne comme jadis. maitre la Mandchourie et des grands centres chinois. Il lui faudra traiter a des conditions moins avantageuses pour le capitalisme japonais. D'autre part, les Etats-Unis n'ont nullement abandonne la partie. Ils sont encore installes au Japon, ils s'efforceront de contrecarrer les relations avec la Chine et l'U.R.S.S.

Le Japon se verra plus fortement que jamais, sans parler des consépeuvent résulter d'une aggravation de la tension à Formose ou ailleurs en Extrême-Orient.

Les masses japonaises, selon toute probabilité. vont continuer leur orientation placées devant des responsabilités écrasantes. à gauche. organisations, confusion est incontestablement de gauche vont Se trouver très grande. Mais, au Japon comme dans une série de pays a jeune mouvement ouvrier de masses, il n'y a ni dans les masses ni même dans un grand nombre dirigeants une cristallisation, une du type de rencontre dans les pays européens à mouvements ouvriers organisés de longue date et installés au d'années dans le régime capitaliste. Le Japon est à proximité des grands mouvements d'émancipation des peuples asiatiques. Les masses Les deses ne peu fevrier indiquent qu'au Japon mürit une situation révolutionjaponaises être à l'écart de cette poussée révolutionnaire gigantesque. naire de la plus grande importance.

De la capacité que se dégage dans le P.S. de gauche une direction marxiste révolutionnaire dépend en avant de la révolution japonaise. mais aussi la progression non seulement la marche de mouvements révolutionnaires dans une série de pays asiatiques. d'un grand nombre

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