En ce début de l'année 1955, la situation aux Etats-Unis, vue de l'intérieur, parait à la fois économiquement, socialement et politiquement considérablement stable.
Mais, observés, dans leur contexte international, les Etats-Unis s'acheminent maintenant inexorablement vers l'impasse, avec toutes les conséquences que cela comportera pour leur situation intérieure.
La crise aux Etats-Unis mûrit de l'interaction organique qui existe entre leur structure de capitalisme hautement développé et leur environnement international constitué par les restes d'un monde capitaliste en décomposition et par les puissantes conquêtes de la révolution socialiste en marche.
ba stabilité relative - en effet très grande par comparaison avec la situation du reste du monde capitaliste — dont jouissent actuellement les Etats-Unis, repose toujours avant tout sur leur puissance économique exceptionnelle.
Depuis qu'Engels, dans ses mémorables lettres à Sorge (1), a souligné la puissance du developpement capitaliste dans ce pays, lequel a pris necessairement le caractère d'une spéculation illimitée, justifiant tous les espoirs et toutes les illusions et empêchant la cristallisation d'une véritable conscience de classe du prolétariat, la situation n'a pas changé en réalité d'une manière véritablement radicale.
En dehors de la grande crise de 1929-1933, les Etats-Unis ont évolué d'un «boom» à l'autre, entre quelques paliers de stagnation relative, sans que l'atmosphère de spéculation, propre à un capitalisme florissant, soit effectivement dissipée.
La dernière guerre a été une merveilleuse « affaire » dont l'euphorie se prolongea jusqu'en 1949. Il y eut à ce
() Correspondance Marx-Engels-Sorge, Editions Costes.
NIS 1955
Cette interaction est pleine de contradictions exacerbées et explosives.
A travers la dernière guerre et depuis celle-ci, les Etats-Unis sont devenus littéralement le cerveau, le cœur, le système nerveux de l'ensemble du corps du monde capitaliste. La décomposition périphérique de ce dernier, rongé, envahi par les vagues de la tempête révolutionnaire, avance maintenant vers les organes centraux. Ce qui est à considérer, ce n'est pas l'inévitabilité d'une crise qui bouleversera de fond en comble la dernière et, de loin, la plus puissante citadelle du capitalisme, mais le rythme, les délais et les formes dans lesquels elle s'accomplira. moment un fléchissement léger de la conjoncture, une « récession » mais qui fut vite absorbée par la guerre de Corée et le nouveau « boom ». Au. milieu de 1953, une nouvelle « récession » commence. Mais vers le milieu de 1954, elle plafonne et, à la fin de cette même année, elle apparait à nouveau comme étant résorbée.
La stabilité sociale et politique relative du pays, ainsi que la situation toute particulière du mouvement ouvrier aux Etats-Unis, toujours sans organisation politique propre, sont avant tout le résultat de ce climat économique. dominé par la spéculation capitaliste qui semble élargir constamment les horizons de la réussite, et rendre les contours de classe moins rigides et plus flous qu'ailleurs.
Si le maccarthysme est sorti des élections de novembre passé considérablement désamorcé, laissant émerger par contre avec un puissant relief le pouvoir bonapartiste grandissant du Président, l'arbitre suprême et nécessaire entre les différents groupes industriels et financiers opposés, les différents pressure groups (les lobbies), directement représentés dans lun et l'autre des deux grands partis, qui dominent toujours la scène poli-
LE SOCLE MATERIEL DU « MIRACLE » AMERICAIN ET SES FAILLES
LE SOCLE MATERIEL DU « MIRACLE » AMERICAIN ET SES FAILLES
IN
E
QUATRIEME tique américaine, et entre les tendances contradictoires que ces milieux développent en stratégie et politique exté. rieure ; si Walter Reuther dirigeant du C.L.O., ose déclarer à la conférence nationale de son organisation en décembre dernier, qu'un Labour Party ne convient pas aux Etats-Unis où « en contraste avec l'Europe et ses groupements de classe rigides, les groupes sociaux sont fluides, sans l'unification projetée entre les deux structure de classe rigide » centrales l'A.F.L. (11 millions d'adhérent) et la C.I.O. (5 millions d'adhérents) (2) gu'elle puisse être en soi, progress en - aussi progressive qu'elle puisse être en soi, - est en grande partie dictée par des consıdérations de défense contre le patronat et le gouvernement du big business, qui n'a promulgué aucune législation favorable aux syndicats depuis •la guerre, et favorise au contraire l'adoption des lois anti-grèves et antisyndicales garantissant le e droit au travail » etc. dans les différents Etats de lUnion ; tout ceci tient à ce climat économique particulier qui domine encore aux Etats-Unis.
Pour que des changements interviennent dans ces domaines, il faut au moins que la base économique soit sérieusement entamée, et ce pendant une longue période.
La défaite dans une guerre majeure serait incontestablement une raison sullisante pour un tel processus. Une véritable crise économique prolongée pourrait d'autre part, cette fois, ne pas se borner à raviver simplement le mouvement syndical,— comme dans les années trente, avec la création du
C.I.O. — mais catalyser les processus moléculaires déjà existants, et donner naissance au mouvement politique de la masse du prolétariat américain. Où en sommes nous exactement à l'heure actuelle ?
Le « miracle » de l'économie capitaliste américaine ne cesse d'éblouir les capitalistes du monde entier, ainsi que les apologistes de toute nuance de ce système.
Mais les uns et les autres veulent oublier souvent qu'en réalité, depuis la grande crise de 1929-1933, Lale ans crise des nia pu minconoses records que par la guerre et le ecteur de plus en plus puissant de économie des armements. sans cela, la puissance de production et de productivité de l'appareil économique américain est telle que les besoins solvables du marché de l'intérieur des
Etats-Unis — leur principal marché sont sursatisfaits.
C'est là une constatation fondamentale pour la compréhension du présent et déterminante pour l'évojution ultérieure du pays.
C'est l'Etat,à travers son colossal budget (3) qui intervient pour éperonner et épauler une économie qui autrement, serait, depuis longtemps déjà arrivée au degré de saturation ; et ce sont surtout les dépenses et les besoins créés par la guerre, pour la « défense », qui sont toujours le support matériel essentiel du « miracle ».
65 % environ du nouveau budget pour l'année fiscale 1955-1956, soit 40.458 millions de dollars (4) vont toujours aux différentes dépenses pour la « défense », tandis que d'autres sommes importantes sont accordées pour soutenir les exportations (5) (sous forme d'assistance aux pays étrangers), pour entreprendre un vaste programme de travaux publics (6) ou pour développer le système des assurances sociales.
Les capitalistes américains ont maintenant clairement conscience du caractère fondamental, irréversible, de ces dépenses, pour la santé d'ensemble du système. Tels, par exemple, ce bon Monsieur Janeway, conseiller aux affaires de News week et éditeur de ses propres Janeways Memos, aus vues si larges et interessantes concernant le présent « boom » (selon lui) aux Etats-Unis. « Le présent boom, déclarait-il récemment (au déjeuner de l'Economic Club de Pittsburg d'après la Post - Gazette de Pittsburg du 7-1-55), nous incite à reconsidérer envisagée comme un intermède venant nos vues antérieures sur la guerre, déranger la condition « normale » de paix. Il commence à apparaitre maintenant comme s'il n'y avait pas un cycle d'affaires qui déterminerait les périodes de prospérité et de dépression, mais plutôt un cycle de défense
(2) 16 millions en tout de syndiqués sur 60 millions de travaileurs, les ouvriers de l'industrie chimique, du pétrole, et de l'agriculture dans le
Sud, étant encore largement inorganisés.
(3) Qu'on prévoit se stabilisant pour les années à venir aux environs de 65-6o milliards de dollars.
(4) 186 millions de dollars seulement de moins que pour le précédent budget.
(5) Dont i/3 environ est en réalité actuellement auto-financé par le gouvernement des Etats-
Unis.
(6) Parmi lesquels le programme de rénovation et de développement des routes (« highways a)
pour lequel on compte dépenser 1oo millions de dollars dans les to années à venir, en partie financé par le gouvernement et en partie par les
Etats de lUnion et les Banques. Son caractère de stimulant supplémentaire de l'économie s'en est pas moins souligné.
QUATRIEME dans lequel de brèves périodes de paix seraient l'exception » !
C'est la politique interventionniste consciente de l'Etat capitaliste, épaulée dans le cas des Etats-Unis par de tres puissants moyens financiers, qui a réussi jusqu'ici à freiner le développement des « récessions » en crises véritables et à amorcer chaque fois, en partant de la stagnation, une nouvelle reprise relative.
Il s'agit là d'un facteur important avec lequel il faut évidemment compter. La politique économique de l'administration américaine, celle où les hommes du big business à la Wilson de la General Motors gouvernent directement, est à ce propos significative. Elle a suivi de près l'évolution de la conjoncture et elle a su . s'adapter chaque fois à ses changements, avec la préoccupation constante de stimuler léconomie, mais sans recourir à linflation ou à la spéculation sans contrôle. Son idéal éfait et reste de gérer l'économie nationale « sagement », « sainement », comme celle d'une grande entreprise privée solide.
Empiriquement, sans s'enfermer dans des formules ou des doctrines rigides, la politique économique de l'administration américaine a su passer d'une première phase déflationniste, de diminution des dépenses, d'allègement des taxes pour le big business et d'orthodoxie budgétaire, à une phase plus « keynesienne », comme celle qui se réflète par exemple maintenant dans sa conception du nouveau budget, arrêtant toute nouvelle réduction des dépenses, évitant de nouveaux allègements fiscaux et ne craignant nullement d'augmenter légèrement le déficit budgétaire.
En préconisant, d'autre part, certain élargissement des assurances sociales et du programme des travaux publics, une augmentation du salaire minimum de 75 à 90 cents par heure, en maintenant les dépenses de la «défense » au niveau très élevé où elles se trouvent cette année, en encourageant le stockage de nouvelles quantités de matières premières et lé commerce extérieur (7), l'administration républicaine cherche à renforcer la tendance à la liquidation de la récession, qui se manifeste depuis quelques mois déjà et à provoquer une nouvelle reprise.
On assiste en effet, depuis septem-
47) Voir - les différents messages d'Eisenhower en janvier 1955 qui définissent la politique économique du gouvernement pour la nouvelle année budgétaire.
bre 1954, à une résorption de la récession, l'indice de la production industrielle montant légèrement depuis cette date et atteignant actuellement des niveaux supérieurs à ceux de la période correspondante de 1954. Entre septembre 1954 et février 1955, l'indice de _la production industrielle a gagné 7 points, tout en restant (fin décembre 1954) de 6 % environ inférieur à son niveau du milieu de 1953.
Les carnets de commandes de la plupart des industries sont, parait-il, pleins d'ordres non encore exécutés, et le rythme des nouvelles commandes, — en grande partie gouvernementales pour la « défense » - s'accroit. L'évolution des stocks industriels est moins précise, mais il semble que ces derniers ont subi une sérieuse diminution (de 4 milliards de dollars).
L'industrie de l'automobile est de nouveau en plein essor, produisant et accumulant une grande quantite de modèles 1955, (production de 42 % supérieure à moyenne de 1954). Cependant ce stockage effrené de voitures de toute sorte se fait, paraitil, moins de prévision d'une capacite mieux faire face à l'épreuve de force d'achat correspondante, que qui aura lieu au printemps entre les grandes compagnies - la General Motors, la Chrysler et la Ford d'une part et le puissant syndicat du C.I.O., d'autre part, lors du renouvellement de la convention collective. En cas de grève prolongée, chaque compagnie, à commencer par la General Motors, est désireuse non seulement de pouvoir fournir normalement le marché, mais de profiter des circonstances pour écraser ses rivales.
De toute manière, le démarrage foudroyant des chaînes et des machines « automation » de l'industrie automobile a eu son contre-coup inévitable sur l'industrie languissante de l'acier. Celle-ci travaille maintenant aux environ de 85 % de sa capacité (contre 65 % en septembre 1954 et 74 % en février 1954) et on estime rait atteindre en 1955 au moins 95 qu'à ce rythme la production. millions de tonnes, soit 7 % de plus qu'en 1954. (La capacité théorique totale de l'industrie de l'acier des Etats-Unis est estimée à 126 millions de tonnes).
Le boom des constructions civiles semble, d'autre part, pouvoir se maintenir à des niveaux au moins aussi élevés qu'en 1954.
Les points sombres du tableau restent cependant nombreux et importants.
Les investissements en équipement
Q UATRIEM industriel et en nouvelles usines vont déclinant cette année encore, ainsi que la production et la vente des machines-outils. Les ventes - que ce soit celles d'automobiles, d'appareils électriques, etc. ne sont soutenues pour beaucoup que par le crédit et la baisse des prix de ces marchandises.
Et surtout, il y a la question, de plus en plus préoccupante, du chômage. Tombé — selon les chiffres efficiels — à 2.838.000 en décembre 1954, il s'est brusquement élevé à 3.300.000 en janvier 1955, dépassant de quelque 300.000 le niveau de janvier 1954.
En réalité, il doit être maintenant supérieur à 4.000.000. Les responsables des syndicats, tel par exemple Bert Seidman de PA.F.. prevoient pour cette année, même en admettant un niveau d'activité économique aussi cleve qu'en 1953( ce qui ne sera certainement pas le cas), 5,5 à 6,5 millions de chômeurs. Le même Seidman 1 estime que quelque 9.000.000 d'ouvriers furent partiellement en chômage pendant une certaine période durant l'année 1954. Il considère necessaire la création de 2 à 2,5 millions de nouveaux « jobs » par an afin d'éviter l'augmentation du chômage.
Stanley Ruttenberg, directeur de la section d'éducation du C.I.O., dans sa lettre du 17-12-54 au New York Times, estime à 750.000 par an, les jeunes en quête d'un emploi, et à 1.750.000 les ouvriers que les progrès technologiques de la productivité chassent annuellement de la production.
Il faudrait un élargissement de la production par an au moins de l'ordre de 15 milliards de dollars, pour freiner un tel processus.
Selon la National Planning Association, « le niveau actuel de l'activité économique est de 15 à 20 milliards de dollars inférieur au niveau nécessaire pour un plein emploi raisonnable ». I faudrait, selon elle, une expansion économique de 25 à 30 milliards de dollars par an pour faire face à ce problème, compte tenu de l'augmentation de la population.
C'est le chiffre moyen de 15 milliards de dollars d'expansion économique par an (soit une augmentation d'au moins 4 % par an du revenu national 360 Partant de son niveau actuel de milliards de dollars), qui est retenu aussi comme essentiel dans les calculs d'Eisenhower, quand il préconise de porter le revenu national d'ici 1965, à 500 milliards de dollars. 20
En attendant, le niveau national en 1954 a été de 2 à 3 milliards de dollars inférieur à celui de 1953 (de 365 milliards de dollars),
Même en admettant une capacité d'absorption du marché intérieur et extérieur des Etats-Unis égale à celle d'aujourd'hui, la seule augmentation de la productivité du travail, pose, en réalité, un problème insoluble au capitalisme américain. Selon Walter Reuther, le dirigeant du C.I.O., bientôt avec l'usage des machines électroniques, 200.000 ouvriers pourront faire le travail d'un million d'ouvriers. Déjà à Detroit, dans les usines d'automobiles, grâce à l' « automation » un homme peut seul surveiller une machine faisant 140 opérations et remplacer 35 à 75 ouvriers antérieurement nécessaires avec d'autres machines pour ces mêmes opérations. Chez Convair, constructeur aéronautique, 2 hommes suffisent maintenant pour le travail fait antérieurement par 20. Ailleurs le temps de production est réduit de 25 à 50 %.
Les employés ne sont pas moins touchés par ces progres. Une compagnie d'assurances peut remplacer 200 employés par une seule machine, capable de résoudre 12 opérations en meme temps, y compris le caleul des risques et celui des commissions de courtiers.
Il est vrai que l'usage généralisé, Productif, de ces machines et ces de
« automation » (comme celui de l'énergie atomique), en régime capitaliste, reste limité, par les dépenses initiales importantes que seules les très grandes entreprises peuvent affronter, ainsi que par la crainte des conséquences sociales.
Il n'en reste pas moins qu'aux Etats-Unis, entre autre, la concurrence exacerbée entre concentrations industrielles et financières colossales, pousse à l'augmentation maxima de la productivité, qui aggrave davantage le problème du chômage, lui-même étroitement lié à la capacité d'absorption du marché intérieur du pays (son marché principal).
D'où les appréhensions d'une grande partie des économistes, hommes politiques et dirigeants syndicaux sur l'avenir de l'économie américaine scepticisme quant à sa capacité de faire preuve d'un dynamisme adéquat.
Nous avons délibérément laissé de côté jusqu'à maintenant la situation dans lagriculture qui souffre, depuis déjà quelques années, d'une surproduction étouffante. Elle pèse
U A T R I E ME pour le moment surtout sur l'Etat, qui soutient les prix agricoles et accumule dans les entrepôts les surplus invendus. Ces derniers s'élèvent actuellement à 7 milliards de dollars et le loyer des entrepôts s'élève à 700.000 dollars par jour !
Le « soutien rigide » des prix sous ladministration démocrate, influencée par la puissante Farmers Union que dirige le sénateur Russel Smith, était incontestablement une sorte de prime à la production.
Le « soutien flexible » de l'administration républicaine, qu'appuie l'American Farm Bureau Federation, composee des grands fermiers commercants, vise a restreindre la productior agricole et a la reconvertir en des cultures plus vendables. Mais c'est surtout dans le domaine des exportations - tombées à un très bas niveau en 1954 - que le gouvernement républicain veut porter son principal effort, afin de trouver une issue à surproduction agricole chromique. (8)
La stagnation, sinon maintenant la réduction du pouvoir d'achat des paysans, constitue un des principaux goulots d'étranglement des possibilites intérieures de l'économie américaine.
Car, malgré la diminution de leur importance numérique dans l'ensem ble de la population (9), la capacité de consommation des paysans est un facteur bien plus important, pour le dynamisme d'une économie, que celui des ouvriers recevant leur pouvoir d'achat du patronat sous forme de salaire et ne pouvant, par conséquent, jamais rendre au patronat plus qu'ils ne reçoivent de lui.
Ainsi, à tous les points de vue. la puissance et la stabilité dont l'économie américaine fait encore preuve sont, en réalité, le reflet de l'importance de l'intervention économique de l'Etat, principalement sous la forme des depenses pour la « detense ». La sensibilité extrême de la Bourse de New-york et ses reacuons brutales de New-York et ses réactions brutales
E RNATIONAL E à chaque changement de la situation internationale - vers la « détente », une nouvelle « crise » ou la reprise tement signera ive de lappreciation de la « guerre froide - est haupar les capitalistes américains des fondements sur lesquels repose actuellement leur économie.
La fantastique spéculation boursière qui règne depuis des années déja aux Etats-Unis (10), malgré les « recessions », est soutenue avant tout par l'essor ininterrompu de leconomie des armements, conséquence et effet du climat de « guerre froide », que le capitalisme américain en particuner, a organiquement besoin de maintenir d'une manière fondamentalement irréversible.
Février 1955. Au prochain n° : Les tendances de la politique intérieure et extérieure des Etats-Unis - La situation du mouvement ouvrier - Perspectives.
(8) L'effort pour accroître les exportations est aussi dû a la nécessité de faire face à la concurrence internationale accrue sur le marché des biens d'équipement. Outre l'aide du gouvernement plusieurs récentes dispositions en matière de crédit aux exportateurs (de l'Export-Import Bank ou de lAmerican Overseas Finance Corporation) visent à favoriser cet effort à l'exportation.
(9) Depuis 1940, I7 % des travailleurs de la terre ont abandonné la campagne pour les villes. En 20 ans le nombre des exploitations agricoles diminué d'un million. La population agricole n'entre plus que pour =/s dans le pourcentage de la population globale des statistiques de rerecensement, au lieu de 1/2 au début du siècle.
(1o) Le prix de souscription des actions de la Bethleem Steel a quadruplé depuis 7 ans et l'indice Dow Jones des valeurs industrielles est monté dans les derniers treize mois de 98 à 133 (il était à 58 en juin 1949) atteignant la cote d'alerte de 1929.
Il a fallu une nouvelle intervention du Federal Reserve Board, relevant la proportion des ordres des payables au comptant, pour calmer un peu par une prudence faite d'amère expérience — cette frénésie spéculative.