Le discours de Peron lors de la conclusion des conventions collectives, tendait à persuader les ouvriers, en particulier, de la nécessité de se contenter de très petites augmentations et de s'efforcer, par contre, d'augmenter la production. La pression exercée par les ouvriers, surtout sur leurs directions syndicales pour qu'elles dénoncent les conventions conclues le ler Mars et entament des pourparlers pour la signature de nouvelles conventions, avec de nouvelles augmentat ons, a obligé Peron à tenir compte de cette pression et de celle exercée par les chefs de sa propre bureaucratie syndicale - en particulier de celle liée plus directement aux ouvriers. Peu de jours après ce discours dont le thème a été « d'avoir en vue la situation de l'industrie », Peron parla au congrès de la situation des ouvriers ruraux et de la nécessité d'élever le salaire minimum des « submergés » à 900 pesos et d'augmenter celui du reste d'environ 20 %.
Tous les corps de métier s'empressèrent alors de dénoncer les conventions conclues et le Ministère du Travail décida que les nouvelles conventions seraient conclues dans le délai de 10 jours. Mais bien que les commissions paritaires aient été constituées en vue de leur discussion, la commission patronale prit la ferme décision de rester intransigeante et de ne pas céder. C'est ainsi que les pourparlers trainèrent tandis que le gouvernement nintervenait pas et se désintéressait de cette lutte. Dans les fabriques, ateliers et entreprises, le mécontentement des ouvriers commença à fermenter, de même que leur impatience devant le retard apporté aux pourparlers et le manque d'information de la part des directions syndicales. Les revendications auprès des délégués, des comités d'entreprise et des directions de syndicats allèrent en augmentant et se faisant plus actives. Cette pression d'en bas commença à se faire sentir si puissament qu'elle obligea la bureaucratie syndicale, pour éviter le débordement du mouvement et sa perte de contrôle, à faire connaitre l'intransigeance patronale (le journal La Prensa, propriété de la C.G.T., publia des éditoriaux dénonçant l'obstinée intransigeance patronale) et à décider un mouvement de grève perlée
Son attitude timide et vacillante se manifesta aux ouvriers non seulement par cette action tiède, mais par la façon dont elle la poursuivit, s'efforçant de ne pas apparaitre comme l'initiatrice et la responsable du mouvement et donnant des instructions « sous le manteau ».
Ces mesures de travail ralenti furent abandonnées par la quasi totalité des corporations et transformées par la propre initiative et la décision des ouvriers eux-mêmes et contre les recommandations de la bureaucratie, en arrêts de travail progressifs. Le mouvement dans ce sens s'étendit comme une trainée de poudre à l'immense majorité des entreprises, fabriques et ateliers du pays. Il n'y eut pas de fabrique ou d'atelier. si petit soit-il, où les arrêts de travail ne furent appliqués. Le mouvement acquit une unité et une discipline si fermes que, malgré les ordres de la bureaucratie. prise de crainte devant l'envergure du mouvement, de normaliser la situation, elle ne put empêcher ce mouvement de continuer et se vit, au contraire, obligée d'accepter les arrêts de travail. Dans les corporations les plus importantes, comme celles de la métallurgie, du textile, des frigorifiques, du caoutchouc, des tabacs, les mouvements atteignirent l'arrêt total avec occupation des fabriques.
Les arrêts avec occupation des usines furent la tendance générale de ces mouvements. C'est une expérience que la classe ouvrière a généralisée d'après des mouvements antérieurs, dans les années 1947 et 1951 (mouvement des textiles), et qui démontre sa maturité et le développement élevé de sa conscience. Les ouvriers tendirent dès le premier moment à se rendre forts à l'intérieur de l'usine, comprenant que c'était là la meilleure façon de rester unis et de se défendre en même temps contre le sabotage de la bureaucratie syndicale.
Pendant ces occupations d'usines, qui durèrent de trois à cinq jours dans de nombreuses entreprises. en particulier dans les grandes. les ouvriers se sentirent maitres de la situation. Cela traduisit par le véritable contrôle qu'ils exercèrent à l'intérieur des entreprises. On empêcha sous menace de sévères représailles que les chefs et les patrons donnent des ordres quelconques. Dans de nombreuses usines où se faisait un minimum
U
E de production, les ouvriers contrôlèrent eux-mêmes le pourcentage de production et on ne permit pas aux patrons ni aux chefs d'y mettre le nez. On ne leur permit souvent pas d'entrer dans les départements.
Un trat caractéristique de ces mouvements fut constitué par les « velatorios » symbolques aux cheis et patrons les plus détestés. Cela consistait à fabriquer des marionnettes personnifiant ces derniers, à les mettre dans une caisse et à les exhiber dans les départements ou aux portes des usines avec des légendes significatives. Dans l'usine SIAM, par exemple, dans l'un des sections, on organisa un « velatorio » qui attira l'attention et on fit défiler devant le cercueil improvisé de l'un des chefs les plus détestés de la section, plus de mille ouvriers. Le ton de raillerie et de satire imprimé à cette action était une claire expression de la combativité exprimée sous cette forme, et en même temps du rapport de forces clairement en faveur des ouvriers qui montraient ainsi qu'ils
LA GREVE DES
L'absence d'une direction capable de centraliser et de diriger le mouvement général de toute la classe vers une grève générale, eut comme résultat que ce mouvement se canalisa à travers des mouvements partiels de grève, comme il y en eut dans la métallurgie et comme il s'en préparait dans le textile, le caoutchouc et la chaussure. L'énorme pression des ouvriers métallurgistes, leur désir de combattre, joint à l'intransigeance des patrons qui ne voulaient accorder que 10 % d'augmentation et prétendaient inclure dans la convention une clause qui annulait pratiquement les droits des délégués et des commissions internes (comités d'entreprise) à l'intérieur de l'usine, obligea la bureaucratie de cette industrie à déclarer la grève dans la métallurgie. Il est important de faire ressortir ici la tendance des ouvriers qui était de faire la grève avec occupation des usines contrairement à la direction qui, contre l'opinion générale des ouvriers, réalisa la grève en dehors de l'usine. En même temps, la bureaucratie sabota le mouvement, en particulier celle de Avellaneda (faubourg industriel de BuenosAires) qui n'organisa pas les piquets. Au contraire, elle organisa en plein mouvement un attentat sur des délégués de l'usine Tamet qui avaient préconisé l'augmentation de 40 %, dans le propre local du syndicat et avec un groupe de nervis qui frappèrent férocement plusieurs membres de la commission interne avec des bâtons terminés en boule. Dès la déclaration de la grève, ce furent les ouvriers et les délégués les plus combatifs qui organisèrent eux-mêmes rapidement les piquets. Ces piquets se virent immédiatement entourés par le gros du personnel. Chez SIAM, par exemple, les premiers jours, la fabrique était entourée 26 se sentaient maîtres de l'usine et confiants dans leurs forces.
Ainsi, dans toutes les corporations, se dessinait un mouvement qui tendait à sortir des chemins que voulait lui tracer la bureaucratie syndicale et à se diriger vers un mouvement de grève générale de toute la classe. Ceci était le sentiment de tous les ouvriers qui, malgré le sabotage de toute la presse bourgeoise, se transmettaient les nouvelles de bouche en bouche concernant les arrêts et les mouvements. L'absence d'une direction empêcha le mouvement de se concrétiser. Un indice très sérieux de la tendance des ouvriers à rompre le cercle qui leur était tracé par la bureaucratie syndicale et de la façon dont ils faisaient pression en ce sens sur leurs dirigeants, était l'expression de quelques dirigeants corporatits de sections , par exemple dans les textiles, qui suggéraient à des délégués la possibilité d'un mouvement conjoint du textile et de la métallurgie pour vaincre la résistance patronale. METALLURGISTES par l'immense majorité des ouvriers qui formaient une véritable ceinture humaine. Dans la grande majorité des usines, en particulier dans les plus grandes, les piquets se formaient par sections avec l'assistance de presque tous les ouvriers, par équipes et avec des gardes correspondant aux équipes normales.
La grève fut une démonstration magnifique de discipline, d'organisation et d'unité d'action des ouvriers métallurgistes, qui la maintinrent ainsi pendant plus de dix jours en dépit du sabotage de la bureaucratie syndicale et du silence de toute la presse bourgeoise, grâce à l'esprit d'initiative, d'organisation et de combativité des ouvriers eux-mêmes. La sympathie et l'appui de presque toute la population laborieuse, surtout dans les quartiers ouvriers. accompagnérent les ouvriers et les encouragèrent à résister.
Le mouvement de la métallurgie eut une répercussion immédiate sur les corporations qui n'avaient pas encore réglé leurs conventions. Ainsi, dans de nombreuses usines textiles, ouvriers tendaient à se solidariser avec les métallurgistes et à s'unir à eux pour un mouvement commun. Dans une assemblée générale de l'usine textile Alpargatas, de plus de 10.000 ouvriers, de nombreux ouvriers préconisèrent la grève générale de la corporation en union avec les métallurgistes. Cette situation, qui risquait d'échapper au contrôle de la bureaucratie syndicale, fit hater la signature de la convention textile afin de supprimer la tendance des ouvriers du textile à se joindre aux métallurgistes. Cependant le mouvement de la métallurgie resta ferme et décidé à ne pas retourner au travail avant d'avoir obtenu satisfaction pour ses revendications.
Après onze jours de grève, la direction du syndicat annonça que la convention avait été signée, les 18 % ayant été obtenus. Pour la discussion de la convention, il se tient des congrès de délégués sections et à Avellaneda on décida la reprise du travail consommée par la bureaucratie qui manœuvra et dissimula le fait que les délégués de la capitale avaient repoussé la convention. Ceci en dépit du fait que les ouvriers d'Avellaveda n'étaient pas d'accord avec la convention signee. Dans la capitale, le congres des délégués décida en majorite de rejeter la convention, de continuer la grève jusqu'à l'obtention des 30 %. le paiement des jours de grève (que le patronat refusait) et le paiement immédiat du rappel. Le premier congrès fut une véritable révolte des délégués contre la bureaucratie, celle-ci ne put contenir ni imposer sa volonté de faire reprendre le travail. Devant l'impossibilité de manœuvrer, la bureaucratie convoqua un autre congrès pour le jour suivant ou elle se prépara pour une provocation. Dans ce congres un groupe de nervis armés par Baluch et Cie - bureaucrates dirigeants — tira sur l'assemblée, tuant un ouvrier et en blessant plusieurs. Malgré la confusion ainsi créée, les ouvriers ne se dispersèrent pas ; beaucoup d'entre eux assaillirent le bar du local et s'emparèrent des bouteilles qui s'y trouvaient pour asséner des coups à Baluch et à ceux qui les entouraient. Ici commença un véritable mouvement d'insurrection contre la direction et dans la capitale se poursuivit une grève « sauvage » qui dura près d'une semaine.
Aussitôt après ce congrès, les ouvriers organiserent une manifestation de protestation et de réprobation à la direction vers la Place de Mayo. Cette manifestation ayant été dissoute par la police, les ouvriers résolurent de se diriger vers le local du syndicat et devant l'impossibilité de l'occuper, à cause de l'extrême vigilance de la police, d'organiser une assemblée dans la rue. Là ils résoTurent de répudier la direction, de constituer un comité de grève et de continuer le mouvement. Le samedi 5 se tient une nouvelle réunion à laquelle participèrent près de 2.000 ouvriers et délégués de la capitale où l'on décida la constitution du Comité de grève et la convocation pour le lundi dans la soirée d'une assemblée générale des ouvriers de la capitale sur la Place Martin Fierro. Le samedi les ouvriers de l'usine Tamet - plus de 2.000 — de Avellaneda se joignirent au mouvement. Si Avellaneda - centre vital de métallurgistes — ne s'est pas joint à la grève c'est à cause de l'état de grande confusion créé par le manque d'information sur ce qui s'est passé dans la capitale et sur la politique terroriste de la bureaucratie d'Avellaneda qui possédait toute une équipe de nervis armés dont elle se vantait, mais s'il avait existé une direction qui orientat et organisat les ouvriers d'Avellaneda, ceux-ci se seraient joints aux ouvriers de la capitale. Quand ensuite la situation s'éclaircit et
ERNATIONALE qu'on vit qu'il y avait tout un mouvement dans la capitale qui voulait continuer la grève jusqu'au triomphe total, il était courant d'entendre dans les usines que si les ouvriers de la capitale venaient les faire sortir, ils les appuieraient. Dans l'une des sections de l'usine SIAM d'Avellaneda - 5.000 ouvriers - on tint une consultation qui vota à une énorme majorité la continuation de la grève. Dans une autre, les ouvriers se préparaient à recevoir et appuyer les ouvriers de la capitale s'ils venaient et il se forma un noyau pour régler les comptes avec les nervis de la bureaucratie.
Dans cette grève « sauvage » les staliniens jouerent un rôle important. Leurs militants dans la capitale se mirent à la tête du mouvement et c'est eux qui constituèrent en majorité le Comité Central de Grève. Le mouvement ayant besoin d'une direction, les reconnut comme tel bien que leur politique, comme nous le verrons plus loin, reposât sur une grande base de sectarisme.
Le lundi dans la soirée, une assemblée de 7.000 ouvriers de la capitale se réunit sur la place Martin Fierro qui décida d'organiser l'appui aux ouvriers d'Avellaneda, surtout de SIAM - ce qui était déterminant à Avellaneda → et dans ce but se disposa à organiser pour le matin suivant une marche sur Avellaneda. Il faut remarquer que ce ne sont pas staliniens qui proposèrent l'appui à Avellaneda comme chose vitale, mais que cette proposition fut faite par les ouvriers eux-mêmes réunis là qui insisterent de façon pressante pour aller à Avellaneda et, en particulier, à SIAM. Un militant métallurgiste expulsé de SIAM, parla à cette occasion, montra la nécessité impérieuse d'organiser l'appui à Avellaneda, la nécessité de fortifier et d'unifier toute la corporation, d'exiger la convocation d'un Congrès National Extraordinaire pour discuter de la situaion et élire une nouvelle direction : l'appui aux ouvriers du caoutchouc, dont le syndicat avait été dissous et la nécessité de reconquérir le syndicat des métallurgistes afin qu'il soit mis à la libre disposition de la corporation. On organisa plus tard une manifestation qui se dirigea vers le syndicat dans l'intention de l'occuper et de chasser la bureaucratie. Mais celui-ci était entouré de centaines de policiers armés, et la chose était impossible sans lutte armée. Les ouvriers n'étaient pas disposés à tenter cette aventure, bien que les staliniens y poussaient.
manifestation dévia vers la rue Rivadavia et l'avenue de Mayo, faisant une véritable démonstration de force sans que la police opposât une grande résistance. A l'arrivée à la place de Mayo, la police dispersa la manifestation, qui déjà perdait elle-même ses forces du fait de ne pas avoir d'objectifs majeurs.
Plus tard et le jour suivant, le gouvernement prenant réellement conscience du péril représenté par ce mouvement à cause de la répercussion qu'il avait dans toute la population - fit une mobilisation extraordinaire de toute la police, en particulier dans les zones reliant la capitale à Avellaneda, pour empêcher la marche. En même temps elle organisa une grande battue, arrêtant de nombreux militants, réussissant à décapiter le mouvement qui, faute de perspective, commença à décliner.
Il faut noter que malgré l'attitude décidée et courageuse des militants staliniens, leur politique dans ce mouvement fut aventureuse. Le mouvement fut réalisé par un secteur de l'avant-garde de la corporation qui, bien que regardé avec sympathie par la majorité, ne fut pas suivi par elle. L'ensemble des ouvriers agissait avec prudence par manque d'une direction capable de conduire le mouvement correctement. En ce sens les staliniens ne firent rien pour empêcher l'avant-garde de se séparer de la masse de la corporation et lui donner les moyens de se joindre à l'ensemble en commençant par donner conscience de la situation, ce qui pouvait se faire à l'assemblée de Martin Fierro. Ils employérent au contraire le mouvement comme masse de manœuvre pour leur politique anti-
L'ensemble de tous ces mouvements a laissé une somme énorme d'enseignements et d'expériences pour la classe ouvrière. C'est le premier mouvement général de toute la classe ouvrière, d'action indépendante de classe, qui a renversé tous les calculs et previsions du gouvernement, de la bureaucratie syndicale et des staliniens eux-mêmes.
Cela a été un énorme pas en avant sur le chemin de la politisation de la classe, qui a révélé en même temps le développement de sa conscience de classe et de sa maturité comme telle, en agissant avec prudence pour ne pas rompre le front de classe et en essayant d'utiliser au maximum possible sa direction bureaucratique à défaut d'une authentique direction prolétarienne. Le bilan de ces mouvements est une plus grande conscience dans l'ensemble de la classe de la nécessité d'une nouvelle direction syndicale.
Ce n'est plus par secteurs que la classe arrive à cette compréhension, mais elle
ERNATIONALE gouvernementale, ne tenant pas compte de la situation réelle de l'ensemble de la corporation et de la classe, et de son état de conscience qui ne la portait pas à courir une aventure. D'autre part, il essayèrent d'utiliser le mouvement pour faire un véritable « putsch » dans la corporation et prendre la direction.
Si les milliers d'ouvriers qui participèrent au mouvement leur donnèrent leur appui, c'est parce qu'ils se mirent à leur tête dès le premier moment et qu'ils exprimaient la nécessité d'une nouvelle direction.
Une situation analogue se présenta dans la corporation du caoutchouc qui se disposait à faire la grève et tendait à se joindre aux métallurgistes quand cette situation fut, dès le début, déviée par la CGT. Il se produisit immédiatement en protestation un mouvement d'arrêt de travail dans les établissements et une concentration se réalisa face au syndicat demandant la remise du syndicat à la direction du mouvement. Une manifestation parcourut l'avenue Alem exigeant cette remise. lué et évoluent en faveur des masses. tant en ce qui concerne la bourgeoisie que le gouvernement et la bureaucratie syndicale elle-même. Malgré quelques coups reçus, comme dans le caoutchouc ou dans des secteurs de la métallurgie, ces mouvements ont eu un effet partiel. en ce sens que dans son ensemble la classe, y compris dans la métallurgie et le caoutchouc (dans ce dernier, l'arbitre, pour calmer le mécontentement se vit obligé d'accorder à la corporation une avance de 400 pesos sur les augmentations a venir), en est sortie avec un sentiment de triomphe. D'avoir par sa propre force obtenu les augmentations et vaincu l'intransigeance patronale fortifiera les ouvriers pour les prochains combats.
L'attitude du gouvernement fut de ne pas faire intervenir, en général, la police.
mais soutenir la bureaucratie avec des forces de choc anti-ouvrières telles que
« Alianza » (qui compte sur l'appui financier de la droite péroniste) et de créer droita noroniste) et de créer par elles le terrorisme, réservant en dernière instance son intervention, comme cela s'est produit pour les métallurgistes.
Cependant les ouvriers (pas encore tous consciemment) ont interprété cela comme une faiblesse du gouvernement et cela a mis en évidence un développement du manque de confiance dans ce gouvernement et d'une plus grande confiance dans leur action indépendante de classe.
Les staliniens, bien qu'ils aient appliqué une politique aventureuse et antigouvernementale à outrance, ont gagné particulièrement là où ont travaillé leurs prestige dans certains secteurs.
militants. Et c'est pourquoi le gouvernement a fait un scandale en faisant apparaitre le mouvement des métallurgia fait maintenant semble dans ce sen cerne la direction vernement lui-mêm une expérience d'entant en ce qui consyndicale que le goule. C'est à travers cela que l'idée et la nécessité d'un Parti ouvrier de masses se frayera un chemin dans les couches de plus en plus nombreuses, idée qui est dès aujourd'hui implantée dans les secteurs de l'avantgarde prolétarienne. Cette expérience a été un pas en avant vers sa concrétisation. L'expression concrète que cela prend déjà est la tendance, qui va se fortifiant, de se rendre forts dans les usines, d'élire de meilleurs délégués, et des commissions internes pour, de là, préparer la nouvelle direction syndicale.
Ces mouvements ont mis en évidence comment les rapports de force ont évo28
CONCLUSION
CONCLUSION stes comme un complot par les communistes pour jeter bas le gouvernement afin de créer la confusion dans l'opinion publique sur le caractère de la grève des métallurgistes et empêcher que le Parti Communiste gagne de l'influence.
Notre intervention dans ces mouvements a été active et efficace, en accord avec nos forces. Nos militants ont travaille pour unifier le mouvement et propager dans les moments les plus élevés la grève générale, donnant l'impulsion à la création de comité d'usines et d'inter-usines pour la faire avancer, et nous avons fait sentir la nécessité d'un front unique dans ce sens avec les staliniens, particulièrement chez les métallurgiques. Dans la grève des métallurgistes nos militants intervinrent comme organisateurs de cette grève, leur action ayant eu une grande importance chez... Ils ont impulsé en même temps la lutte contre l'emploi de nervis par la bureaucratie et tendu à unifier le mouvement en le joignant à ceux d'autres corporations en lutte, telles que textiles, frigorifiques, cheminots. chaussures, caoutchouc, ete., favorisant
ERNATIONALE la création de commission inter-usines et inter-corporatives pour faire avancer le mouvement d'ensemble. L'intervention d'un de nos camarades à l'assemblée de « Martin Ferrio » fut bien accueillie en général et a donné du prestige à ce camarade dans des secteurs de la corporation, comme militant trotskyste et à travers lui, à l'action du Parti.
En général notre intervention a permis à l'ensemble du Parti de faire une bonne expérience d'intervention active dans le mouvement de masse, agissant comme direction ce qui, aussi, a permis une extension de notre influence dans la classe. et de sortir fortifié de cette expérience. Au cours du mouvement notre Parti a sorti divers tracts et des suppléments de la Voz Proletaria, donnant au mouvement une impulsion, répandant les mots d'ordre que nous donnons plus haut, et encourageant en même temps la tendance des ouvriers vers une nouvelle direction syndicale et agitant la nécessité du Parti Ouvrier.
Buenos Aires, le 10 juin 1954.