Documents de la IVe Internationale

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La revue › vol. 12, n° 6-8

La C.E.D. et le réarmement allemand

Quatrième Internationale, vol. 12, n° 6-8 · juin-août 1954 · p. 14-15 · 756 mots

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Une décision sur la C.E.D. et le réarmement allemand approche de son Tandis que les Américains et les Anglais exercent une pression plus forte que jamais sur la France afin de lui faire ratifier la C.E.D., le gouvernement Mendès. France ayant obtenu l'armistice au Vietnam est lui même pressé de sortir d'une situation qu'il juge à la longue intenable, Il se considère d'autre part actuellement en meilleure posture pour attaquer de front ce problème.

Adenauer, de son côté, réclame avee une virulence accrue que la souverainete allemande soit le plus tôt rétablie avec toutes ses prérogatives, y compris le réarmement. Ceci d'autant plus que l'Allemagne de l'Est est actuellement en avance dans ce domaine. 14

Seus une forme ou sous une autre, la bourgeoisie occidentale est en réalité plus décidée que jamais à obtenir le réarmement de l'Allemagne de Bonn et à l'inclure dans l'alliance atlantique.

Les directions social démocrates occidentales dans leur majorité sont elles aussi pour le réarmement allemand et pour l'inclusion de l'Allemagne dans la Sainte-Alliance contre révolutionnaire, seus une forme ou une autre. En réalité seule la tendance Bevan en Angleterre s'oppose encore avec vigueur a toute forme de réarmement allemand. Mais elle défend cette position avec des arguments fortement teintés de discrimination à l'égard de l'Allemagne en tant que nation (« ayant trois fois provoqué la guerre dans un siècle ». ete., argumente dans ses articles Bevan) et qui impliquent comme moyen d'empêcher le réarmement. le maintien du statu quo en Allemagne, c'est-à-dire son occupation prolongée (1), confusion est grande entre plusieurs questions distinctes: la U.E.D., l'alliance atlantique, le réarmement allemand.

Partout, dans tous les pays cecidentaux, le prolétariat a le devoir de lutter vigoureusement contre la C.E.D. et l'alliance atlantique.

Quant à ce qu'on appelle le réarmement allemand, la question se pose différemment dans chaque pays, en tenant compte que l'Allemagne est encore un pays occupé.

En Allemagne même, le prolétariat est contre la réorganisation d'une armée bourgeoise et son inclusion dans l'armée européenne contre révolutionnaire, ains que contre l'inclusien du pays dans l'Alliance atlantique.

En Angleterre ou en France, pays impérialistes qui occupent l'Allemagne, le prolétariat est contre la O.E.D., l'alliance atlantique, et pour le retrait des troupes d'occupation de sa propre bourgeoisie qui continuent à cecuper l'Allemagne

C'est de cette manière que le prolétariat anglais ou français pourra lutter contre le réarmement de la bourgeoisie allemande et son alliance militaire avee sa propre bourgeoisie.

Sa lutte dans ce domaine doit être dirigée contre les instruments de sa propre bourgeoisie qui permettront et imposeront même le réarmement de la bourgeoisie allemande : les troupes d'occupation de sa propre bourgeoisie en Allemagne desti nées à empêcher la seule force de classe capable de lutter contre le réarmement de la bourgeoisie allemande, le prolétariat allemand.

Par contre, toute idée explicite ou implicite d'utiliser dans ce qu'on appelle la lutte contre le réarmement allemand de la part du prolétariat anglais ou fran. cais, Poceupation de l'Allemagne par les troupes de la bourgeoisie anglaise ou trançaise, afin de maintenir ainsi l'Allemagne désarmée, est naturellement réactionnaire et même inefficace.

Car elle risque à la longue de provoquer le renversement de l'attitude des larges masses allemandes opposées au réarmement de leur bourgeoisie.

La division, en Angleterre par exemple au sein du Labour Party entre la tendance droitière d'Attlee-Morrison, et la tendance Bevan sur cette question du réarmement allemand, a un fond de classe incontestable et ne peut pas être igno. rée malgré l'argumentation confuse et erronée de la direction bevaniste. L'opposition bevaniste exprime au fend le courant des masses du Labour Party hostiles aux plans de guerre de l'impérialisme, Il est par conséquent juste d'y participer et de lui accorder un appui, mais un appui critique, en clarifiant ce qu'on doit y parvenir : lutter en Angleterre (comme en France) centre le réarmement de la entendre par lutte contre le réarmement allemand et les moyens de elasse pour bourgeoisie allemande et son alliance militaire avec la bourgeoisie anglaise doit signifier lutter contre la C.E.D., contre lalliance atlontique et pour le retrait des troupes d'ocsupation anglises de l'Allemagne.

Car c'est au prolétariat allemand et a lui seul d'empêcher, sans intervention des instruments bourgeois étrangers, le réarmement et les plons de guerre de sa bourgeoisie, au sein d'une Allemagne libre et unifiée.

(1) Particulièrement inadmissibles sont certains arguments développés dans la récente brochure « IT NEED NOT HAPPEN », de A. Bevan et de ses amis, arguments qui permettent à Morrison de faire à bon marché figure d' « internationaliste ».

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