De son quartier général établi au Honduras et au Nicaragua, l'United Fruit Company, organise, par tous les moyens, le renversemen. du régime actuel du Guatemala qui s'est attaqué à l'Empire qu'il a établi dans ce pays, ainsi que dans une grande partie de l'Amérique centrale. Le gouvernement du Honduras, dirigé par Juan Manuel Galvez, est a la solde de la Compagnie, Il protège et encourage les bandes de mercenaires que Gua Comala nie que la Compagnie organise sur son territoire pour les lancer contre le régime du Guatemala et contre les masses mêmes du Honduras engagées dans une lutie contre la même Compagnie et le gouvernement à sa solde. Du Guatemala à la Bolivie, en passant par le Honduras et la Guyane britannique, s'est établie une chaine de foyers révolutionnaires dont l'influence rayonne sur toutes les masses en éveil de l'Amérique latine. Nous considérons que nos lecteurs s'intéresseront aux quelques informations cardinales que contient l'article ci-dessous en ce qui concerne l'Empire que l'United Fruit Company a littéralement bâti sur le sang des masses indigènes de l'Amérique centrale, et que nous reproduisons du numéro de décembre de la revue ouvrière Qué hacer ? paraissant actuellement au Mexique. Le Guatemala, selon les statistiques dressées en 1940, a une superficie de 109.714 km2 et une population de 3.823.209 habitants, soit 29 habitants par kilomètre carré. 65 2 700% ati total des mal teste, dant constayas et des Quiches représente principale des travailleurs.
La langue officielle du Guatemala est l'espagnol, mais on y parle le langues indigènes.
L'activité principale est l'agriculture, par la culture du café et de la banane.
Pour 1952, la valeur totale des exportations se chiffrait à une somme de 87.465 quetzales dont : 81,8 % pour le café: 5,4 % pour la banane: 2% pour la gomme à mâcher; 1,4 % pour les huiles: 9,4 % pour des produits divers. En 1946, l'exportation de bananes atteignit le chiffre de 10.661.313 régimes; en 1952 elle descendit à 3.907.836 régimes.
Le 20 octobre 1944 éclata un mouvement révolutionnaire oui chassa du pouvoir le dictateur Jorge Ubico. Le 15 mars 1945 fut promulguée la Constitution du pays.
Aujourd'hui comme hier, la voie de la libération politique et économique d'un pays de notre Amérique est barrée par les contradictions et les crimes propres au capitalisme. La lutte que le peuple du Guatemala soutient contre la forteresse de l'United Fruit Company et ses complices au gouvernement de Washington prouve que, chez les meilleurs hommes de notre continent, s'enracine de plus en plus la conviction que la seule vole pour se libérer économiquement et politiquement c'est la transformation révolutionnaire du régime social par le triomphe des exploités sur les exploiteurs.
Au Guatemala comme en Bolivie est concentré l'espoir de tous les peuples latino-américains. Les actuels mouvements politiques de ces deux pays ne sent certes pas la solution de leurs multiples problèmes, mais ils constituent d'importants pas en avant sur le chemin à parcourir. Renforcer le front que Boliviens et Guatémaltèques opposent aujourd'hui aux impérialistes, tel est limperatit categorique pour tous les hommes et temmes qui, dans cette région du monde, veulent voir disparaître une situation d'esclavage et de colonialisme. negation complète de la démocratie et de la liberté.
Contre le régime du Guatemala se sont donné rendez-vous la calomnie, la diffamation et les attaques de toute sorte. L'United Fruit s'emploie a mouvoir ses rouages dans le Département d'Etat en vue de pousser les autres pays de l'Amérique centrale à exercer une pression sur le Guatemala, tandis qu'on incite les agences de presse à dire au monde que le Guatemala est une tête de pont de Moscou, le tout en vue de préparer une occupation du pays. Venir en aide à la vérité, renforcer la lutte du peuple du Guatemala, c'est apporter une contribution à la maturité politique des peuples de ce continent qui sauront faire de lui un monde de liberté et de justice.
Les éditeurs de Revista de Guatemain ont, dans un intéressant article, exposé les données réelles de la situation créée dans le pays par les agissements de l'United Fruit Company et sos filiales, l'International Railways of Central America (I.R.C.A.) et la Compania Agricola Guatemalteca (C.A.G.).
Nous tirons dudit article quelques données qui révèlent le véritable sens de. la lutte entre l'United Fruit Company et le gouvernement du Guatemala. Nous crovons ainsi contribuer modestement mais sincèrement à la noble cause de la libération politique et économique du vaillant peuple du Guatemala. Les voici résumées :
L'U.F.C.O. (United Fruit Company) a
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UATRIEME dans ses mains une grande partie de l'économie des pays où elle agit. Elle y contrôle les bateaux, les ports, les chemins de fer et dispose d'immenses étendues de terre les plus riches et les plus productives. Elle y a établi un système de tarifs pour les transports ferroviaires. En ce qui concerne le Guatemala ces tarifs sont les plus chers du monde, alors que le réseau est des plus mauvais. Y ayant imposé l'acheminement des marchandises aux ports qu'elles contrôle par des routes délibérément longues, et disposant de la flotte marehande, l'United Fruit Company a imposé à la population une vie économique des plus difficiles.
Au début du siècle, 22 années de ter- Estrada Cabrera (dont le nom évoque reur, de capitulation devant l'impérialisme et de dictature) ouvrit toutes grandes les portes du pays à muRd'une empire fruitier y pénétra muni concession soi-disant sans aucune portée, pour transporter dans ses bateaux se courrier a l'extérieur. Plus tard, autre dictateur, Ubico, étendit le rayon de I'U.F.Co. celles de l'Atlantique. Mais si une simdes eaux du Pacifique ple concession d'ordre postal avait été à l'origine de la pénétration de l'U.F.Co. dans le pays, plus tard elle fit miroiter l'engagement de construire un port moderne pour consolider ses positions au
Guatemala, Or vingt ans après, un tel port restait toujours à construire.
1936 l'engagement fut annulé et Ubico laissa toute liberté à l'U.F.Co, pour construire ou non, selon son gré, le port promis.
Une fois qu'elle s'appropria, par le truchement de 'I.R.C.A., le port de San
T'U.F.Co. construisit une route me-
José, nant à ce port et établit un système de
« tarifs combinés », en vertu duquel
T'U.F.Co. - ayant haussé les tarifs des transports maritimes par rapport aux tarifs des transports par chemin de fer
- reprenait d'une main ce qu'elle avait lâché de l'autre. rico, et furent ruinés des gens honnêtes commerce du port national de Champe- Ainsi fut paralysé le qui avaient fait des investissements dans d'autres entreprises de transport.
L'U.F.Co. draine vers l'extérieur les produits du Guatemala, notamment la banane en fixant comme il lui plaît les prix à l'exportation, la concurrence étant absente. D'autre part, dans l'impossibilité où on se trouve de connaître exactement les prix sur le marché mondial, l'U.F.Co.
publie dans ce domaine des faux chiffres chaque fois que le mécontentement des quelconque amélioration de salaires. travailleurs les pousse à demander de salaires. une
L'United Fruit et l'Agricola Guatemal teca se partagent la possession des meilau la canceion des meil leures et des plus riches terres du pays.
La loi sur la Réforme agraire n'a que très peu affecté ces propriétés. Ainsi, sur plusieurs millions d'hectares que сев compagnies possèdent, seuls 83.929 hectares tares ont été expropriés. Et encore l s'agit de terres non cultivees. ont
En mars 1953, Spruille Braden, dont les liens avec l'United Fruit sont évidents, agissant de concert avec une grotesque campagne de presse qui accusait le Gua. temala d'offrir de mystérieuses bases aux sous-marins soviétiques, demanda l'intervention yankee en Amérique latine, notamment au Guatemala. C'était une réplique toute naturelle à la révolution démocratique du pays qui s'était donné s'était donné une loi d'assurances sociales, un code du travail et un décret •Sur la réforme agraire.
Le boycott et le chantage qui consiste à menacer le Guatemala de l'isoler par le blocus maritime sont autant de formes de pression exercées sur le pays. Les centrales ouvrières et les partis politiques ont souvent dénoncé que l'U.F.Co. introduisait pays et qu'elle soutenait les groupes dits des armes à feu dans le « anticommunistes » dont elle dispose. Quant à la prétendue détresse financière de l'International Railways of Central America qui jouit au Guatemala de conpériode allant jusqu'à l'année 2.009, ce cessions inconstitutionnelles pour une n'est que du bluff.
Dix années après la révolution démocratique, le Guatemala avec ses
108.899 km2, sans compter les 22.286 : 22.286 de la région Belice toujours dans les mains de l'impérialisme britannique, et avec une population de plus de 3 millions millions d'habitants dont, de 1950, 72 % sont analphabètes - conselon les statistiques connaît encore des salaires terriblement bas. En effet, le salaire moyen de 0,85 quetzales ; celui dans l'industrie est d'un employé de commerce de 1,80 quetzales; celui d'un travailleur agricole de
0,26 quetzales.
Avant 1944, surtout à la campagne, c'est-à-dire dans les plus grandes régions du pays, le salaire d'un travailleur était ou 4 fois inférieur à celui d'aujourd'hui.
Le Guatemala est toujours une demo cratie nus-pieds ; 75,8 % de ses habitants ne connaissent pas le port de chaussures. Par contre les gains de l'United Fruit qui ont dû être établis officiellement pour le paiement de ses impôts aux Etats-
Unis, donnent le tableau suivant
Années Dollars 10.272.747 1938 1939 14.101.929 14.920.736 1940 12.442.609 1941 10.434.583 1942 1943 10.830.000 1944 14.745.000 1945 18.908.000 39.610.000 1946 1947 47.140.794 1948 52.740.232 52.740.232 66.159.375 1950 Ces chiffres empruntés au « Moody's Industrial » suffisent à expliquer la misère des pays dominés par les impérialistes et les efforts de ceux-ci pour bloquer les peuples épris de liberte. Mon de liberté.