La conjoncture économique mondiale Évoluant vers la dépression, aggrave singulièrement la position des pays coloniaux et semi-coloniaux producteurs de matières premières, sous-industrialisés et basés le plus souvent en ce qui concerne l'agrieulture sur un système prépondérant de monoculture.
Les pays semi-coloniaux de l'Amérique latine sont parmi les premiers à en souttrir.
Le boum des matières premières ayant pris fin avec l'arrêt de la guerre de Corée, ainsi que leur stockage, de toute manière déjà excessif aux Etats-Unis. qui semblent avoir atteint pour le moment un palier très haut dans leur réarmement, il en résulte que ces pays connaissent déjà une crise financière et économique aiguë.
Ses conséquences sont multiples. Dans les pays où des noyaux importants de bourgeoisie industrielle sont déjà crees, comme en Argentine, au Bresil, au Chili, au Mexique, ils profitent de la conjoneture pour pousser à une industrialisation plus ample, en réalité seul moyen d'alléger tant soit peu la situation générale de ces pays. Cet effort rencontre naturellement la sympathie de larges masses ouvrières et de l'intelligentzia, d'autant plus qu'il s'accompagne, par nécessité, d'une certaine résistance à Vimpéríalisme, limpérialisme yankee en particulier.
D'autre part, la bourgeoisie industrielle, en vue de faire face à la pression de l'impérialisme et de ses alliés indigènes les plus directs — les « compradores », les gros propriétaires fonciers, les gros commerçants — a besoin de s'appuyer sur les ouvriers, particulièrement sur les masses organisées, C'est là l'explication du mécaniome politique des régimes de Peron, de Vargas et d'ibanez, en particulier:
Mais d'autre part, aussi bien la résistance à l'impérialisme que l'appui des les mades partes port bien 2 zelance ton ne al ouvriers ont des limites précises. L'industrialisation ne peut se faire sous un en particulier en ce qui conceme précisément les pays latino-américains. Le marché des Etats-Unis reste d'un autre côté le principal marché d'écoulement d'une série de produits clés de ces pays, qu'il s'agisse du cuivre chilien ou de Pétain bolivien.
Quant à l'appui des syndicats ouvriers, il risque de devenir à la fois trop coûteux, car il ne peut s'entretenir qu'a travers une bureaucratie onéreuse, et trep dangereux par l'accélération définitive de l'organisation et même de la conscienee politique du prolétariat.
Impliqués dans cet ensemble de contradictions, les régimes politiques de plusieurs pays latino-amérieaíns représentent des formes de bonapartisme sui generís, selon les conditions plus spéciales de chaque pays. Ils louvolent entre l'impérialisme et les masses, s'efforcent d'exploiter à leur profit aussi bien les contradictions interimpérialistes que celles entre « l'Est et l'Ouest », ainsi que celles entre les différentes classes et fractions indigènes.
Mais ce jeu, possible pendant une période et sous certaines conditions, ne doit pas faire oublier la tendance et les perspectives fondamentales.
Peron, Ibanez, Vargas, Paz Estensoro, représentants de la bourgeoisie indusnaissante, n'ont aucune d'affranchir réellement leurs pays de la condition semi-coloniale, réaliser une véritable transformation de structure par une vaste industrialisation, et de se libérer de la tutelle impérialiste.
Dans le cas d'une dépression accentuée, menacés par ses répercussions financières et sociales dans leurs propres pays, manquant de capitaux, et prisonniers 12 comme ils le sont, en partie, de leur appui ouvrier, ils pencheront inévitablement vers la capitulation devant l'impérialisme. Dans le cas de guerre, leur alignement sur Washington ne doit pas faire de doute.
D'où la nécessité de faire surgir dès maintenant devant le prolétariat influence par le peronisme, l'ibanisme, le varguisme, le M.N.R. bolivien, et tout autre courant politique nacional-bourgeois, des perspectives de elasse claires, de dépassem.nl de ces mouvements.
Ces derniers constituent, et pour une période encore constitueront, des terrains de travail fructueux et même nécessaires aux marxistes révolutionnaires pour la construction du Parti Révolutionnaire de masse. Mais à condition qu'ils trouvent le moyen d'exposer en tant qu'organisations dictinctes de ces mouvements, la perspective de classe clairement et totalement devant les masses et dissipent constamment les illusions et les confusions sur le vrai caractère de classe et les perspectives de ces mouvemenis.
La bourgeoisie industrielle revendique avec l'appui du prolétariat la direction nationale dans ces pays. Mais elle arrive sur la scène politique à une heure historique très tardive. C'est au prolétariat que revient cette place, et c'est aux noyaux des marxistes-révolutionnaires déjà formés à lui ouvrir dès maintenant largement cette perspective.
La construction du Parti marxiste révolutionnaire de masse est à l'ordre du jour dans tous ces pays. Mais naturellement, la tactique pour le consruire, sauf en Bolivie, n'est nulle part encore directe, Elle passe par un travail préalable à travers les courants politiques de masse qui expriment l'état de conscience actuel de la classe. Elle doit être dans chaque pays concrète, souple, audacieuse.
Les masses ouvrières et paysannes de l'Amérique latine se réveillent fiévreuSement, comme partout, à la vie politique, progressant par bonds. Les marxistes révolutionnaires serent attentifs et compréhensifs, exempts de tout sectarisme et, sans s'installer avec complaisance dans la routine, sauront suivre les masses dame leur mouvement naturel. Non pas afin de s'y adapter mais pour accélérer leur mûrissement et leur faciliter le dépassement de toutes ces expériences et formations, vers la construction du Parti marxiste révolutionnaire de masse.