La dictature militaire succède à Mossadegh alors que celui-ci a épuisé toutes les possibilités de son rôle de Kerensky.
S'étant aliéné les sympathies de la droite sans avoir pour cela gagné celles de l'extrême gauche, qu'il n'a cessé de combaltre, Mossadegh, qui semblait être au laite de sa puissance, se trouve balancé dans le vide.
La conjonction de deux facteurs a déterminé sa chute : l'action militaire des éléments les plus réactionnaires financés, poussés par l'ambassadeur américain Henderson, l'inactivité criminelle du parti Toudeh, surpris par les événements et freiné depuis longtemps par le Kremlin dans toute velléité de politique vraiment révolutionnaire.
Comme le coup a profité essentiellement à l'impérialisme américain, qui s'efforce actuellement d'entraîner bon gré mal gré l'Iran dans la communauté atlantique et le transformer en avant-poste armé contre l'U.R.S.S., il est peu probable que le Kremlin, malgré tout son désir de compomis et son flirt particulier avec Londres, soit intervenu à la dernière heure et ait interdit au Toudeh d'agir.
La presse du Kremlin qui paraissait, à la veille de la chute de Mossadegh, applaudir au triomphe apparent de ce dernier, s'est complètement endormie sur ce qui se tramait déjà à Téhéran.
De toute manière le nouveau chapitre qu'ouvre l'action de la dictature militaire de Zahedi dans l'histoire de ce pays-clé ne fait que commencer. Les masses iramiennes ont fait avec Mossadegh une expérience politique profonde qui ne pourra être effacée par les agissements d'aucun traître. Elles rendront la vie au nouveau régime et se regrouperont pour le balayer à la première occasion. Mais la démission du Toudeh lors de l'attaque contre Mossadegh risque de ressusciter sinon le pouvoir de ce dernier, du moins un nouveau Kerensky bourgeois-national, héritier de ses traditions et de son capital politique.
Le kerenkysme ne Se liquide complètement que par l'action couronnée de succês du Parti révolutionnaire.