Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 11, n° 8-10

La nouvelle politique économique en U.R.S.S.

Quatrième Internationale, vol. 11, n° 8-10 · novembre 1953 · p. 5-6 · 842 mots

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Le « cours nouveau » des post-staliniens se précise et s'affirme. L'équivoque qui a pu subsister chez certains lors de la chute de Beria, présenté comme le soidisant promoteur principal de la politique de « libéralisation » du régime entresont pas imputables à Beria mais à l'équipe de la « direction collective » qui prises depuis la glacis ne a succédé au Chef disparu.

Beria fut victime de sa hâte de vouloir terminer bientôt le rêgne de la « direction collective » par un nouveau pouvoir personnel basé plus particulie rement sur la police. Le coup qui l'a éliminé fut ressenti par les masses soviétiuniversellement abhorrée. C'est depuis son élimination que s'est opéré le virage ques comme un nouveau coup porté contre l'institution de la police elle-même, le plus important dans toute l'histoire de lévolution économique 1928 : l'accent mis sur la nécessité de développer désormais « harmonieusement » du pays depuis utes les branches de economie soviétique et rattraper le retard enregistré st ndustrie legère et l'agricultur

Le discours tout d'abord de Malenkov lors de la session du Soviet suprême, rapport de Krutchev et la résolution adoptée lors de la séance de septembre 1953 du C.O. du Parti communiste russe, les récentes déclarations de Mikoyan sur l'augmentation de 50 % de la production des marchandises de consommation courante, ont inauguré en réalité une révision sérieuse de toute la politique économique du pays, aux conséquences politiques et sociales qui ne manqueront pas de s'avérer bientôt profondes pour l'ensemble de l'évolution du régime.

Pour la première fois depuis 1928 les besoins du consommateur et leur satisfaction semblent être pris en considération pour déterminer, du moins en partie, l'orientation et les objectifs du plan économique. Des disposiions concrètes sont décidées d'autre part pour faire effectivement augmener la production de moyens de grande censommation, pour améliorer en même temps leur qualite, pour pallier les insuffisances criantes dans certaines branches de l'agriculture • et en particulier de l'élevage.

La politique stalinienne du maintien du système coopératif de lagriculture, principalement par des moyens coercitifs, est révisée. Des concessions substantelles sont accordées aux kolkhoziens pour attiser ieur intérêt propre & laugmentation de la production de certains produits agricoles déficitaires et de l'éle vage, pour fixer la main-d'œuvre à la terre, pour activer la mécanisation de l'agriculture et améliorer l'agro-technique. avant tout se baser sur « l'association volontaire des paysans, facilitée par des Les épigones découvrent qu'une saine collectivisation de lagriculture doit moyens techniques abondants et perfectionnés », que l'industrie et l'Etat doivent être en mesure de leur procurer.

*clusit e endustrie louelle satisfaction des besoins matériels des mase par l'augmentation de la production des moyens de consommation, de lindustrie légère et de l'agriculture; poursuite et consolidation de l'économie collectiviste agricole sur une base d'association volontaire des paysans et d'aide technique adéquate, sont les nouveaux motifs de la politique économique soviétique aussi bien en U.R.S.S. que dans le glacis. Elle reflète des soucis nouveaux des directions bureaucratiques dans tous ces pays devant une pression accrue des masses qui ne veulent plus se contenter d'un niveau de vie médiocre, et qui sentent que toutes les possibilités actuelles du système de l'économie étatisée et planifiée permettent de le dépasser.

Cette pression des masses ne s'exerce pas du reste sur le seul plan éconoveilleuse du culte et même du nom de Staline s'accélère. Parmi les plus éclamique. Elle enveloppe tout le régime bureaucratique. En U.R.S.S., la mise en tantes (on dirait scandaleuses) omissions des épigones à ce sujet, il est à noter celle lors de l'inauguration de la nouvelle Université de Moseou, aucun des nombreux orateurs n'y ayant même pas mentionné Staline; celle du 15e anniversaire de Tedition de « Histoire du Parti bolehevik russe », écrite sous la supervision de Staline et livre de base pour des générations de stalineins, fetee cependant jusqu'ici avec éclat chaque année; celle même du premier anniversaire du 19 Congrès du P.C. russe, dont Malenkov fut pourtant le deuxième des protagonistes.

Mais il suffit à propos de ce dernier événement de comparer la nouvelle politique économique à celle contenue dans le rapport de Malenkov au congrès, pour comprendre que le silence vaut encore mieux que la célébration d'une date et d'un événement dont à peu près toutes les décisions importantes sont déjà enterrées.

1/U.R.S.S. des épigones, poussée par les nouvelles forces révolutionnaires mûries aussi bien internationalement que dans son sein, est entrée dans une phase nouvelle. Tous les observateurs tant soit peut compétents en la matière sont maintenant d'accord là-dessus, de Deustcher à Tito et Kardeli, en passant par Bevan (pour ne mentionner que ceux se réclamant d'un point de vue ouvrier). Naturellement ils se trompent sur la profondeur des transformations déjà survenues, et surtout sur la forme et les pespeotives du développement.

Les lecteurs de notre revue apprécieront la façon dont notre mouvement aborde cette même question, en lisant le document « Montée et déclin du stalinisme » que nous publions dans ce numéro et qui anticipait déjà sur les événements survenus depuis qu'il fut écrit.

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