Il y a 50 ans, dans les mois de juillet-août 1903, naissait le bolchevisme. En effet, c'est au 2° Congrès du Parti social-démocrate ouvrier de Russie que se produisit la première scission entre bolcheviks et mencheviks. A cette époque, le bolchevisme n'était pas sorti avec une expression achevée comme le prétend la légende stalinienne.
Sur la base du marxisme, de l'organisation de la classe ouvrière telle qu'elle était dans les pays avancés de l'époque, et plus particulièrement de la socialdémocratie allemande, Lénine voulait organiser le parti révolutionnaire du prolétariat russe pour renverser l'autocratie tzariste, accomplir la révolution démocratique, préparer la Russie pour le socialisme. A partir de 1903, d'intenses luttes de fraction déchirèrent la social-démocratie russe. Elle se nourrirent aux problèmes posés par la révolution — celle de 1905 — puis par les années de reflux ; ce n'est qu'en 1912, quand le mouvement ouvrier russe commença à se relever que le bolchevisme prit une forme organisée définitivement indépendante. En 1914, contre la trahison social-démocrate, il fut la principale force œuvrant à la reconstruction d'une nouvelle Internationale ouvrière.
Le bolchevisme trouvera finalement sa victoire, non sans avoir préalablement opéré un réarmement théorique, en conduisant les masses de l'empire tzaprolétariat sur un sixiême du globe. riste, en octobre 1917 à la conquête du pouvoir et en instaurant la dietature du quelques années plus tard, la révolution russe étant isolée et son prolétariat épuisé, la dégénérescence va frapper le parti bolchevik, te bureaucratiser. Mais la révolution — sous la forme d'un programme, d'une avant-garde défendant ce programme et les conquêtes essentielles de la Révolution d'Octobre — va poursuivre le combat, sous la direction de Trotsky. Le plus jeune membre de l'iskra, le président du Soviet de Petrograd de 1905 et de 190%, le commissaire du peuple à l'Armée rouge qui a dirigé victorieusement la lutte contre les armées blanches et les armées des pays capitalistes, continuera la lutte du bolchevisme et la mènera à l'échelle internationale, non seulement pour s'opposer au menchevisme de jadis, mais au stalinisme.
Dans cette longue lutte, le bolchevisme, incarné par la IV• Internationale connu une répression jamais subie par une tendance quelconque du mouvement ouvrier. En août 1940, un stipendié de Staline assassine Trotsky, après que tous les anciens vieux bolcheviks aient été éliminés, après de sinistres « procès » où tous ceux qui dirigèrent la révolution confessèrent de fantastiques crimes. Mais rien ne pouvait détruire la IVe Internationale, le bolchevisme d'aujourd'hui.
Et, dans la montée internationale actuelle de la révolution, qui s'empare de tous les continents, ce sont les idées du bolchevisme qui à nouveau se développent dans les masses, et pénètrent tout le mouvement ouvrier. Les idées du trotskysme, la théorie de la révolution permanente contre laquelle ont été dressés tous les cadres staliniens, se fraye sa voie, portée en avant par les grands combats des masses.
C'est enfin, là même où la bureaucratie se croyait la mieux assise, en U.R.S.S. même, que sous la pression des masses soviétiques, il lui faut faire des concessions, pour gagner du temps. L'appareil (« les cadres ») ne décide pas tout, ce sont les masses qui vont de plus en plus décider. En quelques mois, la bureaucratie a cru que, pour mieux montrer sa « sincérité » il lui fallait se dissocier autant que faire se pouvait, de Staline. Celui-ci, sans qui rien n'était et ne pouvait être fait, il y a moins de six mois, est désormais à peine invoqué em U.R.S.S. 10
Un Himalaya de mensonges, de falsifications, de calomnies, de crimes s'effondre devant la puissance de la révolution montante. Le stalinisme connait la période de son agonie. Le bolchevisme, les noms de Lénine et Trotsky qui — dans ees cinquante années — l'ont incarné seront célébrés dans l'avenir, comme ceux qui ont guidé l'humanité dans cette période de décomposition du capitalisme sur la voie où se réalisera le communisme.