Documents de la IVe Internationale

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La revue › vol. 11, n° 2-4

Quelques préoccupations de la nouvelle administration américaine

P. Frank · Quatrième Internationale, vol. 11, n° 2-4 · février-avril 1953 · p. 25-28 · 3 217 mots

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Une nouvelle équipe vient de prendre la direction des Etats-Unis, ce pays qui domine le monde capitaliste et où viennent s'exprimer toutes les contradictions de ce, monde.

Cette nouvelle équipe illustre on ne peut mieux la définition du Manifeste Communiste : « Le gouvernement moderne n'est qu'un conseil d'administration des affaires communes de la classe bourgeoise. » Plus encore, avec les huit multimillionnaires (en dollars) qui sont dans le cabinet Eisenhower, « ce n'est pas le grand capital (BIG BUSINESS) qui assure. te gouvernement, c'est le très grand capital BIG BIG BUSINESS). » (New York Post).

Ces mecsieurs sont arrivés au gouvernement de leur pays avant d'avoir eu le temps d'apprendre à dissimuler leur pensée publiquement. D'où la fameuse déclaration du directeur de la General Motors, Wilson, promu à la Défense : « Ce qui est von pour la General Motors est bon pour le pays », s'indignant en outre qu'on exige de lui la vente d'un gros paquet d'actions pour respecter les formes.

Mais is ont toutefois le sens de certaines utilités. Eisenhower ne peut ouvrir la bouche pour 5 minutes sans in-

Toute la société américame. y compris le grand capital, et hantee par te souvenir des années 1929-33, avec leur crise, un vingtaine de millions de chômeurs. der faillites, une misère étendue, une situațion grosse de troubles sociaux, les marches sur Washington, etc. Toutes les fanfaronnades sur les prodiges de l'économie américaine ont en partie pour objet de réduire cette période à quelque chose d'insignifiant, d'accidentel et qui ne peut pas se reproduire. Mais les sphères dirigeantes de l'économie américaine suivent très attentivement la conjoncture économique. Elles font procéder à toutes sortes d'études, de recherches pour savoir si une crise menace à nouveau et comment elles pourraient y faire face.

Les dirigeants américains savent également que la prospérité économique qui a sévi depuis bientôt 15 anest due avant touf à la guerre et au militarisme. Ils savent qu'une nouvelle menace de crise en 1938-23 ne fut évitée que par la deuxième guerre mondiale et ses exigences: Ils savent aussi qu'en 1949-50 voquer Dieu et ses lumières afin de donner un caractère sacré à l'emploi des armes qu'il fait accumuler. Pour tenter d'amadouer les ouvriers, ces millionnaires autorisent l'ancien plombier Durkin, vieux bureaucrate syndical, à assister à leurs délibérations. Pour les occasions délicates où il faudrait jouer de la corde sentimentale, ils ont embauché par la voie des petites annonces un avocat qu'ils ont installé à la vice-présidence. Enfin, la « chasse aux sorcières », loin de s'apaiser depuis le départ ce l'administration Truman, connaît un regain de vigueur. Là aussi le patriotisme sert des profits à d'habiles faisans.

La nouvelle administration est en train de s'installer à la tête d'une formidable machine étatique. Elle a commencé à montrer qu'elle voulait pratiquer une politique encore plus agressive que du temps de Truman dans le domaine international, tant en Europe (voyage de Foster Dulles) qu'en Asie (déneutralisation de Formose). Dans ses déterminations vont entrer en ligne de compte deux éléments essentiels : d'une part la situation de l'économie américaine, et d'autre part l'état de la classe ouvrière américaine, avec ses réactions en face de lévolution de la situation économique et politique. pointait une nouvelle crise (l'économie américaine connaissant une baisse régulière de 1 à 2 % par mois et le chomage passant de 2,5 à 5 millions) et que la menace ne fut dissipée que par les besoins de la guerre de Corée et le programme de préparation de la troisième guerre mondiale. Dans la dernière campagne présidentielle, à Stevenson qui atfirmait aux électeurs qu'ils avaient été tirés de la crise et vu leur sort s'améliorer grâce à une bonne gestion démocrate, Eisenhower très franchement réplíqua : pas de boniment, c'est le budget de guerre qui fait marcher notre machine.

Depuis plusieurs mois, tous ceux qui suivent la conjoncture économique américaine s'interrogent sur les perspectives de celle-ci à partir de la fin de 1953. La raison en est fort simple. Dans le budget amé icain, une somme de 55 à 60 milliards de dollars est actuellement affectée aux dépenses de guerre, soit environ 18 % du produit national annuel brut. Selon les projets du Pentagone, avec l'année 1953 se trouve at-

LES PERSPECTIVES DE L'ECONOMIE AMERICAINE

LES PERSPECTIVES DE L'ECONOMIE AMERICAINE

Q UA TRIE ME IN teinte la saturation des préparatifs actuels et - sauf extension des conflits en cours ou guerre généralisée - les projets prévoiraient de ramener à partir de 1954-55 les dépenses de guerre à 35-40 milliards de dollars. La somme est encore extrêmement copieuse, mais cela fait tout de même une différence de 20 milliards de dollars avec les toutes dernières années. La question surgit aussitôt : quelles pourraient en être les conséquences pour l'économie americaine ?

Le passé montre les faits suivants en ce qui concerne les conséquences mondiales : (1)

— en 1938, il se produisit une chute du produit national brut de 5 % environ, il en résulta une chute des importations aux U.S.A. de 36 % (pour la Grande. Bretagne de 41 %) ;

— en 1949, il y eut un palier du produit national orut; il en résulta une chute des importations aux U.S.A. de 8 % (pour la Grande-Bretagne de plus de 20 %).

Pour qu'il y ait seulement une pause dans l'économie américaine - compte tenu de l'accroissement de la population américaine - il faudrait dans les trois années qui viennent une augmentation de 10 à 12 milliards de dollars par an.

Les statistiques américaines ne sont pas établies par des marxistes, mais par des empiriques au service du capital. Elles ne procèdent pas de la différence fondamentale entre production de moyens de production et production de moyens de consommation, mais à la division entre production de biens durables et biens non durables. La première catégorie comporte les moyens de production et ceux des moyens de consommation qui ne sont pas renouvelables très fréquemment (autos, logement, mobiliers...). Les biens non durables comportent les aliments, les vêtements, pétrole, le papier... on prend comme indice pour ces deux catégories dans les années 1935-39, les statistiques établissent ceci :

- biens non durables : l'indice qui est aux environs de 180 ne présente pas de grandes variations;

- biens durables : do 230 au début de 1949, lindice etait tombé à 180 à la fin de 1949, et il est monte jusqua 300 en 1952.

Ainsi la prospérité consistait essentiellement dans la construction d'usines et de machines pour la production de guerre; la consommation ne connait pas une telle expansion. Ajoutons que ces biens dits durables constituaient dans ces dernières années environ un tiers du produit national, ce qui est une proportion considérable.

En l'absence d'une guerre pour la-

(1) De nombreux chiffres et des études assez alarmistes au sujet de l'avenir de l'économie américaine viennent d'etre pubitees par The Economist, de Londres (28 mars 1953). 26

TERNATIONALE quelle usines et machines fabriqueraient ces « moyens de consommatien » qui s'appellent obus, avions, canons, tanks.... la réduction des dépenses affectées au budget de guerre peut-elle être compensée par des développements de l'économie dans d'autres domaines ou par des moyens divers entre les mains du pou. voir d'Eta-?

Au lendemain de la deuxième guerro mondiale, le capitalisme américain a pu sans . danger de récession éconemiquo procéder à la reconversion de la production de guerre à la production de paix car il existait •l'époque un marché intérieur et des marchés extérieurs qui, par suite de la guerre, avaient connu la disette ou exigeaient une reconstrue• tion très poussée. Ce n'est pas le cas aujourd'hui : le marché intérieur et les étrangers, nécessiter beaucoup de produits, ont atteint la saturation ou sont au voisinage de celle-ci. Augmnter la production, c'est accumuler des stocks qui ne peuvent être écoulés et aller à la crise.

Y a-t-il une issue dans des investissements nouveaux, publies ou privés, sur le marche américain ou sur les autres marchés dans le monde qui sont encore ouverts à l'impérialisme améri. cain ?

En ce qui concerne le marché américain, toutes les indications montrent qu'on est au voisinage d'un certain point de saturation. Dans le meilleur des cas (en admettant une diminution des impôts, des profits plus élevés..) Jaugmentation des services et biens non durables atteindrait de 3 à 8 milliards de dollars. Il y a saturation pour toute une série de fabrications (96 % des foyers munis d'électricité ont la radio ; 89 % des frigidaires). Pour la construction d'habitation, on estime que pour les 3 années à venir, le taux de formation de famille baissera de 900.000 à 700.000 par an,

Ice qui entraînerait une chute de 2 milliards de dollar par an dans la construction.

Au sujet des marchés qui subsistent dans le monde, notre revue a souvent montré les limites des uns et surtout l'absence de garanties offerte par la plupart d'entre eux, les plus importants. ceux des pays coloniaux et semi-coloniaux.

Le capitalisme américain se trouve dans un cercle vicieux avec sa pléthore de forces productives en présence d'immenses marchés fermés (U.R.S.S., Chine, démocraties populaires) et de marchés très peu stables et risquant de lui échap. per (pays coloniaux et semi-coloniaux).

Certains économistes ont des. « solutions » dans des jongleries financières (maniement du taux d'escompte, variations d'impôts...). Mais de telles manipulations - chères à . tous les ministres des finances du monde — peuvent donner quelques résultats dans des limites étroites quand leur action concorde avec la tendance de l'économie capitaliste à un moment donné; mais il leur est impossible de combler un trou de 20 mil-

U ATRIE ME liards de dollars creusé dans un budget par les réductions envisagées (2).

On peut tourner et retourner la situation sous toutes ses faces, on ne peut conclure autrement que l'économie de préparation à la guerre — cette fois-ci plus encore qu'avant 1914 et 1939 parce qu'il s'agit de chiffres beaucoup plus fantastiques est un phénomène irréversible. Le grand capital verra beaucoup plus de danger à vouloir faire machine arrière que d'aller de l'avant... c'est-à-dire que de s'engager dans la guerre. C'est un moyen prodigieux d'employer les forces productives, d'éviter des millions de chômeurs, en les transformant en soldats et de les employer pour s'ouvrir de nouveaux débouchés pour les capitaux et les marchandises.

On sait que, pour le Labor, lexpérience douloureuse de 1929-33 a été le point de départ de son évolution. Dès que la conjoncture s'améliora, entre 1933 et 1936 les travailleurs s'organisèrent syndicalement par millions dans le C.I.O. et l'A.F.L. Mais politiquement lá classe ouvrière ne parviat pas à briser le cadre des deux par is bourgeois. Plus precisement les syndicats créèrent des organismes particuliers comme le Political Action Committee dont l'objectif était de mobiliser les syndiqués et l'influence syndicale au cours des campagnes électorales au profit des candidats du Parti démocrate. Depuis plusieurs années, plusieurs formations politiques ouvrières - et en premier lieu le S.W.P.. parti trotskyste américain - préconisent la formation d'un LABOR Party base sur les syndicats, selon la tradition du mouvement ouvrier dans les pays anglosaxons. Bien que ce soit une perspective très réelle pour la classe ouvrière américaine, il n'en reste pas moins vrai qu'à présent, comme les dernières élections présidentielles viennent d'en témoigner, la classe ouvrière - plus particulièrement sa partie organisée syndicalement — vote pour les candidats démocrates et n'est pas parvenue, malgré 20 années d'expérience du Parti démocrate au pouvoir, à la conception d'un parti ouvrier.

Avec la nouvelle administration, une situation nouvelle vient de se créer pour le mouvement syndical américain.

Le Parti démocrate est dominé aussi bien que le Parti républicain par le grand capital. Mais cette domination ne s'exerce pas de la même manière, parce que ces deux partis n'ont pas la même clientèle sociale. Le parti démocrate a les voix des ouvriers, des Nègres; il doit en tenir compte. Pendant les 20 année de présidence de Roosevelt et Truman. de 1933 à 1952, sous le New Deal, pendant la guerre, puis sous le Fair Deal, les dirigeants des syndicats avaient des relations extrêmement étroites avec le gouvernement. Il n'y eut jamai de « ministre ouvrier » à propre-

En acceptant les prévisions du Pentagone relatives à des diminutions de dépenses militaires, on voit que le capitalisme américain serait placé dans son propre pays devant un déclin économique, une crise grave qui entraînerait des conséquences sociales difficilement prévisibles mais qui certainement modifie. raient enore plus à son désavantage le rapport des forces entre le camp de l'impérialisme et celui de la révolution dans le monde. C'est parce qu'avec i la fin de l'année 1953 l'économie américaine entre dans une phase incertaine que nous avons dit quc le monde va entrer dans une période dangereuse où vont so trouver réunies plusieurs conditions qui peuvent précipiter le déclenchement d'un conflit généralisé à l'échelle mondiale. ment parler, mais il y eut toujours une collaboration étroite entre le gouvernement et les dirigeants des syndicats. (Cette collaboration se faisait essentiellement au profit des intérêts capitalistes, il n'est guère besoin de le dire).

Avec Eisenhower la situation sera différente. Le Parti républicain n'a pas de clientèle ouvrière à ménager. Il met un plombier - un bureaucrate bien domestiqué - dans son gouvernement, mais c'est une question de façade.

Autrement dit, les syndicats américains ont connu un développement dans le cadre d'une coopération de leurs dirigeants avec le gouvernement pendant une période de 20 ans. Maintenant commence une ère dans laquelle, en raison de la marche même des événements, les dirigeants syndieaux, au bout d'un cer. tain temps, se trouveront, à leur corps défendant, en opposition au gouvernement. Il est probable que, de part et d'autre, on ne cherchera. pas délibérément cette situation; mais ce sont les conditions objectives qui entraîneront une aggravation de la lutte de classe, à un rythme encore indéfini, et par suite ces rapports nouveaux entre les syndicats et le gouvernement. Déjà, du temps de Truman, il y avait eu un accident symptomatique : les syndicats s'étaient retirés momentanément d'une commission gouvernementale s'occupant des sa. laires. Un compromis fut rapidement trouvé. Mais la marche à la guerre, à la plus gigantesque « croisade » contrerévolutionnaire que l'on puisse imaginer, ne rendra pas aisée une politique de capitulation des directions syndicales devant les exigences du patronat et de son Etat.

Il faut bien entendu ne pas croire

(2) La Bourse a si peu confiance dans ces jongleries qu'il a suffi du discours de ChouEn-Lai laissant entrevoir un accord sur la Corée pour que les cours tombent à NewYork, Tokio, Londres...

LA CLASSE OUVRIERE AMERICAINE

IN T

LA CLASSE OUVRIERE AMERICAINE que la tendance certaine vers une aggravation des rapports de classe va se développer immédiatement et à un rythme accéléré. Cela dépendra essentiellement de la conjoncture de l'économie améri caine. Pour l'instant, Eisenhower agit avec prudence, sous la forme du déblocage des salaires et des prix. Il cherchera certainement à trouver un terrain d'entente avec les directions syndicales, même s'il n'aura pas de rapports du même type que Roosevelt ou Truman avec celles-ci. Le nouveau gouvernement américain n'a pas un besoin immédiat qui le contraigne rechercher rapidement une épreuve de force avec la classe ouvrière. Il n'est même pas exclu qu'il cherche à procéder à de multiples manœuvres pour associer à sa politique certaines parties de l'appareil syndical.

Combien de temps cette période peut-elle durer? Il est impossible d'en avoir la moindre idée. Au cours des récentes années, en dépit de la collaboration des syndicats avec l'administration, il y a eu quelques sérieux sérieux accrochages entre le capital et les travailleurs aux Etats_Unis. Il y en aura vraisemblablement encore avant que les conditions objectives ne poussent à des luttes d'une ampleur formidable. D'une façon vraiment symboliqueaans facon vraiment symbolique, syndicats américains ont perdu, cette période où le pouvoir a changé de mains, les hommes qui se trouvaient à leur direction dans la période précédente, Green, président de l'A.F.L. qui succéda à Gompers, et Ph. Murray, président du C.I.O., sont morts au cours des derniers mois. Ils ont été remplacés, Green par Meany, et Murray par Reuther. Ces nouveaux présidents, même en ce qui concerne Reuther qui a eu une formation politique social-démocrate, sont tous deux profondément attachés à l'orientation passée de leurs mouvements et ne sont certainement pas des hommes qui songent à préparer leurs organisations et la classe ouvrière tout entière à des luttes de la plus grande envergure. Par exemple Reuther avait signé un contrat de 5 ans avec le patro. nat !

Il existe dans le mouvement ouvrier américain des centres d'opposition, plus ou moins développes politiquement, qui veulent dégager le mouvement ouvrier américain du cadre politique dans lequel il est encore enfermé. L'expression la plus avancée et la plus résolue est celle du S.W.P. qui appuie son action sur des bases théoriques qui sont celles de la IVe Internationale. Mais la plupart des tendances à une rénovation de la situation politique aux U.S.A. sont en28

TERNATIONALE core loin de là. Il n'existe que depuis peu dans ce pays un quotidien ouvrier, le seul quotidien cuvrier là où il y a près de 60 millions de travailleurs, dont 15 millions de syndiqués! A la suite des élections, ce Labor's Daily s'est exprimé comme suit :

« Le lieu indiqué pour lancer un vrier » (26 février 1953). parti libéral, s'est mouvement ou-

Dans la Fédération de l'Automobile du

CI.O., dirigée par Reuther, un centre minoritaire est constitué par la section syndicale de chez Ford, le Local 600, qui avec ses 05.000 membres est la plus torte section syndicale d'entreprise aux Etats-Unis et dans le monde. Après les élections, le Local 600 a voté une résolution en faveur d'un nouveau parti, d'un 3 parti d'ouvriers, d'employés et de paysans, dans un sens qui n'est pas très différent de la pensée exprimée par le Labor's Daily.

Ce terait certainement commettre une grosse erreur que de condamner ou de rejeter de tels courants sous le prétexte qu'ils sont en pleine confusion. Le seul fait qu'ils entendent placer la classe ouvrière à la base d'un nouveau parti est beaucoup plus important que toutes les idées politiques qui les agitent à présent. Le parti ouvrier américain ne so construira pas en dehors du mouvement ouvrier tel qu'il est aujourd'hui mais à partir de celui-ci, dans celui-ci et avec celui-ci. Toutefois leur niveau actuel est en meme temps un indice que leur progression ne se fera pas sans sérieuses crises intérieures, c'est-à-dire pas avant que la classe ouvrière américaine et ses organisations ne soient placées devant des problèmes dans lesquels elles comprendront qu'il s'agit littéralement de leur existence. Les étapes qui nous séparent des grandes heures de la classe ouvrière américaine ne peuvent être aisément définies à présent. L'avant-garde ouvrière américaine se trouve contrainte de mener maintenant un combat défensif ex'rêmement ardu en raison d'une répression effrénée qui s'étend à tous les domaines et de l'état politique de la classe ouvrière.

Flle aura à franchir une période très difficile dans le dernier bastion du capital. Mais le prolétariat américain a des forces immenses qu'il ne mesure pas encore à leur juste valeur et la montée révolutionnaire dans le reste du monde contribuera puissamment à stimuler sa conscience de classe; et, quand ils se mettront en marche, les ouvriers amé. ricains avanceront à pas de géant. 31 mars 1953.

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