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La revue › vol. 11, n° 1

Le procès Slansky

Pavel Posel · Quatrième Internationale, vol. 11, n° 1 · novembre 1952 - janvier 1953 · p. 23-26 · 3 202 mots

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C'est un fait connu que l'évolution politique des « démocraties populaires » répète pour ainsi dire en raccourci l'évolution de l'U.R.S.S après la période de la N.E.P. Naturellement ce parallélisme n'est pas complet, mais il est souvent étonnamment réel. La Tchécoslovaquie. seul pays du bloc oriental qui possède une industrie largement développée, un prolétariat industriel constitué depuis longtemps et un vieux mouvement de masse révolutionnaire, a le plus de difficultés à « assimiler les expériences soviétiques » dans tous les domaines. Ce fait de « ne-pas-apprendre » et de « nepas-vouloir-apprendre » est une des bases fondamentales du procès Slansky.

Les accusés de ce procès faisaient partie de groupements et courants idéologiques les plus divers. lis appartenaient à des générations fort différentes du P.C. Le principal accusé, Slansky, de même que Clementis et Frejka étaient des dirigeants du parti depuis une longue période d'avant-guerre. A leur côté ont été placés des hommes entrés dans le P.C. depuis 1945 seulement et qui ont, de

RUDOLF

Rudolf Slansky, ancien secrétaire général du P.C., a indiqué comme « activité trotskyste » l'adoption en 1927, quand il était secrétaire du parti à Moravska-Ostrava de la position trotskyste sur la question chinoise. Malheureusement on ne nous dit rien de plus sur ce dernier sujet. L'ancien secrétaire du ministère des affaires étrangères, Eugène Klinger, désigné comme un « trotskyste de vieille date », aurait déclaré avoir su dès 1927 que Slansky était « trotskyste ». En réalité, ce fut précisément T'époque à laquelle les vrais trotskystes tchè ques ont commencé à être exclus du P.C. tchécoslovaque, avant tout par les agissements de la clique Gottwald-Slansky, tandis que l'actuel président du Conseil, Zapotocky, appuyait en partie ouvertement, en partie clandestinement. la droite du parti.

L'accusation contre Slansky est centrée sur Tannée 1947. C'est alors qu'il aurait établi des relations contre-révolutionnaires d'espionnage avec l'ex-député travailliste anglais

Que signifient tous ces « aveux » ? Slansky fut un fidèle serviteur de la ligne stalinienne. Pendant la guerre, il fut pour un appui sans critique de la bourgeoisie tchèque groupée autour de Benès, intimement liée à Churchill el incarnée par le « gouvernement en exil = de: Londres. Avant la guerre, lors du front populaire, Slansky, sur ordre direct de Moscou, façon typiquement stalinienne, effectué le saut périlleux de la base aux postes suprêmes de la hiérarchie bureaucratique.

Toutes ces personnalités staliniennes de premier plan se sont vues accuser d'être des « traitres trotskystes-titistes-sionistes, bourgeoisnationalistes, ennemis du peuple tchécoslovaque, du régime de démocratie populaire et du socialisme, au service de l'impérialisme américain ef sous la direction de services d'espionnage ennemis, occidentaux », « d'avoir formé un centre de conspiration contre l'Etat, miné le système de démocratie populaire, empêché la construction du socialisme, saboté l'économie nationale, fait de l'espionnage, affaibli l'unité du peuple tchécoslovaque et la capacité de défense de la République, dans le but de détacher celle-ci de son alliance ferme et de son amitié avec I'U.R.S.S., de liquider le régime de démocratie populaire en Tchécoslovaquie. de reconstituer la capitalisme, de ramener la République dans le camp impérialiste et de détruire sa liberté et son indépendance » (1). SLANSKY Koni Zilliacus. Il aurait avoué avoir affirmé à cette époque: « Il existe une différence de principe entre le chemin de la démocratie populaire et celúi de la dictature du prolé. taiat. J'exprimais ainsi que je me plaçais sur la plate-forme du chemin de la contre-révolution, du chemin tchécoslovaque particulier vers le socialisme ».

Mais en même temps Slansky s'accuse d'avoir établi ses relations avec l'impérialisme lors de la deuxième guerre mondiale, quand il résidait en U.R.S.S. (1). Il nomme comme intermé diaire de ces relations, le général Bocek, du regime de Benès, arrêté après le coup de février 1948 à Prague.

Les « aveux » de Slansky sur ses relations avec Mosha Pijade sont du même calibre. Le leader communiste yougoslave aurait été * contacté » (!) ... lors de sa visite officielle à Prague un mois avant la résolution du Kominform sur la rupture avec le P.C.Y. fit élire Benès à la Présidence de la République avec les voix des communistes. Lors de la dernière phase de la guerre en Slovaquie. le P.C. appuya tous les groupes de partisans, bourgeois, catholiques, paysans. Entre

(1) Procès-verbal transmis par RadioPrague.

SLANSKY, BOUC EMISSAIRE DE LA POLITIQUE STALINIENNE

SLANSKY, BOUC EMISSAIRE DE LA POLITIQUE STALINIENNE

1945 et 48, il défendit le « chemin tchécoslovaque particulier vers le socialisme ». Cela aboutit en 1947 à la proposition de faire participer la Tchécoslovaquie au Plan Marshall. Gottwald, les dirigeants actuels du P.C. appuyèrent cette proposition, tout aussi bien que Slansky et les condamnés du procès de Prague. Lorsque Moscou y mit son veto, Slansky changea immédiatement sa position, tout comme Gottwald. Slansky s'efforça d'augmenter les réserves de dollars pour l'U.R.S.S. en accroissant les exportations tchèques dans les pays capitalistes, souvent à des prix de dumping. Il soutint la lutte des sionistes de Palestine en leur vendant - contre des dollars | - des

L'UTILISATION DE

La presse bourgeoise et l'Etat d'Israel ont insisté sur le caractère , antisémite du procès de Prague. Déjà, lors de sa lutte contre l'Opposition de gauche en U.R.S.S., la bureaucrafie stalinienne avait utilisé sans scrupule des arguments anfisémites. C'est une vieille tactique de tous les Etats d'utiliser comme boucs émissaires des minorités nationales ou religieuses qui possèdent en cufre des caractéristiques sociales bien définies. A cela s'ajoute qu'en Tchécoslovaquie l'antisémitisme, renforcé au cours de la domination nazie, possède un double visage: les antistaliniens prétendent que tous les communistes sont des Juifs, les staliniens rétorquent que tous les Juifs sont des espions, des trafiquants et des saboteurs. La bureaucratie stalinienne utilise les courants antisémites pour donner aux Juifs la responsabilité de l'aggravation de la situation économique en raison du réarmement. Elle avait déjà exploité les tendances les plus réaction-

Il est typique de la conception stalinienne d'organisation qu'un seul homme ou une petite clique ait pu « désigner » — ainsi qu'il est dit dans l'acte d'accusation — des dirigeants du Parti, tels que le président de la section d'organisation du C.C., Marie Svermova, le chef de la section des relations internationale: Geminder: le dirigeant de la section de sécurité (1) du Parti, Karel Svab : le président de la section économique Frejka, etc. Le procès Siansky a montré une fois de plus que. dons tous les pays à régime stalinien tout l'appareil d'Etat et du parti sont hors du contrôle des travailleurs et des membres du parti (2). Un des moyens d'y parvenir c'est

AVEUX ET

Il est cependant possible d'obtenir une idée des véritables opinions de Slansky dans les « aveux » suivants :

(2) Les nouveaux statuts du 19e Congres du P. les organismes de base ne pouvant đu P.C. de P'U.R.S.s. legalisent cet état de choses, décider de l'exciusion de membres de comités dirigeants. 24

ERNATIONALE armes pour affaiblir les positions de l'impérialisme britannique au Moyen-Orient, sans égard pour les mouvements de libération des peuples colonisés dans cette partie du monde. Toutes ces positions de collaboration < sans principe » avec la bourgeoisie, considérées aujourd'hui comme des « crimes » n'étaient nullement personnelles à Slansky. C'était la « ligne générale » du P.C.T., correspondant à la politique de la diplomatie du Kremlin avant l'exacerbation de la guerre froide. Gottwald, Zapotocky et tout le C.C. actuel du P.C.T. auraient dû se trouver avec Slansky sur le banc des accusés. L'ANTISEMITISME naires et les plus arriérées du prolétariat et de la petite bourgeoisie pour l'expulsion massive de la population allemande en 1945, Il n'en est pas moins significatif que Slansky a * avoué » avoir accusé, avec les autres accusés juifs, une « large compagne contre l'antisémitisme s.

L'absurdité des accusations contre Slansky éclate quand on lui reproche « d'avoir introduit des éléments ennemis dans les différentes sections de l'appareil du parti, surtout dans le Comité Central (!) et d'avoir placé toute une série de ses gens dans le secrétariat centrai (!) du Parti ». Il aurait truffé d'espions l'appareil d'Etat et celui de l'industrie nationalisée. En réalité, la « clique Slansky » domina le Parti et l'Etat pendant des années et son « dévouement à la cause de la restauration du capitalisme » s'exprima pratiquement par la liquidation de ce capitalisme en Tchécoslovaduie entre février 1948 et 1951. de remplacer la libre critique des membres de parti par le culte du chef infaillible. Un tel cuite atteint vite une ampleur étonnante. Slansky « avoue » s'être approprié le rôle d'organisateur principal du coup de février 1948. Il déclare avoir fait confectionner à cet effet des films (!) et des livres. Et il affirme avoir pris pour modèle le livre de John Reed * Dix jours qui ébranlèrent le monde », e un livre qui glorifie les trotskystes » (sic). Sans doute le juge a-t-il oublié de demander pourquoi Lénine loua énormément ce livre et pourquai son auteur fut placé dans une tombe d'honneur dans le mur du Kremlin. REALITE

1° Toute opposition bourgeoise, des anciens partisans de Benès, était sans espoir vu la situation politique et économique et la force des positions ouvrières. La « bande de conspirateurs. » espéra plutôt dans une « insurrection du type fitiste » (l'accusation ajoutant « pour construire un Etat fasciste (!) sous contrôle impérialiste ») :

LA CONCEPTION STALINIENNE D'ORGANISATION

LA CONCEPTION STALINIENNE D'ORGANISATION

2°* Le & sabotage économique » a consistó essentiellement dans des prix « trop élevés » pour les produits tchécoslovaques exportés en U.R.S.S.

Si le mystère des aveux n'est pas complètement éclairci, il faut à Prague tenir compte d'un facteur supplémentaire. Presque tous les témoins étaient eux-mêmes arrêtés. La radio de Prague n'a pas transmis directement leurs aveux, mais a retransmis des déclarations enre gistrées sur bandes et qui ont été « arran. gées », revues et « corrigées ». La vieilla militante communiste Maria Smermova témoigna d'une voix couverte de larmes, sujette incontestablement à une crise nerveuse. Ajoutons qu'une retransmission semblable du procès de notre camarade Zavis Kalandra ne concorda

LE GROUPE

Le & groupe Sansky » proprement dit était composé, outre Slansky, de Geminder, Rajcin, Frejka, Sling, Frank et du témoin Smermova, peut-être d'André Simone. Pour tous s'appliquent les mêmes considérations que pour Slansky. Ils avaient fidèlement servi le stalinisme de la période de « coexistence pacifique » avec le capitalisme, jusqu'à leur propre sacrifice.

L'accusé Frank (3) fait « l'aveu » suivant : « Dans ma foration d'interprète et de secrétaire (schreiber du camp de Buchenwald) j'ai aidé les nazis à composer les transports de prisonniers vers les différents kommandos de travail. Dans ces kommandos, les conditions de vie et de travail étaient infiniment plus dures que dans le camp même, et de ce fait beaucoup de prisonniers ainsi expédiés ne sont pas revenus ». Tous les anciens prisonniers des camps savent qu'au cours d'une lutte terrible les « politiques » cherchèrent à arracher ces fonctions aux « criminels », agents directs des S.S. L'aveu de Frank en est d'autant plus trayique, qu'il était d'usage, selon la ligne stalinienne, de e sélectionner les transports » pour liquider leurs adversaires, notamment des trotskystes français, tchèques et russes.

Un autre aveu terrible de Frank correspond sans doute également à la vérité. | avoua avoir trahi en 1930 l'adresse de couverture du P.C. pour les courriers entre Prague et Olmütz. il s'agissait en effet de l'adresse de noire

Vlado Clementis est un vieux communiste.

Il a toujours défendu au sein du P.C. slovaque le principe du droit d'auto-détermination de la Slovaquie, principe qui avait été celui de tout le P.C. tchécoslovaque jusqu'en 1945. La dégénérescence profonde qui frappe égale-

(3) Le procureur stalinien, profita que les chets nazis portaient le nom de Frank,

Pour déclarer que l'accuse se trouvait sur la tiste des « crimineis de guerre interna-

Sionaux ». lionaux s

ERNATIONALE pas avec les « procès-verbaux » ultérieurement publiés de son procès. Des témoins à ce procès qui se sont ultérieurement enfuis de Tchécoslovaquie nous ont affirmé que le déroulement réel du procès avait eu peu de choses de commun avec les deux documents officiels. C'est Slansky qui avait dirigé la mise en scène du procès Kalandra. On ignore pour le moment qui l'a fait pour le procès Slansky.

Les témoins « trotskystes » de ce procès n'ont jamais été membres de l'opposition de gauche ou de la section tchécoslovaque de la IV* Internationale. Certains d'entre eux ont pu être exclus du P.C.T. en 1935 pour ce motif, mais à ce moment cette accusation était rarement conforme aux véritables opinions des exclus. SLANSKY camarade Rita Hruschka, d'opposition trotskyste. Cet aveu de Frank est de nouveau caractéristique des méthodes de l'appareil stalinien, non de ses crimes. personnels. Lors que les staliniens tchèques n'avaient plus d'arguments à opposer à la politique trotskyste, ils dénoncèrent les trofskystes, d'abord à la police d'Etat tchécoslovaque, ensuite à la Gestapo et aux S.S.

Les a trotskystes » avec lesquels les inculpés « avouèrent » avoir eu des contacts apparaissent dans les déclaration d'André Simone. Celui-ci révéla avoir établi des relations dès 1926 avec le trotskyste Erwin Piscator et, grâce à celui-ci, avec le trotskyste Willy Münzenberg. Mais en 1926 Erwin Piscator, chef du théâtre révolutionnaire à Berlin, était un compagnon de route du P.C., tenu en haute estime par la direction de ce Parti. Et Willy Münzenberg é ait à ce moment-là un des dirigeants de l'appareil de l'Internationale Communiste, chef services d'éditions du P.C. allemand, ennemi farouche de l'Opposition de gauche trotskyste. C'est Münzenberg qui, le premier. osa appeler Trotsky « fasciste » - dans le « Rote Aufbau » (1932) — parce que Trotsky avait commis le crime de propager l'idée du front unique entre le P.C. et le P.S. allemands. Du stalinisme. Piscator et Münzenberg se sont finalement écartés pour passer dans le camp bourgeois. Il n'ont jamais eu rien à faire avec le trotskysme.

ment la politique stalinienne dans la question nationale se manifeste dans le fait que le procureur du procès de Prague reproche maintenant à Clementis d'avoir défendu cette position de principe, et en prend prétexte pour eccuser l'ancien ministre des affaires étrangères de liaison active avec la réaction clérico-fasciste slovaque ! En réalité, Clementis paye de sa vie l'opposition qu'il manifesta en 1939 à la conclusion du pacte Hitler-Staline, qui l'amena même à une brève rupture avec le

LES ACCUSES SLOVAQUES

LES ACCUSES SLOVAQUES

P.C. Il est tragique de constater qu'un des révolutionnaires slovaques des meilleurs et des plus honnêtes, le poète Laco Novomesky, a pu être obligé de témoigner contre Clementis, l'accusant « d'espionnage, de sabotage, de titisme, de nationalisme bourgeois». On peut s'attendre à ce que Novomesky passe bientôt du banc des témoins à celui des accusés, et que ce malheureux, incarcéré depuis des années, finisse au gibet où finit Clementis (4).

Naturellement, les vieux communistes slovaques se sont opposés à l'oppression nationale et sociale de la Slovaquie. Il est également

Il est à noter que le procureur stalinien accusa pas Otto Sling - vieux communiste dirigeant l'organisation de Bro - d'avoir assassiné sa mère, bien que la presse stalinienne tchécoslovaque eûf répandu cette accusation lors de l'arrestation de Sling. On aurait pu s'attendre à ce que Sling soif accusé d'avoir été indirectement responsable de la manifestation de masse du prolétariat de Brno du 21 novembre 1951, sans aucun doute la plus grande manifestation ouvrière qui se soit • produite depuis 1945 dans une démocratio populaire. Le peur de la buresucratie stalinienne devant l'action ouvrière se manifeste dans le fait qu'aucun des inculpés au proces qui suivit la manifestation de Brno ne fút cité comme témoin dans le procès contre Sling. ll est vrai que la manifestation de 40.000 travailleurs de Brno, qui protestèrent contre la suppression de l'allocation de Noël et occupèrent pendant toute une journée la Place du Marche se produisit après l'arrestation de Sling. Mais

(4) Note de la rédaction-Vichinsky, le merteur en scène des procès de Moscou. Vient de fatre à son tour des aveux sensationnels. Involontares et inconscients il est vrai. Parlant devant la Commission politique de T'ON u. sur le rapatriement des prisonnlers de guerres coreens, il expliqua pour quelles ratsons Interrogatoire par une commission de rapatriement Impartinle est inelicace pour juger du véritable desir de ces prisonniers juger du de guerre :

« Ils apparaitront avec l'esprit completement brisé devant la commilssion... Ils viendront rempils de la terreur dont on les aura imprégnés par ces procédés, et Ils seront ainsi completement incapables de poser des questions on d'attendre des réponses, car toutes les questions auront éte. esprit, nosées d'avance er toutes les réponses dans leur préétablies ». (New York Times, 11 decembre 1952.)

La conscience de Vychinsky lui a-t-elle fait reveler, malgré lui, la méthöde avec laquette les * témoignages s et « aveux spontanés » ont été extorqués par lui-même el ses comparses de Budapest, de Sona et de Prague ? 26

TERNATIONALE incontestable qu'ils s opposaient à l'unité mécanique de la République, et qu'ils réclamérent une véritable fédération de républiques libres pour le bloc des a démocraties populaires ». De ce fait, ils entrèrent en conflit avec le centralisme des bureaucraties russe et tchèque. Et comme la classe ouvrière révolutionnaire de Slovaquie est jeune, faible ef inexpérimentée ; comme le prolétariat des pays avoisinants est paralysé par l'influence stalinienne et réformiste, l'avant-garde communiste siovaque, se battent sur un poste avancé pardu, était condamnée à périr dans ce combat.

dans d'autres cas, le procureur n'a pas montré de tels scrupules dans le maniement des dates.

Tous les accusés du procès de Prague qui étaient de vieux communistes ont été condamnés à mort. N'ont eu la vie sauve que les trois carriéristes qui entrèrent au P.C. en 1945 et qui ont été condamnés à la détention perpetuelle. On ignore quelle a été la réaction du premier-ministre Zapotocky sur ce verdict. alors que son attitude dans la prison de la Gestapo de Pankrac et dans le camp de • concentration de Sachsenhausen avait été très blamable. Et Gottwald lui-même ? Ne voit-il pes approcher le jour où un véritable tribunai ouvrier le jugera à son tour ? La manifestation de Brno, les manifestations dans les charbonnages de Bohème, de Moravie et de Slovaqui, sont les signes précurseurs du jour de la justice future.

Nous, militants révolutionnaires d'au dela du rideau de fer, n'avions aucune sympathie pour Slansky qui organisa un crime judiciaire, pareil à celui dont il est maintenant la victime, contre nos propres camarades, en premier lieu contre notre camarade Zavis Kalandra. Mais nous protestons néanmoins de toute notre cons. dience de communistes contre de telles infomies qui salissent notre cause communiste aux yeux de millions de simples gens de par la monde. Nous protestons aussi bien au nom de ceux qui hier furent les victimes de Slansky. de Svab, de Rejcin, qu'au nom des accusés de l'actuel procès de Prague et des victimes futures de la terreur stalinienne en Tchécoslo: vaquie. Combattre et démasquer les calomnies et mensonges staliniens utilisés contre des fendances ou des militants du mouvement ouvrier. c'est partie intégrante de notre lutte pour la démocratie prolétarienne, pour l'émancipafion de la classe ouvrière du pouvoir bureaucra• tique, à Moscou, à Prague et dans tous les pays de l'Est.

8 décembre 1952.

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