APRES LE 19° CONGRES DU P. C. RUSSE
Quelle influence le 19: Congrès du P.C. russe a-t-il exercée sur la politique extérieure de la bureaueratie soviétique et les directions des Partis communistes ?
Cette question est maintenant elaire. Le Kremlin a voulu faire preuve par ce congrès de la force matérielle et militaire de l'U.R.S.S. et de la faiblesse du camp impérialiste déchiré par ses antagonismes intérieurs,
Les Partis communistes reconnaissent comme consignes du congrès les trois idées principales du discours final de Staline : la bourgnole est devenue totale. ment « réactionnaire » et « anti-nationale » ; « tout cela doit faciliter le travail des Partis communistes et démocratiques qui ne sont pas encore arrivés au pouvoir. Par conséqent il y a toute raison d'escompter des succês et la victoire des partis frères dans les pays de domination du capitalisme.
De Togliatti à Cogniot, les dirigeants des P.C. des principaux pays capitailstes
QUATRIEMEINTERNATIONALE répètent maintenant dans les Comités Centraux tenus pour tirer les enseignements đu 19: Congrès du P.C. russe, que c'est aux Partis communistes « d'arborer le drapeau des libertés démocratiques et le drapeau de l'indépendance nationale, Ton et l'autre jetés par dessus bord par les groupes dirigeants de la bourgeoisie qui applique pour ses intérêts de classe la politique extérieure dictée par les impérialistes américains ». (Rapport G. Cogniot au C.C. du P.C. français du 5-7 décembre 1952).
Les formules du « Front national uni » etc., doivent signifier pratiquement le rassemblement à la base « autour de la classe ouvrière et son Parti communiste ».
Toute politique de Front unique de parti à parti est bannie, particulièrement toute politique de ce genre en direction de la social-démocratie. Les traits sectaires de cette orientation prédominent et rappellent crax de la « troisième période », les P.C. insistant sur la « fascisation » accélérée du régime bourgeois et de toutes les formations politiqués, y compris de la social-démocratie.
A PO.N.U., au grand étonnement de ceux qui s'attendaient à un accueil plus favorable de la proposition de compromis de la délégation indienne sur la question coréenne, les délégués du bloc soviétique l'ont rejetée purement et simplement.
Au Vietnam, la plus grande offensive de larmée du Vietminh depuis le commencement de la guerre est actuellement en cours.
Sur la question de la Tunisie et du Maroc discutée récemment à PO.N.U. le P.C. français, loin de chercher à soutenir sa propre boargeoisie aux prises en ce moment avec les Etats-Unis, a fait des déclarations nettes en faveur de l'indépendance de ces deux pays et contre ladministration française.
Enfin, en ce qui concerne le « Mouvement de la paix », les P.C., à la suite de l'article de Staline dans Bolchevik, ont tendance à le considérer plus que jamais comme un secteur subordonne au travail plus large, non identique et indépendan du Parti communiste, « parti de la Révolution sociale ». (Rapport G. Cogniot).
Sur le plan plus particulier du P.C. français, le dernier C.C. (5-7 décembre), dans les deux rapports de Cogniot et de Billoux et sa résolution finale, a réalisé en quelque sorte un nouveau retour à la ligne de l'article Billoux de mai 1952 (que ce dernier a réhabilité dans son rapport).
Ainsi se confirme que la bureauoratie soviétique, maigré son désir de compromis avec l'impérialisme afin d'éviter les conséquences révolutionnaires de la guerre pour son propre régime, ne peut accepter n'importe quel compromis ni arrêter la course de l'impérialisme à la guerre, et est obligée de mener une politique contradictoire.
La base objective d'un compromis manque actuellement. L'impérialisme vise à reconquérir les pays qui lui ont échappé ou qui sont en train de lui échapper (colonies et semi-colonies) et prépare activement la guerre. La bureaucratie soviétique ne peut, de son côté, ne veut même lui concéder rien d'autre qu'une « coexistence » sur la ligne de division actuelle du monie. Elle est d'autre part sans prise elfective sur le développement de la révolution coloniale en cours qui, en particulier, détruit constamment cette dernière ligne.
Ni Moscou ni Washington ne mènent le jeu à leur guise, Ils sont menés par le jeu des forces révolutionnaires objectives qui conduisent au choc décisif et final, a la guerre et à la révolution.
La bureaucratie soviétique est prise entre l'impérialisme et le prolétariat révolutionnaire, entre la guerre contre-révolutionnaire et la révolution mondiale. Elle doit réagir aux deux dangers, en mettant chaque fois l'accent sur le danger le plus immédiat.
La politique actuelle de la bourgeoisie internationale la menace directement. La possibilité de s'appuyer sur un bloc bourgeois contre un autre, comme au temps d'avant guerre, n'existe pratiquement plus. D'où l'avortement pratique de toutes ses tentatives de compromis et la nécessité de s'appuyer à sa manière sur les seules forees avec lesquelles elle peut s'opposer aux préparatifs de guerre de la bourgeoisie : celles du prolétariat métropolitain et les masses coloniales.
D'où un élément constant de sa politique actuelle dans les principaux pays capitalistes (et dans les colonies qui dépendent d'eux), qui est de s'assurer la direction des masses rassemblées à la base pour mener des « actions de masse effeelives » contre les préparatifs de guerre, et Pimpossihilité de ressusciter purement et simplement une nouvelle collaboration avec la bourgeoisie dans une sorte de nouveaux fronts populaires à la manière de ceux de 1936-1938 ou de 1941-1947.
Les conditions ne sont plus les mêmes ni pour l'impérialisme, ni pour la 5 ureaucrate, ni pour les masses, Une politique de collaboration avec la elbour eoisie nationale » est par contre possible dans lous les cavs coloniaux ou Semi coloniaux, qui cain en partienlier (comme c'est le cas par exemple actuellement de la politique stalinienne en Argentine appuyant Peron).
Les formules actuelles de la politique stalinienne dans les pays capitalistes sont avant tout sectaires et doivent être attaquées en tant que telles. Elles sabotent en réalité le seul front possible et nécessaire : celui avec les partis socialistes, et signifient, comme nous l'avons dit, pratiquemeat un rassemblement à la base sous la direction stalinienne. Cette politique, telle qu'elle est actuellement, s'achemine dans une impasse et est vouée à un échec complet. Les termes tournant « à gauche » ou « à droite » ne s'appliquent à la politique stalinienne, contradictoirs et bureaucratique par nature, que relativement à son cours immédiatement antérieur et non pas dans un sens absolu.
Relativement à la politique menée de 1941 à 1947 par exemple, il y a eu, depuis et surtout après la guerro de Corée, un gauchissement de la politique stalinienne qui se maintient fondamentalement malgré ses oscillations conjoneturelles inévitables.