A l'occasion du 32º anniversaire de l'assassinat de Rosa Luxem nous publions ci-dessous le dernier dernier chapitre de son « L'aceumulation du capital ». La grande révelutionnaire d'origine polonaise qui, avec Karl Liebknecht et Franz Mehring, dirigea la a she de de a al interrationale mande it avec tenne constitua gauche de la social démocratie allemande et avec Lenine constitua
One at 2 interati ses avale du parti ce ce livre, essentiellement théorique, n'a paru en France, en 1935, que le tome premicr, à la « Librairie du Travail ». L exposé historique de la discussion du problème et Pétude des conditions historiques de l'accumulation qui constituent l'objet des deux autres parties du livre n'ont jamais été publiées en France. Les pages que nous publions paraissent done pour la première fois es langue francaise.
mieux apprécier ce livre, il faut tout d'abord situer Pépoque à laquelle il a été écrit. Au debut du XX siècle, le capital entrait dans une nouvelle phase, celle de l'impérialisme. Il s'agissait d'un processus à l'étude duquel se livrèrent les marxistes les plus avertis pour en dégager les caractéristiques essentielles tant du point de vue politique, économique que social. Hilferding, Rosa, Lenine furent parmi les chercheurs.
Ce début de siècle fut entre autre rempli par la première course aux armements, le militarisme connaissait sa première floraisen dans cette époque que Lénine devait si précisément caractériser comme celle des guerres mondiales et de la révolution mondiale.
En Allemagne où le militarisme connaissait un développement puissant, la lutte politique fut conduite avec une énergie remarquahle par Karl Liebknecht et Rosa. Mais Rosa, éminemment preoccupée des bases théoriques de la lutte pour le socialisme, Rosa qui avait été à l'avant-garde de la lutte Ubéorique contre le révisionnisme bernsteinien et contre le réformisme qui allaient conduire la social-démocratie à la plus honteuse des faillites, Rosa ehercha donner à la lutte contre l'impérialisme une base théorique sclide. Dans l'avant-propos à « L'accumulation du Canital
« En examinant la chose de plus près, je m'aperçus qu'il ne S'agissait pas là d'une simple question d'exposition, mais d'un problème qui, au point de vue théorique, touche au contenu du deuxième tome du « Capital » de Marx et qui, en même temps, est en rapports étroits avec la politique imperialiste actuelle eu ses racines économiques. Si j'ai réussi dans ma tentative de poser ce problème d'une façon scientifiquement exacte, men travail, outre son intérêt purement théorique, sera également, il me semble, de quelque utilité dans notre lutte pratique contre l'impérialisme. »
Dans le chapitre que nous publions. Rosa réfute toutes Ins conceptions qui, à l'époque et même encore maintenant, tendent à faire croire que le développement de la production d'armements ne se fait pas aux dépens des masses laborieuses. Elle le fait avec une rigueur scientifique minutieuse et montre de facon irréfutable que la production d'armements n'est pas simplement un aspect particulier de la production capitaliste qui serait sans importance pratique pour la consommation des masses travailleuses. Depuis que ce livre a été écrit, l'expérience plusieurs feis répétée et celle que nous vivons actuellement plus particulièrement a confirmé cette démonstration que lon ne peut avoir en même temps des canons et du pain, pour ne plus parler de beurre.
La fin de ce chapitre sur le militarisme reprend la théorie spécifique de Rosa sur le capitalisme, à savoir qu'il ne peut vivre sans l'existence d'un milieu non-capitaliste (paysannerie dans les 40 métropoles, pays coloniaux). Cette partie fait encore lobjet de discussions parmi les marxistes. Sans nous prononcer sur la validité de cette partie des travaux théoriques de Rosa (et nous n'entendons pas minimiser l'importance du problème posé aux.
marxistes sur le plan de l'économie capitaliste), il est incontestable que dans la période présente sur le plan politique et stratégique.
le soulèvement du monde colonial porte des coups mortels au capifondements dans les plus puissantes métro. Quelles qu'aient été les divergences théoriques entre Lenine et Rosa sur le plan de l'économie, l'un et l'autre ont su comprendre l'importance exceptionnelle de ce monde non-capitaliste dans la lutte contre l'impérialisme et pour de la classe ouvrière dans sa lutte pour le socialisme.
Rappelons brièvement quelques notions d'économie marxiste dont la connaissance est indispensable pour la compréhension des pages ci-dessous de Resa.
La production capitaliste s'opère ainsi : le capitaliste qui dispose de mameres premieres, d'entreprises, de machines. achète la lorce de travail de l'ouvrier. L'application de cette force de travai aux machines, matières premières... donne un produit que le capitaliste amène comme marchandise au marché. La valeur de cette marohandise est constituée par la quantité de travail incorporée en elle ; elle comprend par conséquent : a) la quantité de travail incorporée aux machines, matières premières... qui passe dans produit tabrique; b) la quantité de travail apportée par Vouvrier dont le capitaliste a acheté la force de travail La première nartie retrouvant sans variation dans le produit fabriqué. Marx la désigne sous le nom de capital constant rouvrier présente un nom de capital constant c. La deuxième partie egale à la quantité de travail fournie par intérêt majeur pour le capitaliste. Payant à l'ouvrier la valeur mécessaire pour reproduire sa force de travail, son usage lui fournit un surplus de valeur. Il a besoin par exemple de l'équivalent de heures de travail (logement, vêtements, aliments..) pour reconstituer sa force de travail; mais celle-ci est employée pendant huit heures. Cette seconde partie de la valeur de la marchandise comprend donc la valeur de la force de travail payée à l'ouvrier (son salaire) ; comme elle fournit une valeur de grandeur variable suivant le temps pendant lequel elle est employée, Marx la désigne sous le nom de capital variable v. Le surplus de valeur empoché par le capitaliste constitue la plus-value pl.
Dans gro montongr to aie a plus vol est et parte or C'est la formule Marx de la production capitaliste. Nous ne pouvons que mentionner ici que diverses formes : profit, rente, intérêt, entre les mains des exploiteurs de la classe ouvrière : capitaliste, banquier, propriétaire terrien.
Enfin Marx, dans « le Capital », distingue dans la production deux sections, la section I qui est celle de la production
Production (machines...) et la section il qui est celle production des moyens de consommation. Cette distinction scientifique — que chacun connait aujourd'hui fort bien - est d'une importance pour expliquer le mécanisme des crises cycliques du capitalisme.
On peut donc exprimer la production totale pour une simmée sous la forme suivante :
C+v -pi= moyens de production -pl= movens de consommation. Si la société consommait totalement chaque année son produit et n'aceumulait pas, c'est-à-dire si l'on avait. affaire à ce qu'on appelle la « reproduction simple » il est aisé de montrer que ceci necessite qu'entre les grandeurs mentiennées existe l'égalité suivante : Le capital constant servant à la production des moyens de consommation doit être égal à la somme du capital variable et de la plus-value relative à la production des moyens de production. On vérifie tout de suite que le total du capital variable et de la plusvalue, c'est-à-dire la consommation totale des ouvriers et des capitalistes, est bien égale à la somme des moyens de consommation
Mais c'est un cas purement hypothétique. En fait, uné partie de la plus-value est capitalisée, accumulée par les capitalistes. La reproduction s'élargit, une partie de la production n'est consommés mi par les ouvriers ni par les capitalistes, mais entre dans un nouveau cycle de production. Rosa reprend dans son livre l'étude du schéma de la « reproduction élargie » établi par Marz. II va
-41 de soi que l'égalité 0'=v + al, la reproduetion simple, ne l'est pas pour la reproduction élargie. Dans le chapitre du livre de Rosa que nous reproduisons, elle reprend un des exemples donnés par Marx, chiffre comme suit : 1430 c 285 v - - 285 pl= 2000 moyens de consommation. On observe tout de suite que, dans ce schéma, dans les deux production capitaliste, la composition organique du capital (c'est-à-dire le rapport du capital constant au capital variable) un développement déja la production capitaliste. Dans son exemple, Mars suppose en outre qu'une moitié de la plus-value est accumulée. On observe que la quantité de moyens de production fabriqués (7000) la quantité de moyens de production employés dans le cycie (5000 + 1430). On observe aussi que la quantité des moyens de consommation fabriqués (2000) est inférieure la somme de capital variable consommé et de plus-value produite (2 fois 1000 + 285). C'est en partant de ce schéma que Marx étudie le mécanisme et le développement de l'accumulation dans les années suivantes, en supposant constants et la composiorganique du capital et le taux d'accumulation, C'est essentiellement cette question que Rosa traite dans son ouvrage, ou elle arrive aux conclusions signalées plus haut, Dans les pages que nous publions, elle reprend le schéma de Marx en vue d'examiner les conséquences du militarisme sur le mécanisme de l'accumuLe militarisme remplit une fonction tout à fait définie dans l'histoire du capital accompagnant phases historiques de l'accumulation. Il joue un rôle dans les premières étapes du capitalisme européen, dans la période de ce qui a été appelé l' « accumulation primitive », comme un moyen de conquête du Nouveau Monde et des territoires indiens producteurs d'épices. Plus tard, il est employé à soumettre les colonies modernes, à détruire les organisations sociales des sociétés primitives de manière à s'approprier leurs moyens de production, à introduire de force le commerce des marchandises là où la structure sociale y était défavorable, et à transformer les indigènes en prolétaires en les obligeant à travail_ ler aux colonies pour des salaires. Tl est responsable de la création et de l'expansion de sphères d'intérét du capital européen dans des territoires non-européens, l'extorsion de concessions de chemins de fer aux pays arriérés, et de l'imposition des exigences du capital européen à titre de prêteu" Enfin, le militarisme est une arme dans la concurrence menée entre pays capitalistes pour les territeires de civilisation non-capitaliste.
En outre, le militarisme a une autre fonction importante. Du point de vue de Téconomie pure, c'est un moyen prééminent de réalisation de plus-value, c'est en soi un domaine de l'accumulation. Dans l'étude de la question de savoir qui il faut compter comme acheteur pour la masse de produits contenant de la plus-value capitalisée, nous avons à maintes reprises refusé de considérer l'Etat et ses organes comme des consommateurs. Etant donné que leurs revenus dérivent d'autres origines, ils ont tous été placés dans la catégorie particulière de ceux qui vivent de la plus-vaine (ou en partie du salaire du travail) avec les professions libérales et les divers parasites de la société actuelle (roi, professeur, prostituée, mercenaire). Mais cette interprétation ne vaut qu'à deux conditions: premièrement, si nous admettons, en accord avec le diagramme de Marx, que l'Etat n'a pas d'autres sources de taxation que plus-valde capitaliste et les salaires (1) et deuxièmement, nous ne regardons l'Etat et ses organes, purement et simplement, que comme des consommateurs. Si la question tourne autour de la consommation personnelle organes d'Etat (ainsi que des « mercenaires »), le fait est que la consommation est en partie transférée de la classe ouvrière aux parasites de la classe capitaliste, pour autant que ce sont les ouvriers qui règlent l'addition.
(1) Le Dr Renner fait de cette hypothèse la base de son traité de fiscalité. « Chaque particule de valeur créée au cours d'une année est faite de quatre parties : profit, intérêt, rente et salaire, et l'impôt annuel ne peut donc être prélevé que sur celles-ci. » (Das arbeitende Volk und die Steuern, 1909). Bien que Renner mentionne immédiatement les paysans, il les écarte en une seule phrase : « Un paysan est simultanément entrepreneur, ouvrier et propriétaire terrien, sa production agricole lui fournit le salaire, le profit et la rente, tout en an. > C'est évidemment exprimer une abstraction vide de sens que d'appliquer toutes les catégories de la production capitaliste à la paysannerie, de concevoir le paysan entrepreneur, un salarié et un propriétaire terrien réunis en une seule personne. Si, comme Renner. nous voulons mettre le paysan dans une seule catégorie, sa particularité du point de vue de l'économie réside dans le fait même qu'il n'appartient ni à la classe des entrepreneurs capitalistes ni à celle du prolétariat salarié, qu'il n'est pas du tout un représentant du capitalisme mais de la production simple de marchandises. 42
Admettons un instant que les impôts indirects extorqués aux ouvriersa payer signifie une consommation, sont entièrement utilisés les traitements des fonctionnaires d'Etat et à alimenter l'armée régulière. Il ny aura alors pas de changement dans la reproduction du capital dans son ensemble. Les deux sections Il et I restent constantes parce que la société, dans son ensemble, exige encore les mêmes sortes de produits dans les mêmes quantités. Seul v en tant que marchandise « force de travail » a changé de valeur par rapport aux produits de la section II, c'est-à-dire par rapport aux moyens de
La même quantité de monnaie représentant la force de travail v est maintenant échangée pour une quantite moindre de moyens de subsistance. Qu'arrive-t-il aux produits de la section Il qui restent alors? A la place des ouvriers, ce sont maintenant les fonctionnaires d'Etat et l'armée régulière qui les reçoivent. Les organes de l'Etat capitaliste reprennent pour eux la consommation exactement sur la même échelle. Bien que les conditions de la reproduction soient restées stables, il y a eu une redistribution du produit total. Une partie des produits de la section II, initialement prevus entièrement pour la consommation des ouvriers en équivalent de v, est maintenant allouée aux parasites de la classe capitaliste pour leur consommation. Du point de vue de la ceproduction sociale, tout se passe comme si la plus-value relative avait ete initialement supérieure d'une certaine quantité, laquelle est ajoutée à la consommation de la classe capitaliste et de ses parasites.
Jusque là l'exploitation brute des travailleurs, par le mécanisme de l'impôt indirect, pour l'entretien des fonetionnaires de l'Etat capitaliste équivaut simplement à un accroissement de la plus-value, c'est-à-dire de la partie de celle-ci qui est consommée. La différence réside en ce que ce nouvel enlèvement de plusvalue au capital variable ne survient que plus tard, après qu'ait été accompli l'échange entre le capital et le travail. Mais la consommation par les organes de l'Etat capitaliste n'a pas de portée sur la réalisation de la plus-value capitalisée, parce que la plus value additionnelle pour cette consommation - bien qu'elle se fasse aux dépens des ouvriers — est créée après coup. D'autre part, si les ouvriers ne payaient pas la plus grande partie de l'entretien des fonctionnaires, ce seraient les capitalistes eux-mêmes qui auraient à en supporter tous les frais. Une partie correspondante de leur plus-value devrait être directement assignée au maintien des organes de leur domination de classe, soit aux dépens de la production qui devrait être correlativement réduite, soit — ce qui est pus probable - en provenance de la plus-value destinée à leur consommation. bes capitalistes devraient capitaliser sur une échelle moindre parce qu'ils auraient à contribuer davantage a. la préservation immédiate de leur propre classe. Dans la mesure où ils transfèrent à la classe ouvrière (et aussi aux représentants de la production simple de marchandises, tels que les paysans et les artisans) la charge principale de leurs parasites, les capitalistes ont une plus grande partie de plus-value disponible pour la capitalisation. Mais jusque là n'est née aucune occasion d'effectuer une telle capitolisation, c'est-à-dire qu'aucun marché n'est devenu disponible pour la plus. value, marché dans lequel elle pourrait produire et réaliser de nouvelles marchandises. Mais lorsque les sommes amassées par les Finances au moyen des impôts sont utilisées à la production d'armements, le tableau change
Au moyen des impôts indirects et des tarifs protecteurs élevés, la note du militarisme est réglée principalement par la classe ouvrière et les paysans. Il faut considérer séparément ces deux sortes d'impositions. Du point de vue de léconomie, en ce qui concerne la classe ouvrière cela équivaut à ce qui suit: à condition que les salaires ne soient pas élevés de manière à compenser la hausse du prix des aliments — ce qui est à présent le sort de la plus grande partie de la classe ouvrière, y compris de la minorité organisée syndicalement, raison de la pression des cartels et des organisations patronales (2) - l'impôt indirect signifie qu'une partie du pouvoir d'achat de la classe ouvrière est transférée à l'Etat. Maintenant comme avant, le capital variable, en tant que quantité fixée d'argent, mettra en mouvement une quantité appropriée de travail vivant, c'est-à-dire servira employer la quantité appropriée de capital constant dans la production et à produire la quantité correspondante de plus-value. Aussitôt que le capital a complété son cycle, il est divisé entre la classe ouvrière et l'Etat: les ouvriers aban. donnent la partie qui est destinée à l'Etat de l'argent qu'ils reçoivent comme salaires. Le capital s'est approprié totalement l'ancien capital variable sous sa forme matérielle, comme force de travail, mais la classe ouvrière ne retient qu'une partie du capital variable sous forme d'argent, l'Etat en exigeant le reste. Et ceci arrive invariablement après que le capital a parcouru son cycle entre le capitaliste et l'ouvrier ; cela a lieu, pour ainsi dire, dans le dos du capital, sans s'attaquer en un point queleonque directement aux stades vitaux de la circulation du capital et de la production de plus-value, de sorte que cela ne concerne pas immédiatement cette production. Cependant, cela affecte tout de même les conditions de la reproduction
(2) Ce serait dépasser le cadre du présent traité que de s'occuper des cartels et des trusts en tant que phénomènes spécifiques de la phase impérialiste. Ils sont dûs à la concurrence intérieure qui existe entre groupes capitalistes pour un monopole des sphères existantes d'accumulation et pour la distribution des profits.
subsistance.
du capital dans son ensemble. Le transfert d'une partie du pouvoir d'achat de la classe ouvrière à l'Etat entraine une diminution proportionnelle dans la consommation des moyens de subsistance par la classe ouvrière. Pour le capital dans son ensemble, cela signifie qu'il faut produire une plus petite quantité de biens de consommation pour la classe ouvrière, à condition que le capital variable (sous la
Sargent et comme force de travail) et la masse de plus-value appropriée restent tous deux constants, de sorte que les ouvriers reçoivent une plus petite partie du produit total. Dans le processus de reproduction du capital total, moyens de subsistance seront alors produits en quantités inférieures à la valeur du capital variable, en raison de la variation dans le quotient entre la valeur du capital variable et la quantité de moyens de subsistance dans laquelle il est réalisé, à condition que le salaire-argent des travailleurs reste constant, conformément à notre prémisse, ou du moins ne s'élève pas trop et ne contrebalance pas l'augmenprix des aliments. Cette augmentation représente le taux de l'impôt indirect.
Comment seront ajustés les rapports matériels de reproduction ? Lorsque moins de moyens de subsistance sont nécessaires au renouvellement de la force de travail. une quantité correspondante de capital constant et de travail vivant devient disponible et peut alors être utilisée à produire d'autres marchandises, en réponse à une nouvelle demande effective surgissant au sein de la société. Eile provient de l'Etat qui s'est approprié, au moyen de la fiscalité, la partie voulue du pouvoi. d'achat des ouvriers. Mais cette fois, l'Etat n'exige pas des moyens de subsistance (après tout ce qui a déjà été dit au chapitre des « tierces personnes », nous ignorerons la demande en moyens de subsistance pour les fonctionnaires, également satisfaite par l'impôt), mais il a besoin d'une espèce particulière de prolaquelle est duit, à savoir les armes dont le militarisme a besoin pour faire la guerre sur la terre et sur les mers.
A nouveau nous prendrons le second diagramme d'accumulation de Marx comme base de recherche des changements résultant dans la reproduction sociale :
T. - 1430 ¢ + I.-1,500 c 1.000 v 1.000 pl = 7.000 moyens de production. 11. - 1.430 c 285 v + 285 pl = 2.000 moyens de subsistance. Supposons maintenant qu'en raison de l'impôt indirect et de l'augmentation résultante du prix des moyens de subsistance, la classe ouvrière dans son ensemble diminue sa consommation de, disons, salaires réels. Comme auparavant, les ouvriers reçoivent 1,000+285v = 1.285v en argent, mais pour argent ils ne reçoivent des moyens de subsistance que pour une valeur de 1.185. ues 100 unites qui représentent l'augmentation imposée aux prix des aliments vont à l'Etat qui reçoit en outre des impôts de guerre de la part des paysans, etc., pour une valeur de 150 unités, ce qui porte le tout à 250 unités. Ce total constitue une nouvelle demande - la demande en armements. Toutefois, pour l'instant, nous ne demande en armements pour une valeur de 100 doit être satisfaite par la création sommes intéressés qu'aux 100 unités prises sur les des ouvriers. Cette d'une branche de production appropriée qui exige un capital constant de 71,5 et un capital variable de 14,25, en supposant la composition organique moyenne indiquée dans le diagramme de Marx.
71,5 c + 14,25 v + 14,25 pl = 100 armes de guerre. Cette nouvelle branche de production exige en outre que soient produits 71,5 moyens de production et environ 13 moyens de subsistance, parce que, bien entendu. Is salaires réeis des ouvriers sont également inférieurs d'environ un treizième.
On pourrait répliquer en disant que le profit revenant au capital de cette nouvelle expansion de la demande se trouve simplement sur le papier, parce que la réduction de la consommation réelle de la classe ouvrière aura inévitablement pour résultat une réduction correspondante des moyens de subsistance produits. Elle prendra la forme suivante pour la section II.
71,5 c + 14,25 v + 14,25 pl = 100. En outre, la section I devra aussi se contracter d'une manière correspondante, de sorte que, par suite de la réduction de la consommation de la classe ouvrière, les équations pour les deux sections seront:
I. - 4.949 c + 989,75 v + 989,75 pl = 6.928,5. 11. - 1.358,5 c + 270,75 v + 270,75 pl = 1.900. Si, par le truchement de l'Etat, les mêmes 100 unités entraînent maintenant une production d'armements d'un volume égal, avec un stimulant correspondant à la production de moyens de production, ceci semble à première vue ne donner lieu qu'a un changement relatif aux formes matérielles de la production sociale: au lieu d'une quantité de moyens de subsistance on a maintenant produit une quantité d'armements. Le capital n'aurait gagné de la main gauche que ce qu'il a perdu de la main droite. Ou bien nous pourrions dire que le grand nombre de capitalistes produisant des moyens de subsistance a perdu une demande effective en faveur d'un petit groupe de gros fabricants d'armements.
Mais ce tableau est valable seulement pour un capital individuel. Dans ce cas il n'y a aucune différence, que la production soit engagée dans une sphère d'activité ou dans une autre. En ce qui concerne le capitaliste individuel, il ne connait pas de sections telles que le diagramme les distingue dans la production totale. Il ne connait que des marchandises et des acheteurs, et il lui est tout à fait indifférent 44 de prodüire des instruments de vie ou des instruments de mort, du bœuf en conserve ou des plaques de blindage.
Des adversaires du militarisme font fréquemment appel à ce point de vue pour montrer que les fournitures militaires en tant qu'investissement du capital ne font que prendre le profit de la poche d'un capitaliste pour le mettre dans celle d'un autre capitaliste (3). D'autre part, le capital et ses avocats essayent de bourrer le crâne à la classe ouvrière à ce sujet en lui inculquant l'idée que les impôts indirects ei la demande de l'Etat n'entraînent qu'un changement dans la forme matérielle de la reproduction ; des croiseurs et des canons seraient produits à la place d'autres marchandises, mais donneraient aux ouvriers une vie aussi bonne sinon meilleure.
Un coup d'iceil sur le diagramme montre combien peu de vérité il y a dans cet argument en ce qui concerne les ouvriers. Pour faciliter la comparaison, supposerons que les usines d'armements empioient autant d'ouvriers qu'en employait auparavant la production de moyens de subsistance pour la classe ouvrière. 1.285 unités seront donc payées à titre de salaires, mais n'achèteront des moyens de subsistence que pour une valeur de 1.185.
Tout cela apparait différent du point de vue de la perspective du capital dans Pour celui-ci, les 100 unités mises à la disposition de l'Etat qui représentent la demande en armements constituent un nouveau marché. A l'origine, cet argent était du capital variable et en tant que tel avait fait son œuvre, ayant été échangé pour du travali vivant qui a produit de la plus-value. Mais la circulation du capital variable a alors brusquement été interrompue, cet argent a été retiré et apparait maintenant comme constituant un nouveau pouvoir d'achat qui se trouve dans la possession de l'Etat. Il a été créé comme par un tour de passe-passe, mais a cependant les mêmes effets qu'un marché nouvellement ouvert. Bien entendu, pour le moment, le capital est privé de la vente de 100 unités de moyens de consom. mation à la classe ouvrière, et le capitaliste individuel considère l'ouvrier comme un consommateur et un acheteur de marchandises tout aussi bon qu'un autre, fut-ce un capitaliste, l'Etat, un paysan, des pays étrangers, etc. Mais n'oublions pas que pour le capital dans son ensemble l'entretien de la classe ouvrière n'est qu'un mal nécessaire, qu'un moyen vers la fin réelle de la production : la création et la réalisation de plus-value. S'il était possible d'extorquer la plus-value sans donner au travail une mesure équivalente de moyens de subsistance, ce n'en irait que mieux capital. Pour commencer - le prix des aliments restant constant - l'impôt indirect a les mêmes effets que si les capitalistes avaient réussi à diminuer les salaires de 100 unités sans réduire le travail accompli, étant donné qu'une production moindre de moyens de consommation est également le résultat inévitable de diminutions de salaires constantes. Quand les salaires sont fortement réduits, le capital ne s'inquiète pas d'avoir à produire moins de moyens de subsistance pour les ouvriers ; en fait il se réjouit de pouvoir le faire à toute occasion, de même, le capital dans son ensemble ne sinquiete pas si la demande effective de la classe ouvrière en moyens de subsistance est réduite par l'impôt indirect sans être compensée par une augmentation de salaires. Ceci peut sembler étrange, parce que dans ce dernier cas le surprus de capital variable va dans les caisses de la Trésorerie tandis qu'avec une diminution directe des salaires, il reste dans les poches des capitalistes et - le prix des marchandises restant constant — augmente la plus-value relative. Mais une diminution constante et universelle du salaire-argent ne peut être effectuée qu'en de rares occasions, notamment quand l'organisation syndicale est fortement développée. Il y a de fortes barrières politiques et sociales à cette aspiration favorite du capital. Une diminution du salaire réel au moyen de l'impôt indirect, d'autre part, peut être réalisée rapidement, aisément et universellement et il faut habituellement un certain temps avant que les protestations ne se fassent entendre; en outre, l'opposition est confinée au domaine politique et n'a pas de répercussions économiques immédiates. La réduction résultante dans la production de moyens de subsistance ne représente pas une perte de marchés pour le capital dans son ensemble mais plutôt une économie dans le coût de production de la plus value. La plus-value n'est fut alors grandement loué par les marxistes russes : « Dans ce contexte nous devons distinguer (3): Dans une réponse à Vorontsov, le Professeur Manuilov, par exemple. écrivit ceci qui capitaliste dans son ensemble. Pour les fabricants de canons, de fusils et d'autres matériels de strictement entre un groupe d'entrepreneurs produisant des armes de querre et la classe vraiment tout à fait possible que l'abolition du système de paix armée guerre, l'existence du militarisme est sans aucun doute profitable et indispensable. Il est Krupp. Toutefois, ce qui est en question, ce n'est pas un groupe spécial d'entrepreneurs mais provoque la ruine de rapport il faut toutefois noter que « si le fardeau de l'impôt tombe principalement sur la les capitalistes en tant que classe, la production capitaliste dans son ensemble. » ce population, laborieuse. tout accroissement de ce fardeau diminue le pouvoir d'achat de la population et par conséquent la demande en marchandises ». Ce tait est pris comme preuve do capitalistes mais en même temps nuit à tous les autres, inscrivant un profit d'une part mais sous l'aspect de la production d'armements. en tait « enrichit un groupe une perte de l'autre ». (Vesnik Prava, Journal de la Société du Droit, Saint-Pétersboura, 1890, n° T, « Militarisme et Capitalisme »).
¡amais réalisée par la production de moyens de subsistance pour les ouvriers, si nécessaire que soit la reproduction du travail vivant pour la produition de plis-value.
Mais pour revenir à notre exemple : 5.000 c + 1.000 v + 1.000 pl = 7.000 moyens de production. TI. - 1.430 c + 285 v + 285 pl = 2.000 moyens de subsistance. A première vue il semble que la section II crée et réalise la plus-value dans le processus de production de moyens de subsistance pour les ouvriers tout; aussi bien que la section I dans la production des moyens de production nécessaires. Mais si nous prenons le produit social dans son ensemble, l'illusion disparait. Dans ce cas l'équation devient :
6.430 c + 1.285 v + 1.285 pl = 9.000. Maintenant, si les moyens de subsistance des ouvriers sont diminués de 100 unités, la contraction correspondante des deux sections donnera les équations suivantes:
989,75 + 989,75 pl =6.928,5. TI. -- 1.358,5 c + 270,75 v + 270,75 pl = 1,900. et pour le produit social dans son ensemble:
6.307,5 c + 1.260,5 v + 1.260,5 pl = 8.828,5. Ceci ressemble à une diminution générale à la fois du volume total de la production et de la production de plus-value, mais il en est ainsi seulement si nous observons uniquement les quantités abstraites de valeur dans la composition du produit total; il n'en est pas ainsi en ce qui concerne la composition matérielle de celui-ci. En regardant de plus près nous trouvons que, sauf l'entretien des travailleurs, rien n'a effectivement diminué. Sans doute on fabrique maintenant moins de moyens de subsistance et de moyens de production, mais qui n'avaient d'autre fonction que de maintenir les ouvriers. Le produit social est plus petit et on utilise moins de capital - mais l'objet de la production capitaliste n'est pas simplement d'employer le plus de capital possible, c'est de produire le plus de plus-value possible. Le capital n'a diminué que parce qu'une plus petite quantité suffit à entretenir
Si le coût total de l'entretien des ouvriers employés dans la société s'élevait à 1.285 unités dans le premier cas, la diminution actuelle du produit social les ouvriers. de 171,5 (la différence entre 9.000 et 8.828,5) porte sur cette charge d'entretien, et il résulte un changement dans la composition du produit social:
6.430 c + 1.113 v + 1.285 pl = 8.828,5. Le capital constant et la plus-value restent inchangés et seul le capital variable, n'est pas affecté, nous pouvons tenir compte du fait que, comme il arrive dans la le travail payé, a diminué. Ou, dans le cas où l'on douterait que le capital constant pratique réelle, avec la diminution des moyens de subsistance pour les ouvriers, y aura simultanément une diminution correspondante du capital constant. L'équation social produit dans son ensemble serait alors :
6.307,5 c + 1.236 v + 1.285 pl = 8.828,5. Bien que le produit social soit plus petit, il n'y a en tout cas pas de changement en ce qui concerne la plus value et c'est seulement le coût de l'entretien des ouvriers qui a baissé.
En d'autres termes, la valeur de tout le produit social peut étre définie comme consistant en trois parties, le capital constant total de la société. le capital variable total, et sa plus-value totale, la première série de produits ne contenant pas de travail supplémentaire, la deuxième et la troisième pas de moyens de production. En ce qui concerne leur forme matérielle, tous ces produits sont formés dans la de production donnée — bien que du point de vue de la valeur le capital constant ait été produit dans une période antérieure et soit simplement transféré à des produits nouveaux. Sur cette base, nous pouvons également diviser tous les ouvriers employés dans ces trois catégories qui s'excluent mutuellement en ceux qui produisent le capital constant total de la société, ceux qui pourvoient à l'entre tien de tous les ouvriers, et enfin ceux qui créent toute la plus-value de la classe capitaliste. Donc, si la consommation des travailleurs est diminuée, seuls des ouvriers de la deuxième catégorie perdront leur emploi. Par hypothèse, ces ouvriers n'ont jamais créé de plus-value pour le capital et. par conséquent, leur renvoi ne constitue du point de vue capitaliste une perte mais un gain puisqu'il diminue le coût de production de la plus-value.
La demande de l'Etat qui naît en même temps, offre la séduction d'une nouvelle sphère d'attraction pour la réalisation de la plus-value. Une partie de l'argent circulant comme capital variable se libère de ce cycle et, dans la Trésorerie de l'Etat, constitue une nouvelle demande. Pour la technique fiscale, bien entendu l'ordre des évé nements est plutôt différent, car le montant des impôts indirects est effectivement avancé a l'Etat par le capital et est simplement remboursé aux capitalistes lora de la vente de leurs marchandises, en tant que partie du prix de celles-ci. Mais du point de vue de l'économie, cela n'entraine pas de différence. Le point crucial est que la quantité d'argent qui a la fonction de capital variable doit d'abord s'entremettre dans l'échange entre le capital et la force de travail. Plus tard. lorsque se produit un échange entre ouvriers et capitalistes respectivement comme acheteurs et ven. deurs de marchandises, cet argent change de mains et va à l'Etat comme impôt. Cet argent que le capital a mis en circulation remplit d'abord sa fonction première dans l'échange avec la force de travail, mais ensuite, par l'intermédiaire de l'Etat, il commence une carrière tout à fait nouvelle. En tant que nouveau pouvoir d'achat 46
INTERNATIONALE QUATRIEME qui n'appartient ni au travail ni au capital, il devient intéressé à de nouveaux capitalistes ni à la ciasse ouvrière, et qui offre ainsi au capital de nouvelles occaproduits dans une branche particulière de la production qui ne pourvoit ni aux sions de création et de réalisation de plus-value. Lorsque plus haut nous avions admis que les impôts indirects extorqués aux ouvriers étaient utilisés à payer les fonctionnaires et à approvisionner l'armée, nous avions trouvé que « l'économie » dans la consommation de la classe ouvrière signifiait que les ouvriers plutôt que les capitalistes avaient à payer pour la consommation personnelle des parasites de la classe capitaliste et les instruments de sa domination de classe. Cette charge étant transférée de la plus-value au capital variable, une quantité correspondante de plusvalue devenait disponible à des fins de capitalisation. Maintenant nous voyons comment les impôts extorqués aux ouvriers offrent une nouvelle occasion au capital gaund ils sont utilisés pour la fabrication d'armements.
Sur la base des impôts indirects, le militarisme pratiquement fonctionne des deux manières. En diminuant le standard normal de vie de la classe ouvrière, il permet à la fois le maintien d'une armée régulière, organe de la domination capitaliste, et la prospection d'un impressionnant domaine de nouvelle accumulation (4).
Nous avons encore à examiner la seconde source du pouvoir d'achat de l'Etat qui a été mentionnée dans notre exemple, à savoir les 150 unités sur le total de 250 investies dans les armements. Elles diffèrent essentiellement des 100 unités considéréer ci-dessus en ce qu'elles ne sont pas fournies par les ouvriers mais par la petite bougeoisie, c'est-à-dire par les artisans et les paysans (A ce sujet nous pouvons ignorer la contribution relativement faible de la classe capitaliste elle même.)
L'argent arrivant à l'Etat des impôts sur les masses paysannes — tous les consommateurs non-prolétariens étant désignés par ce terme générique - n'a pas été initialement avancé par le capital et ne s'est pas détaché du capital en circulation. Aux mains du paysan, c'est l'équivalent de marchandises qui ont été réaltées. la valeur d'échange de la production simple de marchandises. L'Etat recoit maintenant une partie du pouvoir d'achat des consommateurs non-capitalistes, c'est-a-dire du pouvoir d'achat qui se trouve déjà libre de réaliser la plus-value pour l'acoumulation capitaliste. Maintenant se pose la question de savoir si des changements résulteront pour le capital, et dans ce cas lesquels, lorsqu'on transfère le pouvoir d'achat de ces couches à l'Etat pour des fins militaristes. Il semblerait presque que nous ne soyons encore arrivés qu'à une autre modification dans la forme matérielle de la reproduction. Le capital produirait maintenant un équivalent en matériel de guerre pour l'Etat au lieu de produire de grandes quantités de moyens de production et de movens de subsistance pour les paysans consommateurs. Mais en fait les ciangements sont beaucoup plus profonds. D'abord et surtout l'Etat peut emplove le mécanisme fiscal pour mobiliser des quantités beaucoup plus grandes de peuvoi. d'achat des consommateurs non capitalistes que celles dépensées ordinairement par ceux-ci pour leur propre consommation.
A vrai dire le système moderne fiscal est largement responsable de l'instauration de l'économie des marchandises chez les paysans. Sous la pression des impôts, le paysan doit changer une plus grande quantité de ses produits en marchandises et en même temps il doit acheter davantage. L'impôt pousse les produits de l'économie produits capitalistes. Finalement, sur la base de la production de marchandises dans paysanne dans la circulation et oblige les paysans à devenir les acheteurs des le style paysan, le système fiscal attire une quantité du pouvoir d'achat de l'économie paysanne plus grande que celle qui normalement deviendrait active.
Ce qui normalement aurait été thésaurisé par les paysans et les classes moyennes inférieures jusqu'à devenir suffisamment grand pour pouvoir être investi dans les caisses d'épargne et d'autres banques est maintenant libre de demande effective et une occasion d'investissement. En outre, les multiples demandes individuelles insignifiantes pour toute une série de marchandises qui deviendraient effectives à différents moments et qui pourraient tout aussi bien être satisfaites par la production simple de marchandises sont maintenant remplacées demande globale et homogène de l'Etat. Et la satisfaction de cette demande présuppose une grande industrie du type le plus élevé. Elle exige les conditions les plus favorables à la production de plus-value et à l'accumulation. Sous la contrats gouvernementaux de fournitures militaires, le pouvoir d'achat épare consommateurs est concentré dans de grandes quantités et, libéré des humeurs et des fluctuations subiectives de la consommation personnelle, il acquiert une régularité presque automatique et une croissance rythmique. Le capital lui-même commande finalement ce mouvement automatique et rythmique de la production militaire moyen du Parlement et de la presse dont la fonction est de façonner la soi-disant
(4) Finalement, la détérioration des conditions normales dans lesquelles la force de travail est renouvelée provoquera une détérioration du travail lui-même, elle diminuera Tefficacité mivenne et la productivité du travail et ainsi mettra en danger les conditions de la production de la plus-value. Mais le capitalisme ne ressent pas ces résultats pendant une longue période et par conséquent ceux-ci n'entrent pas immédiatement dans ses calculs économiques, sauf dans la mesure où ils provomment des mesures de défense beaucoup plus importantes de la part des salariés en général.
* opinion publique ». C'est pourquoi ce domaine particulier de l'accumulation capitaliste semble à première vue susceptible d'une expansion infinie. Toutes les autres tentatives d'expansion des marchés et d'établissement de bases d'opération pour le capital dépendent dans une grande mesure de facteurs historiques, sociaux et politiques qui échappent au contrôle du capital, tandis que la production pour le militarisme constitue un domaine dont l'expansion régulière et progressive semble déterminée en premier lieu par le capital lui même.
De cette façon le capital fait de nécessité vertu : la concurrence toujours plus féroce dans le monde capitaliste lui-même fournit un domaine d'accumulation de première grandeur. Le capital emploie de manière croissante le mettre en application une politique extérieure et coloniale destinée à se saisir des moyens de production et de la force de travail de pays et de sociétés non-capitalistes. Ce même militarisme travaille de la même façon dans les pays capitalistes détourner une partie du pouvoir d'achat des couches non-capitalistes. Les représentants de la production simple de marchandises et la classe ouvrière sont également affectés de cette manière. A leurs dépens, l'accumulation du capital est portée à la puissance la plus élevée, abaissant le standard de vie des autres. Inutile de dire qu'au bout d'une certaine étape les conditions de l'accumulation tant à l'intérieur qu'à l'étranger se transforment en leur contraire et deviennent des conditions de déclin du capitalisme.
Plus le capital s'emploie à détruire brutalement les couches non-capitalistes chez lui et dans le monde extérieur, plus il abaisse le standard de vie des travailleurs dans leur ensemble et plus est grand le changement dans l'histoire quotidienne du capital. Celle-ci devient une chaine de désastres et de convulsions politiques et sociales, et marquée dans ces conditions par des catastrophes et des crises économiques périodiques, l'accumulation ne peut plus se poursuivre.
Mais avant même que ne soit atteinte cette impasse économique naturelle créée par le capital lui-même, il est devenu nécessaire à la classe ouvrière internationale de se révolter contre la domination du capital.
Le capitalisme est le premier mode d'économie muni de l'arme de la propagande, un mode qui tend à absorber le globe entier et à toutes les autres économies, car il ne tolère aucun rival à ses côtés. Mais en même temps c'est aussi le premier mode d'économie qui est incapable d'exister par lui même et qui a besoin d'autres systèmes économiques comme milieu et comme terrain. Bien qu'il tende à devenir universel et, à vrai dire, à cause de cette tendance propre, il doit s'effondrer car il est congénitalement incapable de devenir une forme de production universelle. Dans son histoire vivante c'est une contradiction en soi, et la marche de son accumulation fournit une solution au conflit et aggrave en même temps celui-ci. A une certaine étape du développement il n'y aura pas d'autre issue que l'application des principes socialistes. Le but du socialisme n'est pas l'accumulation mais la satisfaction des besoins de l'humanité travailleuse par le développement des forces productives de toute la terre. Et ainsi nous trouvons que le socialisme par sa nature même est un système économique harmonieux et universel.