Ibrahim gelar Datoek Tan Malakka est né dans le Nord-ouest de l'ile de Sumatra aux environs de 1895. Sa date de naissance exacte est inconnue. Il suivit les cours de l'Ecole Normale gouvernementale à Fort de Kock, à Sumatra, et passa ses examens d'instituteur aux Pays-Bas. Dès lors, i était un socialiste convaincu. L'Association socialdémocrate indonésienne (I.S.D.V.), Jondée en mai 1914 par Sneevliet, Brandsteder et H. W. Delker, publia le premier numéro de son organe « Het Vrije Woord » (La Parole Libre) le 10 octobre 1915, et nous y trouvons un salut signé par « le camarade Tan Malalka ». Dès ce moment. Tan Malakka etait bien connu des milieux marxistes de Hollande et d'Indonésie.
Depuis lors, toute la vie du révolutionnaire intransigeant indonésien a été consacrée à l'émancipation des masses indonésiennes et, par delà les frontières de son pays, à l'émancipation de toutes les masses coloniales. Ce n'est pas seulement sur le plan politique et économique -Tan Melakka dirigea longtemps une organisation syndicale révolutionnaire et mena de nombreux mouvements grévistes - qu'il déploya cette activité libératrice. Ii devint une figure légendaire par sa lutte contre l'analphabétisme. I fonda de nombreuses écoles, appelées nombreuses écoles « Sarikat Rajat », et ce mouvement d'éducation élémentaire des masses prit une telle envergure que l'impérialisme le considéra à juste titre comme une arme contre l'oppression colonialiste et décida de le briser.
En effet, l'enseignement organisé par Tan Malakka avait une base nettement prolétarienne. On n'éduquera pas seulement les élèves dans l'art de lire, d'écrire et de calculer, mais on leur apprenait encore à apprécier les conditions sociales du point de vue prolétarien. On leur enseignait les principes fondamentaux de plusieurs métiers. On développait l'esprit d'initiative des élèves et plusieurs expériences produirent des résultats des plus intéressants. Les élèves fabriquaient eux-mêmes la plupart des ustensilles scolaires, tels que bancs et tableaux noirs. L'école était le centre d'une vie culturelle et organisationnelle intense, à laquelle participaient tous les élèves. On éditait un journal d'enfants. Toutes les écoles étaient subordonnées à une commission et à une caisse centrale qui coordonnaient leur activité. Tout cela était réalisé sans recevoir le moindre subside de la part des autorités. Les frais étaient réduits au minimum, et ce minimum était couvert entièrement par des contributions librement consenties. Comme Tan Malakka lui-même, les instituteurs se contentaient d'être logés et nourris par des sympathisants ou des intéressés, c'est-à-dire des parents d'élèves. L'appui populaire que Tan Malakka obtint pour ce mouvement se manifesta lors de Pinterdiction par les autorités néerlandaises locales d'une fancy fair en novembre 1921, à Semarang. D'après les journaux de l'époque la manifestation de protestation, qui eut lieu le 13 novembre 1921, rassembla pendant la journée 4.000 femmes et le soir, 5.000 hommes. Malgré interdiction de la tants chantèrent
« ville de Semarang ville assiégée. A la police, les manifesl'Internationale ». La eut l'aspect d'une suite de ces événements et de l'ensemble de son activité, Tan Malakka fut expulsé d'Indonésie le 2 mars 1922, sur ordre manuscrit secret du chef de l'administration impérialiste à Semarang, du directeur de la justice et du procureur général.
Après avoir milité dans l'Association social-démacrate indonésienne (I.S.D.V.) Tan Malakka fut un des fondateurs du Parti Communiste Indonésien, le 23 mai 1920. Après son expulsion d'Indonésie, il
VATRIEME IN T entreprit un long voyage pour assiter au IV" Congrès de l'Internationale Communiste comme délégué officiel de son parti. I y demanda aur dirigeants de /Internationale de modifier leur attitude envers le mouvement pan-islamique, et se prononça en faveur d'un soutien ce mouvement. D'après lui, le panislamisme n'était qu'un mouvement de rassemblement des musulmans contre leurs oprresseurs impérialistes.
Cette position de Tan Malakka s'explique par les conditions politiques culieres de son propre pas messi bien Association social-démocrate indonéque le P.C. Indonésien avaient trouvé leur champ de travail et de recrutement fertile au sein du SARIKAT ISLAM, lorganisation de masse des musulmans au caractère nationaliste modéré, et à base prolétarienne très Torte. En 1916, le Sarikat Islam comptait deja 360.000 membres. Il était a ce moment en faveur d'une administration indonésienne autonome, à obtenir PrOgressicement et de façon strictement legale, Mais en 1017, Il vota une résolution condamnant les • péchés du capitalame 2, surtout grace (11400 efforts de Tan Malakka en son деін; el CECi qua le début de son essor de maise, que fit qu'en 1919, le Sarikat Islam, comptait 2 millions de membres / Au 6° Congrés du Sarikat Inlam, en 1021, Vorganisarion se transforma en parti avce sa discipline propre et ferma ses portes a Tan Malakka et aux autres dirigeants du P.C. Comprenant l'importance de cette organisation pour le développement de la lutte des masses anti-impérialistes, Malala s'efforca de lancer a nouveau un pont vers elle, en faisant modifier Pattitude de VI.C. sur la question du panislamisme.
Tan Malakka rerésenta également son parti au V° Congrès de Internationale Communiste, ensemble avec Semaoen.
Toute cette période fut une période de maturation d'une première avant-garde révolutionnaire en Indonésie. Tan Malakka rédigea plusieurs ouvrages dans lesquels il esquissa le programme de la révolution indonésienne. Son livre « Vers la République d'Indonésie » publié en 1925, contient une « stratégie pour la conquête du pouvoir ». Il y distingue trois étapes successives de la lutte contre la domination impérialiste néerlandaise :
1) La conquête de la majorité des masses prolétariennes développées de la population, concentrées dans la vallée du Solo, sur l'ile de Java .
2) La destruction des principales forces militaires néerlandaises concentrées dans le Preanger, et
3) La conquête du pouvoir politique par la destruction des institutions étatiques de Batavia.
Cette distinction qui témoigne d'une compréhension déjà approfondie des conditions de la lutte révolutionnaire, constituait en même temps un avertissement contre les tendances putschistes d'une aile de la direction du P.C. indonésien. Celle-ci voulait organiser immediatement une insurrection, avant que la
ER NATIONALE majorité des travailleurs n'ait été conquise à cette idée. 4 la veille des événements de novembre 1926, Tan Malakka déclare : « Il ne faut pas se baser sur les espoirs exagérés des dirigeants d'une révolution. Il faut tout d'abord être sür de l'esprit révolutionnaire des masses ». Mais les avertissements de Tan Malalka ne furent pas écoutés. L'insurrection éclata en novembre 1926 et fut réprimée dans le sang. 3.000 personnes furent arrêtées ensuite dans TOuest de Java, 2.000 dans l'Ouest de Sumatra, et 1.308 furent internés dans le sinistre camp de concentration de Tanah Merah.
Une étude des conditions dans lesquelles cette insurrection fut déclenchée montre immédiatement combien Tan Malalcka avait raison de la caractériser comme un putsch, dont les doum dirgeants du P.C, Muso (tud en 1948) et Alimin (actuel dirigeant du P.O. stalinien en Indondale) Entent responsables. Le P.C. ne comptait 1924 мо 1,140 membres. et Hon de converture. Barikat Kajat (sortie de la Sarikat Islam) en comptait environ 31.000.
Hata 300 participèrent
Otion. arinder exclusivement de de batons Ailleurs, les for008 arrectionnelles w'etalent point Supérieures
Apres rechec Bullsen 1, Tan Malaka
1027 direction incapabie P.C. • couverte par le Kominform, et fonda un nouveau parti, le P.A R.. parti de la république indonésien Bangkok (Biam). Il déclara que le mouvement était la constitution d' révolutionnatre rassembiant, outre l'Indonéale proprement dite, toute la péninsulo malaise, la NouvelleGuinée, la partie britannique de l'ile de Bornéo et la partie portugaise de l'ile de Timor.
Entre 1927 et 1939, Tan Malalka a erré à travers toute l'Asle et Décu les aventures les plus exceptionnelles, toujours en relation intime avec les moulvements révolutionnaires de tous les pays qu'il traversa. Cette période de so vie est racontée en détail dans son autobiographie « Dari Pendjara ke Pendjara » (de prison en prison), dont nous ne possédons encore qu'une traduction partielle. De retour en Indonésie sous l'occupation japonaise, Tan Malakka put enfin apparaitre devant les masses dès le début du vaste mouvement révolutionnaire, commencé en août 1945. En novembre 1945, il fonda le Front populaire destiné à regrouper toutes les organisations nationaliste révolutionnaires sur la base d'un programme minimum. L'évolution ultérieure de l'activité de Tan Malakka a déjà été décrite dans e Quatrième internationale • ( »* de Juilletwout 1949, J. van Steen : • Tan Malalka et le mouvement révolutionnaire Indonésien »).
Après sa rupture aute Komintern en 1927, ( Tan Malakka dablir seul sa ligne de cond de ses convictions maraistes aires. Dans beauconp de arriva d des conclusions voisines loues a
U ATRIEME INT celles de la IV Internationale. Ainsi sur la question du stalinisme, il écrit dans * Dari Pendjara ke Pendjara » (tome II, p. 114). « Staline, c'est le liquidateur du communisme, le destructeur de TInternationale Communiste. Le caractère du parti de Staline n'a rien de commun avec le parti bolchevick de Lénine. Le Kominform n'est qu'un instrument entre les mains de Staline ». En méme temps, dans sa brochure GERPOLEK, il caphique la nature de classe ajjerente de TU.R.S.S. et des U.S.4., affirme la sympathie générale des opprimés pour 1'U.R.S.S. et ne voit dans les contradictions U.R.S.S.-U.S.A. qu'un aspect particulier de la lutte de classe mondiale du prolétariat et des peuples coloniaux contre Pimpérialisme. Dans son autobiographie, Tan Malakka déclare explicitement que la libération complète du peuple indonésien n'est possible que par ce peuple lui_même aidé par le proletariat mondial.
De nombreuses informations contradictoires ont circulé au sujet de l'assassinat de Tan Malakka par des troupes du gou-
E
ERNATIONAL vernement indonésien. La dernière de ces déclarations provient de Pellanpessy, à ce moment (février 1951) ministre l'information dans le cabinet indonésien présidé par Natsir, et elle contient notamment le passage suivant :
@ Il est absolument faux de prétendre que Tan Malakka, ait été arrêté après la deuxième campagne militaire. Durant laction de nettoyage de la région de Blimbing, près de Ngandjuk, des personnes ont été arrêtées parmi lesquelle se trouva quelgu'un qui prétendit être Tan Malaika. Au cours de cette opération de nettoyage, un bataillon de l'armée néerlandaise attaqua cette région, et de ce fait.
les prisonniers purent s'évader. »
Si cette novelle est exacte, nous pouvons espérer voir réapparaitre tot tard Tan Malakka le plus grand et le plus capable des révolutionnaires indonésiens, dans la lulte pour 100 % de
Merdeka (Iberté) pour le peuple indonésien.
Amsterdam, 17 mai 1951.