Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 9, n° 5-7

Héroïsme révolutionnaire et calculs bureaucratiques

Quatrième Internationale, vol. 9, n° 5-7 · mai-juillet 1951 · p. 5-6 · 723 mots

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Dans la note ci-dessus, nous opposons l'héroïsme des Chinois aux caleuls du Kremlin. Le meilleur témoignage à ce jour a été apporté par le correspondant du « Monde » en Exirême-Orient, Robert Guillain, dans une série d'articles qui ont donné en même temps un aperçu saisissant de cette « Planête Mars » où la guerre sévissait, tandis que le profit capitaliste, avec son luxe et ses orgies, samassait a Tokio.

Sur l'héroisme des peuples asiatiques en lutte contre l'impérialiste, on pouvait dire :

Le commandant d'une compagnie de chars, au retour du combat : * Une première fois, comme nous tenions croisement de routes, ils nous ont attaqués par vagues, armés seulement de méchants fusils et de grenades. Ils ont fini par être sur nous; ils grimpaient sur les tanks, ils essayaient d'y trouver je ne sais quoi, des fentes ou des ouvertures ,ils voulaient forcer leurs grenades dans les périscopes et crever les prismes d'observation. D'un tank à l'autre nous nous sommes mitraillés mutuellement pour nous débarrasser de ces fourmis. » Le lendemain, dans une passe étroite ils étaient sur nous de nouveau, Ils nous chargeaient avec leur bangalores, des espèces de torpilles ou de mines, et nous cognaient dessus avec ces engins, qui n'explosaient pas, Un jeune s'est jeté sur le dernier tank avec une charge explosive. Avec son true il frappait tant qu'il pouvait le blindage sur le derrière du tank, jusqu'à ce que ça saute. Il a sauté avec. Le char a continué sa route intact. » Ce sont les images d'une Chine nouvelle, difficile à reconnaître pour ceux qui ont connu la Chine d'autrefois. Où est le soldat chinois d'antan, pantin pitoyable et rebut méprisé ?.... elle se battait à armes égales l'armée chinoise n'aurait rien à envier à aucune armée au monde, et le soldat qu'elle a formé est parmi les meilleurs qui soient. (Le Monde, 28 juin 1951) Et sur la politique du Kremlin, le témoignage n'est pas moins net : Des divisions entières ont été lancées avec larmement le plus léger sous le feu terrifiant de la mieux équipée des armées qu'ait jamais mise en ligne une puissance occidentale... Pour la seconde fois ils avançaient sans artillerie, sans tanks et sans aviation, faute d'avoir reçu ces armes de la Russie, qui seule aurait pu les leur fournir... Revenons sur ce point : loffensive de printemps a jeté une lumière extraordinaire sur la tragédie chinoise, et surtout un éclairage sinistre sur la politique russe qui donne à cette tragédie son fonds de tableau. 5

Il faut reconnaitre que la politique russe envers la Chine est animée d'un froid réalisme qui seulement laisse l'armee chinoise subir une terrible saignée sans lui donner les moyens de remporter la victoire, mais qui considère que les choses sont bien ainsi. Il est bon pour l'Union Soviétique que la Chine ne soit pas trop forte. 1! serait dangereux que l'armée chinoise triomphât des forces combinées des Nations Unies...

L'aviation soviétique? Tout le monde l'attend, et les Chinois les premiers. Ils maintiennent en état et réparent obstinément, sous les puissants bombardements de l'aviation amériaine, une cinquantaine d'aérodromes sur le territoire de la Corée du Nord Jusqu'au dernier moment il est clair qu'ils tiennent prêts ces terrains pour le jour. qui ne viendra pas, où de la Sibérie et de l'Extrême-Orient russe leur arriveront enfin les avions qui les sauveront. Car l'U.R.S.S. en a la * par milliers », dira le général Marshall devant le Sénat américain.

Mais non: les appareils attendus n'entreront jamais dans le jeu. Les avions trop peu nombreux dont dispose l'aviation chinoise ne se risqueront jamais hors de l' « allée des Mig », prudemment maintenue sur le Yalu. Il y a là une différênce frappante avec le traitement dont avait été l'objet la Corée du Nord: elle avait 6t6 ‹ soignéo »; elle avait en droit au moins au début de l'attaire coréenne, à des tanks, une artillerie, des avions...

On dirait que la Chine ne doit pas romporter la victoire. Une Chine victorieuse ne serait-elle pas terriblement encombrante?..

La Chine ne veut pas étre un pays satellite, mais la grande alliée de T'UR.B.S. ! Elle sera une alliée en difficulté: ce sera na façon à elle d'etre satellite. » (Le Monde, 27 Juin 1951.) Aux ouvriers communistes de méditer ces lignes !

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