Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 9, n° 5-7

La Conférence panaméricaine des ministres des Affaires étrangères

J. Posadas · Quatrième Internationale, vol. 9, n° 5-7 · mai-juillet 1951 · p. 39-46 · 4 933 mots

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La Conférence panaméricaine des ministres des affaires étrangeres se situe dans le cadre des plans de l'impérialisme yankee pour organiser le monde capitaliste afin de chercher, dans une guerre contre IU.R.S.S. et les pays glacis, une issue à la crise du capitalisme. Dans l'immédiat, ces plans ont pour but d'écraser les mouvements des peuples coloniaux et semi-coloniaux (Corée, Chine, Indonésie, Indochine, Afrique, etc.) luttant pour leur libération sociale, sans que l'impérialisme ceste la préparation idéologique et matérielle d'une guerre générale dont le programme d'armement mondial atteint des chiffres fantastiques.

L'objectif fondamental de l'impérialisme yankee, chef du gang impérialiste, c'est la subordination de la bourgeoisie mondiale et le. contrôle du monde au moyen d'instruments tels que le Pacte Atlantique, la Commission permanente pan-américaine, etc. Forts de leur potentiel économique, financier et industriel auquel le reste du monde capitaliste est plus ou moins lié, mais subissant eux-mêmes les méfaits inhérents à l'impérialisme, les Etats-Unis font pression sur les autres puissances pour qu'elles livrent leur économie et même la vie des populations aux exigences du programme yankee axé sur la guerre contre l'U.R.S.S. et contre les masses opprimées du monde entier. La bourgeoisie mondiale est unanime sur ce point malgré les rivalités et les heurts en son sein.

En ce qui concerne l'Amérique latine, le programme dont il est question ne pourra que se réaliser sur le dos des peuples latino-américains. Obligés de suborconner à la réalisation dudit programme toute leur activité économique, sociale et politique, les gouvernements latino-américains devront attaquer les droits politidémocratiques et nationaux des masses, abaisser davantage leur niveau de vie déjà assez bas, et les entraîner dans une troisième guerre mondiale.

Le Pacte Atlantique n'est qu'une faible préfiguration de ce que l'impérialisme yankee veut réussir en Amérique latine. Le Pacte Atlantique est fondamentalement un pacte militaire où l'impérialisme yankee a dû tenir compte des intérêts des bourgeoisies européennes, de leur poids économique ainsi que d'une certaine indépendance à l'égard des Etats-Unis. Par contre, l'Amérique latine est pour l'impérialisme yankee la base fondamentale de ses plans de domination mondiale. Constituant une source de matières premières et un vaste marché, PAmérique latine est dominée par l'impérialisme yankee par le truchement des investissements de capitaux et les liens établis avec la bourgeoisie de chaque pays latino-américain.

La préparation de la Conférence des ministres révéla déjà les contradictions antre les intérêts et les prétentions de l'impérialisme, d'une part, et le niveau économique de l'Amérique latine et les intérêts des populations, d'autre part. Mais elle révéla en même temps que la défense des intérêts des peuples latino-américains ainsi que l'opposition à l'impérialisme ne peuvent être assumées par les gouvernements petits-bourgeois nationalistes. Elle montra combien limitée et sans perspectives historiques est l'opposition anti-impérialiste de ces gouvernements, tits seulement a leurs intérêts capitalistes particuliers.

La propagande étalée par l'impérialisme pour organiser une Conférence panaméricaine se fit dans des conditions autres que les conditions existantes au moment de la tenue de la Conférence. L'idée de celle-ci fut lancée juste au moment où économique paraissait menaçante. L'impérialisme saisit le moment où cette crise commençait à frapper les peuples latino-américains, pour preparer un programme de soumission economique. militaire et politique de l'Amérique latine. Il obligea les gouvernements latino-américains à rompre toute relation avec l'Union soviétique et les pays du glacis. Miller, secrétaire de l'impérialisme yankee pour les pays d'Amérique latine, fit une tournée du continent pour offrir une « aide » et des traités commerciaux tel que le traité en 7 points proposé par Uruguay.

Ce traité devenait Ce traité devenait en quelque sorte le modèle des pactes que l'impérialisme espérait passer avec les autres pays latino-américains. Les visites de généraux yankees se succédèrent pour établir un plan commun de réarmement et d'installation de bases militaires. Ils avaient pour mission d'exercer gouvernements de ces pays. Le plan impérialiste de faire payer pression politique sur les au peuple les frais des dépenses militaires, servait en même temps de moyen de pression pour dresser les gouvernements les les autres et en définitive pour les dominer tous en dosant la vente de matériels de guerre.

Le traité en 7 points pas:é avec l'Uruguay traite ce pays comme un domaine colonial. Les 7 points font dépendre « l'aide », ainsi que les investissements de capitaux, de la rentrée et de la sortie de capitaux ment préférentiel et de l'absence de tout contrôle sur les investissements. sans restrictions, d'un traitetaux seraient donc investis là où leurs possédants le voudraient Les capià leur guise. Pas de nationalisations, mais des garanties contre « perturbations sociales et politiques ». Pas d'intervention de l'Etat dans l'économie ou dans la politique, mais des « syndicats libres et indépendants », c'est-à-dire des syndicats non influencés par une politique de classe et non utilisés par des gouvernements s'opposant à l'impérialisme. Un appui gouvernemental eût été accordé aux mouvements syndicaux disposés à aider l'impérialisme dans la réalisation de son d'armement et de de domination mondiale.

Pour que l'impérialisme puisse réaliser ce programme, il lui faut avant tout vaincre la résistance des peuples. C'est pourquoi au Brésil, au Chili, en Bolivie. au Pérou, des lois anticommunistes ont adoptées, tandis qu'en Argentine se font jour des mesures antidémocratiques, réactionnaires. C'est pourquoi il faut mater toute opposition, qu'elle soit idéologique, politique ou sociale, à la préparation à la guerre, balayer les droits démocratiques, adopter les lois réactionnaires, faire régner une terreur idéologique et même physique contre les masses. ainsi que l'impérialisme, escomptant déjà que les masses seraient démoralisées, espérait imposer sans difficulté son programme à la Conférence panaméricaine

Le développement de la situation et ses conséquences Mais la politique d'armement au moyen de laquelle l'impérialisme parvenait à obtenir l'explosion de la crise, se heurta au succès du mouvement révolutionnaire des masses coioniales et semi-coloniales. Ce fut la défaite totale de Tchang-KaïChek par les masses chinoises, l'essor du mouvement révolutionnaire en Indonésie, en Indochine, en Malaisie, en Afrique, puis celui des masses coreennes, qui tirent forces de l'impérialisme sur lequel, à une première étape, les masses coloniales ont remporté une victoire.

En Amérique latine, malgré la réaction brutale des bourgeoisies et des gouvernements, les masses n'ont pas voulu supporter passivement la hausse du coût de la vie et les attaques contre leurs droits démocratiques. Ni l'impérialisme ni ses agents nationaux n'ont pu exercer d'attraction sur le prolétariat. Ils n'ont également pas pu l'intimider. C'est aussi le cas pour la petite bourgeoisie qui, de nombreux mouvements, s'est alliée au prolétariat dans la lutte pour les droits démocratiques, quand elle n'a pas elle-même pris l'initiative du combat, comme ce fut le cas au Guatemala, au Chili, en Bolivie ,en Uruguay, en Argentine Mexique.

Les plans de l'impérialisme pour semer la terreur et le désarroi dans les masses latino-américaines ont échoué. En Bolivie, la répression gouvernementale ne chôme pas. Dans la défense des gros propriétaires miniers — yankee dans leur presque totalité - le gouvernement bolivien déploie une politique de provocations contre le mouvement ouvrier et organise des massacres en série en employant l'armée et l'aviation. Cependant, le mouvement ouvrier et la petite bourgeoisie de ce pays trouvent à chaque occasion la force nécessaire pour s'engager à nouveau dans la lutte. Au Chili, malgré les lois réactionnaires faites pour « la défense de la démocratie », le prolétariat ne s'est pas laissé intimider par le gouvernement. Au contraire, c'est par son action combative qu'il a réussi à atténuer l'apphication des lois, qu'il a obtenu quelques augmentations de salaires et empêché quelques hausses de prix (par exemple dans les tarifs de transports). Au Brésil, les mas-es se sont non seulement mobilisées dans des mouvements de grèves et de protestation contre la montée des prix, mais elles ont encore porté au pouvoir

La mené campagne contre le candidat officiel de l'impérialisme. vote était ainsi une expression de leur esprit combattif et de lutte anti-capitaliste. L'action directe des masses fit reculer l'impérialisme dans ses tentatives de reprendre pied dans les pétroles mexicains, et c'est elle aussi qui empêcha l'élimination au Guatemala d'un nationaliste-démocratique (petit-bourgeois). En Argentine, défiant les lois réactionnaires contre le mouvement ouvrier, les masses ont arraché des augmentations de salaires et forcé le gouvernement à une application moins sévère des lois en vigueur. Enfin, en Uruguay on a vu les députés au Parlement, y compris ceux du parti au gouvernement, rejeter le traité par suite de la pression populaire.

Le prolétariat a surtout montré toute sa force combattive dans son opposition 40 à tout envoi de troupes latino-américaine en Corée. Quand l'impérialisme yankee par l'intermédiaire de I'O.N.U., demanda aux gouvernements latino-américains pareil envoi de troupes en Corée, les gouvernements ne tardèrent point à donner réponse affirmative. Mais la réponse populaire ne se fit également pas attendre beaucoup. Ce fut une cascade de protestations publiques, de discussions dans les dans les bureaux, dans la rue, des arrêts de travail (comme chez les cheminots à Rosario, en Argentine, dans leur majorité pourtant des ouvriers pero-

La réaction populaire contre l'envoi de troupes en Corée fut si immédiate claire que les gouvernements latino-américains furent obligés de déclarer publiquement que seul un appui économique serait accordé en l'occurrence. Peron lui-même se hâta le le lendemain de déclarer à la radio: « Je n'enverrai pas de troupes là-bas; je ferai ce que le peuple décide. » Malgré ses serviteurs « socialistes » et la pression exercée sur les gouvernements latino-américains, l'impérialisme ne parvint pas à rendre populaire en Amérique latine le massacre des masses coréennes. Au contraire, c'est à la Corée du Nord que vont toutes les sympathies populaires de ces pays.

La guerre de Corée précipita la convocation de la Conférence des ministres. Washington espérait que les événements de Corée feraient pression sur les gouvernements latino-américains et les forceraient à accepter les deux points essentiels du programme yankee : 1) Défense militaire en commun du continent américain. Autrement dit, et comme la Conférence s'est chargée de le dévoiler par la suite trainer derrière l'impérialisme yankee sous le drapeau de TO.N.U. 2) Sécurité intérieure, parallèlement à la préparation mique et politique à Autrement dit : répression contre toute opposition à la guerre, contre le mouvement ouvrier révolutionnaire, etc., ete.

Quelques-uns des gouvernements convoqués (ceux du Brésil, du Mexique, du du Guatemala et de l'Argentine), tout en se déclarant d'accord avec les principes de l'« unité américaine » et « la défense du continent », crurent nécessaire de demander à la Conférence la discussion de questions supplémentaires, savoir l'aide économique réciproque, la parité des prix, les garanties contre dévaluation des monnaies, l'assurance de la livraison réciproque de matières premières et de produits industriels, etc., entre les pays de l'Amérique latine d'une part

Etats-Unis de lautre, ainsi qu'un engagement des U.S.A. d'aider l'industrialisation des pays latino-américains.

Ces gouvernements voulaient tirer profit des conditions historiques, de la défaite impérialiste en Asie, de ses besoins en matières premières et de la résistance des masses à l'impérialisme, pour obtenir des avantages en faveur de leur bourgeoisie nationale. « Nous nous rallions à la lutte contre le communisme et contre agression, répondit au discours du représentant yankee le délégué du Brésil au nom de ses collègues, mais nous devons nous souvenir des besoins de nos économies nationales, nous devons nous aider mutuellement pour developper davantage ces économies. Il ne faut pas que se répète ce qui s'est passé lors de la dernière guerre, ou nous avons tout donné et rien reçu. » Quant à l'envoi de troupes Corée, seuls les délégués du Mexique, du Guatemala et d'Argentine s'y opposèrent.

Cette opposition d'ailleurs ne sortait pas des limites juridiques bourgeoises. Elle ne s'adressa pas aux masses, elle mobilisa seulement les principes défense de la dignité et de la souveraineté nationales que l'éciivait la presse peroniste. Ces gouvernements qui — notamment en Argentine, au Brésil, au Guatemala et au Mexique - s'attaquent au mouvement ouvrier et aux droits démocratiques, veulent bien utiliser les aspirations des masses dans leurs marchanmais non pas faire celles-ci. Bien que leurs intérêts se heurtent à ceux de leur maitre impérialiste, ces gouvernements doivent, par peur du mouvement révolutionnaire des masses, contrôler et même étouffer teute expression du mécontentement des peupies à l'égard de l'impérialisme. Ils doivent les détourner de la voie de classe et les bercer de phrases creuses (« antiimpérialisme ». « unité latino-américaine », « liberté », etc.) pour les livrer à l'impérialisme et élever leur prix de valets de l'impérialisme.

L'opposition du Guatemala, du Mexique et de l'Argentine de la résistance de ces trois pays à l'impérialisme? Et Quelle est la raison quelle est son ampleur?

Le Mexique, le Guatemala et l'Argentine opposèrent « la résistance » la plus sérieuse à l'impérialisme sur l'ensemble des questions traitées Conférence.

Le Brésil se rangea aux côtés de cette opposition seulement dans les questions relatives aux prix, à l'aide économique, etc. L'opposition plus sérieuse du Mexique et de l'Argentine s'explique leur développement industriel les rend plus indépendants à l'égard de l'impérialisme et par l'utilisation du mouvement antiimpérialiste de leurs masses par les bourgeois indigènes.

La guerre de Corée a accéléré le rythme de la politique d'armements de l'imérialisme et rendu ses besoins en matières premières plus urgents. Ceci impliqu n Amerique latine une production plus poussee de matieres premières. C'est pour quoi l'impérialisme lui offre une aide, quoique limitée, sur le plan de la production.

Les défaites de l'impérialisme en Asie ont encouragé la bourgeoisie nationale latino-americaine. En Argentine, les journaux peronistes et les revues des tendances petites-bourgeoises nationalistes, même de la gauche radicale (c'est-à-dire les « intransigeants » du Parti radical) ont salué la possibilité blesse de l'impérialisme et de ses besoins tirer profit de fai-

Men matières premières latino-américaines. Au fond, la bourgeoisie nationale cherche à s'assurer une plus grande part revenu national et à parvenir à un compromis avec l'impérialisme, d'occuper une place d'associé et de gérant dans l'exploitation C'est au fond le sens de son appel à l'impérialisme pour que celui-ci vienne à son aide en investissant capitaux. En ce qui concerne l'Argentine, cet appel n'est d'ailleurs que que les exportations argentines ne vont pas essentiellement Etats-Unis. Ceux-ci du marché intérieur argentin pour tous leurs machines, combustible, ete., pour son industrie. alors que lArgentine veut acheter seuiement

La résistance des trois gouvernements mentionnés ne réel si elle n'était accompagnée et soutenue par les masses succès réside dans l'opposition des masses périalisme, dans leur résistance à une détérioration de leurs guerre et & Fimconditions d'existence et à la préparation à la guerre. En l'absence de véritables partis révolutionnaires ayant la confiance des masses et par suite de la jeunesse du mouvement révolutionnaire représenté par le prolétariat - notamment le prolétariat argentin -manque de politique et d'expérience de larges couches ouvrières, gouvernements peuvent utiliser l'esprit combattif des masses dans leur opposition à Timpérialisme. Au Guatemala, le mouvement nationaliste petit-bourgeois à tendance démocratique, soutenu par l'armée les masses, une force économique minime, mais il jouit de la sympathie populaire. Tout récemment le gouvernement de ce pays demanda le renvoi de l'ambassadeur yankee qui publiquement défendu une entreprise yankee au cours d'une grève de travailleurs soutenue le gouvernement (1).

Mais la peur de ces gouvernements de voir s'accroître l'opposition anti-impérialiste des masses fait qu'ils réduisent leur propre opposition

•chantage à l'égard de l'impérialisme L'opposition des masses à l'impérialisme renferme même temps leur méfiance envers la bourgeoisie nationale et Si les délégués latino-américains à la Conférence pouvaient représenter l'intérêt de la nation, s'il n'y avait pas un antagonisme entre les intérêts qu'ils représentent masses, ils auraient dû appeler celles-ci dans des assemblées et des meetings publics contre l'impérialisme. S'il y avait une identité d'intérêts entre les masses et les bourgeoisies nationales, les gouvernements devraient permettre et même stimuler la mobilisation des masses contre l'impérialisme, car pius les masses combattront l'impérialisme, plus les gouvernements pourraient tenir tete dernier. S'il existait chose de commun entre les masses et ces gouvernements, ils devraient appel aux peuples latine pour s'opposer au danger de guerre, lutter contre l'impérialisme, s'unir économiquement mieux le combattre.

Un tel appel aurait un écho formidable dans les masses. Mais parce se retournerait en définitive contre la bourgeoisie nationale, celle-ci n'ose lancer. Au contraire, les gouvernements nationaux s'emploient à restreindre de plus en plus les droits démocratiques des masses, s'opposent à leurs revendications économiques et frappent le mouvement ouvrier. L'impérialisme a pour intérêt de débarrasser de Peron en raison de son opposition comme représentant de la bournationale argentine, néanmoins il ne peut se passer de Peron dans la réali (1) Une dépéche de Guatemala publiée par le journal uruguyen El Plata, du 8 mai 1951 rapporte que l'ambassadeur des U.S.A. du Guatemala, M. Richard C. Patterson. fut rappelé par Washington à la demande du gouvernement de ce pays qui accusa l'ambassadeur yankee de « s'immiscer visiblement dans les affaires intérieures du pays et ayant même soutenu des activités subversives contre le régime constitutionnel » au Guatemala.

D'autre part, le ministre des Affeires étrangères de ce pays, M. Manuel Galich, a, toujours selon la dépêche de presse, donné un démenti formel aux affirmations avancées par le représentant des U.S.A., selon lesquelles le gouvernement du Guatemala serait sous une influence communiste. « Il est propre aux gens fermés aux nouveaux courants qui constituent déjà le patrimaine idéologique et social de tous les peuples du monde, a-t-il ajouté, de qualifier, assez gratuitement d'ailleurs de « communisme » tout ce qui ne s'accommode plus aux mœurs politiques et diplomatiques d'un passé qui tend à disparaitre et qui doit disparaître si la démocratie veut survivre ». - IN. de la R.j

Les dirigeants réactionnaires de la centrale syndicale A.F.L. senorqueillissent d'avon imposé à la conférence syndicats « libres » de l'hémisphère occidental tenue à Mexico du 8 au 12 janvier 15l, l'exclusion de tous les syndicats « communistes

GeT « pro-tascistes = - terme qui désigne des organisations syndicales sur lesquelles s'appuie la bourgeoisie indigène dans. ses velléités d'opposition à l'impérialisme. La C.G.T. Argentine n'a pas été admise à la conférence après quoi la C.G.T. Mexicaine l'a quittée. le The American Federationist février 195l, p. 6-10). (Note de la rédaction.) 42 ration de ses plans immédiats, c'est-à-dire dans la croisade sanglante contre les masses et la préparation à la guerre contre Y'U.R.S.S.

Peron a profité de la situation où se trouve l'impérialisme yankee pour obtenir de celui-ci plus de concessions et quelques traités favorables, au détriment bien entendu des intérêts des masses. Pour s'assurer et maintenir le soutien des masses. il ne cesse de critiquer Washington (toujours et seulement sur le plan économique) pour ses réticences à l'égard « d'une aide réciproque avec l'Argentine ».

Les masses du monde entier étant à présent engagées dans un combat pour leur libération, les possibilités de manœuvres contenues dans l'opposition antiimpérialiste des bourgeoisies nationales latino-américaines sont encore plus restreintes. Au lieu de donner satisfaction aux besoins et aux aspirations des masses, ces bourgeoisies se servent des masses comme d'une monnaie d'échange dans leurs tractatiens avec l'impérialisme. C'est aux dépens des masses que ces gouvernements latino-américains cherchent à obtenir de l'impérialisme une meilleure place dans l'économie et une part plus grande dans la plus-value.

Cette Conférence panaméricaine de ministres fut, comme les précédentes, une conférence « consultative ». Cependant cette fois-ci l'impérialisme déploya tous ses efforts, avec succès, pour que les * consultations » engagent les participants.

Il va sans dire que l'impérialisme yankee que les décisions prises soient appliquées américains suivent inconditionnellement dit dans un discours arrogant. C'est dire fera par la suite tout son possible pour sa guise, c'est-à-dire que les pays latino-

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les plans des U.S.A. comme Acheson le aussi que Washington s'opposera à toute prétention des bourgeoisies latino-américaines de tirer quelque profit de la conjoncture présente.

Les conférences précédentes avaient discuté des questions économiques, notamment des droits douaniers. Par contre la dernière conférence fut préparée et convoquée par l'impérialisme yankee à des fins politiques et militaires, autrement dit, en vue d'organiser la répression en Amérique latine contre toute opposition idéologique, économique, politique ou militaire aux préparatifs de guerre, et de faire marcher les peuples latino-américains dans la campagne pro-guerre des Etats-Unis.

Des résolutions adoptées par la Conférence, il résulte clairement que les pays latino-américains sont tenus de soutenir et de suivre les U.S.A., tandis que ceuxci s'engagent à... écouter les plaintes que les autres pourraient lui faire parvenir. Tel est le fond réel des résolutions. Autrement dit, l'impérialisme investira ses capitaux à sa guise et où il lui plaira, mais uniquement dans la production des matières premières ; et il achètera et vendra ce qu'il voudra, à ses prix, selon les besoins de son programme militaire. Il exigera que l'appareil de production et les économies des pays d'Amérique latine soient placés sous le signe des besoins militaires de l'impérialisme. Ses petites concessions, ses promesses sur le & contrôle des prix », etc., ont été faites avec le seul but de gagner le soutien des bourgeoisies, cliques militaires, bureaucraties, etc., latino-américaines.

L'unité latino-américaine et l'impérialisme Une des résolutions adoptées par la Conférence déclare mensongèrement que l'Amérique latine est plus populaires et paysannes, ni la petite bourgeoisie n'ont rien de commun avec ceux unie que jamais. Ni la classe ouvrière, ni les masses ceux qui étaient représentes à la Conférence. Leurs luttes en sont la preuve. La seule « unité » possible pour l'Amérique latine en régime capitaliste, c'est la soumission c'est à l'impérialisme yankee. Cependant la politique de celui-ci consiste à se soumettre les pays de ce continent séparément, c'est-à-dire en opposant un gouvernement à un autre, une oligarchie financière à une autre, une clique militaire à une autre. une administration à une autre, etc., etc.

Une seule chose unit ces gouvernements derrière l'impérialisme, c'est la peur des masses, Ils se sont mis d'accord pour empêcher que celles-ci luttent en Amérique latine — comme elles luttent en Corée, en Chine, en Indonésie. - pour leurs revendications nationales et leurs intérêts de classe, de classe exploitée en même temps par l'impérialisme et la bourgecisie indigène. Voilà la seule unité qui a été réalisée à la Conférence panaméricaine des ministres. Quant aux gouvernements d'Argentine et du Mexique qui essayèrent de tirer profit de la situation par celui-ci à travers actuellement défavorable de l'impérialisme, ils reculèrent sous la pression exercée les autres ministres et devant les menaces voilées qui parlaient de sabotages, listes noires, ete.

Ces bourgeoisies, même celles qui ont voulu résister à l'impérialisme, préférent se soumettre à celui-ci plutôt que de faire appel aux masses, même quand elles sont sous leur contrôle. En réalité, ces bourgeoisies n'ont pas d'autre choix, car elles sont poussées par l'impérialisme à s'attaquer aux intérêts des masses, la réalisation des plans de Washington l'exigeant. Ces gouvernements et ces bourgeoisies latino-américaines, notamment le gouvernement peroniste, ne peuvent plus trouver de soutien dans la mobilisation des masses comme dans la période qui suivit la fin de la dernière guerre, car les masses, par leur expérience, ont commencé déjà à faire une distinction de classe entre leurs « intérêts nationaux. »

et les « intérêts nationaux » des gouvernements. Ceux-ci ne pourront plus contrôler une mobilisation de masse anti-impérialiste, même limitée, car les masses donneraient, aussitôt mobilisées, un sens de classe révolutionnaire, réellement anti-impérialiste à la mobilisation.

Toutes ces résolutions adoptées à la Conférence ont été dictées par les U.S.A. qui ont passé outre aux réserves exprimées par l'Argentine, le Mexique et le Guatemala en ce qui concerne l'envoi de troupes en Corée. Plus encore, les résolutions été de nature à soutenir l'impérialisme dans ses aventures croisades contre les mouvements des masses coloniales et semi-coloniales, à le suivre dans ses préparatifs de guerre et dans la guerre elle-même ‚ainsi que dans la répression contre le mouvement ouvrier révolutionnaire et même ses droits démocratiques.

La presse peroniste en Argentine s'est donnée pour tâche de faire accepter les décisions de la Conférence l'opinion publique. Pour justifier cette campagne, la presse parle de « l'aide économique accordée à l'Amérique latine » et de « Tintéret commun » que ces pays ont dans « l'indépendance et la liberté des peuples » contre « la barbarie rouge ».

En ce qui concerne les accords de la Conférence en matière douanière, d'égalité des prix, de livraisons de produits industriels par les U.S.A., les réclamations des gouvernements latino-américains ne furent prises en considération que pour la forme.

Les peuples d'Amérique latine doivent, eux aussi, tenir leur propre Conférence La Conférence des ministres n'exprima ni ne représenta les besoins, les aspirations sociales, nationales et de classe des peuples de l'Amérique latine pas plus qu'elle ne représenta leur volonté de lutte. Ce fut une conférence des agents des bourgeoisies latino-américaines.

La voix et les aspirations des peuples n'ont rien à voir avec les aspirations de l'iropérialisme yankee et de ses agents, les gouvernements et bourgeoisies nationales. La résistance et la lutte des masses contre la bourgeoisie et l'impérialisme gagne en profondeur, mais cette lutte n'a encore ni direction ni programme, tandis que le mouvement révolutionnaire représenté par la IV: Internationale est encore faible par rapport aux possibilités révolutionnaires.

C'est surtout l'impérialisme yankee qui opprime et colonise l'Amérique latine aussi bien du point de vue économique que du point de vue politique et militaire, comme c'est le cas pour Puorto-Rico. Il le fait grâce à la complicité des gouvernements et bourgeoisies latino-américaines qui cachent les crimes de l'impérialisme, présentent l'impérialisme yankee comme le défenseur de la démocratie et de la liberté, servent ses plans, et s'acharnent contre les mouvements révolutionnaires. Ce sont ces gouvernements et ces bourgeoisies nationales gui combattent l'initiative des masses et du prolétariat pour empêcher les peuples d'entrer dans la seule voie pour le progrès de ces peuples.

Les résolutions adoptées par la Conférence signifient que les peuples d'Amérique latine doivent faire les frais de la préparation à la guerre; que les masses seront attaquées dans leurs droits démocratiques, nationaux et de classe ; que la répression frappe le mouvement ouvrier, le droit de grève, de presse et de réunion. La lutte « contre le sabotage et les activités communistes et pour la sécurité intérieure », c'est un slogan fabriqué dans le seul but de frapper le mouvement ouvrier politique et syndical qui refuserait d'être entraîné dans la préparation idéologique de la guerre.

Les peuples de l'Amérique latine doivent lutter pour la convocation d'une Assemblée à eux, ou ils pourront exprimer leur opposition à l'impérialisme à la guerre u réarmement capitaliste au coût de la vie à la raréfication des articles de con sommation et exiger que soient respectés le droit des peuples à leur auto-détermination et leurs droits nationaux et démocratiques.

Contre les résolutions de la Conférence panaméricaine des ministres qui mettent les peuples latino-américains au service de l'impérialisme yankee dans ses plans de domination mondiale. Chaque syndicat, chaque centrale ouvrière, doivent dans chaque pays d'Amérique latine, discuter la réponse que le prolétariat doit donner aux plans de l'impérialisme et de ses agents, en élaborant un programme d'action unissant les masses dans leur lutte contre l'impérialisme, le capitalisme et la guerre.

Pour la convocation d'une Assemblée constituante des peuples latino-américains où pourra s'exprimer leur volonté, qui seront élus par le peuple syndicats, les partis ouvriers de toutes les tendances, les organisations populaires !

La division du mouvement ouvrier latino-américain, faite par les agents de l'impérialisme et au profit de l'impérialisme, des bourgeoisies nationales et du stalinisme, nuit aux efforts et aux luttes du prolétariat. La politique qui consiste à diviser le mouvement ouvrier pour le faire servir des intérêts étrangers à ceux des 44 masses, ne peut nullement attirer la confiance et le soutien des paysans et des ouvriers dans les luttes du prolétariat. L'indépendance du mouvement ouvrier et la démocratie syndicale, c'est la seule voie pour se gagner la sympathie des masses et les lier à un programme révolutionnaire de classe, c'est le seul moyen d'arracher les masses des villes et des campagnes à l'influence politique de l'impérialisme et de

Malgré les directions qui ont divisé et trahi le mouvement ouvrier, le prolétartat latino-américain démontré par ses efforts et ses actions de classe son désir de surmonter la division et de se dégager des tutelles politiques.

Contre le programme de l'impérialisme ayant pour but immédiat la production d'armements et négligeant les besoins des peuples latino-américains, l'Assemblée constituante devra dresser un inventaire de ces besoins et orienter la production en articles de consommation pour satisfaire ceux-ci. Nationalisation sans indemnité des propriétés des impérialistes et de celles dont la mise exploitation constitue un intérêt public. Nationalisations administrées et contrôlées par les travailleurs. Nationalisation sans indemnité des terres et partage des terres entre ceux qui les travaillent. Introduction de méthodes modernes dans la production agricole et aide de l'Etat aux exploitations agricoles collectives. Assimilation des populationa autochtones à la civilisation et la culture, en les faisant entrer dans la production collective, tout en respectant leurs communautés dont la dissolution se fera au fur et à mesure de l'incorporation de leurs individus dans l'économie.

Formation de gouvernements ouvriers et paysans dans chaque pays de l'Ameride toutes les oliguetes economiques point est se simont vie Dense que latine. Echelle nobile des salaires ayant pour base u minimum vital. Derense par les masses au lendemain de la guerre.

Défense des droits et libertés démocratiques des masses. Liberté complète to trepe pier servir im toute let tente tes antide meritaire ontre onte tous les partis ouvriers et à l'impérialisme. Envoi de combattants et toute autre aide à ces peuples dans leur lutte anti-impérialiste.

A bas la mainmise de l'impérialisme sur l'Amérique latine. Unification socialiste soviétique de l'Amérique latine, seule unité qui peut exprimer les intérêts et besoins de ces peuples et permettre la planification de la production en fonction de leurs intérêts. Unification socialiste latino-américaine dans le chemin de la lutte des peuples du monde pour le socialisme mondial.

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