L'anniversaire de la guerre de Corée a été aussi le signal du début de pourparlers pour « un cessez le feu ». Une telle trève militaire sans qu'aueun problème politique ne soit réglé correspond bien à la situation.
Dans la petite péninsule coréenne du vaste continent asiatique, la guerre civile - en se déclenchant sous Faspeet Corée du Nord contre Corée du Sud -avait rompu sur ce point ce qu'il restait de l'équilibre de Potsdam. L'impérialisme américain décida de marquer la ligne d'arrêt au delà de laquelle il ne fallait plus s'attaquer à « Tordre » capitaliste, Il enveya ses armements les plas moderacs, à l'exception des armes atomiques réservées pour des circonstances encore plus graves; il expédia le maximum de forces disponibles: # mobilisa VO.N.U, et obtint, en plus de quelques unités britanniques, une poignée de mercenaires venus des quatre coins du monde.
Le peuple coréen, bien que jouissant de la sympathie des travailleurs du monde entier, ne reçut d'aide effective que de la Chine. Les ouvriers et paysans qui venaient à peine d'abattre Tchan Kai Chek et qui avaient un besoin énorme de restaurer l'économie de leur pays, s'engagèrent dans la lutte avec un matériel de fortune contre les produits les plus perfectionnés de l'industrie moderne, Le Kremlin, beaucoup mieux outillé que Pékin, ne délivra d'armements aux Coréens et aux Chinois qu'au compte-goutte.
Les fiers à bras à la Mac Arthur voulaient profiter de l'intervention américaine en Corée pour lancer une guerre contre la Chine, afin d'ouvrir la porte de ce pays aux marchandises et aux capitaux américains. Mais les dirigeants les plus avertis du grand capital, les Marshall et les Acheson, ont freiné : ils n'étaient pas sûrs que Staline pourrait dans ce cas agir comme Il le fit en Corée, diverses considérations l'auraient forcé à intervenir. De plus. s'engager dans une guerre contre la Chine, même si elle restait limitée à ce pays. N'était risquer de s'enliser. La stratégie des hommes du State Department est de porter des coups en Europe, & Moscon, Leningrad, Kharkov, Is s'y préparent flevreusement, Ils ont limogé Mao Arthur qui risquit de fausser cette stratégie, Ils accueillent avec sculngement la possibilité d'un « cessez le feu » qui leur donnera le temps de poursuivre leurs préparatifs ce guerre.
Teut rêvotutionnaire qui a frémi à la lecture des pages glorieuses que les peuples chinois et coréen ont ajoutées à la lutte de classe internationale, comprendra aisément que Chinois et Coréens, dans leur situation diffielle, sans armes et sans nide internationale effective, devaient se résigner à une trève mijitaire, sans avoir pu jeter à la mer les troupes del'impérialisme.
Mais ne nous y trompons pas, ce n'est qu'une trève, et qui ne sera peut-être que de courte durée. Car si dans les colonnes de la presse stalinienne, on peut dissertor à loisir sur la « coexistence pacifique » du capitalisme et du socialisme, dans is monde entier exploiteurs et exploités ne comprennent pas ce langage, leur combat fait rage et s'étend sous les formes les plus variées. Une trêve dans un cein, des explosions ailleurs. Des forces sont en jeu que tous les prétendus « grands » de la terre peuvent de moins en moins contrôler.
Une bande de 30 kilomètres séparera peut-être bientôt les armées sur la péninsule coréenne. Mais PAsie restera en marche pour se délivrer totalement du joug impérialiste. Pas de trève militaire en Malaisie, Pas de trève militaire au
Vietnam. La guêrilla se poursuit toujours en Indonésie, en Birmanie, et le feu couve deja dans l'autre grand pays du continent asiaitique, l'Inde, Les capitalistes indiens ont acquis une certaine indépendance par rapport à la Cité, mais le sort des cuvriers et des paysans indiens n'a pas changé. Nehru, chef du gouvernement indien, disciple de Gandhi et champion de la « neutralité » entre l'Est et l'Ouest, ignore la non-violence et le neutralisme à l'égard des masses indiennes. Aux vieilles dispositions antidémoeratiques héritées de l'occupation britannique vient s'ajouter une nouvelle loi restreignant la liberté de presse.
La révolte des masses gagne enfin le Moyen-Orient, obligeant les potiticiens les plus dépourvus de caractère à s'opposer à l'impérialisme En Iran, le capitalisme anglais subit peut-être la plus lourde défaite de ces dernières années, pourtant riches en défaites de cet impérialisme. Après le pétrole iranien, viendra le tour du pétrole irakien. L'Egypte, sous la pression des masses, veut supprimor les servitudes impérialistes du canal de Suez.
Moins de marchés pour les capitaux et la camelote capitaliste. Moins de matières premières à des prix dériscires. Autant de coups portés à l'équilibre au sein des métropoles mêmes.
Par les voies souvent sinueuses, et toujours pénibles, de l'histoire, la révolution est en marche, le socialisme est en marche. Il peut y avoir des trêves ici, des reculs là, mais il n'y a pas et il n'y aura plus de « cessez le feu » mondial, il n'y aura pas de paix des « cinq grands » obtenue à la demande de millions de signatures. La paix, c'est le socialisme qui l'assurera et lui seul à travers une guerre civile internationale.