La France vient de passer par une nouvelle crise ministérielle et une grande vague de grèves. La crise ministérielle, tout comme les précédentes, n'a guère
Examinons d'abord la crise gouvernementale et les jeux parlementaires, qui expriment aussi à leur façon les contradictions dans lesquelles se débat la France. Nous voici à la fin d'une législature élue au lendemain de la « libération.». La réaction à l'époque se terra ou vota pour les radicaux, le M.R.P. et quelques autres formations insignifiantes. Le P.C.F emporta le tiers des suffrages. Socialistes et communistes eurent la majorité dans l'Assemblée Nationale. La première législature de la IV° République commença par un gouvernement tripartite (M.R.P.-P.S.-P.C.F.), les partis ouvriers œuvrèrent énergiquement au rétablissement de l'Etat et de l'économie capitalistes. En mai 1947, pour des raisons internationales et nationales, le P. C.F. se trouva hors de la coalition gouvernementale. Le P.S. se vautra de plus en plus au service de la bourgeoisie. La classe ouvrière engagée dans de grandes luttes pour la défense de ses conditions de vie subit trois années de suite des échecs graves, non parce que ia bourgeoisie avec l'appui social-démocrate était forte mais avant tout en raison de la politique du P.C.F. qui subordonna tout mouvement important aux besoins diplo-
Sur le plan économique, la situation du capitalisme français n'est guère brillante. La presse française et les politiciens soulignent que la production française a atteint des chiffres record: 140 % par rapport à 1938. Mais ce faisant, ils oublient que l'année de référence était la plus mauvaise entre les deux guerres mondiales, ils oublient que le relèvement de la production depuis la «libération », obtenu surtout grâce l'aide Marshall, provient d'une surexploitation des travailleurs et ne comporte aucun renouvellement important de l'ap18 entraîné de changements dans la composition du gouvernement. Par contre, la vague de grèves a profondément modifié les rapports entre les classes. matiques du Kremlin. La politique de pression suscita les « grèves tournantes» au lieu de la grève générale, la lutie pour un gouvernement d'union démocratique au lieu d'un gouvernement de front unique. La bourgeoisie l'emporta. La majorité gouvernementale dite « 3° force », entre le P.C.F. et les gaullistes, et composée de socialistes, du M.R.P., des radicaux et de divers « indépendants », s'axa de plus en plus à droite Dans les premiers mois de 1950, la bourgeoisie se crut même en état de rejeter les socialistes hors du gouvernement. Ceux-ci ne firent pas le moindre acte d'opposition. Mais la possibilité d'une conjonction des socialistes et des communistes dans l'opposition ayant suffi à stimuler quelques luttes ouvrières, les socialistes furent rapidement réintégrés dans les combinaisons ministérielles.
La majorité parlementaire actuelle est au plus haut point préoccupée de son maintien malgré son usure extrême, car les éléments qui la composent savent fort bien que s'ils ne tiennent pas ensemble ils sont fichus. «Nous sommes condamnés à vivre ensemble », leur a dit Queuille. pareil de production, qui est le point le plus noir de toute l'économie française; on parle de moins en moins du plan Monnet qui devait apporter des bouleversements dans ce domaine. Enfin, dans les tout derniers mois, on assiste à un plafonnement de la production et divers signes permettent de penser que, malgré les nécessités du réarmement, des jours mauvais s'annoncent pour l'économie française, Les programmes de réarmement d'autres pays privent l'économie française de certaines matières premières (notamment pour la sidérurgie, le coton,
La première législature de la IV République
En route vers l'inflation
La première législature de la IV République
En route vers l'inflation le papier, les textiles artificiels). Les industries d'exportation voient leurs débouchés se contracter. Enfin, depuis de longs mois, la faiblesse du marché intérieur — que la montée des prix ne peut qu'accentuer - provoque une mévente peu différente d'une crise commerciale.
Les capitalistes et les gouvernants voient avec terreur l'inflation recommencer. Que peuvent-ils faire ? Rétablir les contrôles du temps de guerre, pourtait si peu sévères ? Les bourgeois ne veulent pas en entendre parler; il faut aussi reconnaître qu'il est difficile pour un Etat capitaliste de le faire en l'absence d'un régime de contrôle politique d'un
Le capitalisme français n'a pas seulement à assurer sa part dans la préparation de la guerre. Il est engagé depuis plus de quatre ans dans la guerre au Vietnam où, au cours de l'année 1950, il a essuyé de cuisants échecs. Cette guerre absorbe une fraction importante du budget national; elle exige non seulement des armes américaines mais elle pose à l'armée française de graves problèmes de personnel. Pour pouvoir tenir le coup en 1951, le commandant en chef au Vietnam demande 15 à :0.000 nouveaux soldats provenant non du contingent( la loi ne le permet pas encore) mais des troupes de métier. Celles-ci ne peut et etes obtenes figen es si elles peuvent obtenues qu'en les devraient être remplacées par des hommes du contingent. Autrement dit, il s'agit avant tout d'envoyer en Afrique du Nord des travailleurs de France pour y faire la besogne de soldats de métier. La perspective n'est pas réjouissanto pour l'impérialisme français qui sait que l'Afrique du Nord est en pleine fermentation (1). Si la guerre de Corée est considérée comme un «banc d'essai» par le Pentagone, l'état-major français
Les objectifs de
Dans cette situation, la caractéristique essentielle de la politique de la bourgeoisie française, c'est labsence de perspectives, les decisions prises a la petite semaine, c'est le souci de différer tous les problèmes, en espérant un mirale qu'elle sait impossible. Les électio s approchent. La combinaison parlementaire qui constitue la base du gouvernement et qui ne voit pas d'autre issue possible pour le maintien du régime actuel que de continuer son existence végétative n'ose pas formuler le moindre programme commun. Les partis de cette majorité sont violemment aux prises
(1) Dans le précédent numéro de Quatrième internationale, une note éditoriale a montré la gravité de la situation dans cette partie du monde pour l'impérialisme français. Les événements du Maroc, l'ultimatum du général Juin, la soumission apparente du Sultan, l'agitation qui continue au Maghreb et qui a suscité la solidarité de tous les pays arabes
NTERNATIONALE type dictatorial comme celui du temps de guerre. Freiner les hausses des produits essentiels par des subventions, comme la Grande-Bretagne d'ailleurs plus ou moins à bout de souffle en a donné l'exemple ? Mais où l'Etat trouvera-t-il les ressources nécessaires aux subventions sans porter atteinte aux profts capitalistes, alors que le niveau d'existence des masses est réduit au point que la direction des syndicats chrétiens déclare le 15 mars: « Toute opposition (du patronat) à une hausse généralisée des salaires ne peut plus êtie différée sans mettre en péril la paix suciale » ? voit dans la guerre du Vietnam non le laboratoire de ses méthodes et de ses armes, mais une plaie béante par où s'écoulent ses forces vives.
Nous avons mentionné jusqu'à présent les problèmes économiques et coloniaux, ce qui ne veut pas dire que la situation internationale vienne au second rang des préoccupations de la bourgeoisie française. Dans des discours prononcés en Amérique, le president de la République Vincent Auriol et lex-president du Conseil Pleven ont affirmé qu'il n'y avait en France qu'un nombre insignifiant de « neutralistes », c'est-à-dire de gens désireux avant tout de rompre le pacte Atlantique et de retirer la France de la « politique des deux blocs ». En fait ceuxci pullulent dans la bourgeoisie et dans la petite bourgeoisie, leur porte-parole est le journal Le Monde. Les seuls défenseurs acharnés des Etats-Unis en France sont d'une part les gaullista (le chef du R. P.F. a tout à fait renones à sa politique de «grandeur » du lendemain de la guerre) et, d'autre part, les éléments sociaux-démocrates et réformistes par suite de leur stalinophobie. la loi électorale entre eux pour définir un système de scrutin qui réponde aux exigences suivantes :
a) réduire la représentation des voix du P.C.F. qui se maintiendront au nivea! de 1946; b) empêcher une trop forte fraction du ont altiré à nouveau l'attention sur ce souci permanent de la bourgeoisie française.
Un récent incident vient encore d'éclairer lumineusement la crise qui travaille « l'Union française ». A Epinal, en Lorraine, des tirailleurs marocains, c'est-à-dire des mercenaires utilisés par l'impérialisme pour toutes les besognes, et notamment pour la répression, sont encasernés à des milliers de kilomètres de chez eux. A la suite d'une querelle dans un bal, la police arrêta un sous-offlcier marocain. Les tirailleurs prirent fait et cause pour lui. Une échauffourée avec la police s'ensuivit et, si on en croit les nouvelles d'agence, ils retournèrent à leur caserne pour prendre leurs armes.
A Paris même, les Nord-Africains immigrés se heurtent fréquemment aux autorités dan leur lutte pour l'indépendance.
La guerre
La guerre
R.F.F. qui, en conjonction avec les élus staliniens, pourrait considérablement gêner le fonctionnement de la machine parlementaire; c) bloquer les voix cer partis de la majorité gouvernementale.
Le programme ? Chacun as partis de cette majorité développe les thères susceptibles de toucher les catégories d'électeurs dont il escompte les voix. Les socialistes font de la démagogie sur les revendications des travailleurs, notamment des fonctionnaires, et la défense des
A la suite des graves échees de la classe ouvrière de 1947 à 1949 (2), les jeux parlementaires avaient de plus en plus occupé le devant de la scène. Mars 1950 avait bien été rempii par quelques grèves, mais celles-ci ne traduisaient ni ne provoquaient un retournement de la situation. L'aggravation des conditions des masses, l'appauvrissement général. la montée des prix, tandis que salaires, traitements, pensions restaient à un niveau déjà insuffisant avant la montée du coût de la vie, engendraient un mécontentement croissant, sensible des le retour des vacances de 1950; mais ce mécontentement n'était alors pas prêt à se traduire en mouvements, sur les masses pesaient non pas tant les échecs des années précédentes, mais leurs conséquences,à savoir la division ouvrière et la méfiance envers les directions. Les travailleurs ont le sentiment très réel - s'il n'est pas très clairement
Le récent mouvement a pris le départ avec l'entrée en lutte des 34.000 travailleurs des transports parisiens (autobus et métro). Le conflit couvait depuis plusieurs semaines. Avant la crise ministérielle s'était produite une grève générale de 24 heures de ces travailleurs. Les autorités avaient négligé cet avertissement bien que, dans cette corporation disséminée par ses conditions de travail, cette manifestation avait été plus d'une fois, avant un mouvement illimité, la répétition générale servant à vérifier que tout le monde était prêt à l'action. Il faut observer que ce mouvement avait été ordonné par quatre syndicats groupant les travailleurs du métro et des autobus (3), sur le mot d'ordre: augmentation mensuelle de 6.000 franes pour tous; la grande majorité des travailleurs avait assez de luttes pour des augmen-
(2) Voir Quatrième Internationale, numéros de janvier 1947, décembre 47, novembre 48, fevrier 49, Janvier 50, avril 50, juillet 50.
(3) Ces quatre syndicats sont : celui de la C.G.T. (d'orientation stalinienne), de F.O. (qui groupe surtout des cadres), de la C.F.T.C. 20
NTERNATIONALE conquêtes sociales (nationalisations, sécurité sociale); le M.R.P. se fait le défenseur des allocations familiales et de l'école libre; les radicaux dénoncent les nationalisations (en exploitant la gabegie et les scandales qui sont le lot d'entreprises gérées sur un node capitaliste) et se font les champions des économies. Si ces partis remportent une majorité, l'orientation du gouvernement dépendra et du poids parlementaire de chacun de ces partis et des développements sociaux dans le pays. exprimé - que chacune des directions a des objectifs propres. A défaut d'une nouvelle direction qui n'a pas encore surgi de leurs rangs, une garantie qu'ils peuvent avoir de se battre vraiment pour eux, c'est que toutes les directions s'engagent dans les luttes. L'unité d'action n'est pas seulement à présent une formule de propagande, mais une nécessité profondément ressentie par les travailleurs de France et une exigence de leur part.
Dès le mois de février 1951, on enregistrait le début d'une agitation dans les entreprises, sous la forme d'un très grand nombre de demandes de revendications partielles, par atelier ou par catégorie dans les entreprises de l'industrie privée. Le mécontentement s'exprimait aussi dans des couches sociales petites bourgeoises comme les étudiants (une journée nationale de grève générale, le 15 mars, pour un présalaire). tation hiérarchisées, luttes dans lesquelles le manœuvre se battait pour assurer des augmentations substantielles... à ceux qui étaient chargés de le mieux exploiter. Le succès de cette grève de 24 heures était d'autant plus important que, bien que le syndicat autonome des conducteurs du métro ne s'était pas joint au mouvement, les membres de ce syndicat avaient répondu a lordre de greve (4).
Le nouveau gouvernement avait promis dans sa declaration constitutive de s'occuper des salaires; mais il s'était et le Syndicat autonome du réseau ferré (qui groupe les travailleurs de la ligne de Sceaux, ancienne ligne de chemin de fer annexée au métro).
(4) Cette catégorie, qui dispose d'une position stratégique dans le métro, possède certains avantages particuliers par rapport aux autres. La création de ce syndicat a autrefois été encouragée par la Régie. A sa tête se trouve un nommé Clément, qui est personnellement ne au R.P.F. Dans la grève qui vient de se terminer, son autorité surles conducteurs du métro a été considérablement diminuée.
Avant le mouvement de grève
Les transports parisiens s'arrêtent
Avant le mouvement de grève
Les transports parisiens s'arrêtent
QUATRIEME gardé de donner la moindre indication de date ou de chiffre. Le chef du gouvernement, sollicité de recevoir les délégués du personnel des transports parisiens, renvoya l'audience à une date lointaine; au gouvernement on était avant tout préoccupé de la loi électorale. Aussi les quatre syndicats donnèrent l'ordre
Mais la grève des transports parisiens fut un signal pour lensemble des travailleurs. Ceux du gaz et de l'électricité qui avaient de vieux griefs et des revendications non satisfaites arrêtèrent aussitôt le travail pour 24 heures. Mais il y eut mieux. Au troisième jour de la grève des transports à Paris, les cheminots commencèrent à débrayer. Le mouvement eut pour origine les lignes de la banlieue parisienne, plus directement sensibilisées par la grève du métro et des autobus. Elle s'étendit rapidement à travers tout le pays.
Le gouvernement décida d'abord de recourir aux grands moyens en ordonnant la réquisition des cheminots. Les résultats furent insignifiants: 80% des ordres ne furent pas exécutés; ceux qui rejoignirent leur poste firent souvent la grève sur le tas. Dans certains endroits, la gendarmerie loin d'aller porter les ordres de réquisition à domicile se borna à les remettre aux comités de grève. Le mouvement des cheminots gagnait en intensité. Le Président de la République, pour s'embarquer à destination des EtatsUnis, au lieu de prendre le train pour le Havre, dut avec sa suite s'y rendre en automobile.
Le mouvement était si puissant que le gouvernement sembla pris de panique. Il convoqua immédiatement la Commission supérieure des conventions collectives, destinée à établir un minimum vital (fictif) servant de base aux salaires et annonça qu'il donnerait des augmentations, compte tenu des travaun de cette commission. L'année précédente celle-ci avait discuté pendant plusieurs mois! Sa convocation, tout d'abord fixée au 27 mars, fut avancée au 22 avee mission de donner sa réponse le lendemain. Le jour même elle conclut à une augmentation des prix par rapport à l'année précédente de 12,5%. Le gouvernement
Première
Incontestablement, le mouvement s'est terminé par une première victoire pour les travailleurs. Cette vietoire, ce n'est
(5) Sur les 2.000 autobus de Paris, même au dernier jour de la grève, il n'en sortit pas 5, conduits par des hauts gradés, sous une forte surveillance policière.
Dans le métro, au bout de quelques jours, la Compagnie parvint à faire circuler grands intervalles de temps un certain nombre de rames. Le service stoppait vers les 8 heures du soir et ne desservait qu'un quart des stations; et l'entrée sur les quais était gratuite.
La grève se prolongea d'un jour, les tra-
NTERNATIONALE de grève pour le vendredi 16 mars. Elle fut immédiatement réussie tant pour le métro que pour les autobus. Le gouvernement crut régler l'affaire rapidement en affectant des camions militaires au transport des Parisiens et en permettant à toutes sortes de transports privés de fonctionner dans la région parisienne. aussitôt accorda des augmentations de 11,5 % aux cheminots et promit une augmentation à toutes les catégories de fonctionnaires. Douze milliards de crédits nouveaux étaient alloués aux mineurs.
Parallèlement, les dirigeants des syndicats F.O. et C.F.T.C., soucieux de sauver la mise à leurs camarades ministres de la S.F.I.O. et du M.R.P. dans une période préélectorale, donnaient aux cheminots l'ordre de grève générale pour 48 heures, ordre qui fut étendu de quelques heures Pour ces chefs réformistes, c'était une fois de , plus le recours a la soupape de sûreté traditionnelle: on prend la tête d'un mouvement en vue de faire rentrer tout le monde au travail, à un jour donné, pour les fêtes de Pâques. En l'absence de directives de la C.G.T. 4. a Cheminote et le gouvernement ayant accordé des augmentations de salaires, les cheminots retournèrent au travail.
Au lendemain des journées de Pâques, la métallurgie allait-elle entrer en mouvement ? En toute hâte, le patronat de cette industrie qui, trois jours auparavant avait signé une convention avec les syndicats F.O. et C.F.T.C, accordant 7% d'augmentation, signa une nouvelle convention portant celle-ci à 10%. Là, faute de directives de la C.G.T., le mouvement ne démarra pas. Bientôt les transports parisiens restaient quasi seuls en lutte. Leur mouvement dura 19 jours. Ce fut une des plus belles batailles dans l'histoire des travailleurs parisiens depuis de nombreuses années (5).
L'agitation persiste dans nombre de corporations, notamment chez les fonctionnaires qui sont mécontents des augmentations dérisoires qui leur ont été accordées. Dans de nombreuses entreprises, les patrons accordèrent des augmentations de salaires sans attendre même que celles-ci soient revendiquées. victoire pas surtout dans des chiffres qu'elle se traduit. Les augmentations obtenues sont notoirement insuffisantes par rapport vailleurs acceptant les conditions de salaires, mais poursuivant leur mouvement en solidarité pour trois des leurs qui, avant éte condamnés par les tribunaux pour avoir frappé un jaune, se sont vus suspendus de leur emploi.
La combativité a été remarquable; personne n'a flanché. S'ils sont rentrés au travail sans une victoire, c'est parce que le mouvement au départ duquel ils se sont trouvés n'a pas été élargi par les directions en un mouvement d'ensemble rapide et puissant.
La grève des cheminots
La grève des cheminots
QUATRIEME aux hausses passées, et déja de nouvelles hausses sont annoncées sur le gaz, l'électricité, le charbon, l'acier, les transports, les services postaux, ete.. La victoire des travailleurs consiste essentieilement en ce que, pour la première fois depuis la fin de 1947, ils ont par leur action transformé la situation à leur avantage Ils ont ressoudé leurs rangs, regagné confiance dans la grève qui, cette fois-ci, a payé, repris l'initiative des opérations. Ils sont mieux prêts à de nouvelles luttes que chacun sait inévitables.
Le renversement de la situation ouvre une période d'agitation ouvrière intense, de luttes extrêmement politisées, avec pour objectif la question du pouvoir et préparatoire à la grève générale. Cette conjoncture nouvelle dominera toute la situation et, en particulier, les élections.
Jusqu'à la période de grèves, la politique stalinienne avait été marquée par une affirmation bureaucratique du « rôle dirigeant» du parti, de tentatives de « politisation » bureaucratique de tous les mouvements dans le sens de la politique du Kremlin (les revendications économiques étaient accrochées à la «lutte pour la paix », à la lutte contre le réarmement de l'Allemagne); au cours du mois de février encore, le secrétaire d'organisation du parti, Lecœur, reprochait aux membres du P.C.F., dirigeants du syndicat du métro et des autobus, des erreurs économistes. Dès que la grève commença à s'étendre, on assista purement et simplement a un abandon de cette politique et à une attitude pratique d'abstention en ce qui concerne le mouvement. Dans toutes les grandes périodes de lutte, Frachon, secrétaire général de la C.G.T., avait coutume d'écrire un éditorial quotidien dans L'Humanité, afin de diriger chaque jour le mouvement. Cette fois-ci, il y eut un article tout au debut, puis plus rien pendant une qcinzaine; Frachon ne retrouva l'usage de sa plume qu'au moment où les grèves refluaient pour dresser un bilan et parler de l'avenir. La où les ouvriers débrayaient, les militants du P.C.F. et de la C.G.T. se mettaient à la tête du mouvement. Le mouvement a surtout affecté des corporations qui ne constituent pas traditionnellement l'avant-garde de la classe ouvrière. Dans ies industries d'avantgarde (les Métaux par exemple) et où leur influence est très largement dominante, ils ont laissé les travailleurs dans l'indécision, ce qui a nui à une extension du mouvement. Dans quelques usines où se trouvaient des militants d'avant-garde échappant à leur contrôle et susceptibles de former une direction nouvelle indépendante, ils intervinrent plus active ment... pour s'opposer à un mouvement; ce fut notamment le cas chez Renault qui aurait, en entrant dans la lutte, donne le signal à toute la métallurgie parisienne et à de nombreuses autres industries, ce qui aurait mis à l'ordre du Jour la greve generale. 22
T E RATIONALE
Le retournement de la situation fut si rapide qu'il se produisit à la surprise générale. Les bourgeois, guidés par l'idée que les grèves sont le produit de sourdes agitations de meneurs, reprochèrent au gouvernement de n'avoir pas su qu'un tel mouvement se préparait. Mais toutes les directions ouvrières furent aussi surprises par l'éclosion de ce mouvement.
Nous avons dit plus haut quelle fut l'attitude des dirigeants réformistes et des syndicats chrétiens. Il n'est guère besoin d'insister à ce sujet. La très grande majorité de la classe ouvrière est sous l'emprise des dirigeants staliniens, et c'est leur attitude qui mérite d'être étudiée de très près, d'autant plus qu'ils ont étonné beaucoup de monde, y compris un très grand nombre de membres de leur parti.
A quoi faut-il attribuer cette modération soudaine des chefs staliniens ?
Ils n'ont fondamentalement pas changé de ligne. Des que le mouvement se fut considérablement apaisé et qu'il ne parut plus y avoir de possibilité très immédiate de vaste élargissement, ils remirent l'accent sur les problèmes chers à la diplomatie du Kremlin. Les cadres de l'Union des syndicats de la Région Parisienne sont convoqués au début d'avril avec à l'ordre du jour la préparation du Premier Mai et... le compte rendu de la Conférence de Berlin contre le réarmement de l'Allemagne ! Peut-on penser que les dirigeants staliniens ont estimé que, dans un mouvement aussi vaste, ils n'auraient pas pu violenter leurs militants pour les détourner de leurs préoccupations qui étaient celles de toute la classe? Dans une certaine mesure, cela peut être vrai. Mais les dirigeants staliniens se sont montrés plus d'une fois peu embarrassés pour contraindre les militants de leur parti à coiffer les mouvements ouvriers de leurs mots d'ordre spécifiques sans se soucier des conséquences pour ces mouvements. Nombre de membres du P.C.F. qui, dans les mois passés, avaient eu comme consigne de pousser la moindre lutte étaient surpris de ne pas avoir de directives et de ne pas en recevoir. La direction stalinienne ne leur a pas encore fourni d'explications. Il est probable qu'elle ne manquera pas d'en trouver après coup, mais il est douteux qu'elle donne l'explication vraie.
La haute direction stalinienne a compris que le mouvement de Pâques 1951 n'était, dans tout le développement de la situation, qu'un combat préliminaire, des escarmouches, que la bataille ne prendra toute son ampleur qu'à une étape prochaine, et que pour elle, dans ces conditions, la meilleure tactique était celle qui la placerait dans les positions les plus favorables pour contrôler le mouvement au plus fort du combat et le diriger au profit de la diplomatie du Kremlin. Cette explication permet de
La modération des staliniens et ses raisons
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La modération des staliniens et ses raisons
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E comprendre comment ont opéré les chefs staliniens.
En n'étendant pas le mouvement, ils vont prétendre auprès de gens non avertis qu'ils ne poussent pas aux luttes comme on les avait accusés, qu'ils ne cherchent pas le désordre pour des objectifs politiques et qu'ils sont soucieux des intérêts des travailleurs. Après des mois d'isolement relatif et de manifestations aventuristes, ils se sont rapprochés de travailleurs qui s'étaient élcignés d'eux. Ils ont mis en avant un programme de revendications, acceptable en assez grande partie, pour l'ensemble des travailleurs. Dans les déclarations officielles de la C.G.T., l'insistance portait sur une demande de participation aux négociations avec le gouvernement dans toutes les industries et corporations, Ils ont protesté contre leur éviction. Après cela, ils vont dire que si les augmentations obtenues sont insuffisantes, c'est parce qu'ils avaient été écartés de négociations auxquelles avaient participé des organisations ne jouissant pas de la confiance de la grande majorité des travailleurs. Pour prétendre qu'ils sont des partisans de l'unité d'action, les représentants de la C.G.T. à la Commission supérieure des Conventions Collectives ont fait une proposition aux dirigeants des autres centrales, à l'ouverture des travaux, pour que toutes les délégations ouvrières à cette Commission défendent un seul et même
Des éléments d'une di
Le mouvement qui vient de se produire a non seulement eu pour caractéristique de transformer le rapport des forces, il a comporté également des caractéristiques très importantes pour les prochains mouvements.
Plusieurs raisons, notamment l'expérience passée qui a engendré une méfiance plus ou moins considérable l'égard des directions et la tactique des staliniens désireux de ne pas s'engager à fond en la circonstance, ont concordé pour provoquer dans plusieurs autres endroits une véritable réalisation de l'unité d'action dans le cadre de la démocratie ouvrière. On a vu des comités de grèves vraiment représentatifs de la base, et non des comités désignés uniquement de représentants des syndicats et simples instruments de ceux-ci. Plus encore, chez les cheminots de la région parisienne, s'est tenue une assemblée des comités de grèves dont un grand nombre étaient représentatifs comme nous venons de le dire; et dans cette assemblée s'est exprimée la volonté de la voir prendre en
La direction du P.C.F.
On sait que les grandes luttes des années précédentes avaient, en raison des échecs subis par la classe ouvrière, entraîné sur un plan politique visible, des évolutions à droite de courants petits bourgeois dans le mouvement ouvrier programme de revendications ouvrières. Ils n'avaient jamais fait auparavant de telles propositions, ils n'avaient pas • fait précéder ou appuyer leur proposition d'une agitation à la base pour qu'elle soit soutenue par tous les travailleurs; savaient que, dans ces conditions, ils recevraient une fin de non-recevoir et maintenant ils diffusent très largement leur proposition pour montrer que, s'il n'y a pas eu une large unité d'action, c'est la faute des autres.
La tactique stalinienne dans les grèves a-t-elle été directement liée aux développements actuels dans la situation internationale ? Il est difficile de l'affirmer, par le fait de leur abstention. Toutefois, si on tient compte qu'à la même période une proposition stalinienne était formulée par Togliatti, à Milan, dans termes suivants. « Nous déclarons que nous sommes disposés à retirer notre opposition dans le pays et au Parlement à un gouvernement qui modifierait radicalement la politique extérieure de l'Italie, pour que l'Italie ne soit pas engloutie dans le tourbillon d'un nouveau conflit» on peut supposer que les staliniens n'ont pas été fâchés de montrer à la bourgeoisie, au cours de négociations internationales actuelles, le poids de leur intervention possible dans les mouvements des masses au cours de la prochaine période, dans une direction ou dans l'autre selon le résultat des négociations. rection indépendante mains la direction du mouvement des cheminots, notamment devant l'irrésolution des hauts dirigeants staliniens. Il y avait pour la première fois chez des travailleurs pour la plupart membres du P.C.F. et de la C.G.T. une tendance à chercher des solutions par eux-mêmes. Il serait faux de dire que ces travailleurs, notamment les membres du F.C.F. et de la C.G.T., étaient prêts à agir indépendamment et contre leurs dirigeants, mais ils ont fait un pas en avant — très petit encore - sur la voie d'une pensée propre, non dictée par l'appareil.
Il serait erroné d'exagérer l'ampleur de ces manifestations d'indépendance des travailleurs par rapport à leurs vieilles directions; mais ce sont des signes très importants et qui doivent servir de point de départ pour œuvrer à une nouvelle direction ouvrière dans les prochaines luttes de la classe ouvrière, luttes qui soulèveront la question du front unique de tous les partis et de tous les syndicats ouvriers, de la préparation de la grève générale et du pouvoir aux travailleurs. devant ses militants (notamment la rupture d'une aile droite du P.C.I. et la formation du défunt Rassemblement Démocratique et Révolutionnaire).
Immédiatement au lendemain du sommet de la vague de grèves, s'est produite
N une manifestation politique extrêmement révélatrice. Elle a échappé à l'attention de l'opinion publique en général, parce qu'elle ne consiste pas en une cristallisation organisationnelle ou des départs ou des adhésions à tel ou tel groupement, Il s'agit d'un article paru en première page de L'Humanité du 5 avril, intitulé «DEUX ATTITUDES », sous la signature de R. Guyot, membre du Bureau Politique et secrétaire de la Fédération de la Seine. Cet article a été reproduit en grand tirage et diffusé notamment les travailleurs de l'usine Renault.
Cet article, essentiellement consacré à l'attitude des membres du P.C.F. dans le mouvement, nous apprend que ceux-ci ont été en general a la hauteur des circonstances. Mais il y a eu des exceptions dans la métallurgie parisienne, c'est-à-dire dans Tavant-garde du prolétariat parisien et français. L'article mentionne nommément l'usine Chausson et l'usine Chenard et Walker de Gennevilliers, et l'usine Renault.
Première observation. A l'usine Chenard et Walker en 1948, pendant la grande grève des mineurs, une délégation conduite par des membres de la cellule du P.C.F. était allée demander à Frachon que la C.G.T. prenne responsabilités en donnant l'ordre grève générale. A la suite de cette délégation, Frachon avait écrit une « lettre ouverte » aux ouvriers de cette usine (lettre qui fut diffusée à profusion dans la métallurgie parisienne) pour leur dire qu'ils faisaient le jeu des gaullistes et des trotskystes ! Quant à Chausson et nault, ce sont les deux usines où les militants de la IVe Internationale ont fait le plus de progrès et disposent d'une influence assez sérieuse; avec d'autres militants d'avant-garde ils ont mené une action très énergique pour que l'entrée en lutte de ces usines propulse un élargissement du mouvement vers une grève générale. Dans cette activité ils se sont heurtes aux responsables staliniens qui invoquaient toutes sortes de raisons pour empêcher un démarrage de la grève dans leur entreprise.
Que reproche R. Guyot aux communistes de Gennevilliers ? « Samedi dernier, c'est-à-dire au 16" jour de la grève du métro-bus... (Ils) n'avaient fait aucun tract ni édité un seul journal de cellule durant toute cette période.» R. Guyot en déduit que, pour cette raison, dans ces usines, les ouvriers ne souscrivaient pas aisément pour leurs camarades du métrobus. Il déplace le problème, car moment où il écrivait son article l'usine Chausson déclenchait la grève.
Et que dit Guyot sur Renault? « Tout au cours de la journée du lundi l'effervescence n'avait cessé de grandir, les comités d'unité se multipliaient dans les ateliers et les départements. Le mardi, alors que l'ensemble du personnel attendait les mots d'ordre de lutte, des militants communistes occupant les plus hautes responsabilités dans le syndicat de la métallurgie parisienne ont recommandé la modération et ont mis en garde 24
TERNATIONALE contre l'énervement des ouvriers et des militants de chez Renault au lieu d'appeler au combat et à l'organisation combat. Cette attitude a porté un grave préjudice au mouvement général dans la métallurgie parisienne.» correspondant ouvrier, dans Vérité (parue également le 5 avril) décrit «comment la grève Renault n'a pas eu lieu » en ces termes:
«Nous avons relaté dans notre dernier numéro comment les lundi 19 et mardi 20 mars, les travailleurs de chez Renault manifestaient dans tous les ateliers leur volonté de débrayer aux côtés de la R.A.T.P. et des cheminots. Mais ils attendaient des ordres de leurs dirigeants syndicaux...
«Quant à la C.G.T., de qui les travailleurs réclamait l'ordre de grève, elle trouvait toutes les astuces pour se défiler. et décourager la combativité de l'usine..
« Pour montrer l'attitude de la C.G.T voici ce que nous entendions à une réunion des Comités d'unité d'action de l'usine, tenue le mercredi 21. Linet, responsable de la C.G.T. pour l'usine, durant tout son rapport et ses réponses accumula des arguments contre la grève illimitée et défendit l'idée d'une grève limitée d'avertissement...
« A une déléguée qui exigeait la grève, Binet repondait tres grand selgneur : «Ne seyez pas si impatiente.» Il lui disait « vous » !
«Durant près de trois quarts d'heure les délégués intervinrent presque tous pour exiger la grève et sans arrêt Linet ergotait.
«Pour enterrer un débat dans lequel il devait s'opposer trop visiblement aux aspirations de la base, exprimées par les membres des Comités d'unité d'action, il se mit à discuter sur l'heure du débrayage limité et non plus sur le principe...»
Il est assez rare de voir l'organe stalinien et l'organe trotskyste apprécier la situation cans une usine et l'activité de dirigeants de la C.G.T. de la même manière. Il va de soi que les conclusions ne sont pas du tout identiques.
Pour Guyot, par «la critique et l'autocritique », le parti remettra les choses en place. jusqu'aux prochaines attitudes « déviationnistes ». La direction du P.C.F. a chargé Guyot d'écrire en vue de maintenir, dans l'esprit des ouvriers communistes et de tous les travailleurs, l'idée que les militants du P.C.F. individuellement peuvent se tromper, mais que le parti, c'est-à-dire sa haute direction, ne se trompe jamais. Le tract signé Guyot est un acte par lequel le P.C.F. se défend devant l'opinion ouvrière. Il révèle qu'au moins dans dela classe onzière ui intéresse auste titre les dirigeants staliniens, l'attitude du P.C.F. et de la direction de la C.G.T. dans les grèves a soulevé des doutes. Pourquoi pas de directives d'action que les ouvriers auraient suivies? Pourquoi la modération ? N'oublions pas aussi que les militants du P.C.F. sont des ouvriers qui ne craignent pas de s'isoler à l'occasion sur des problèmes politiques, mais qu'ils sont particulièrement sensibles aux réactions de leur classe lorsque celle-ci veut aller de l'avant.
La défense de Guyot, c'est-à-dire du Bureau Politique, est plutôt faible. Si on la prenait pour argent comptant, on aboutirait à deux conclusions peu flatteuses pour ce parti lui-même que Guyot vise à défendre. Tout d'abord, elle montrerait que la fameuse sélection de l'apparell laisse plutot a desirer, si les militants choisis pour les plus hauts postes syndicaux de la métallurgie parisienne ont fait preuve de telles carences à des moments décisifs. Ensuite, en songeant à ce que pouvait être l'activité des plus hautes (Bureau Politique, Secrétariat Confédéral) dans le mouvement, on peut difficilement concevoir que Frachon ne soit pas lui-même préoccupé de ce qui se passait aux positions décisives et n'ait pas eu de liaisons constantes avec la direction du syndicat de la métallurgie parisienne. De l'autre côté de la barricade, on peut être certain que le ministre de l'Intérieur n'avait pas manqué de consacrer l'essentiel de son temps à suivre le mouvement de grève aux points décisifs.
La « modération » a-t-elle été le fait d'individus par faiblesse personnelle ou de la politique du P.C.F. ? La réponse à cette question se trouvera le mieux dans l'examen de la politique du P.C.F. dans
(6). Ne doutons pas que Linet ou quelque autre sont préts à « reconnaitre leurs fautes s. Il n'est pas besoin d'être de l'autre côté du • rideau de fer › pour entendre des « aveux ».
NTERNATIONALE la période qui s'ouvre. Que proposent les chefs de ce parti comme objectif aux prochaines luttes inévitables ? Acceptent-ils de lutter pour un gouvernement ouvrier et paysan, de front unique des partis et organisations de la classe ouvrière et sont-ils décidés à mener une campagne de préparation de la grève générale ? Ou bien restent-ils en faveur d'un gouvernement d'union démocratique (qui n'a jamais été clairement défini) et de la tactique des mouvements limités pouvant conduire à une politique de collaboration classe (selon loffre Togliatti) ? Dans le premier cas, il s'agira bien de fautes individuelles; dans le second, on peut dire que la « modération » de Linet lui a été dictée (6).
Le P.C.F. dispose encore d'une très forte emprise sur la classe ouvrière de France et la nouvelle étape va être utilisée par direction au profit du Kremlin. Mais cette nouvelle étape ne sera pas seulement cela. Dès son début, la direction du P.C.F. est sur la défensive à l'égard des militants d'avant-garde son propre parti. Il est certain qu'au cours des prochaines luttes, les éléments de crise du stalinisme se développeront et que les éléments de construction d'une direction ouvrière indépendante grandi-
Le 7 avril 1951.