Get l'orientation de la IV° Internationale
I. — Ayant échoué dans les multiples tentatives qu'il a faites depuis la dernière guerre pour arrêter la désagrégation système mondial et restaurer équilibre, et se trouvant menace par une nouvelle crise de surproduction, l'impé-
Glance à nouveau dans la préparation accélérée, militaire et politique, d'une nouvelle guerre mondiale.
II. - Cette tendance à la guerre, inhérente au système capitaliste dans sa phase impérialiste de décadence et de décomposition, existait naturellement dès la liquidation de la deuxième guerre mondiale et le début de la « guerre froide ». Toutefois, ce qui essentiellement le cours pris récemment par la politique des impérialistes, c'est le passage d'une préparation principalement idéologique de la nouvelle guerre (par une croisade anti-soviétique et anti-communiste en général)
une préparation militaire et politique plus précise de la guerre.
Ce tournant se concrétise par l'orientation essentielle de l'économie des principaux pays capitalistes vers une économie d'armements et de guerre, et la subordination du caractère politique de tous leurs « plans » et idées («Plan Marshall», «Plan Schuman », «Unification de l'Europe») à un caractère militaire.
III. - A cette évolution de la politique impérialiste, la bureaucratie soviétique oppose l'accélération ses propres armements et plans militaires, l'intégration plus totale des pays satellites de l'Europe dans son orbite économique et politique, les efforts pour empêcher un développement autonome de la révolution chinoise afin d'utiliser celle-ci à ses propres fins, et, de la part des Partis Communistes, une politique d'obstruction aux plans anti-soviétiques de la bourgeoisie, une politique de harcèlement et de pression sur celle-ci, afin de l'obliger à un compromis qui allongerait les délais du déclenchement de la guerre.
IV. - Pour des raisons fondamentales qui tiennent à la nature même de la bureaucratie soviétique, celle-ci, malgré les apparences, craint la rupture brusque de tout équilibre, redoute l'éveil et le triomphe mondial des forces révolutionnaires même si celles-ci sont dirigées à la première étape par les Partis Communistes, elle poursuit une politique essentiellement conservatrice et défensive, centrée avant tout sur le renforcement économique, diplomatique et militaire de son bastion IU.R.S.S.
De ce point de vue, la tentative de mettre sur le même plan le caractère agressif et expansionniste par sa nature même de la politique impérialiste, dont la n'est qu'un développement nécessaire et la politique de la bureaucratie soviétique, et parler égales à la domination mondiale aussi bien des U.S.A. que de l'U.R.S.S., c'est sombrer dans la confusion théorique, dont il découle toute une série de conclusions politiques erronées dans leur base même.
V. - Malgré l'orientation, à présent renforcée de l'impérialisme vers la guerre, la perspective de compromis temporaires entre I'U.R.S.S. et les U.S.A. reste toujours
L'impérialisme est conscient du rapport de forces défavorable à l'étape actuelle pour qu'il puisse gagner une guerre déclenchée contre l'U.R.S.S., ses satellites européens et la Chine, guerre qui, par la force des choses, se transformera dès le début en guerre civile internationale.
Il ne peut encore compter sur une résistance tant soit peu effective d'aucun pays capitaliste de l'Europe occidentale, celle-ci risquant de passer rapidement, en cas de guerre, dans sa totalité, sous le contrôle des armées soviétiques, des Partis Communistes ou des masses révolutionnaires.
L'Asie tout entière peut, dans les mêmes délais rapides, connaître un sort identique.
Par consequent, dans le cas d'une guerre déclenchée à l'étape actuelle par l'impérialisme, il lui faudrait envisager une situation dans laquelle pratiquement l'impérialisme américain, partiellement secondé par l'impérialisme anglais, aurait à faire face à la coalition de l'Europe tout entière et de l'Asie, passées sous le contrôle des forces adverses.
Dans un tel rapport de forces, la victoire de l'impérialisme deviendrait problématique en présence d'un chaos universel.
VI. - Pour cette raison, il est beaucoup plus probable que l'impérialisme prolongera la période de sa préparation jusqua ce qu'il atteigne la limite de capacité d'amortir la crise économique et de maintenir son contrôle sur les masses américaines.
Il lui sera d'autre part d'autant plus possible de poursuivre cette ligne que la soviétique, soucieuse elle aussi pour ses raisons propres, d'éviter le déclenchement d'une guerre générale, se prêtera à la conclusion de compromis partiels, limités ou plus étendus, et à la politique d'un partage de zones d'influence et d'avantages réciproques.
VII. - Ce sont les progrès réalisés dans la stabilisation de l'économie rapports de classe en Europe occidentale, de quelques positions-clés dans le programme des armements en cours d'exécution, qui décideront, en partie, dans les années qui viennent, du degré de préparation de l'impérialisme déclencher et gagner une guerre générale. Si l'impérialisme réussissait dans les quelques années à venir à stabiliser et réarmer sérieusement la « communauté atlantique » (en y intégrant l'Allemagne occidentale) et certaines bases importantes alors concier carone de rappore de tote dul permettrai romperiline en Asie Japon, Philippines, Corée, Vietnam, Indonesie, Moyen-Orient), et à maintenir on pourrait d'envisager comme fort probable sa victoire dans une guerre mondiale.
VIII. - Cependant, ces préparatifs de l'impérialisme seront inévitablement contreasiatiques et des Etats-Unis même, irres par la resistance qu opposeront les masses de l'Europe occidentale, des par ne nouvelle détérioration c vie et à la destruction de leurs libertés pour permettre à la bourgeoisie d'exécuter son programme d'armements et de guerre.
IX. → L'orientation de l'économie capitaliste vers l'économie des armements de guerre pourra, pour une certaine période, éviter un approfondissement de la crise de surproduction qui menaçait déja partout, maintenir l'activité économique aux niveaux de 1950 et même les dépasser dans certains cas.
Mais, en même temps, elle entraînera une nouvelle poussée inflationniste et l'abaissement du niveau de vie des masses, une partie importante de leur pouvoir d'achat devant nécessairement financer le programme d'armements de la bourgeoisie.
Cependant, les marges d'équilibre instable auquel la bourgeoisie est parvenue péniblement dans les pays tellement étroites qu'il risque de disparaître à nouveau rapidement dans la nouvelle conjoncture.
L'impérialisme américain lui-même risque cette fois d'atteindre les limites de sa capacité à pouvoir combiner, comme il l'a fait jusqu'à présent, une politique intérieure de « welfare state », ses préparatifs de guerre et le soutien des autres pays capitalistes.
X. - En réalité, si la bourgeoisie persiste à poursuivre son colossal programme d'armements, nécessaire pour éviter passagèrement l'approfondissement de la crise économique et envisager avec confiance le cas d'une guerre générale, elle sera forcée d'abandonner toute velléité de combiner une politique de « justice sociale » avec la préparation intense de la guerre, et elle sera contrainte d'abaisser partout sérieusement, y compris aux Etats-Unis, le niveau de vie des masses.
Elle ne pourra réussir à accomplir cette tâche qu'en brisant la résistance inévitable des masses travers une série de lutter d'envergure qui décideront en définitive des possibilités de la bourgeoisie de mener la guerre.
direction stalinienne et reformiste du mouvement ouvrier dans les pavs d'Europe occidentale et malgré le rôle traitre de la bureaucratie svndicale aux U.S.A., nulle part encore la bourgeoisie ne peut envisager de réussir dans les quelques années à venir une série de défaites décisives au prolétariat à instaurer des régimes «forts », dictatoriaux ou fascistes, capables de mener la
Ceci est particulièrement le cas de l'Allemagne occidentale, de l'Italie, de la rance, de lAngleterre. Les reactions des masses aux U.s.A. auront naturellemen ne importance particulière et pourront déterminer des modifications profonde dans l'évolution de la situation internationale, les délais et les préparatifs de la
- Pour que le mouvement de la IVe Internationale puisse correspondre comme par le passé à un besoin historique, s'insérer avec succès dans le mouvement des masses et adopter une attitude correcte sur les perspectives de guerre, il est nécessaire de réaffirmer et de préciser ses positions programmatiques dans une série de questions, entre autres celles de l'U.R.S.S. et du stalinisme. 44
Les positions prises par les courants antistaliniens du mouvement ouvrier autres que les trotskystes, et l'évolution de la politique du gouvernement et du P.C. yougo-
Slaves au sujet la guerre de Corée, ont démontré une fois de plus qu'il est impossible d'adopter, en de levolution de la situation internationale et des perspectives de une attitude de classe correcte sans une juste évaluation de TU.R.S.S. et du stalinisme, de leur nature et des perspectives de leur évolution.
Malgré la dégénérescence extrême de la bureaucratie soviétique, l'U.R.S.S n'est pas redevenue un pays capitaliste, et la structure de son économie étatisée et planifiée s'est maintenue. Cette structure économique, rendue possible grâce à la Révolution d'Octobre et l'expropriation de la bourgeoisie, n'est pas soumise aux lois du capital financier définies par la théorie léniniste de l'impérialisme. Elle se distingue fondamentalement, qualitativement, du capitalisme même le loppé; dans celui-ci il existe des tendances à l'étatisation et à la planification économique, mais elles ne se réalisent jamais intégralement, et elles restent subordonnées aux intérêts et aux antagonismes des groupes monopoleurs privés. Elles sont, d'autre part, constamment minées par la multitude des producteurs libres moyens et petits, qui reproduisent quotidiennement le capitalisme privé et empêchent toute planification véritable.
L'étatisation de tous les moyens de production et la planification de l'économie, qui distinguent l'U.R.S.S. et, entamé dans les
« démocraties populaires », ne sont pas le résultat d'une évolution régime capitaliste antérieur au capitalisme d'Etat mais le produit d'une lutte de classe précise, quoique déformée dans le cas des «démocraties populaires» par intervention militaro-bureaucratique du stalinisme, qui a abouti au renversement des classes possédantes et de l'impérialisme.
Les changements de structure économique et sociale dans ces pays résultent de changements brusques, à la suite d'une lutte, dans les rapports de force des classes et non pas de l'aboutissement d'une évolution générale du capitalisme vers le capi-
En dépit du caractère parasitaire extrême de la bureaucratie soviétique, qui est devenue développement économique, on ne peut affirmer qu'en U.R.S.S. les forces productives stagnent ou aient cessé de progresser
C'est une preuve supplémentaire des possibilités du système de l'économie étatisée et planifiée que la bureaucratie n'a pas pu encore détruire complètement.
XIII. - La bureaucratie soviétique n'est pas redevenue une classe capitaliste et n'est pas non plus une classe d'un type nouveau. Elle reste attachée dans sa très grande partie à la structure économique actuelle de l'U.R.S.S. dont elle comprend les avantages et d'où elle puise ses privilèges.
Best soumise à des pressions, des luttes et des différenciations en son sein, provoquées par l'hétérogéneité sociale de ses couches, la pression des masses soviétiques et celle du prolétariat international et de l'impérialisme. Elle continue à enfermer et à exprimer dans sa politique les éléments doubles et contradictoires dans leur unité dialectique, de sa position actuelle de caste privilégiée érigée au pouvoir d'un Etat d'origine ouvrière et de structure anticapitaliste. Elle ne peut pas se rendre à l'impérialisme sans se perdre en tant que telle en U.R.S.S.; elle ne peut pas reposer d'autre part sur le prolétariat et sur l'extension de la révolution mondiale, qui stimulerait la lutte des masses soviétiques pour la renverser. Cette extension enlèverait, d'autre part, par l'organisation et le développement rapide des forces productives dans le monde, les raisons objectives de l'existence et surtout de l'omnipotence de toute bureaucratie. Elle poursuit une politique d'équilibre entre l'impérialisme et le prolétariat, utilisant l'un contre l'autre, afin de préserver avant tout ses positions en U.R.S.S.
XIV. - La mainmise de la bureaucratie soviétique sur les directions des Partis Communistes s'est faite à travers la dégénérescence de la III° Internationale, la base est restée profondément attachée à la Révolution d'Octobre et à l'U.R.S.S.
Manipulant ces directions à son gré, la bureaucratie soviétique utilise les Partis Communistes comme instruments de sa politique internationale. Les directions de ces partis se prêtent à ce jeu parce qu'elles sont composées elles-mêmes d'éléments bureaucratisés, puisant leur influence sur les masses et leurs privilèges avant tout dans le fait qu'ils apparaissent aux masses comme mandataires désignés de la Révod'Octobre et de l'U.R.S.S., « patrie socialiste».
Cependant, les Partis Communistes, où ils sont encore des organisations de masse, groupant encore, surtout après la dernière guerre, dans plusieurs pays de l'Europe et de l'Asie la partie la plus révolutionnaire de la classe ouvrière et de la paysannerie pauvre, ne peuvent pas se laisser réduire à être, en toute circonstance, de simples agences de transmission et d'exécution des ordres de la bureaucratie soviétique.
pourra pas adopter envers eux une politique juste et l'on ne pourra pas cas du Parti Communiste yougoslave ni d'autres cas analogues qui sont présentés et qui se présenteront inévitablement à l'avenir, particulièrement dans la perspective d'une guerre contre l'U.R.S.S. si l'on ne comprend pas complètement la dialectique des Partis Communistes et leurs rapports avec le mouvement des masses.
XV. - Ni par leur direction inféodée à la bureaucratie soviétique, ni par leur base, ni par leurs rapports avec la classe ouvrière et les masses pauvres en les Partis Communistes ne sont exactement des partis réformistes. Ils renferment des éléments contradictoires qui ont été mis clairement en lumière depuis le pacte des éléments germano-soviétique de 1939.
et sans désertions notables du côté de la bureaucratie soviétique, même dans Entre l'impérialisme et la bureaucratie soviétique, ils se rangent invariablement revirements les plus brusques.
D'autre part, dans la mesure où ils se lient à un réel mouvement révolutionnaire de masses, ils subissent sa pression et peuvent, dans certaines conditions favorables, aller au dela des buts que la bureaucratie soviétique leur fixe, et esquisser une orientation révolutionnaire. Cela signifie plus précisément la possibilité pour partis, placés dans de telles conditions favorables, de se voir obligés d'entreprendre une lutte pour le pouvoir contre les classes possédantes et l'impérialisme.
Ce qui serait antimarxiste n'est pas de contester cette possibilité, prouvée aussi bien par l'expérience du P.C.Y. qu'en partie par celle du P.C. chinois, mais d'affirmer que le poids de l'appareil bureaucratique est en toute circonstance plus décisif que la pression du mouvement des masses.
Les conditions objectives déterminent à la longue le caractère et la dynamique les obstacles s dje etas ds gs arte den la tein tvapeut copie rain controus les obstacles subjectifs dans la voie de la révolution.
d'être à la base de notre optimisme révolutionnaire et éclaire notre attitude envers les Partis Communistes.
Dans le cas de puissants soulèvements révolutionnaires de masses, comme ceux sont produits pendant la guerre en Yougoslavie, en Chine, et récemment en Corée, et comme ceux qui se produiront inévitablement dans la perspective exposée ci-dessus, il n'est pas exclu que certains Partis Communistes puissent être entraînés gros de leurs forces hors de l'orbite stricte de la bureaucratie soviétique et esquisser une orientation révolutionnaire.
A partir de ce moment ils cesseraient d'être exactement des partis staliniens, simples instruments de la politique de la bureaucratie soviétique et se prêteraient à une différenciation et à un cours de politique autonome.
La IV° Internationale ne peut pas se permettre de renouveler, en cas de nouveaux soulèvements révolutionnaires dirigés des Partis Communistes, d'appréciation commises dans le passé en Yougoslavie ou en Chine. Au contraire, générale, aussi longtemps que le rapport de forces en Europe et en Asie ne serait consciente de la lutte gigantesque qui surgira conjoncture d'une guerre pas profondément changé en faveur de la bourgeoisie et de l'impérialisme, la lutte engagée déjà dans plusieurs pays coloniaux, elle doit préter une accrue à l'évolution des P.C. • de ces pays et trouver les moyens de s'insérer dans le mouvement des masses et d'influencer la base de ces partis.
Si l'on comprend correctement la nature de la bureaucratie soviétique, des P.C., de leurs rapports mutuels et de leurs rapports avec le mouvement des masses, on ne peut pas conclure à un avenir historique quelconque du stalinisme, c'est-a-dire de la bureaucratie soviétique. Ceux qui parlent de la possibilite d'une expansion mondiale du stalinisme et d'une ère possible de domination du « capitalisme bureaucratique » ou de «collectivisme bureaucratique» stalinien partent de considérations théoriques fondamentalement erronées concernant lU.R.S.S. et le stalinisme. Ils déduisent «l'expansionisme» soviétique et sa soi-disant tendance à la domination mondiale, soit d'une structure « capitaliste, monopoliste » de l'U.R.S.S. qui la pousserait, comme les pays dominés par le grand capital financier, à une politique impérialiste, soit du caractère « totalitaire» de cette politique. Ils consianalogue à celle de l'U.R.S.S. existent déjà dans le mouvement des Partis Commupremisses économico-sociales bureaucratie nistes, permettant d'asseoir partout, en cas de victoire de ces partis, un pouvoir politique analogue à celui de l'U.R.S.S
En réalité, la bureaucratie soviétique ne poursuit aucunement une politique se tonde intre dit ans ont et chane de tient de le restait dans systématique « d'expansion », et chaque élargissement du pouvoir « stalinien» le monde introduit, au contraire, en même temps, du prestige stalinien, des éléments de désagrégation de ce pouvoir.
- L'extension de l'influence de la bureaucratie soviétique dans le glacis européen n'est pas une preuve de la politique « d'expansion » systématique à laquelle la bureaucratie soviétique, tout comme l'impérialisme, se trouverait acculée. bureaucratie soviétique n'a mis la main sur ces pays qu'à la suite des conditions particulièrement favorables créées par la guerre, grâce à l'accord qu'elle a pu conclure avec l'impérialisme « démocratique» et grace à la décomposition extrême du régime capitaliste dans ces pays, ce qui n'exigea aucune lutte révolutionnaire d'envergure pour l'abattre.
Même dans ces conditions extrêmement favorables, la bureaucratie a procédé dans ces pays avec prudence, se montra début à faire des concesavant de décider d'accélérer l'intégration de ces pays dans son orbite économique sions à l'impérialisme, et consolida par étapes son contrôle absolu sur les masses et politique.
Dans tous les autres pays capitalistes, qu'elle considérait comme dépendant de l'influence impérialiste, et même dans des avait ama la Yossement lait le Yougoslavie, la Grèce et la Chine, ou le mouvement des masses avait déjà pouvoir direct de la bourgeoisie, la bureaucratie soviétique a saboté le développement revolutionnaire et la prise du pouvoir.
Ensuite, l'intégration à laquelle la bureaucratie procède actuellement dans le 46 glacis exigea, dans plusieurs cas, surtout là où le P.C. représentait une force reelle liée à un réel mouvement de masse (comme en Bulgarie, en Tchécoslovaquie et, en partie, en Pologne), la destruction des appareils autochtones des P.C. et leur remplacement par des fonctionnaires guépéoutistes, directement maniés par le Kremlin.
bureaucratie soviétique s'oppose fondamentalement par sa nature au développement des forces révolutionnaires dans le monde, et il est exclu que, meme dans le cas d'une guerre générale contre I'U.R.S.S., la bureaucratie puisse pousser les P.C. à prendre le pouvoir dans des régions du monde qu'elle ne pourra pas contrôler, entre autres par exemple aux U.S.A. - qui est pourtant la citadelle de l'impérialisme.
Ce n'est qu'en partant d'une telle compréhension profonde de la nature de la bureaucratie soviétique qu'on peut se débarrasser de la hantise de la « domination stalinienne », dénoncer le rôle mondialement contre-révolutionnaire de la bureaucratie soviétique, saisir et exploiter les rapports contradictoires concrets qui existent entre celle-ci, les P.C. et les mouvements de masse, et appuyer à mouvement révolutionnaire, anticapitaliste et anti-impérialiste, qui rétrécit encore davantage la base de l'impérialisme dans le monde, même si ce mouvement, dans une première étape, est dirigé par une direction d'obédience stalinienne.
C'est à ce prix et par cette tactique que le prolétariat révolutionnaire surmontera le stalinisme.
XIX. - Aux tentatives de l'impérialisme pour retrouver un eguilibre et resoudre passagèrement sa crise en réintroduisant dans son orbite les marchés de l'U.R.S.S., des « démocraties populaires » d'Europe, de la Yougoslavie, de la des régions asiatiques en révolte, la IV* Internationale opposera la défense de tous pays et des révolutions coloniales. Cette conception de la défense ne s'applique pas aux cas de l'Allemagne orientale et de la zone d"occupation soviétique en Autriche.
En aucune façon la tâche de renverser la bureaucratie soviétique et de briser sa mainmise sur le mouvement ouvrier ne pourra être confiée à l'impérialisme.
D'autre part, défendre ces pays et les révolutions coloniales en Asie, qui échappent actuellement au contrôle direct de l'impérialisme, ne signifie pas seulement œuvrer à maintenir et aggraver le déséquilibre et la crise de l'impérialisme et, par conséquent, renforcer les potentialités révolutionnaires objectives. Cela signifie en même temps miner à la longue le pouvoir de la bureaucratie soviétique de l'intérieur du camp révolutionnaire, car seuls l'élargissement et le renforcement de la crise révolutionnaire mondiale affaibliront le pouvoir de la bureaucratie et ouvriront les perspectives de son élimination d'une façon progressive.
XX. - Pour les masses prolétariennes et coloniales l'alternative n'est pas exactement entre la « démocratie » bourgeoise, si mutilée et défigurée qui subsiste encore dans quelques pays métropolitains, et le joug de la bureaucratie sovietique.
L'impérialisme, qui pour survivre est obligé d'abaisser constamment le de vie de ses propres masses métropolitaines et de détruire progressivement leurs libertés, condamne le prolétariat et les masses coloniales des pays qu'il contrôle à un régime de famine et de dictature policière ouverte, à la Franco, à la Tsaldaris, à la Tchang-Kaï-Chek, à la Bao-Daï, à la Sygman Rhee.
Sous de tels régimes la propagande stalinienne restera toujours vivace et, l'absence d'une force et d'une solution véritablement prolétariennes, leurs masses se prêteront encore à l'influence des P.C.
XXI. - Pour être efficace et contribuer véritablement à l'évolution historique, la politique du prolétariat révolutionnaire ne doit pas partir de ce qui devrait être mais de ce qui est, et savoir d'une situation à une étape supérieure conservant tout l'acquis de la lutte révolutionnaire passée. doit être capable éléments contradictoires et transitoires de l'évolution complexe, non rectiligne, que la dégénérescence de l'U.R.S.S. et le stalinisme ont rendue encore plus difficile.
La défense de l'U.R.S.S., des «démocraties populaires » de l'Europe, Yougoslavie et de la Chine, ne signifie pas la défense de la bureaucratie soviétique ou de la politique des directions staliniennes des P.C. Elle ne signifie pas non plus la défense d'« Etats ouvriers » (sauf pour la Yougoslavie) dans le sens des normes définies par Marx et Lénine. La défense de l'U.R.S.S. constitue la ligne stratégique de la IV: Internationale, et ses applications tactiques restent, comme par le passé, subordonnées au libre développement du mouvement des masses, tentative de la bureaucratie soviétique, de l'armée russe et des directions staliniennes, de l'étouffer et de le briser.
Dans l'orbite soviétique, nulle part le prolétariat ne gouverne directement et nulle part le renversement du régime capitaliste et de l'impérialisme n'a ouvert la évolution vers le socialisme et le communisme. L'expropriation politique du prolétariat par la bureaucratie constitue une entrave majeure à une telle évolution et maintient le prolétariat dans des conditions d'inégalité croissante et d'oppression bureaucratique et policière accrue, par rapport à certaines formes « démocratiques » du régime bourgeois.
Cependant, pour dépasser cette situation dans laquelle le renversement du capitaet de l'impérialisme fut suivi par lexpropriation politique du prolétariat, il est nécessaire de combiner la lutte contre la bureaucratie à la conservation de cet acquis : le renversement du régime capitaliste, l'expropriation de la bourgeoisie, de féodalité, de l'impérialisme, l'étatisation et la planification de l'économie. Seul le prolétariat révolutionnaire est capable de mener une telle lutte combinée par la dialectique de l'évolution, tandis que la victoire de l'impérialisme sur l'U.R.S.S., les « démocraties populaires », la Yougoslavie, la Chine et les révolutions coloniales signifierait une défaite de la révolution mondiale, une marche historique en arrière de tout le processus révolutionnaire de notre époque.
XXII. - La IV° Internationale n'a cessé et ne cessera de combattre et de dévoiler les mythes de la bureaucratie soviétique général « socialisme réalisé en U.R.S.S. » et du « socialisme en voie de réalisation » dans «démocraties populaires », ainsi que d'œuvrer au renversement de ces bureaucraties par le prolétariat révolutionnaire.
Ces mythes déforment monstrueusement la réalité des conditions du prolétariat dans ces pays.
La IVe Internationale lutte pour que le prolétariat puisse diriger le combat pour le pouvoir et diriger la révolution et le pouvoir conquis, effectivement au nom de classe tout entiere, par ses organes directs de classe: Parti, Syndicats, Soviets, contre toute bureaucratie.
déclare que le libre développement socialiste m'est possible qu'à ce prix. D'autre part, le prolétariat ne réussira dans cette tâche et n'évitera complètement la déformation bureaucratique de ses organismes, et surtout de son pouvoir, que dans la mesure où le camp révolutionnaire s'élargira dans le monde et où la révolution gagnera de plus en plus les domaines importants de l'économie mondiale.
Le « socialisme dans un seul pays» n'est pas seulement une utopie petite-bourgeoise, il implique aussi une dégénérescence bureaucratique et opportuniste certaine, à la longue, du pouvoir prolétarien.
XXIII. les grandes luttes inévitables que provoquera la préparation précise de l'impérialisme à la guerre, entraînant des nouveaux sacrifices des masses et de nouvelles atteintes graves à leurs libertés, notre mouvement a pour tâche de dans le mouvement des masses; ceci afin d'en favoriser l'issue révolutionnaire et d'occuper les meilleures positions pussibles en vue du rôle qu'il aura à jouer surtout lors de la gigantesque crise révolutionnaire qui surgirait en cas de guerre générale, aussi longtemps que le rapport de forces en Europe et en Asie ne serait pas profondément changé en faveur de la bourgeoisie et de l'impérialisme.
série de pays ou le stalinisme et le réformisme ne constituent pas majeurs, notre s'etforcera dans les années prochaines de devenir la principale direction révolutionnaire.
You les partis reformistes surclassent de loin toutes les autres formations ouvrières et polarisent la très grande majorité du prolétariat (Angle-
Belgique, Australie..) notre mouvement doit s'efforcer de s'intégrer à ces organisations, d'organiser et d'y développer une aile gauche consciente.
Dans les pays où la majorité de la classe ouvrière suit encore les P.C., nos organisations, nécessairement indépendantes, doivent s'orienter vers un travail plus systématique en direction de la base de ces partis et des masses qu'ils influencent.
Dans les pays de « démocratie éléments non connus doivent s'intégrer dans maintenir, ainsi que dans toute organisation de masse prolétarienne, pour exploiter les possibilités révolutionnaires qui se développeront surtout dans la conjoncture de la guerre.
En Chine, nos forces doivent de même, dans la mesure du possible, s'investir dans le P.C. et élaborer un programme concret qui puisse favoriser une orientation proletarienne et anti-bureaucritique de ce parti, ou au moins la formation d'une large tendance en ce sens à l'intérieur de ce parti et dans la masse quil influence.
Dans tous les autres pays asiatiques en révolte, où les P.C. dirigent le mouvement des masses, l'orientation de notre mouvement doit être aussi vers le travail dans les P.C. et les organisations qu'ils influencent, en vue de ne pas nous couper du mouvement des masses et d'exploiter au mieux la conjoncture
Des formes intermédiaires seront naturellement nécessaires ici imposées par les particularités du mouvement ouvrier dans chaque pays. Cependant, la ligne générale reste de s'insérer là où passe actuellement le mouvement général de la
XXIV. - L'aspect inévitable de guerre civile que prendrait au moins en Europe et en Asie une guerre déclenchée contre l'U.R.S.S. dans les conditions décrites, souligne l'intérêt particulier que doit revêtir notre travail en direction des Partis Communistes, ainsi que celui d'une position claire, non équivoque, sur la bureaucratie soviétique, les P.C. et la défense de l'U.R.S.S., des « démocraties populaires », de la Chine et des révolutions coloniales contre l'impérialisme.
mouvement, grâce à ses positions et à toute sa préparation, peut dans cette crise, sa jonction avec les forces révolutionnaires surgiront des Partis Communistes et des masses qu'ils influencent, pour dans une lutte résolue pour le renversement du capitalisme et en même temps contre la bureaucratie soviétique.
Seul notre mouvement pourra, pour les mêmes raisons, exploiter dès maintenant la crise du stalinisme dans un sens favorable à la construction d'une nouvelle direction révolutionnaire. 48
XXV. - Entre le II° et le III° Congrès mondial, la consigne du II° Congrès d'achever de nous insérer dans le réel mouvement des masses a été en très grande partie réalisée.
Toute la physionomie de notre mouvement, de ce fait, a été transformée : maturation des directions, prolétarisation des organisations, connaissance réelle et exploitation efficace des particularités du mouvement ouvrier dans chaque pays.
Le cours nouveau du trotskysme meilleur gage de avenir en tant qu'avant-garde du prolétariat révolutionnaire et expression consciente du mouvement communiste de notre époque.
Il s'agit maintenant d'achever de consolider et d'amplifier ce processus en vue de livrer avec succès les batailles décisives en perspectives, et d'aider au maximum, de notre mieux, le processus objectif révolutionnaire dans un monde qui s'écroule.