Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 9, n° 1

La vie et la mort d'Helena Ginsburg. Une militante trotskyste dans un camp de travail forcé en U.R.S.S.

Suzanne Leonhard · Quatrième Internationale, vol. 9, n° 1 · novembre 1950 - janvier 1951 · p. 12-15 · 3 156 mots

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Suzanne LEONHARD fut une militante de la première heure du

Spartakusbund, une amie personnelle de Rosa Luxembourg et de Karl

Liebknecht. Elle dut s'exiler de l'Allemagne nazie pour son travail illégal communiste. Réfugiée en U.R.S.S. sur le conseil d'Alexandra

Kollontaï, alors ambassadrice soviétique à Stockholm, elle fut arrêtée en octobre 1936 par la N.K.V.D. et passa dix années dans des camps de travail forcé. Depuis sa libération, séjournant en Allemagne occidentale, elle a composé un livre sur sa vie dans ces camps, intitulé

« Un quart de ma vie ». Suzanne Leonhard, qui n'est pas membre de notre mouvement, a mis à notre disposition l'extrait suivant de son ouvrage, afin que soit connu le sort d'un des milliers de trotskystes soviétiques, qui ne capitulèrent jamais devant la bureaucratie stalinienne. Indiquons aussi que S. Leonhard a publié en 1921 un livre sur la littérature révolutionnaire clandestine en Allemagne pendant la première guerre mondiale.

Elle était alors âgée de 24 ou de 25 ans et sappelail Helena Ginsburg. Je lai rencontrée à l'hôpital de Schor, près de Tjibiju, pendant l'eté 1937. Cet hôpilal n'appartient pas administrativement au camp de passage de Schor, mais bien au « Shel-Dor-

Lag », c'est-à-dire à l'ensemble des grands camps dont les prisonniers avaient a construire le chemin de fer de Kotlas à Vorkuta. Des milliers et des milliers de prisonniers sont morts au cours de la construction de ce chemin de fer dans les forêts marécageuses, les marais et la toundra. On n'amenait les malades a lhôpital de Schor que dans les cas ou le retablissement etant pratiquement exelu, et quelques jours apres

Néanmoins, la plupart d'entre eux y trouvaient leur tombe.

leur arrivée a schor.

l'hôpital était constamment débordé de malades, et rares furent les cas où de nouveaux patients y trouvaient de la place.

Nous étions trois dans une pelite chambrée: Smirnova, femme d'I.N. Smirnov, condamné à mort et exécuté au premier grand procès

Moscou en

Ginsburg et moi-même. Helena, ou Lola comme on lappelait, attira mon attention des que nous fimes connaissance, Elle n'était pas fort jolie, car ses trails étaient irréet elle avait même un peu de strabisme, mais ses yeux brulaient du feu de ceux qui combattent pour la conscience suprême, de ceux qui sont prêts à se sacrifier eux-mêmes pour leur cause, de ceux qui poursuivaient avec fanatisme le auquel ils avaient voué leur vie. La puissance de la conviction de Lola et son sérieux moi-même, politique ne pouvaient pas ne pas m'influencer, etant donne que lavais dès ma prime jeunesse, passionnément recherché la vérité et que je me suis toujours battue pour mes idées, même si mes ailes ne me portaient alors deja plus si que jadis.

Helena Ginsburg se trouvait à l'hôpital à la suite d'une grève de la faim qui avait mais s'était terminée sans résultats par l'effet de la nutrition forcée. Lola se sentait encore assez faible, mais elle ne devait plus rester au lit, comme je pouvais moi-même me lever durant des heures et que javais la permission médicale de sortir pour prendre de lair, nous nous promenions pour pouvoir discuter librement et sans témoins. Mes connaissances limilées de la langue russe ne suffisaient pas du tout à mener des discussions politiques, mais Lola avait quelques notions de francais et d'allemand.

Je l'amenais à me raconter sa vie. Son père avait été avant la révolution un petit commerçant ambulant juif, et devint plus tard un ouvrier du bâtiment. Lola lainée de sept enfants. Elle ne se rappelait guère la période d'avant la révolution. Toute son en/ance selait déroulée dans l'ombre d'une misère infinie, qui ne s'était pas arretee au lendemain d Octobre 1917. Mais, a la différence de parents analphabètes, Lola avait pu se faire ouvrir les portes des écoles après la révolution.

Pendant la premiere décade après la révolution, le niveau général de l'enseignement soviétique était fort bas. Il n'y avait pas suffisamment d'instituteurs et de matériel scolaire; il y avail trop peu de locaux; on ne pouvail se procurer des livres ou des cahiers; souvent, il n'y avait pas de charbon pour chauffer les écoles; souvent les enfants ne pouvaient pas suivre les leçons parce qu'ils n'avaient pas de souliers et de manteaux, parce qu'ils devaient aider à la maison, ou parce qu'ils n'avaient rien à manger. Mais Lola n'avait admis aucune limite à enthousiasme et à sa passion pour létude. Elle se rendait à l'école pieds nus, ou sans manteau, ou à jeun : ce qui importait, cetait de pouvoir apprendre! Une institutrice prit pitié d'elle, donna des livres, lui apprit des langues. Ses parents n'aimaient pas que leur ainée soil plongée dans les livres, ils la surchargeaient de travaux domestiques. Lola trouva une solution à cette difficulté. Elle se levait tôt le matin, soignail les enfants moins agés, travaillail avec son père après l'école, faisait la queue pour le pain pendant des heures, un livre à la main, et continuait à lire et à apprendre tard dans la nuit grace à une petite lampe à pétrole que son institutrice remplissait de carburant.

Lola devint membre du Komsomol et à la fin de ses études, elle reçut un au secrétariat du Komsomol. Elle était heureuse de ses connaissances, dont poste poste dont elle no soupçonnait guère les lacunes, et elle éluit fière de sa science, capable à son avis non seulement de conquérir mais encore d'améliorer le monde. Lola gagnait plus que son père et sa mère réunis, qui n'étaient que des travailleurs non qualifés, mais la jeune communiste ne gardait pas un kopek pour elle-même, car ne fallait-il pas nourrir et envoyer à l'école six enfants?

Les luttes de fractions dans le parti communiste russe pendant la maladie de Lénine el après su mort; le XIV• Congrès avec ses discussions politiques décisives; le XVe Congres ou toute l'opposition fut exclue du parti et enfin l'exil de Trotsku à Alma-Ala, — loutes ces étapes de la route de Staline vers l'autocratie et l'infaillibilité, Lola ne les avait pas vécues consciemment comme de l'histoire contemporaine. moment elle se donnait encore corps et ame à la tâche de construire le socialisme dans l'unique Etat ouvrier du monde.

Ce n'est qu'au cours des années 1929-30, quand la question de la collectivisation forcée de l'agriculture fut à l'ordre du jour, que la jeune communiste, âgée de 17 ans, se mit à réfléchir, avec son propre esprit critique, aux problèmes politiques fondamentaux. Après de graves luttes intérieures, elle se décida à adhérer à l'opposition trotskyste. Comme adversaire de Staline, elle fut arrêtée dès 1934.

L'isolateur politique de Verchne-Ouralsk, où elle passa sa peine de prison, devint université politique. Elle rencontra dans celte prison des oppositionnels politiques de toutes tendances et nuances. Le régime était encore fort clément dans cette prison, s'il faut se fier à ses descriptions. Les prisonniers politiques disposaient d'une bibliothèque volumineuse et pouvaient discuter librement entre eux. On peut facilement s'imaginer quelles discussions politiques échauffées s'y déroulèrent. Grâce à deux annees de sejour dans cet isolateur politique, Lola Ginsburg acquit une formation marxiste solide et des connaissances approfondies du mouvement ouvrier international et de l'histoire des mouvements politiques, connaissances qui m'étonnèrent toujours. Beaucoup de détails de l'histoire du parti communiste russe el de son développement en parti d'Etal de l'Union soviétique me furent révélés par Helena Ginsburg, étant donné que je m'étais occupé de ces problèmes à l'étranger de façon superficielle et apparemment sans méthode. Lola Ginsburg avait connu à VerchnéOuralsk le militant trotskyste Vladimir Smirnoo. Une amitié politique el personnelle intime s'était établie entre eux deux, et Lola l'épousa en prison.

Quand la vague d'arrestations prit en 1937 des dimensions inconnues auparavant el que des centaines de milliers de prisonniers politiques furent transportés vers les camps de travail force, la plupart des prisonniers de l'isolateur politique de VerchnéOuralsk furent envoyés dans des regions lointaines. On assura à Vladimir Smirnou qu'il serait interné ensemble avec sa femme dans un camp au dela du cercle polaire Ils furent cependant séparés l'un de l'autre quelques jours après ce transport. Pendant la nuit, Smirnos fut envoyé dans le camp de Vorkula. Lola arriva les jours suivants à Tjibiju. On ne leur avait permis ni de se dire adieu, ni d'échanger leurs possessions mutuelles, une partie des affaires de Smirnov se trouvait auprès de Lola dans la tente des femmes.

Lola protesta au moyen d'une grève de faim, et bombarda l'administration du camp de requetes, dans lesquelles elle parlait d'elle-même explicitement comme « de la détenue trotskyste Helena Ginsburg ». Pour apprécier ces actes, il faut savoir que le trotskysme était renommé comme le crime le plus terrible et le plus horrible. Un voleur, un fraudeur, un bandit ou même un assassin étaient considérés dans le camp comme un homme de marque par comparaison à tous les prisonniers politiques, un « agitateur contre-révolutionnaire » vu & prévenu d'espionnage » était jugé relativement innocent par comparaison à un « trotskyste ». Tous ceux dont l'acte de condamnation était marqué de la lettre fatidique T/s'efforçaient de le taire dans la mesure du possible. Mais Lola se désignait elle-même fièrement comme trotskyste, même dans sa correspondance officielle, alors que personne ne le lui demandait et qu'il suffisait de signer ses leltres « la détenue une telle ». Elle se livrait ainsi gra-

Luitement à ses bourreaux. On peut considérer cela comme preuve d'un manque de maturité politique, on peut secouer la tête devant tant de naïveté, mais le sourire disparut de mes lèvres quand je m'aperçus du feu sacré dans les yeux de Lola. n'étais pas seulement émue devant la puissance de ses convictions; je devais l'admirer.

A l'hôpital, la soif de connaissances de Lola était plus forte que jamais. Elle élail heureuse de pouvoir rafraichir et enrichir ses connaissances linguisliques grâce à mon aide. Elle s'était procurée quelque part un cours d'histoire de la littérature franmais l'ouvrage n'avait pas été écrit pour des autodidactes, el Lola s'aperçut bientôl qu'il exigeuit des connaissances de base plus vastes que les siennes. Nous nous mettions a le lire ensemble. Lola était heureuse de ce que je pouvais répondre beaucoup de ses questions. Je lui racontais en détail le contenu de beaucoup d'œuvres classiques et lui décrivais leur caractère leur style et l'époque d'où elles provenaient. Je lui fis connaitre les tragédies de Corneille et de Racine, je lui racontai « Misérables » de Victor-Hugo, « Madame Bovary » de Flaubert, « Crainquebille l'Anatole France et le drame d'Edmond Rostand « Cyrano de Bergerac » dont j'avais gardé un bon souvenir du temps où nous l'avions lu en classe au lycée. En étudiant cette petite histoire de la littérature, Lola devint consciente que ses connaissances des écrits de l'Occident étaient limitées. Elle n'avait rien lu de Balzac Voltaire ou de Rousseau, de La Fontaine ou de Boilean. De toute la littérature française, elle ne connaissait vaguement que Gug de Maupassant el Romain Rolland. ne connaissait même pas les noms des auteurs contemporains. Dans la bibliothèque de la prison de l'isolateur politique il y avait pen de traductions des œuvres des littératures étrangeres. Ayant lu un bref résumé d'une des comédies de Molière, on l'on décrit les détails d'un festin, Lola me dit tout à coup d'une voix enfantine qui venait de loin: « Rôli? Je n'ai jamais de ma vie mangé de la viande rolie... »

Nous n'avons pas poursuivi nos discussions politiques à l'hôpital même. Celles-ci couvraient toutes les questions brûlantes de la « révolution permanente », du « socialisme dans un seul pays ». de la « démocratie dans le parti », du rôle du parti avant et apres la conquête du pouvoir ». de la « spontanéité des masses », méfiail de notre compagne de chambrée Smirnova. Nous nous promenions au jardin ou dans le bois tout proche qui faisuit partie de Souvent, connaissances linguistiques de s'avéraient insuffisantes, nos discussions auraient abouti à des impasses si l'ingénieur Edelsohn, vieillard de 78 ans, féru de langues, n'avait offert gracieusement ses services d'interprète. Il aimait se joindre à nous el me traduisit du russe les discours échauffés de Lola. Le vieil Edelsohn trouvait déjà depuis 12 ans dans le camp. Il était originaire de Bakou, où il avait été ingénieur commercial dans l'industrie pétrolière. Il avait beaucoup voyagé dans sa jeunesse, connaissait presque le monde entier, l'Italie, l'Allemagne, la France, l'Espagne, lAngleterre, Etats-Unis, et, en dehors du russe, parlait couramment quatre langues européennes. Il aimait s'entretenir avec moi en francais, en allemand anglais. Nous échangions des souvenirs de Paris et de Vienne, des Alpes et de la Côte d'Azur. Politiquement, Lola et moi étions très éloignées du vieil ingénieur. C'était le représentant d'un monde disparu, et il nous considérait au mieux comme deux « pauvres folles ». Cela ne l'empêcha point de nous être très proche humainement et de montrer beaucoup plus de pitié pour nous, qui étions devenues, fût-ce pour des causes opposées à la sienne, victimes du régime qu'il haïssait.

La militante trotskyste Lola rêvait d'être accusée dans un grand tique. Elle voulait à celte occasion dire la vérité au monde. Elle voulait crier public quels étaient les véritables buts du trotskysme calomnié et diffamé de façon si misérable par Staline. Elle voulait clairement démontrer que la voie de Trotsku était la voie de la révolution mondiale, la seule voie véritable vers le communisme en U.R.S.S. et en Europe, alors que la voie de Staline représentait la trahison honteuse de la doctrine de Mara. Son discours d'accusation contre Staline, tout enflammé de sa fidélité à sa doctrine et de sa passion pour ses convictions, Lola l'avait mis au point depuis longtemps. Il ne lui manquait que l'occasion de le tenir devant l'opinion publique mondiale attentive. Après avoir clarifié dans l'esprit des communistes du monde entier les véritables buts du trotskysme et les raisons de sa lutte contre Staline, elle était prête à mourir. Elle savait qu'en agissant de la sorte, elle perdrait certainement la vie. Car elle n'ignorait point le pouvoir illimité de Staline et de la N.K.V.D. Mais elle espérail que ses dernières paroles pourraient ramener des milliers de nouveaur militants dans l'arène politique.

Mourir en martyre pour la cause du trotskysme, tel était le rêve de la vie de la jeune Lola. C'est alors que je commençais à comprendre l'enthousiasme avec lequel elle avait suivi mon récil de l'agitation contre la guerre menée par Karl Liebknecht, l'acharnement qu'elle avait mis à entendre toujours répéter la description de notre insurreclion spartakiste et de nos luttes sur les barricades en Allemagne. révolutionnaire qui lui élail familier! Mais pareille activité était-elle encore possible 14 en Union soviétique? Lola ne voulait pas admeltre qu'il puisse exister un régime policier perfectionné au point où tout martyre devient impossible. « Elle s'envole vers la mort comme une mouche vers la lumière », me répétait constamment grand-père Edelsohn en secouant sa lête. Et c'est ce qui est finalement arrive.

En septembre 1937, nous avons appris que nous devions quiller l'hôpital les Jours puis que notre transport démarrerait vers sa destination définitive, Kotchmess. Helena Ginsburg commença à nouveau une grève de la faim. Elle attendait une réponse à ses requêtes, et ne voulait pas quitter l'hôpital. Le médecin, un doux homme du nom de Kukinadze, qui parlait bien lallemand, me prit a part et me demanda ce qu'il pouvait bien faire pour moi. Peut-étre voulais-je aussi rester à l'hôpital. !! pouvait, en tant que médecin, prononcer son veto contre mon départ. Je le remerciai chaleureusement pour cette preuve d'humanité, mais me décidai à repartir vers l'inconnu. Il faudrait bien un jour se rendre au delà du cercle polaire; qu'importe quelques semaines plus tot ou plus tard, me suis-je dit. « Jamais des prisonniers de l'hopital ne m'ont inspiré tant de pitié que vous deux », gémit Kukinadze. « Pour des intellectuels russes, il est déja fort pénible de vivre dans des conditions pareilles. Combien plus pénible cela ne doit-il pas être pour vous, qui possédez la culture euro-

— et je comprends ce que cela signifie, j'ai moi-même été en Allemagne pour cette enfant malheureuse et fanatique qu'est Helena Michailoona? Cela me déchire le cœur. Demain, je dois recommencer a la nourrir de force, J'ai recu les ordres den haut...»

Le jour précédant mon départ, je me rendis encore une fois auprès du lit de Lola pour lui dire adieu. Elle était couchée, les lèvres enflées de fièvre, et se sentait très faible, quoiqu'elle était nourrie de force déjà depuis plusieurs « Suzanne, ouvrez mon coffre, je voudrais vous donner un vêtement chaud, vous ne pouvez pas partir comme vous êtes habillée, vous mourrez de froid », me murmura-t-elle. Elle ne se calma pas avant que je n'aie accepté un chaud costume de training brun. Il était presque neuf et avait appartenu à Vladimir Smirnov. Lola me donna également du linge, des chaussettes el des mouchoirs qui lui avaient appartenu. « Ce sont des affaires d'hommes, souria-t-elle, mais cela vaut mieux que rien. Je sais que nous sommes séparés pour toujours. Je ne reverrai jamais mon mari et je ne peux pas lui envoyer ses affaires. Je préfère vous les donner que de les conserver pour cette bande de brigands du Guépéou. » Très émue je dis adieu à Lola.

Deux années plus tard, j'appris que Lola Ginsburg avait été fusillée à Schor, penlant l'hiver 1937. Ensemble avec elle. il y eut une dizaine de victimes de la terreur du N.K.V.D., notamment le médecin Kukinadze, l'in/irmier Noack, une infirmière, camarade polonais qui avait travaillé à la section de l'habillement, et le commandant du camp de Schor. « Tout le nid trotskyste a été exterminé », avait dit un des soldats de l'Okhrana. L'exécution ne fut mentionnée nulle part, et longtemps personne ne sut où l'on avait transporté les victimes, jusqu'a ce que la vérité transpirat. Il se peut que où l'on avait transporté les victimes, jusqu'a ce que la vérité transpirat, Il se peut que les victimes mêmes ne surent pas qu'elles allaient être fusillées quand on ř lentisset. Sophie Sujourd hui auste cour de centaines dhommes et qui les poes sem à combattre le totalitarisme. L'absolutisme du régime tsariste n'a pas pu empêcher que les paroles de la courageuse Sonia Perowskaja, conduite à l'exécution, furent transmises à ses contemporains et les encouragerent à poursuivre la lutte contre la tyrannie. Seule la terreur de Staline rend inconnu tout martyre. La jeunesse oppositionnelle d'U.R.S.S. a été la moisson des balles du N.K.V.D. sans que les survivants en aient appris la nouvelle. C'est pourquoi je suis heureuse de pouvoir raconter vie et la mort de Lola Ginsburg, pour que son histoire héroïque, symbole de celle de milliers de combattants courageux pour la Révolution communiste mondiale, n'ait pas été vécue en vain.

(1) Jeune étudiante de Munich qui avait dirigé un groupe de résistance antihitlérienne à l'Université et qui fut exécutée en 1944. (Note du traducteur.)

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