toire et ne peut être sauvé de devenir comme l'Europe un enfer que par le pas en avant auquel donnera lieu le développement du prolétariat d'Amérique, à qui les plumes viennent de pousser. La façon dont les prolétaires ont fait leur apparition sur la scène est absolument extraordinaire •- il y a six mois personne ne soupçonnait rien, et maintenant ils paraissent subitement en masses organisées au point de jeter la terreur dans toute la classe capitaliste. Je souhaiterais seulement que Mara eût vécu pour voir cela !
(Correspondance Fr. EngelsK. Marx et divers, publiée par F-A. Sorge, tome Il, Paris 1950; Costes éditeur, p. 44.)
On peut difficilement reprocher au vieux maître qui a vu si clairement les 54 lignes principales du développement, de s'être trompé quant au rythme. Les changements qui se sont produits dans les dernières soixante-cinq années exigent quelques modifications qui ne sont pas fondamentales a son analyse. Le capitalisme américain, qui était l'idéal de toute la bourgeoisie, porte littéralement maintenant le monde capitaliste tout entier sur son dos. C'est vraiment le « dernier grand bastion ». Le prolétariat américain presque complètement inorganisé en 1886, est maintenant une force organisée de quinze millions d'êtres. Et si l'absence de résidus féodaux a créé des conditions classiques à la lutte de classe, l'absence de partis social-démocrate stalinien aux U.S.A. aujourd'hui favorise la création d'un puissant mouvement révolutionnaire marxiste et garantit la victoire du prolétariat américain, La réponse de celui-ci au dilemme de la politique extérieure américaine sera: pas d'empire mondial, le socialisme mondial.