Au cours des deux dernières années, des événements importants sont intervenus dans le domaine colonial, particulièrement en Asie : ils ont profondément altéré la physionomie que présentait ce secteur au moment du IIe Congrès Mondial ; ce sont : la banqueroute du régime de Tchang-Kaï-Chek et la victoire de Mao-Tse-Tung en Chine ; l'accès de l'Indonésie, après les Indes, à « l'indépendance », et l'expérience de cette indépendance ; l'approfondissement du mouvement des masses dans tout le Sud-Est asiatique ; la contre-offensive de l'impérialisme, dirigée par Washington, qui est en train de se préciser.
Le fait dominant reste l'élan révolutionnaire des peuples d'Asie, élan qui a pris naissance pendant la seconde guerre mondiale, et qui, loin de marquer un temps d'arrêt, se poursuit en gagnant toujcurs en extension et en intensité, contrairement è ce qui se produit en Europe occidentale.
Secouant profondément le joug impérialiste sur l'Asie, le mouvement révolutionnaire des masses constitue le facteur essentiel qui, à l'étape actuelle, compromet, à l'échelle mondiale, le rétablissement d'un équilibre relatil du capitalisme et agit objectivement comme le meilleur stimulant de la lulte des masses metropolitaines contre leur propre bourgeoisie affaiblie. paysannes chinoises sous le drapeau de la réforme agraire; l'exploitation des sentiments antiimpérialistes des masses, et l'utilisation d'une tactique mililaire supérieure à celle des généraux felons du Kuo-Min-Tang, basée sur les guérillas aidées par les populations paysannes.
Ayant à évoluer dans une population arriérée, essentiellement paysanne, qui a fourni le gros de ses combatlants et même de ses propres membres ; dirigé par une équipe élevée à l'école du bureaucratisme slalinien, le P C chinois a évité soigneusement de soutenir cette lutte par une action simultanée du prolétariat dans les centres urbains, d'approfondir le programme social de cette luie, de le meubler d'un contenu plus prolétarien et plus socialiste, et de faire largement appel à l'initiative des masses démocratiquement organisées.
Au contraire, il a conçu la lutte avant tout comme une lutte milit ire, par l'enrégimentement massit des paysans dans les unités combattantes, ce qui lui a permis de manier beaucoup plus facilement de façon bureaucratique, d'en haut, toute la lutte en Chine et de réduire au minimum les risques d'un débordement, par les masses prolétariennes en particulier.
L'efficacité purement militaire d'une telle conduite se réalisa naturellement an détriment du contenu social révolutionnaire de la lutte.
Dans la mesure où il cherche à mettre en avant l'aspect essentiellement militaire dans la révolution coloniale, le PC chinois qui a excellé dans le perfectionnement de la guerre des partisans appliquée aux conditions concrèles de la Chine, ne fait que dévoiler la nature bureaucralique de sa direction el de la direction stalinienne en général.
L'Internationale a souligné l'importance qu'elle attachait aux événements de Chine en caraclérisant la victoire de Nao-Tse-Tung comme le début de la 3" Révolution chinoise (Résolution du 7e Plenum).
Cette victoire fut rendue possible pour les raisons suivantes :
Les elasses possédantes chinoises, en particulier la bourgeoisie rangée dès sa rière le Kuo-Min-Tang, menacée dès sa naissance par le mouvement révolutiennaire des masses qui liait l'aboutissement de la révolution anti-impérialiste à la révolution sociale, n'ont pu gouverner la Chine qu'en instaurant un régime de dictature activement soutenu par l'impérialisme, l'impérialisme yankee en particulier.
Coupé des masses, ce régime fut rapidement plongé dans la corruption et l'impuissance, confirmant par toute son évolution le passage rapide de la bourgeoisie coloniale dans le camp de la réaction et son alliance étroite avee l'impérialisme contre les, masses.
La décomposition des classes possédantes de Chine, incapables de résoudre même les problèmes d'ordre démocratique bourgeois, fut la cause objective la plus importante qui favorisa le succès de Mao-Tse-Tung.
L'impérialisme, généralement affaibli à la suite de la guerre, et pris à l'improviste dans ce secteur par le colossal mouvement des masses, fut incapable de se dégager à temps de son alliance compromettante avec le régime pourri de Tehang-Kai-Chek et d'organiser jusqu'à ce jour une résistance tant soit peu efficace à l'irrésistible poussée des masses.
Les causes subjectives qui ont favorisé la victoire de Mao-Tse-Tung sont constituées principalement par :
l'exploitation par le PC chinois de la potentialité révolutionnaire des masses
A) CHINE. — LES CAUSES DE LA VICTOIRE DE MAO-TSE-TUNG
Coloniales en Asie
+- domaine colonial, particulière-
A) CHINE. — LES CAUSES DE LA VICTOIRE DE MAO-TSE-TUNG
OU EN EST LA REVOLUTION CHINOISE ?
Il est difficile de dresser un bilan exact des transformations sociales intervenues à la suite de la victoire de Mao-Tse-Tung, la situation changeant constamment tandis que les données dignes de loi sont très difficiles à recueillir.
Des trois principales tâches immédiales de la révolution chinoise, l'indépendance, l'unification et la réforme agraire, seule la première . semble avoir ete resolue, mais sans qu'elle soit encore consolidee. L'imperialisme a reçu incontestablement le coup le plus dur de son existence en Chine et dans tout le monde colonial. Cependant, cette première victoire remportée sur le plan politique contre l'impérialisme ne peut se consolider que dans la mesure où la Chine sortira de son état d'infériorité économique actuelle et développera ses forces productives. Ceci dépend évidemment de l'évolution dans un sens socialiste du régime instauré en Chine.
Pour que le pays accède à une véri- . table indépendance, il lui faut avoir non seulement un pouvoir prolétarien, mais aussi un pouvoir indépendant du Kremlin. Les hypothèques que la bureaucratie soviétique a prises durant la guerre et immédiatement après celle-ci sur les provinces du Nord de la Chine, le Sing Kiang et la Mandchourie en particulier, ne seront effectivement levées qu'au cas où le régime de Pékin évitera le sort des pays du glacis européen et accédera, par sa résistance et sa lutte même, à la position d'un égal au lieu d'être satellite de Moscou.
Le traité sino-soviétique qui prévoit ya proven le retour à terme (après 1952) de la Mandchourie à la Chine, semble avoir garanti l'indépendance de la Chine par rapport à l'URSS. Ce traité ne se réfère cependant pas à la mainmise économique de l'URSS sur la Mandchourie et réalisé particulièrement dans cette partie du pays avec la bourgeoisie qui conserve ses positions économiques. D'autre part, meme dans le Nord, il existe un danger très sérieux d'avortement de la réforme agrair essentielles : a) efficace de l'Etatcelui-ci étant jus ble de fournir au et les engrais néces mettre de s'appro ditions favorables triels dans les vil cessus d'endettem tration des terres plus riches.
Inhérent à la temps que les fo1 leront à un nivea secteur étatique de ble, ce danger ne ment combattu qu prolétarien basé démocratique des du prolétariat.
b) Mais le péril me agraire lui vie caractère même. L pas seulement ét stoppée ; dans les elle a été entrepri été qu'imparfaitem sion et la poussée masses. Mais les ont soüvent gardé les autres, les pay dans les comités important, enfin la des terres ouvre la e pour deux raisons l'absence d'une aide a la réforme agraire, qu'à présent incapaIx paysans l'outillage ssaires et de leur pervisionner à des conen produits indusles, entraîne un proent et de reconcenpar les éléments les situation aussi longces productives resu très bas et que le : l'économie sera faipourra être efficace• par un réel pouvoir sur une organisation paysans pauvres et qui guette la réfornt avant tout de son e réforme agraire n'a géographiquement territoires mêmes où se, elle ne l'a jamais ent et sous la presdu mouvement des anciens propriétaires plus de terres que sans riches ont pris le paysans un poids possibilité de rachat porte à une reconstitution de la grande propriété. De même, il ne semble pas que l'usure, cette plaie de la paysannerie asiatique. ait été radicalement supprimée, ce qui devrait être un des éléments constitutifs d'une véritable réforme agraire.
La structure de la réforme agraire est ainsi viciée, du fait même de l'alliance à laquelle tient toujours la direction du PC chinois avec des couches bourgeoises larges.
La politique industrielle du PC chinois consistant en partie à se concilier encore toute une série de couches bourgeoises, aura pour conséquence de ménager au village le propriétaire foncier dont le capital provient des prêts usuraires, le paysan cossu qui est en même temps le prêteur.
Dans l'ensemble, le régime de MaoTse-Tung qui, pour arriver au pouvoir, a bénéficié de l'appui des masses paysannes et l'une sympathie passive du. prolétariat des villes du Sud et de l'intelligentzia anti-impérialiste, tire actuelJement sa force beaucoup plus de l'écrasement de ses adversaires et de l'attitude d'expectative des masses, que d'un réel appui de celles-ci. Son équilibre, reste précaire et son évolution encore indéterminée, la, victoire de MaoTse-Tung ayant ouvert une période révolutionnaire et posé des problèmes qui n'ont encore reçu aucune solution rad'cai3.
le Sing Kiang, au moyen soviétique bureaucratie orienter ces régions dans intégration à l'économie détourne également un de laquelle la cherche à le sens d'une soviétique, et importante e detourne egalement une importante partie de leur production vers T'URSS plutôt que vers la Chine même.
L'unification du pays ne pourra pas être surmontée également sur le seul plan administratif formel par la création d'un pouvoir central, En Chine, il s'agit de combiner l'existence d'un pouvoir central unique, avec une administration fortement décentralisée qui tienne compte des particularités des différentes régions. Pour etre effective, une telle unification doit reposer sur l'existence réelle d'un pouvoir prolétarien unique, inconcevable sans une organisation démocratique des masses, assumant une gestion effective de l'Etat, et sur l'unification économique du pays par un développemenl permanent des forces productives.
Quant, a la réforme agraire, qui a pris une ampleur considérable dans le Nord, , elle a elle a élé pratiquement stoppée au Sud. à la ligne du Yang-Tsè. Ceci correspond du liste au copromis. 51
Pris entre les difficultés objectives énormes : état arriéré du pays, aggravé par les années de guerre et de destruetion : paysannerie innombrable ; aide exterieure limitée), et les forces sociales divergentes qui existent en Chine, le pouvoir de Mao-Tse-Tung cherche encore empiriquement une base et un programme.
La réalité chinoise, complexe et contradictoire, se réflète dans le PC chinois lui-même. Aussi bien par sa compesition (dans laquelle prédominent les éléments paysans et intellectuels petit-bourgeois) que par l'ambiance sociale dans laquelle il baigne, ce parti ne peut etre considéré ni comme puremeni et simplement inféodé à Moscou (par l'intermédiaire de sa direction), ni comme tirant sa force principale de ses effectifs ouvriers et avant tout de l'appui du proletariat. De ce point de vue, il differe, aussi bien à sa direction qu'a la base, des partis communistes" de l'Occident et aura très probablement une évolution différente, dépendant de la dynamique de la lutte de elasse en Chine et dans le monde.
Son appareil dirigeant louvoie jusqu'a présent entre les classes en Chine et, dans une certaine mesure, il aura aussi tendance à louvoyer entre le kremlin et limpérialisme. Mais un tel équilibre à la longue deviendra impossible, et le PC chinois devra se dégager du magma contus qui a fait jusqu'ici sa force, du fait qu'il était le parti des espoirs populaires, pour s'engager dans une politique de réalisations, où il sera jugé sur les actes.
Pris entre le prolétariat et les masses paysannes d'un côté, la bourgeoisie urbaine et rurale, et l'attraction de l'impérialisme, d'autre part, le PC chinois aura à définir sa voie à travers des reclassements intérieurs qui provoqueront une cristallisation d'une ligne de classe fondamentale.
Dans le cas où le PC chinois cherchera l'appui des masses paysannes pauvres et ouvrieres, il renforcera sa base sociale et pourra mieux tenir, aussi bien face à la bourgeoisie et à l'impérialisme que face à • la bureaucratie soviétique. Cette orientation s'exprime-
LES REPERCUSSIONS DE LA
Le bouleversement qui s'est produit en Chine constitue l'élément fondamental du déséquilibre en Extrême-Orient, auquel l'impérialisme tente actuellement de faire face. C'est un puissant stimulant des développements révolutionnaires dans toute l'Asie. Le premier résultat en a été un raidissement considérable du mouvement anti-impérialiste en Indonésie, au Viet-Nam, en Birmanie, en Malaisie, en Corée et aux Philippines.
Ses répercussions s'étendent jus-
NTERNATIONALE rait dans l'adoption et l'applicalion d'un programme répondant aux aspirations fondamentales des masses, plus concrèTement l'extension au Su Perfectionnement de la Chine de la réforme agraire commencée dans . le Nord ; l'étatisation des industries-clés, des banques et des transports; la déTense des revendications des ouvriers travaillant dans le secteur encore capitaliste: avant tout, lorganisation mocratique des masses et leur participation effective à la gestion de l'Etat et au contrôle de l'économie.
Il n'est pas impossible qu'une telle orientation resulte de la pression des masses sur le PC et de la victoire dans ses rangs d'une aile gauche. Dans ce cas. le PC chinois connaitrait insensiblement un développement analogue à celui du PC yougoslave, ce qui amènerait dans un délai relativement plus long son indépendance de fait du Kremlin et ouvrirait de nouvelles per-pectives à la Révolution chinoise et mondiale.
L'autre terme de l'alternative est In capituiation du PC, sous les difficultés intérieures et la pression conjuguée de ? bourgeoisie indigène et de l'impérialisme, en cherchant a prolonger une situation de compromis ét de demi-mesures. Ceci ne pourrait se réaliser que par un recours à la violence bureaucralique contre les masses (qui seront de plus en plus hostiles à un tel cours), par des crises intérieures du PC chinois, et ne mênerait finalement qu'a la perte de la révolution.
Le devoir des marxistes-révolutionnaires en Chine est d'adopter une polilique favorisant la première variante et de définir un programme non-ultimatiste, de soulien critique du régime de Mao-Tse-Tung, faisant confiance aux forces propres de la Révolution chinoise et tenant compte de la réalité concrèle du pays et de ses difficultés. D'autre part, l'Internationale tout entière doit éviter une attitude par trop négalive envers les événements de Chine en les assimilant purement et simplement à une victoire stalinienne, c'est-à-dire à une victoire de la bureaucratie soviétique. VICTOIRE DE MAO-TSE-TUNG qu'au Japon, la Révolution chinoise agissant comme un puissant stimulant de la lutte révolutionnaire du prolétariat japonais.
Dans cette première phase, le stalinisme et la bureaucratie soviétique profitent évidemment du mouvement révolutionnaire des masses en Asie, celles-ci ayant, contrairement au processus qui a commencé en Europe, encore de puissantes illusions sur la nature et les buts réels du stalinisme.
L'INDEPENDANCE DES INDES ET DE L'INDONESIE
L'affaiblissement de l'impérialisme, consécutif à la guerre, et la poussée révolutionnaire permanente des masses asiatiques, ont rendu possible l'accès à l'indépendance formelle de pays comme les Indes et l'Indonésie. Bien que le poids économique de l'impérialisme s'exerce toujours sur ces pays, avec toutes ses conséquences entravant leur développement ultérieur et liant la bourgeosie indigène au char de I'mpérialisme, il ne faut pas sous estimer l'importance de la situation nouvelle ainsi créée qui transforme la physionomie de la lutte de classe et de ses objectifs dans ces pays.
L'exercice du pouvoir politique directement par la bourgeoisie indigène, aussi bien aux Indes qu'en Indonésie, permet à celle-ci de profiter de toutes les détaillances, de tous les reculs, de toutes les difficultés de l'impérialisme pour accroître son propre poids économique et affranchir son développement d'une série d'entraves insurmontables sous le régime de la domination directe de l'impérialisme. Ceci est déjà illustré par
L'indépendance des Indes est beaucoup plus avancée et réelle que celle de T'Indonésie. Ceci tient essentiellement au poids beaucoup plus important Je la bourgeoisie indienne. indienne. Ce'pendant, dans le cas des Indes, : la bourgeoisie, pour donner à son indépendance un contenu substantiel devra supprimer le plus puissant obstacle que l'impérialisme dresse encore devant elle, à savoir la division du pays par la division arbitraire entre Pakistan et les Indes.
La structure du pays est une : le développement des Indes a produit une division du travail, dont la partition, en séparant les matières premières des l'exemple du développement économique des Indes depuis trois ans.
D'autre part, pour les masses, particulièrement dans le cas des Indes, l'ennemi numéro 1 n'est visiblement plus l'impérialisme, mais la bourgeoisie indigéne. qui mène de tront et toute seule la répression contre les masses.
A un certain point de vue, la situation est ainsi rendue plus claire et l'objectif de la lutte devient le renversement de la bourgeoisie, qui seul permet de se débarrasser en même temps des dernières hypothèques de l'impérialisme sur ces pays.
Voilée aussi longlemps que la lulte revétait un aspect national anti-impérialiste, la nature fondamentalement réactionnaire de la bourgeoisie indigène devient de plus en plus évidente aux masses. Il n'en reste pas moins vrai que la bourgeoisie nationale a su profité de l' « indépendance » en la présentant en quelque sorte comme un acquis de son opposition à l'impérialisme et de son rôle dirigeant dans la lutte des masses contre celui-ci. dont l'impérialisme serait avant tout le bénéficiaire.
La nalure réactionnaire de la bourgeoisie indienne et du Parti du Congrès s'est pleinement avérée par toute la politique intérieure. Son alliance avec l'impérialisme et les féodaux indigènes a rendu impossible la réforme agraire qui est au centre des préoccupations des énormes masses paysannes indie.nnes. Pour lutter contre les aspirations de celles-ci et contre les revendications misere, la bourgeoisie indianes est na des masses ouvrières écrasées gagée dans la voie de la pire réaction, renforçant constamment son appareil répressif policier et militaire (constitulion recopiant largement la loi réactionnaire promulguée en 1935 par le gouvernement anglais des Indes, mesures et répression antisyndicales, arrestations, persécutions, arbitraire policier, ete.). Ainsi, le régime de Nehru glisse insensiblement sur la même nente fafale que siblement sur la même pente fatale que le régime militaro-policier de TehangKai-Chek et rend inévitable à l'avenir de gigantesques explosions, sur lesquelles lavant-garde révolutionnaires aux Indes doit être constamment orientée.
Sur l'arène internationale, l'Inde anquiert une importance de plus en plus considénable, l'impérialisme comptant sur le Parti du Congrès et Nehru pour stabiliser le Sud-Est asiatique et faire contre-poids à l'influence de la Chine. D'autre part, le renforcement réel de la bourgeoisie indienne se manifesle par le fait qu'en politique extérieure, parliculière rent en ce qui concerne les autres régimes asiatiques, elle garde une certaine indépendance par rapport usines de transformation jule), ou en dressant des nancieres et douanières q le commerce inter-indien, aucun compte.
Il n'est pas exelu que, pres forces. profitant de
(industrie du barrières fiai paralysent ne tient aupar ses prol'affaiblissepres forces, profitant de laffaiblissement accentué de l'impérialisme britannique et des faveurs de l'impérialisme américain (qui convoite le marché et apprécie le rôle « stabilisateur » que TInde de Nehru peut jouer en Extrême-Orient), la bourgeoisie indienne puisse mettre bientôt fin (par la force ou par un compromis) à la division des Indes. Entre temps, l'énorme budget militaire fait peser un très lourd fardeau sur l'économie déficiente du pays.
Seul un régime prolétarien capable de réaliser une Fédération volontaire des peuples des Indes pacifierait et unifierait réellement le pays, tandis que toute solution de force perpétuerait un élat endémique de guerres intestines 56
L'INDEPENDANCE DES INDES
L'INDEPENDANCE DES INDES à l'impérialisme et adopte parfois une attitude propre (Indonésie, Chine).
L impérialisme compte sur la geoisie indienne pour polariser les éléments enclins au compromis et à la so-
L'INDEPENDANCI
L'indépendance de l'Indonésie, telle qu'elle a été réalisée par les accords conclus en décembre 1949 à la Haye, est l'œuvre de l'impérialisme américain. C'est à juste titre que l'on a qualifié les USA de tuleur de la jeune République des Elats-Unis d'Indonésie.
La manière très directe et très pressante dont Wall Street est intervenu sous le couvert de l'ONU pour liquider In conflit est en rapport direct avec la situation en Chine. Le sens de l'accord fut indiqué avec le maximum de clarté, à la fin des négociations, par le porteparole du gouvernement néerlandais : « A Lorigine, les Pays-Bas n'envisageaient pas d'accorder si rapidement la souveraineté complète - à l'Indonésie. Ils y ont été amenés sous l'effet de la pression internationale (lisez américaine) et du désir de faire de l'Indonésie un rempart contre le communisme ».
L'ultime grande opération militaire tentée en fin 1949 par l'armée néerlandaise s'est soldée par un échec cuisant sur les deux plans, mililaire et politique. L'offensive s'enlisa rapidement, la résistance restant maître de la majeure partie de Java. Quant à l'arrestation du gouvernement républicain, elle eut pour seul résultat une radicalisation et un affermissement considérable des posilione politiques de la résistance. Il devint indispensable et urgent de libérer les leaders républicains arrêtés pour que, reprenant le controle des masses, ils puissent freiner celle radicalisation. Pour les y aider il fallut concéder une independance nominale aussi large que possible. Washington sut y contramdre le gouvernement de La Haye. L'accord conclu s'apparente dans ses grandes lignes aux statuts des Dominions. Le gouvernement des Etats-Unis d'Indonésie constitue un amalgame de l'ancien gouvernement républicain et des gouvernements fantoches séparatistes suscités par l'impérialisme néerlandais dans les territoires conquis par lui. Le Parlement indonésien est constitué par 50 républicains et 100 fédéralistes (ex-lantoches). L'aceord stipule en outre que les nation lisations devront être limitées minimum et comporleront obligatoirerement l'indennisation des propriélaires. Les Pays-Bas maintiendront leur contrôle sur les finances indonésiennes. Les directeurs de la Banque monétaire ne pourront être nommés qu'arec l'accord
TERNATIONALE E lution indonésienne à la Hatta, vers une capitulation camouflée devant l'impérialisme, et pour constituer ainsi un élément Stabilisaleur el modérateur de l'Asie en ébullition. de La Haye. Enfin, l'Indonésie reconnail une detle de 4,5 milliards de florins. La Nouvelle Guinée reste colonie hollandaise en attendant l'accord sur un stalul spécial.
Les clauses militaires qui mettent la hase navale de Sourabaya à la disposition de la marine hollandaise et prévoient la présence d'une mission militaire hollandaise pour la constitution de l'armée indonésienne, restreignent singulièrement la portée de cette indépendance.
D'autre part, en encadrant la République indonésienne par des Etats tedérés où éclatent avee une régulière intermittence des mouvements séparatistes savamment fomentés, les PaysBas ont ainsi limité cette indépendance.
Cet accord rencontre l'hostilité d'une grande partie des partisans indonésiens qui entendent pousuivre la lutte pour l'indépendance complète.
Il convent de souligner la conscience très élevée dont fait preuve le mouvement de résistance. Contrairement au Viet-Nam où le stalinisme, par ses procédés anti-démocratiques, ses calomnies, son terrorisme et ses assassinats est parvenu à étouffer toute confrontation idéologique et toute libre discussion au sein du mouvement de libération, — le mouvement de Java est caractérisé par une intense vie politique dont la diversite des courants et des parus est une preuve manifeste. Le fait le plus important est l'existence dans ce pays d'une avant-garde révolutionnaire importante atranchie du stalinisme et se plaçant sur un terram proche du trolskysme (caractérisée en tout cas de trotskyste par l'opinion publique nationale et internationale). Les informations laissent entendre que le Parlai Murba de Tan Malikka est considéré communément comme l'opposant le plus dangereux du gouvernement.
Le caractère limité de l'indépendance ainsi octroyée en face du haut niveau de conscience des masses indonésiennes, rend impossible toute stabilisation de la situation en Indonésie. Un nouveau chapitre de la lutte anti-impérialiste commence et des lultes violenles sont inévitables qui favoriseront dans leur développement l'opposition des masses et de la bourgroisie nationale, le renforcement de l'avant-garde révolutionnaire en Indonesie et la lutte anti-impérialiste dans lout le Sud-Est astatique.
57 LC
E INDONESIENNE
LES MOUVEMENTS REVOLUTIONNAIRES
DU SUD-EST ASIATIQUE
En Corée, en Malaisie, en Birmanie, au Viet-Nam, et même aux Philippines, l'impérialisme, malgré tous ses efforts, n'est pas arrivé à mater jusqu'a présent le mouvement révolutionnaire des masses et à se stabiliser tant soit peu sur des positions qui sont si importantes pour son économie et sa stratégie d'encerelement et d'attaque de l'U. R. S. S., ei d'isolement de la révolution chinoise.
Cette incapacité de l'impérialisme à riposter avce efficacité tient au fait qu'il ne dispose pas d'appui solide dans la bourgeoisie nationale de ces pays qui est trop taible, pour pouvoir diviser et désorienter le mouvement des masses.
D'autre parl, les forces militaires actuellement au service direct de l'impérialisme se sont avérées jusqu'à présent insuffisantes en presence d'une organisation militaire s'améliorant constamment de guérillas, opérant dans ces pays, et étant soutenues efficacement
LA GUERRE
Les progrès foudroyants des armées de Mao-Tse-Tung ont rendu absolument vaines les tentatives de scission dans le bloc de la résistance vietnamienne effectuées par Bao-Dai sur l'injonction de l'impérialisme français.
Galvanise par cette victoire et l'endurance dont les guérillas de Ho-ChiMin ont fait preuve jusqu'à ce jour, le mouvement révolutionnaire des masses connait à présent un nouvel essor caractérisé avant tout par la résistance active du prolétariat et de la petite bourgeoisie estudiantine et commerçante des villes au régime fantoche de BaoDal et a ses protecteurs impérialistes.
Les concessions les plus larges qui ont été offertes pour les besoins de la cause à l'ex-empereur, n'ont pas eu le don de séduire les éléments bourgeois et petits bourgeois qui sympathisent avec Ho-Chi-Min.
En dépit de l'échee manifeste de BaoDaï, reconnu même par des personnages officiels, l'impérialisne, faute de choix, se voit contraint de suivre une voie sans issue. Ne pouvant détacher des éléments bourgeois de la résistance et traiter avec eux, il ne lui resterait qu'à engager des pourparlers avec Ho-Chi-Min, une décision militaire ne pouvant etre obtenue avec les forces dont la France peut disposer.
La situation inextricable et sans issue de l'impérialisme français provient précisément de ce qu'il ne pourrait négocier un compromis, à l'instr de la Hollande, qu'avec un partenaire stalinien. Cela reviendrait à avaliser le règne d'un gouvernement à direction stalinienne au Viet-Nam. Ce qui est impralicable dans la conjoncture internationale présente de « guerre froide », et par la population.
Il est caractéristique que l'intervention directe des Américains dans la Corée du Sud qu'ils occupent, et celle des. Anglais en Malaisie (deux points sur lesquels l'impérialisme espérait il y a un an une victoire rapide) n'ont pas suffi à arrêter le développement du meuvenent révolutionnaire des masses et qu'au contraire l'impérialisme se trouve dans ces deux pays dans une situation plus critique que jamais.
C'est au Viet-Nam cependant que l'impérialisme risque de connaître actuellement une grave défaile qui compromettra irrémédiablement le faible échafaudage qu'il essaie de construire à la hâte pour contenir la poussée révolutionnaire les nasses asiatiques. D'où la précipitation avec laquelle un front unique imperialiste, dirigee par W ashington, est en train de se souder autour de la défense du Viet-Nam. DU VIET-NAM signifierait, en l'absence de lien entre les intérêts de l'impérialisme et les intérêts des éléments staliniens subordonnés au Kremlin, l'abandon par la France.
Les armées rouges chinoises se trouvant à la frontiere du Tonkin, l'impérialisme français s'avoue dans l'incapacité de supporter plus longtemps seul le conflit et appelle l'impérialisme américain à sa rescousse, faisant de la guerre coloniale un conflit international.
La situation est telle que l'impérialisme mondial n'a dans la conjoncture actuelle d'autre choix que de miser sur la planche pourrie représentée par l'exempereur Bao-Dai, créature de toujours du colonialleme, a la corrupuon légendaire et pour lequel le peuple viet-namien n'a que haine et mépris.
Les Etats-Unis ayant dû renoncer à la Chine, considèrent le Viet-Nam comme un des secteurs importants de la guerre froide en Extrême-Orient.
Cependant, ils n'ont pes encore vaincu toutes leurs réticences à s'engager dans une action militaire vigoureuse pour résorber l'abcès viet-namien. Ils s'affirment plus disposés à envoyer une aide financière limitée, et cela pour plusieurs raisons:
1. - Le Viet-Nam leur semble moins important dans la ceinture sanitaire conIre le communisme, qu'ils veulent édifier en Ase, que le Japon ou les Philippines. Là, le: Etals-Unis ont des bases solides, et ils ne tiennent pas à lacher la proie pour l'ombre, d'autant plus que la situation intérieure des Philippines, où règne un état de guerre latente, est loin d'être rassurante.
2. - La Chine du Kuo Min Tang a été un véritable gouffre pour l'aide amé-
DEVIENT UN CONFLIT INTERNATIONAL
DEVIENT UN CONFLIT INTERNATIONAL ricaine et les Etats-Unis ne sont pas disposés à recommencer l'expérience. Or ils voient la faiblesse extraordinaire de la bourgeoisie vietnamienne représentée par Bao-Dai.
D'autre part, ils hésitent à accorder toute leur aide directement à l'impéralisme français, voulant plutot le supplanter que l'aider efficacement, et aussi par crainte de se démasquer ainsi complètement devant les masses viet-namiennes et de renforcer leur résistance. S'engager dans la voie d'une aide militaire massive au Viet-Nam, c'est commencer une entreprise de longue haleine au résultat aléatoire, et les EtatsUnis s'en rendent compte.
C'est ce qui explique les tergiversations auxquelles nous assistons. Il convient donc de tenir compte de ces réserves américaines pour apprécier les possibilités du conflit viet-namien.
La reconnaissance de Bao-Daï par les U. S. A., l'Angleterre et d'autres puissances, est une mince consolation pour la France. Les effets n'en seront pas miraculeux et sa situation au Viet-Nam ne s'en trouvera pas améliorée pour autant. On peut considérer, au contraire, que les positions françaises seront encore plus compromises. Car, même si l'intervention américaine pouvait aboutir un jour à un résultat, ce n'est pas assurément la France qui en serait bénéficiaire. De sorte qu'infailliblement la France perd sur tous les tableaux.
La logique d'un rapport de forces detavorable conduit l'impérialisme francais à se lancer en pure perte dans des
LES PERSPECTIVES DU
Grâce à la nouvelle montée révolutionnaire des masses vietnamiennes et à l'aide, même limitée, qu'il reçoit déjà du régime de Mao-Tse-Tung, Ho-ChiMin est en train de modifier en sa faveur l'équilibre entre ses forces et celles de l'impérialisme. Si l'impérialisme américain n'intervenait pas à temps activement dans le conflit, s'il ne soutenait efficacement par des armes, des munitions et financièrement les forces militaires impérialistes et le régime fantoche de Bao-Daï, nous assislerons peut-être dans les mois à venir à un écroulement aussi brusque et étendu que celui du régime de TchangKaï-Chek en Chine. Le temps où HoChi-Min, obéissant à des instructions du Kremlin, cherehait à négocier un compromis au sein de l'Union Française est révolu. Le Kremlin espérait encore à l'époque neutraliser là bourgeoisie trançaise et l'écarter d'une participationactive au camp de l'impérialisme américain. La situation internationale el française a depuis lors subi d'importantes moditications qui influent sur les aspects du conflit-viet-namien.
Les négociations entre Ho-Chi-Min et l'impérialisme freneais so présentent à
TERNATIONALE dépenses croissantes et. des sacrifices sans nom. Il se voit contraint, en dépit de ses efforts désespérés, à céder le pas au mouvement national d'une part, auquel il lui faut lâcher toujours plus de concessions afin de tenter de limiter son ardeur, et à l'impérialisme américain, l'autre part, en échange de son aide indispensable. Ce mécanisme se déroule implacablement, aux dépens de l'impérialisme français aussi bien qu'aux dépens de son confrère néerlandais, depuis 1945. Il poursuit son action, de nos jours, à une allure acceleree, accusant la ruine irrémédiable de ces impérialismes.
La bourgeoisie française subit une crise protonde sur cette question. Elle est acculée à s'accrocher avec désespoir a une guerre infiniment impopulaire et à se ruiner pour celle-ci. Son obstination s'explique cependant par le fait qu'en s'accrochant au Viet-Nam, elle cherche principalement à conjurer un écroulement par contagion de l'ensemble d'un empire fortement ébréché. La bourgeoisie ne peut pas ne pas se rendre compte que les chances de préserver sa domination sont minimes sinon inexistantes, quelle que soit la voie empruntée. De fait, elle ne parvient qu'à reculer les échéances.
Périodiquement, diverses solutions -médiation, arbitrage par un neutre, armistice, recours à l'O. N. U., ete. — sont mises en avant qui témoignent du désarroi profond régnant dans les cercles dirigeants. CONFLIT VIET-NAMIEN l'heure actuelle sous un jour essentiellement différent qu'en 1946. Non a cause d'une modification de la nature du stalinisme, mais en fonction :
a) Du changement des rapports de force provenant de la révolution chinoise.
b) Du changement de la situation internationale, caractérisée par l'aggravation de la « guerre froide » entre l'U. R. S. S. et les U:S. A.
c) De la politique stalinienne qui découle de cette nouvelle situation.
Il s'ensuit que la réédition de l'accord du 6 mars 1946 est exclue aujourd'hui.
Les accords conclus avec Bao-Dai vont déjà très nettement au-delà de cet accord du 6 mars 1946. Ces accords • eux-mêmes se trouvent dépassés par le statut d' « indépendance » obtenu par • l'Indonésie. Ho-Chi-Min ne pourrait. sous peine de se voir immédiatement débordé, accepler des conditions inférieures à celles qui furent concédées as Halta.
Du reste, des négociations avec HoChi-Min dans la conjoncture internationale actuelle, après trois années de guerre dues précis pent au refus de
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ET LA RECONNAISSANCE DE HO-CHI-MIN
ET LA RECONNAISSANCE DE HO-CHI-MIN
N l'accepter comme interlocuteur, après l'expérience Bao-Dai conduite avec l'obstination que l'on sait ne serait-ce pas virtuellement une capitulation de la part de l'impérialisme ? C'est si vrai que cette hypothèse semble véritablement exclue dans la période actuelle.
Aussi la reconnaissance du gouvernement de Ho-Chi-Min revêt-elle actuellement un caractère progressif en visant à faire échec à la reconnaissance internationale de l'empereur fantoche Bao-Dai recherchée par limpérialisme français.
Il s'agit d'une forme de lutte antiimpérialiste, de façon à affaiblir l'impérialisme français et à contribuer à la victoire du peuple viet-namien. Cette aclion ne va absolument pas à l'encontre de la lutte que l'avant-garde révolutionnaire mène et doit mener contre la politique du gouvernement Ho-ChiMin. Quand nous exigeons la reconnais-
NOS TACHES
Devant le développement antiimpérialiste ininterrompu en Asie, qui soulève pour la première fois dans l'histoire d'énormes masses jusqu'alors terriblement exploitées par l'impérialisme et par les classes réactionnaires indigènes, et cherchant à se libérer de cette exploitalion, notre Internationale doit montrer une attitude de profonde compréhension et exempte de tout seclarisme du caractère progressif de ces mouvements. La pire erreur que notre mouvement pourrait commettre serait de contondre ce mouvement avec leur direction plus ou moins d'obédience stalinienne, et de minimiser ainsi le profond caractère de masse de ces mouvements et leur origine en grande parlie spontanée, conséquente aux bouleversements apportés par la guerre, l'affaiblis ement de l'impérialisme ei à possedantes indigenes.
D'autre part, serait egalement erroné de considérer les Partis Communistes qui dirigent plus ou moins ces mouvement: dans lesquels ils puisent leur force actuelle, leurs effectifs et leurs cadres, comme des partis staliniens classiques, c'est-à-dire avant tout des appareils de transmission dociles des directive: du Kremlin, défendant à tout prix les intérêts momentanés de la bureaucralie soviétique. Tout parti stalinien qui se trouve entraîné dans un réel mouvement révolutionnaire de masses, est susceptible de dévier d'un tel chemin et de commencer à agir sous la pression d'autres forces que celles du Kremlin.
En parliculier, en ce qui concerne la Chine et le P. C. chinois, il est nécessaire de comprendre le dynamisme propre de celle situation qui influe également sur le P. C. chinois, lui dictant un autre cours que celui que le Kremlin pourrail ou désirerail lui désigner
L'attenlion de toutes nos sections 60
TERNATIONALE. sance du gouvernement Ho-Chi-Min, c'est la reconnaissance de independance viet-namienne, la reconnaissance du mouvement de résistance à la tête duquel se trouve ce gouvernement, que nous demandons. C'est une manifestation de noire soutien absolu de la lutte antl-imperialiste, qui n'engage en rien notre liberté d'appréciation de la politique menée par Ho-Chi-Min. Notre critique et la lutte politique menée par notre section vietnamienne auront poids croissant en fonction du soutien conséquent et sans réserve que nous accorderons à ce gouvernement dans la lutte anti-impérialiste.
Pour lutter contre le stalinisme et. contre le nationalisme petit-bourgeois borné, notre mouvement puisera force essentielle dans le fait qu'il se révélera la force combattante la plus résolue, la plus conséquente et la plus efficace dans la lutte pour l'indépendance véritable. GENERALES agis: ant dans les pays asialiques en ré-volution et de toute l'Internationale, doit se concentrer en vue d'aider le développement maximum de la tendance à lautonomie de ces mouvements par rapport au Kremlin et de l'organisation démocratique du nouveau pouvoir. En réalité, la question principale qui dé-. terminera toute l'évolution ultérieure des révolutions commencées dans ces pays est celle du caractère de classe pouvoir et de son organisation. Affirmer et renforcer partout des organismes basés sur les paysans pauvres et le prolétariat, élus et fonctionnant démocratiquement, telle est la tâche centrale à l'heure actuelle qui permettra de préciser le caractore de classeprolétarien des révolutions en cours et de garantir la consolidation et le renforcement des conquêtes progressives déjà réalisées.
Des transformations industrielles ra-dicales se produiront nécessairement avec lenteur dans ces pays qui, tous,. partent d'un très bas niveau des forces productives et où une paysannerie ar-riérée constitue l'énorme majorité de la population. Cette considération n'exelui en tout cas nullement la limitation, l'arrêt ou la remise à plus tard de la réforme agraire, qui est une tâche immédiale centrale dans tous ces pays. Il est inévitable, tant en Chine que dans les autres pays asiatiques, qu'un poumême prolétarien s'engage dans une politique de NEP plus ample et plus élastique que celle qui a été né-. cessaire en U. R. S. S., à condition: cependant que ce pouvoir soit effectivement basé sur l'organisation démocratique des paysans pauvres et des pro-létaires et que l'Etat détienne une série de positions économiques clés : l'industrie lourde, le systeme bancaire, les: transporte et le commerce extérieur.
Nos sections dans ces pays doivent*
QUATRIEME avant tout centrer leur action sur le caractère prolétarien et démocratique que doit revêtir le nouveau pouvoir, en laverisant l'extension de tout organisme démocratique de masse, lamplification de ses fonctions et son épuration de tout élément koulak ou bourgeois. La critique la plus fondamentale que nos sections adresseront aux directions slaliniennes portera sur l'équivoque que la théorie de la « démocratie nouvelle » laisse encore planer sur le caractère de el sse des régimes qui sont en voie d'instauration dans les pays asiatiques, er sur toute pratique de collaboration de classe qui s'appliquerait dans la composition et surtout dans la direction des organismes de masse essumant le nouveau pouvoir.
Nos section: doivent combiner la défense inconditionnelle des révolutions asialiques contre les allaques de limpérialisme, à une politique élastique, non ultimatiste à l'égard des régimes en cours d'instauration dans ces pays celle politique, tout en étant intransigeante eur le caractère de classe et l'organisation démocratique du nouveau pouvoir, saura tenir compte des difficultés objectives de chacun de ces pays, et du problème paysan, qui interviennent en ce qui concerne l'ampleur et le rythme de l'application des mesures économiques et sociales
Loin de s'isoler en critiquant du dehors le mouvement des masses, nos . sections doivent s'y intégrer le plus profondément possible en développant une aclivité constructive, adéquatement exprimée dans leur programme.
Dans des pays comme la Corée du Sud. la Malaisie, la Birmanie, le VietNam. où se poursuit la lutte pour le peuvoir. nos sections participeront acti-
Le I° Congrès Mondial de l'Internalionale a souligné que le développement de nos idées et de notre organisation dans le monde colonial devait elre une de nos préoccupations dominantes. La faiblesse de nos moyens ne nous a toutefois pas permis de consacrer tous les efforts nécessaires dans cette direction.
Les theses du Congrès Mondial ne sont encore qu'une préface à notre travail el a notre élaboration dans le domaine maine colonial. D'autre part, l'installation d'un sous-secrétariat en ExtrêmeOrient a jusqu'à présent été retardée par insulfisance de moyens techniques financiers.
De nombreux indices nous prouvent qu'un développement relativement rapide nous est ouvert. Mais nous ne pourrons en récolter les fruits qu'a condition de réaliser les efforts indispenbles à cel effet. Cela suppose tout d'abord l'existence au sein de l'Internationale d'organismes très spécialisés composés de militants expérimentés sa consacrant entièrement à cette tache.
TERNATIONALE rement à cette lutle, porteront leur critique fondamentale sur la nécessité de lier l'effort de guerre nécessaire, la lulte purement militaire, à un programme social donnant dès maintenant satisfaction aux paysans pauvres et au prolétariat, et à leurs aspirations démocratiques ; tout sacrifice de ces revendications au nom du maintien de l'unité nalionale du front anti-impérialiste ne profitant qu'aux classes réactionnaires indigènes et à la direction bureaucratique du mouvement, et décourageant à la longue les masses qui supportent l'essentiel de l'effort militaire.
Dans des pays comme les Indes, l'Indonésie, Ceylan, qui paraissent avoir trouvé leur indépendance et dans lesquels la bourgeoisie indigène gouverne dircetement, la lutte de nos sections est essentiellement la même que dans les pays imperialisles, en tenant compte Toutefois que la bourgeoisie sy est avérée incapable de résoudre les tâches de la révolution démocratique, et que la réforme agraire, en particulier aux Indes, reste toujours à faire.
Nos sections métropolitaines, en parficulier en France et en Hollande, ainsi que l'organisation trotskyste aux EtatsUnis et les trotskystes de Grande-Bretagne, conscientes que le développement de la révolution antiimpérialiste en Asie censtitue actuellement le principal facteur aggravant le déséquilibre du monde capitaliste en général, soutiendront inconditionnellement ces révolutions, en mobilisant les masses de leurs pays respectifs pour faire échouer tout effort impérialiste d'amorçage d'une contreoffensive efficace destinée à reconquérir le secteur fondamental du domaine colonial lui échappant. Un travail d'étude et d'élaboration permanente s'impose sur les problèmes nombreux et très divers que soulèvent les particularités des territoires coloniaux. La simple répétition de la théotie de la révolution permanente ne suffit pas. Il faut l'appliquer aux conditions particulières du développement historique et social et à la réalité actuelle
La lâche la plus importante consiste à former de solides cadres coloniaux non seulement armés de notre programme général mais sachsnt surtout appliquer ce programme aux conditions de leur pays. C'est ce travail qui conditionne tout le développement de l'action de l'Internationale dans le domaine colonial, tendant à en faire une force politique, le centre de ralliement des masses opprimées La formation du sous-secrétariat mentionné ci-dessus y contribuera considérablement.
La création d'un sous-secrélariat en Extrême-Orient est, quelles que soient les difficultés de réalisation, de plus en plus indispensable pour l'avenir et de nos mourements et des développements
NOS TACHES PARTICULIERES
NOS TACHES PARTICULIERES révolutionnaires en Asie, où s'offre une possibilité de crise du stalinisme d'une ampleur décisive. Nous devons le comprendre à l'avance et nous préparer dès inaintenant aux tâches historiques qui nous incomberont.
Nous devons nous attacher de toutes nos forces à former une aide véritablement marxiste révolutionnaire dans les colonies, dont dépendra en définitive le sort de la révolution en cours.
Notre participation au Congrès des Peuples s'intègre dans cet effort et se Justine par lélat du mouvement colonial ‚surtout dans les pays du MoyenOrient et de l'Afrique.
Dans ces pays, à l'encontre de ce qui sP. passe en Asie, la trahison du réformisme et du stalinisme poignardant dans le dos les mouvements nationaux,
La plutôt provoqué un important reflux idéologique. Ces mouvements ont été amenés à rechercher des voies d'émancipation hors du concours de la révolution prolétarienne. Leur caractère nationaliste s'est considérablement accusé. Des directions se livrent à des traciations diplomaliques, espérant tirer profit des discordes entre impérialistes. Elles ne peuvent s'empêcher de considerer avec beaucoup de réserves et de sceptieisme tout ce qui se réclame du socialisme et du communisme.
Dans la situation actuelle de crise aiguë de la direction révolutionnaire — celle du prolétariat engendrant celle du mouvement colonial — l'existence d'une organisation inter-coloniale représente fait progressif indéniable. De ce point de vue, le Congrès des Peuples, en dépit de ses nombreuses faiblesses, est sans aucun doute la forme de regroupement antiimpérialiste large la plus avancée possible en ce moment. Il paraît difficile d'aller plus avant à l'heure actuelle.
Les objectifs que nous recherchons par notre parlicipation sont les suivants : 62.
TERNATIONAL E a) Entretenir de larges contacts avec tous les mouvements coloniaux. Etablir des rapports de collaboration au sein d'une même organisation, de façon à favoriser une confiance réciproque. Faire la démonstration que la IV° Internationale est inconditionnellement à leur côté, qu'elle est non seulement un courant prolétarien dans les métropoles mais aussi
Run courant dans les colonies, que dès à présent elle dispose de cadres coloniaux et d'organisations coloniales qui se trouvent à la pointe du combat. b) Faire échec à toute tentative réformiste ou centriste cherchant à utiliser le mouvement pour des buts propres étrangers aux intérêts des peuples coloniaux. Maintenir le Congres sur un terrain antiimpérialiste dénué d'équivoques.
Rechercher des contacts plus serrés avec les groupements ou individus en évolution progressive, en vue de leur conquête au programme de l'Internationale.
Nous précisons que, dans les rapports de force existant actuellement au sein du mouvement ouvrier, nous nous efforcons d'être bien représentés au sein de la carection du Congrès. Nous ne devons pas tenter de faire adopter l'ensemble de notre programme à la faveur d'une conférence. Ceci ne doit pas nous empêcher d'exposer notre programme quand c'est utile. Une action précipitée de notre part risquerait de favoriser le développement de forces qui chercheraient à faire éclater ce rassemblement.
On ne doit pas s'attendre à des réSultats rapides en conséquence de notre collaboration. Il s'agit d'un travail de longue haleine qui, dans l'immédiat, ne peut être que la source d'importantes laisons nouvelles et qu'une propagande générale du programme de notre Internationale dans les milieux coloniaux.