12 mars 1950 : Parlant l'un à Nich et l'autre à Tilograd. Mocha Pyade et
Milovan Djilas, membres du Bureau Politique du PC yougoslave, ont mis laccent sur la nécessité pour les masses populaires yougoslaves de l'URSS de conserver des sentiments d'amitié envers les masses populaires des autres
« démocraties populaires ». malgré la campagne de calomnies dont la Yougoslavie est vielime de la part des dirigeants de ces pays.. « La situation du peuple bulgare est aujourd'hui très difficile », a dit Mocha Pyade. « Ne nous laissons pas induire en erreur par les calomnies, les duperies et les hypocrisies de leurs dirigeants actuels, ce qui nous ferait tomber dans une rage chouvine contre le peuple bulgare. Il souffre actuellement, mais il montrera un jour sa force et sa volonté, j'en ai la conviction, car il sait où sont ses véritables intérêls et ses vrais amis. » Quant à Milovan Djilas, il a déclaré : « Dans le conflit de notre direction et de notre peuple avec le gouvernement soviétique, il n'est pas question d'affection ou d'inimitié envers le peuple russe, mais de oe que nous voulons bien du peuple russe comme fròre mais pas de sa direction comme maître.
20 mars 1950 : Parlant à Tehernomel, au cours de la campagne électorale, Edouard Kardelj, ministre des Affaires étrangères du gouvernement yougoslave, a déclaré qu'il ne fait aucun doute que parmi de nombreuses directions de partis communistes se trouvent des bureaucrates routiniers aux idées étroites qui ont, depuis longtemps. perdu contact avec leur propre peuple et ont perdu l'aspect de militants révolutionnaires. « De tels dirigeants », a déclaré Kardelj, « ne se demandent. pas d'où vient le fait qu'au moment même où la cause du socialisme devait obtenir parmi les pays capitalistes de nouveaux adhérents à travers le monde entier, à la suite des victoires remportées par la révolution chinoise, s'affaiblit le mouvement ouvrier et se consolident les forces réactionnaires. »
22-26 mars 1950 : Le journal Borba, 'organe central du PC yougoslave, a publié deux articles de Moscha Pyade. membre du Bureau Politique du PC yougoslave, intitulés:« Histoires sur l'aide soviétique au soulèvement insurrectionnel en Yougoslavle ». Ses articles contiennent notamment la correspondance échangée entre les dirigeants yougoslaves et les dirigeants soviétiques durant la guerre, de laquelle il ressort nettement que les dirigeants communistes yougoslaves se sont opposés des 1942 à la politique de « Front
National » que Staline voulait leur imposer, C'esl-à-dire à une collaboration avec les forees contre-révolutionnaires du général Mihailovitch (le De Gaulle yougoslave), et que Staline, en revanche, a abandonné à leur propre sort les partisans yougoslaves au moment où ils se trouvaient ten illes par • l'offensive fasciste. par la faim et par les épidémies.
28 mars 1950 : A cette dale ont eu lieu les élections générales pour désigner la deuxième Assemblée Nationale de la RFPY. Le nombre des électeurs s'est élevé à 60 % de la population totale du pays. Le nombre des personnes privées du droit de vote n'était que de 23.917, contre 253.000 lors des premières elections generales de 1945. 061.180 voix, Soit 91,94 % des électeurs, ont voté. Les candidats du Front Populaire ont obtenu 8.449.839 voix ; l'urne sans liste a obtenu 611.941 voix et 685.000 personnes environ n'ont pas pris part au vote. La journée des élections a été l'occasion de vastes réjouissances populaires.
3 avril 1950 : Critiquant l'intervention du gouvernement stalinien en Chine, Eorba écrit notamment : « La formation des sociétés mixtes en Chine après la signature du traité sino-soviétique montre clairement. d'une part les tendances générales de la politique extérieure soviétique, et d'autre part le fait que le gouvernement de l'URSS, à l'occasion de la conclusion du traité avec la république populaire de Chine, est allé plus lom que lors de la signature du traité aver Chiang-Kaï-Chek en 1915. alors qu'il s'était expressément engagé à ne pas se mêler des affaires intérieures de 1: province de Sin-Kiang. »
Le même article porte pour la première fois à la connaissance de l'opinion ouvrière mondiale le fait qu'en novembre 1944 s'était produite une insurrection populaire dans une partie de cette province, qui fut étranglée avec Taide de la « médiation » du gouvernement de URss, qui imposa un gouvernement dont près de la moitié des membres fut nommé par Chiang-KaïChek.
16 avril 1950 : Le gouvernement yougoslave a publié un arrêté concernant le commerce à prix liés, qui régularise la livraison de produits agricoles par les cultivateurs à l'Etat en échange d'argent et de bons soéciaux pour l'achat de marchandises industrielles à has prix. Selon le nouvel arrêté, l'Etat fournira aux cultivateurs des bons
N d'achat de produits industriels pour la valeur totale des produits agricoles livrés, en supprimant les limites en vigueur jusqu'a maintenant. de nouvel arrêté augmentera considérablement les échanges entre la ville et la campagne. Il a été rendu possible par le développement de l'industrie légère, capable de fournir cette année à la population villageoise beaucoup plus de vêtements, de chaussures, d'articles agricoles, etc. à bas prix.
16 avril 1950 : La conférence nationale générale de la Fédération des Syndicats de Yougoslavie, composée de 494 délégués élus, a adopté à l'unanicité, lors de sa session du 15 et 16 avril 1950 tenue à Belgrade, un mémorandum dans lequel il est exige que la FSM annule la décision de son secretariat concernant la cessation des relations avec Djouro Salai, président du CC à la FSY, décision contraire à l'esprit et aux statuts de la FSM et préjudiciable à l'unité du mouvement syndical mondial. Dans ce mémorandum adressé à toutes les organisations syndicales et a tous les ouvriers du monde, la FSY annonce qu'elle interrompra ses relations avec la FSM jusqu'a ce que les organes de cette dernière aient annulé l'acte en question du secrétariat de I FSM (1).
25 avril 1950 : A une réunion du club des députés du Front Populaire de lAssemblée Nationale nouvellement élue, Blagoyé Nechkovitch, membre du bureau politique du PC yougoslave, a invité les nouveaux députés à contribuer à ce que les travaux de l'Assemblée se développent dans le sens d'une véritable démocratie socialiste. Il les a invités à développer leur activité dans trois travailler pontiquement parmi leurs électeurs leus dilecteure leurs lecteurs ace -nant les travaux des pouvoirs populaires ; aider et surveiller les travaux des organes du pouvoir populaire dans leurs circonscriptions électorales. Il a souligné que les députés doivent résoudre Tes tanes pesait les la leurs elecdes droits démocratiques des citoyens. Il a proposé, dans le but d'établir les relations les plus directes entre les députés et les électeurs, qu'il soit possible à ces derniers de s'adresser aux députés en franchise postale.
fer mai 1950 : Le fer mai a été célébré à Belgrade par une grande démonstration à laquelle ont participé, outre Tarmée, plus de 150.000 travailleurs et représentants de la jeunesse. De nombreuses délégations étrangères étaient présentes à la tribune, pour la première fois depuis la rupture entre la Yougoslivie et le Kominform.
Le Comité Central du Parti Communiste Yougoslave a lancé, à cette occa-
(1) Nos lecteurs peuvent se procurer ce mémorandum à l'Agence yougoslave, 30, rue Louis-le-Grand. Poris. 64
TERNATIONALE sion, une proclamation qui contient notamment le passage suivant, saluant les. forces « fidèles au marxisme-léninisme » dans le monde :
« Dans le mouvement ouvrier et démocratique international s'affirme de plus en plus l'action de ceux qui, tout en défendant la juste cause de notre pays, defendent en même temps le marxisme-léninisme contre le révisionnisme. Leur nombre croît de jour en jour et, à l'occasion du fer mai, nous leur adressons aujourd'hui notre salut fraternel. De plus en plus nombreux sont les cuvriers, les organisations syndicales, les écrivains, les artistes, les. savants, les éléments progressistes dans le monde qui suivent avec sympathie notre lutte, qui voient en elle l'étincelle d'où jaillira la flamme de nouvelles victoires des forces socialistes, qui croient qu'elle orientera le développement du socialisme dans la bonne voie. » (2)
2 mai 1950 : Au cours d'une contérence de presse, Tito a insisté notamment sur Timportance que revet le mouvement vers la décentralisation de l'économie, propulsé par le gouvernement fédéral. « Gette décentralisation » a dit Tito, « se développera de plus en plus chez nous. Elle a permis jusqu'à présent le développement de l'initiative personnelle et de l'esprit de créalion aussi bien à la base que parmi les cadres dirigeants. Ce qui était freiné auparavant par l'administration centralisée se déroule à présent à l'aide de l'initiative personnelle et apporte à notre communauté de grands profits. » Tito a insisté sur le fait que cette décentralisation confirme une fois de plus que lo question nationale a été résolue en Yougoslavie et que les républiques autonomes voient constamment augmenter leur degré d'autonomie.
18 mai 1950 : L'ambassade yougoslave à Prague a remis au ministre des Affaires étrangères tchécoslovaque une note énergique de protestations contre les procédés illégaux et inhumains utilisés par les staliniens tchèques l'égard de Dimitryé Dimitryévitch, président du Front Populaire yougoslave en Tehécoslovaquie, qui a succombé le 28 avril dernier dans la prison de Brandis sur l'Elbe à la suite des tortures subies.
14 juin 1950 : Dans une déclaration aux élèves de l'école supérieure du Parti, Tilo dénonce le danger bureaucratique en ces termes :
" Il est indiscutable que certains phénomènes nés en Union Soviétique, lors du processus dedification du socialisme, aient causé de l'inquiétude parmi la classe ouvrière dans le monde entier. Il est des hommes qui ont compris ces phénomènes comme une nécessité, croyant que ces phénomènes disparaitront un jour. Nous avons acquis la
(2) Cette proclamation est reproduite dans la p" 8 des Nouvelles Yougoslaves.
conviction que cela ne disparaîtra pas de soi-même s'il n'existe aucune force qui puisse s'y opposer, car aucun phénomène négatif dans la société n'a disparu par lui-même... »
15 juin 1950 : Le Président de la République populaire de Slovénie, Miha Marinko, dans une discours à l'Assembide de cette République, expliqua les raisons du développement bureaucratique en Union Soviétique :
" La principale raison de l'existence, en Union Soviétique, du centralisme bureaucratique absolu doit être cherché dans le faible développement antérieur des forees productives. Lorsque le grand élan du développement économique a fait naître des conditions pour la limitation et l'élimination de la caste bureaucralique, il n'y avait pas de facteur conscient, il n'y avait pas de Parti communiste qui pût mener cette lutte. »
25 juin 1950 : Les syndicats unifiés
TERNATIONALE de Yougoslavie invitent les ouvriers des pays étrangers, et notamment les entreprises industrielles de France, à passer leur congé annuel sur la côte adriatique et dans les montagnes slovènes. Cette mesure est destinée à permettre aux travailleurs de ces pays de prendre contact avec les ouvriers yougoslaves.
Brigades, délégations et tourisme ouvrier, autant de mesures répondant aux calomnies staliniennes.
27 juin 1950 : L'Assemblée nationale yougoslave adopte un projet de loi instituant la gestion ouvrière des entreprises économiques d'Etat.
Dans un important discours, Tito met en cause la révision stalinienne de la théorie marxiste sur le rôle de l'Etat et son dépérissement, sur les rapports du Parti et de l'Etat, sur les différentes phases de la société vers le communisme, et sur la propriété d'Etat et le socialisme.
Nous reviendrons sur celte mesure importante et sur ce discours.