A partir de 1948, la courbe. asoendante depuis la guerre, du sialinisme commence à montrer des points évidents de fléchissement qu'on peut grouper « grosso modo » en deux catégories distinctes : recul, manifesté surtout lors des élections, des partis communistes dans la plupart des pays capitalistes ; procès et épurations dans les pays du glacis soviétique el les. Partis communistes de ces pays.
L'affaire yougoslave, réalisant la rupture de tout un pays avec Moscou et de
EVOLUTION DU MOUVEMENT
Les Partis communistes sont sortis généralement renforces de la guerre, ayant polarisé autour d'eux les masses qui aspiraient à des changements sociaux profonds et qui avaient perdu toute confiance dans les partis traditionnels de la ¡lémocratie réformiste (social-démocratie, culièrement vråi pour l'iuron continenradicaux, libéraux) Ceci est partitale, ainsi que pour plusieurs pays semicoloniaux et coloniaux de l'Amérique latine, de l'Asie et de l'Afrique.
Même dans des pays aussi conservaleurs que l'Angleterre, le Canada, l'Australie, les Elats-Unis, les Partis communistes, lout en restant fortement inférieurs par rapport aux formations réformistes, avaient retissi cependant à pola-
De toutes les élections qui ont eu lieu lepuis 1948 en Europe occidentale, en Australie, au Canada, aux Etats-Unis, en commençant par les élections italiennes d'avril 1948, les Partis communistes sont sortis, soit stagiants, soit dans la plupart des cas fortement affaiblis, et parfois même littéralement écrasés. Ce processus de régression, malgré son ampleur différente suivant chaque pays. qui tient à des causes spécifiques. va en s'accentuant, c'est-à-dire que la désaffection générale des masses par rapport aux Partis communistes est beaucoup plus grande actuellement qu'elle ne l'était en 1948.
Ceci tient à deux raisons fondamentales. Une première, objective, qui tient à l'amélioration générale de la situation économique dans tous les pays capitalistes et particulièrement dans ceux de l'Europe occidentale, amélioration consécutive en grande partie aux résultals tout un Parti communisbe avec le Kremlin et le Kominform, n'a fait qu'accentuer le fléchissement dont, cependant, les causes premières et profondes doivent être recherchées dans la nature même du stalinisme placé dans les conditions nouvelles créées par la dernlère guerre.
Il y a done crise manifeste du stalinisme, dont il s'agit de déterminer les raisons, les conséquences, les perspectives d'évolution. STALINIEN D'APRES-GUERRE riser une importante avant-garde révolulionnaire et à créer autour d'eux un climal de sympathie qu'ils n'avaient jamais connu auparavant dans ces pays.
Cette période d'euphorie et d'essor ne dura pas longtemps. Elle s'étend en réalité des années 1944 à 1946. Suivie d'une période de stagnation des années 1946 à 1948, elle a elle-même laissé, depuis 1948, la place à une période de recul net. On comprendra cependant mieux ce processus de dépression qui s'empare du stalinisme en distinguant entre trois catégories de pays, dans chacune desquelles joue un ensemble de facteurs spécifiques : les pays capitalistes de l'Europe et de l'Amérique ; les pays du glacis ; les pays asiatiques. du plan Marshall ; une deuxième, subjective, qui tient à la politique suivie par les partis staliniens depuis la « libéralion » - politique droitière et opportuniste entre 1944-46, c'est-à-dire précisément au moment où le potentiel révolutionnaire des masses accumulé durant la guerre avait atteint son plus haut degré ; aventuriste et sectaire entre 19471950, c'est-à-dire précisément quand la bourgeoisie, renforcée, passait à l'offensive et que les masses devaient souder leur front unique et déclencher des actions préparées, concentrées, coordonnées, capables de les taire passer a leur tour de la défensive à l'offensive.
Au fur et à mesure que la bourgeoisie occidentale, ayant profité de l'appui inespéré que les Partis communistes lui ont accordé au moment de son plus grand affaiblissement entre 1944-46, rétablissait sur la base de la surexploitation des masses (endormies durant les
CRISE DU STALINISME DANS LES PAYS CAPITALISTES
CRISE DU STALINISME DANS LES PAYS CAPITALISTES mêmes années par les staliniens dans leur effort " national " de production) et des crédits américains, un équilibre relatir, la politique des Partis communistes suivait un cours de plus en plus contradictoire avec les conditions objectives et les forces réelles dont elle disposait.
Insensiblement, cette politique glissait -- selon la pente automatique du commandement bureaucratique - vers un renouveau de cette fameuse « troisième periode • que nous avons connue dans les années 1928-33, où l'action des masses est remplacée par la mobilisation permanente de lappareil politique et syndical des Parus communistes, considere comme le catalyseur de l'énergie révolutionnaire de la classe, comme
Uses " troupes de choc » qui l'entraineraient tout entière.
Cette radicalisation apparente de la politique des Partis communistes reflète en réalité, non pas un mouvement correspondant des masses, mais simplement l'aggravation des rapports entre la bureaucratie soviétique et l'impérialisme - l'impérialisme américain en particulier. Parce que le Kremlin veut jeter dans la balance des efforts qu'il déploie pour arriver à un compromis avee Washinglon sur la base d'un partage du monde, un poids supplémentaire à la force militaire de l'U. R. S. S. et de ses
: la mobilisation de la classe ouvrière, il commande à • celle-ci un cours de plus en plus aventuriste. Ceci jusqu'au moment où il obtiendra le compromis ou bien l'arme de la pression ouvrière étant usée, où il se verra obligé de faire marche arrière esquissant une nouvelle période d'apaisement.
Telle est la logique du bureaucratisme que représente dans le mouvement ouvrier le stalinisme, dont l'action une fois déclenchée dans une direction, se développe ensuite automatiquement jusqu'à l'usure et la catastrophe. Cependant ce jeu, qui démontre en définitive que les Parlis communistes ne règlent pas leur politique selon les conditions et les intérêts du prolétariat de leurs pays respects, mais simplement selon Tes intérets de la ponuque etrangere du Kremlin, se dévoile peu à peu devant les masses. Le mépris que le bureaucratisme affiche envers la mémoire et la faculté critique des masses, a sa base dans ce qui peut être encore le comportement de ces dernières en période
NTERNATIONALE et s'aggrave, n'est épuisé. Dans de telles conditions, le comportement contradictoire du bureaucralisme stalinien, non seulement ne passe pas inaperçu des masses, mais, au contraire, il constitue la cause profonde de la désaffectation grandissante des masses envers les partis staliniens, et surtout de leur méfiance à leur égard. Cette dernière se manifeste dans le peu d'empressement que les masses montrent à suivre les les actions commandées par ces partis, actions même quand elles votent pour ces derniers (en l'absence de tout autre pole d'attraction important face aux formatons politiques capitalistes).
Ainsi, si on voulait résumer les principales causes subjecuves qui determinent les défaites que les Partis communistes ont enregistrées ces derniers temps — d'Italie en Angleterre passant par l'Autriche, l'Allemagne, les pays scandinaves, la Finlande, ainsi qu'en Australie, au Canada, aux EtatsUnis et dans plusieurs pays de l'Amérique latine — il faudrait à notre avis en dégager deux :
Les Partis communistes paient le tribut dû au fait qu'ils ont manqué au devoir d'un parti qui se dit révolutionnaire d'exploiter la conjoncture favorable pour la lutte révolutionnaire surgie immédiatement après cette guerre ; et, qu'ensuite, ils ont suivi un cours de plus en plus contraire à l'évolution des conditions objectives, confirmant qu'ils agissent comme des agences du Kremlin et non pas comme des organisations autonomes du prolétariat de chaque pays. La position prise par les Partis communistes sur l'affaire yougoslave a grandement renforcé cette impression des masses (1).
L'opportunisme impuissant et le commandement bureaucratique traits congénilaux du bureaucratisme stalinien - ont scellé les défaites passées et présentes des Partis communistes. Na-
(1) D'autre part, cette affaire agit dans les Partis Communistes mêmes comme un catalvseur du mécontentement que les militants de base éprouvent contre la direction emportuniste et bureaucratique, comme le stimulant n° 1 à l'heure actuelle, pour amoreer un courant critique dans ces Partis, touchant les sommets même.
Lécho de l'affaire yougoslave a déjà profondément didoma fondément disloqué le Parti Communiste Allemand, en partieulier son organisation de l'Allemagne Occidentale. Le Congrès spécial du Parti Communiste Norvégien vient de ratifier l'exclusion de son ancien secrétaire Furubotten ainsi que celle de 22 autres de ses « partisans actifs » accusés de titisme.
En Autriche, en France. en Italie, en Grèce, les résultats visibles de l'affaire vougoslave ne sont pas encore aussi impress onnants, mais la fermentation existe et fraie le chemin à la cristallisation d'oppositions et à l'amorce de courants critiques dont depuis très longtemps ces Partis ont perdu le souvenir.
de recul accentué du démoralisation avancée des défaites répétées.
Telle était à peu du mouvement ouvrier mouvement, de consécutive à rès la situation dans les années d'avant-guerre. Telle n'est pas cependant la période que nous traversons.
Malgre les points marques par la bourgeoisie en Europe occidentale, aux masses nont subi mulle part une de- Amérique latine, Jes masses faite écrasante, et nulle part le potentiel révolutionnaire accumulé pendant la guerre, stimule par le desequinre fondamental du capitalisme qui subsiste
UATRIEME turellement une série de causes locales a joué aussi dans chaque pays séparément. L'exemple le plus frappant en cette matière est offert par l'Autriche et l'Allemagne en particulier, où le comportement de l'Armée Rouge, le trai-
Si dans les pays capitalistes la désaffection des masses à l'égard des Partis communistes provient d'une expérience indirecte, négative du stalinisme, dans une période pleine d'occasions révolutionnaires, la désaffection des masses dans le glacis provient de leur expérience directe du stalinisme au pouvoir. Il serait même plus exact de dire que cette expérience a commencé avec l'entrée de l'Armée Rouge dans ces pays, Letranglement du mouvement révolutionnaire spontané des masses qui sui-
Get la mise en place bureaucratique de l'appareil stalinien qui s'est substitué à travers une action tortueuse à l'appareil économique et politique de la bourgeoisie, tout en maintenant son contrôle sur les masses.
Ces dernières ont fait connaissance avec la « révolution » stalinienne et le régime heureux de la « démocratie populaire » à travers l'introduction du travail aux pièces, la différenciation accrue des salaires, l'augmentation des heures de travail, la discipline toute militaire dans les usines, la surveillance politique constante, l'enregimentement dans le parti et les syndicats qui commandent, en dehors de toute élaboration collective de la ligne, de toute discussion et de toute critique de cette ligne. De temps en temps un procès à la Rajk ou à la Kostov vient couper la • monotonie de cette vie et édifier les masses sur les complots diaboliques tramés en accord avec les impérialismes par les chefs les plus en vue des Partis communistes. Formes, méthodes, décor en effet éminemment « socialistes » qui laissent rêveur le prolétariat avancé de Prague, de Leipzig, de Vienne, de Budapest.
Quelle est exactement l'ampleur de la désaffection des masses à l'égard de ces régimes caricaturant odieusement la dictature du prolétariat, il est naturellement difficile de le dire, les consultations populaires qui plébiscitent par 99,999 % ces gouvernements n'ayant que la valeur d'une farce. Par contre, les plaintes qui paraissent dans la presse de ces pays relatives à la résistance passive de la population et la sévérité des mesures prises pour la combattre, sont significatives des obstacles que l'appareil stalinien rencontre dans son effort de rééducation « socialiste » des masses et du prolétariat en particulier.
Du point de vue de la crise du stallnisme dans ces pays, les phénomènes les plus importants sont les épurations qui ont eu lieu dans les Partis commu12
TERNATIONALE tement tement des prisonniers de guerre en U. R. S. S., ainsi que toute la politique de pillage, d'annexions et de violence employés par le Kremlin envers ces pays, ont miné pour une génération entière le prestige du stalinisme. nistes, ainsi que les procès intentés contre plusieurs de leurs membres dirigeants. En Albanie avec Koxi Djodzé, secrétaire du parti, jugé et pendu ; en Hongrie avec Rajk, membre du Bureau politique, jugé et pendu ; en Bulgarie avec Kostov, secrétaire du parti, jugé et pendu ; en Pologne, avec Gomulka, secrétaire du parti, exclu ; en Roumanie, avec Patrascanu, membre du Bureau politique, exclu ; en Tchécoslovaqui, avec W. Novy, exclu, et Reimann, « suicidé », membres l'un et l'autre du C. C., plusieurs autres membres dirigeants de ces partis ont connu le même sort, tandis que des centaines de milants subalternes, prıs dans le wet de lépuration, ont pris la voie des prisons et des camps de concentration.
Dautre part, depuis que la tougoque slavie a rompu avec le komintorm, 5.300 personnes environ, dont la plupart sont des ouvriers et des paysans membres du Parti communiste, soni passées dans ce pays venant de l'Albanie (1.418), de la Hongrie (1.930), de la Bulgarie (1.031) et de la Roumanie (942) (2).
En Bulgarie, pays le plus atteint par l'épuration pour des raisons que nous expliquerons plus loin, les militants les plus populaires du Parti communiste oulgare, restes dans le pays pendant la guerre comme Kostov et qui ont dirigé la lutte du parti aussi bien avant la guerre que durant la guerre — comme Dobri Terpechev, Yougov, Tchankov. Taola Dragovicheva — sont tous tombés en disgrâce. Terpechev a été exclu du Bureau Politique du parti dont il était membre depuis loccupation, et K. Dobrey des rangs des candidats du bureau politique. Au dernier Senum du C. C. huit membres élus au
- Congrès du P. C. B. de 1948, ont été exclus. L'épuration alteignit la base même du parti. Selon une information du Times, plus de 300 dirigeants locaux furent destitués de leurs fonctions, exclus et arrêtés en Bulgarie - cette « province désorganisée de , l'empire russe ».
La Tohécoslovaquie est actuellement en train de connaitre une purge d'une tandis qu'en Polos'intensifie l'offensive contre Gomulka, Spychalski et Zenon Liszko, exelus tous les trois en novembre dernier du C. C. du Parti.
En général l'épuration connaît une
(2) Selon l'agence Tanjug. Bulletin du 30-1-50.
CRISE DU STALINISME DANS LE GLACIS
CRISE DU STALINISME DANS LE GLACIS ampleur, plus grande dans les Partis communistes qui représentaient deja avant la guerre une force, qui elaient effectivement liés aux masses de leurs pays, comme c'est le cas des P. C. bulgare, tchécoslovaque et, dans une cerlaine mesure, du Parti Ouvrier polonais (3).
L'épuration atteint d'autre part, en premier lieu, dans ces parus les dirigeants les plus liés a la lutte menee par ces partis durant la guerre. Ces indications sont précieuses sur la compréhension de la crise du stalinisme dans les pays du glacis. Nous avons là en effet affaire à un phénomène nouveau qui ouvre des perspectives nouvelles sur le stalinisme en général. L'expérience démontre, aussi bien dans le cas vougoslave que par tout ce qui se passe actuellement dans les pays du glacis. que les P. C. placés pouvoir ont tendance à s'opposer, à réagir même --au moins certains de leurs milieux dirigeants — contre une exploitation (4) pure et simple de ces pays par Kremlin, c'est-a-dire par la bureaucratie soviétique. Cette résistance, ces réactions manifestées dans les sommets même des P. C., et en particulier dans la personne des dirigeants les plus liés avec la base de ceux-ci et les masses du pays, peuvent être considérés comme l'écho déformé - bureaucratiquement déformé — de la résistance même des masses à la politique du Kremlin dans le glacis. Plus un P. C. fut effectivement lie aux masses et plus la la « russification du pays (5) est grande, et plus la réaction du Kremlin à travers ses hommes sur place, est violente.
Ainsi l'accession au pouvoir de certains P. C., qui n'étaient jusqu'alors que des agences de transmission de la politique du Kremlin — comme par-
(3) Aussi bien dans le cas du P. C. tehé•coslovaque que polonais, il faut tenir en outre compte du fait que ces partis englobent une masse importante d'ex-militants socialdémocrates qui se sont vus forcés de fusionner avec les communistes.
(4) Il ne s'agit pas simplement d'exploitation économique.
(5) La résistance des masses à la politique du Kremlin a naturellement tendance à prendre la forme d'une résistance nationale. Il est significatif à ce propos de citer les accusations portées par Skonecki, rédacteur en chef de Chlopskie Drogi, organe du parti polonais, chargé de la propagande au village, contre Gomulka lors de la session de novembre 1949 : «• En tant qu'éd:teur de mon journal, dit-il, j'ai le plaisir douteux de lire des lettres anonymes de personnes qui m'écrivent que Gomulka est le héros de la Pologne, qu'il est le leader qui défend l'indépendance polonaise contre la Russie soviétique. » (Cité par le Times analysant le procès-verbal - un volume de 205 pages — de la session du C. C. du
P. C. polona's de novembre 1949.)
Les milieux dirigeants des P. C. qui expriment d'une façon déformée les réactions
TERNATIONALE tout ailleurs — loin de signifier une continuation pure et simple du même role, provoque, au contraire, des tencances à l'affranchissement de la tutelle de Moscou.
Il y a crise dans le car il y a base conflit entre les intérêts la bureaucratie soviétique et les intérêts propres des masses de chaque pays ; car la politique d'exploitation du Kremlin aggrave les difficultés que les Partis communistes rencontrent dans la gestion de l'économie et de la politique de ces pays el bloque leur libre développement ; car les Partis communistes, tant que responsables directs du gouvernement de ces pays, subissent la pression des masses et ne peuvent plus agir indépendamment sans être détruits en tant que simples agences de transmission de la politique Kremlin. Plus ces partis s'incrustent dans la vie du pays, plus ils se chargent de responsabilités, plus ils ont tendance a se derussiner, et plus, par conséquent, ils sont portes a sopposer mainmise totale et directe du Kremlin.
D'autre part, ce dernier, conscient du danger et favorisé par le rapport de forces actuel, ne reste pas inactir ; 11 réagit en , brisant ces partis et en les remplaçant par des appareils de fonctiennaires directement maniés par lui et contrôlés par le Guépéon.
Ceci est le sens de la lutte engagée
Bulgarie, Tchécoslovaquie, Pologne — les trois pays du glacis où le P. C. représentait et représente encore une force réelle.
Le même processus était en train de s'accomplir en Yougoslavie, et si cela a échoué, ceci est dû, entre autres, à la plus grande homogénéité et à la plus grande force de l'opposition qu'a rencontrée le Kremlin — en réalité l'opPosition de toute la direction et de tout
C. yougoslaves.
Telle est la dynamique de la erise des masses et de la base de leur propre parti, sont principalement accusés par le Kremlin et ses agents de « déviationnisme nationaliste ».
Tchervenkov, le secrétaire actuel du P. C. bulgare consacre dans le numéro du 17 février 1950 de l'organe du Kominform, un long article contre le « kostovisme » dans le P. C. qu'il accuse d'être une expression « du nationalisme bulgare ». On est quand même mieux édiflé sur le sens exact donné par le Kremlin et ses agents à ce « nationalisme » quand on lit la définition suivante donnée par Tehervenkov : « Le nationalisme s'exprime dans l'hostilité envers l'Union sovétique, dans la tendance à minimiser ses succès, dans la non reconnaissance de l'importance historique mondiale de l'expérience de la Révolution socialiste d'octobre comme modèle et exemple pour le peuple travailleur du monde entier ; dans la surestimation de sa propre force et de ses succès, en sousestimant les forces et les succès des autres et en niant la solidarité internationale prolétarienne.
résistance à
QUATRIEME dans le glacis dont il faut tirer, à notre avis, deux conclusions capitales :
a) La tendance centrifuge par rapport au Kremlin ou à son contrôle augmentera dans la mesure où les P. C.
Le choc de ces deux tendances détermine la crise sur le plan des Partis communistes. Quant à son dénouement.
cela dépend de l'évolution de toute la situation mondiale. En tout cas, malgre le rapport de forces défavorable actuet- o tapports rable actuellement, pour qu'un nouveau « titisme = c'est-à-dire une opposition organisée en victorieuse, surgisse dans un autre pays du glacis, il est exelu que le Kremlin réussisse dans la conjoncture internationale actuelle à stabiliser le glacis en éorasant toute opposition sous son talon de fer. La perspective la plus probable est celle d'un long développement convulsit de la crise dans le glacis, les procès succédant aux procès et les épurations aux épurations. A travers cette crise, la prise de conscience du rôle contre - révolutionnaire du stalinisme parmi les masses du glacis et du monde en général, mûrira rapidement. LES PAYS ASIATIQUES moins, imposé par les circonstances extraordinaires que la guerre et ses conséquences ont créées en Asie, par la poussee formidable des masses, par l'effondrement des positions de rimperialisme et des classes réactionnaires indigènes, c'est-à-dire par un ensemble de conditions qui ont entraine, quelque sorte, les Partis communistes plus loin qu'ils pensaient eux-mêmes ›aller, et incontestablement beaucoup plus loin que le Kremlin pensait les amener.
Entraînés par la dynamique de la revolution anti-impérialiste, ces partis ont connu un developpement tout à fait autonome, analogue à celui du P. C yougoslave, découvrant par les nécessilés de leur propre lutte de nouvelles voles d'action et de pensée et prenant conscience de leur propre force. Ge développement est manifeste dans l'exemple du P. C. chinois qui, a parchemin aussi bien sur le plan de l'aetion que sur celui de la pensée, qui ne positions du Kremlin, el qui commence a elaborer théoriquement sur la base de sa propre expérience. Ainsi, par exemple, ni la conception de la " démocratie nouvelle », sur le plan de l'orientation politique, ni celle de la lulte armée des partisans, sur le plan de l'orientation militaire, du P. C. chinois ne sont des transpositions mécaniques des conceptions du Kremlin sur ces chapitres, mais représentent au contraire un début de réflexion propre du Parti (7).
La victoire remportée en Chine n'est pas non plus interprétée de la même
(7) Il sera intéressant de publier prochainement dans notre revue une étude qui examine le développement idéologique du P. C. chinois pour mieux mettre en valeur ce que nous affirmons actuellement.
ponsabilités du pouvoir et construction de ces pays, deront pas le contact avec
Il leur sera d'autre part resdans la reet ne perles. masses.
difficile de rester au pouvoir et d'ignorer les réactions des masses, au moins avant qu'une bureaucratie relativement aussi importante que celle de l'U. R. S. S. ne se forme dans ces pays et n'écrase toute opposition. Même dans ces cas, les frictions avec le Kremlin seraient inévitables.
b) Le Kremlin s'efforcera de remplacer les P. C. en tant qu'organismes mant soit peu autonomes, par des appareils directement maniés et contrôlés par lui.
LE STALINISME DANS
Tandis que le stalinisme décline dans les pays capitalistes de l'Europe, de l'Amérique et dans le glacis, dans les pays asiatiques il connaît un nouvel essor du surtout au retentissement de la victoire chinoise et à l'exploitation de la révolution coloniale encore montante dans cette partie du monde.
Cependant, dans quelle mesure pouvons-nous contondre les mouvements révolutionnaires des masses paysannes et ouvrières qui secouent le continent asiatique malgré qu'ils soient dirigés par les Partis communistes, avec une extension pure et simple du stalinisme, c'est-à-dire du contrôle de la bureaucratie soviétique ? La victoire de Mao-Tse-Tung, par exemple, est-elle simplement une vietoire stalinienne ?
En réalité ce qui compte dans la situation actuelle en Asie c'est que certains Partis communistes, ayant conquis la direction du mouvement anti-impérialisle des masses, se sont hissés grâce à l'appui de ces dernières au pouvoir, sans que l'Armée Rouge, ou l'aide soviétique intervienne comme dans le cas il glacis (6). La prise du pouvoir par les P. C. eux-mêmes dirigeants d'ur puissant mouvement révolutionnaire de masses, est un fait qui influera aussi bien sur l'évolution ultérieure de ces partis que sur leurs rapports avec le Kremlin.
Ces partis ont une base propre, conquise de haute lutte, sont enracinés dans les masses auxquelles ils ont apporté une première victoire contre l'impérialisme ; leur direction et leurs cadres, aguerris dans la lutte populaire armée, sont difficilement assimilables aux fonetionnaires staliniens ordinaires, aux bureaucrates fieffés qui dirigent les P. C. des pays capitalistes. Le cours qu'ils ont suivi leur fut. en partie au
(6) Sauf en Yougoslavie.
s'engageront davantage dans les res-
CATRIEME IN Jacon à Moscou et à Pékin. Tandis que
Kremlin mel constamment l'accent sur le rôle décisif joué par l'Union Soviétique el le « grand Staline » qui a "endu possible la victoire chinoise, LouShao-T'si, par exemple, president d'honneur de la contederation des syndicats chinois, dans le discours programmatique qu'il a prononcé à la Conférence les syndicats des pays d'Asie et d'Océanie, ne parle que de « la voie de Mao"Ise-lung » qui est celle que « doivent prendre les peuples des nombreux pays coloniaux et semi-coloniaux - dans la. atte pour conquérir leur indépendance nationale el la démocratie populaire » : I théorise ensuite cette voie en quatre postulats extraits de l'expérience chinoise, et ne mentionne pas une seule fois le nom de Staline.
Quant aux rapports qui sont en train de s'établir entre lU. R. S. S. et la Chine de Mao-Tse-Tung, une première indication est donnée par le récent traite sino-sovietique, conclu après deux mois de jeu serré à Moscou. Le Kremlin est obligé de traiter Mao-Tse-Tung en partenaire et non pas en satellite. Dans le cas même où des clauses secrétes du traité perpétueraient l'exploitation économique de la Chine par l'U. n. S. S., le conflit ouvert, que Moscou et Pékin ont voulu éviter dans le présent par des concessions réciproques. serait inévitable dans un prochain avenir. Pour cohabiter avec la Chine de MaoTse-Tung dans l'univers stalinien, Kremlin sera forcé d'ériger Pékin à la dignité d'un partenaire et d'un codirigeant du mouvement qu'il influence. Mais agir ainsi, être forcé d'agir ainsi, 'est déia ouvrir la voie à une différenciation du stalinisme, conçu jusqu'ici comme la domination monolithique et exclusive de la bureaucratie soviétigue sur tous les Partis communistes.
Ceux qui ont déjà parlé d'un « titisme » chinois possible ne se trompent pas quant aux conséquences, à longue échéance, d'une consolidation du régime de Mao-Tse-Tung. Cependant, le mécanisme du « titisme » chinois ne peut pas être le même qu'en Yougoslavie. Si les analogies avec ce dernier exemple sont frappantes et fondamentales, les différences ne sont pas moins essentielles. Comme en Yougoslavie, le Parti communiste, en Chine, est lié à un véritable mouvement révolutionnaire les masses par lequel il a été porté au pouvoir. C'est là le fait fondamental, a source la ous nrofonde du " fi. tisme » possible dans tous les cas analogues. Cependant, les forces sociales du mouvement yougoslave et du mouvement chinois sont différentes.
Le P. C. yougoslave a bénéficié beaucoup plus que le P. C. chinois de l'homogénéité du mouvement révolutiennaire qui l'a hissé au pouvoir. En Yougoslavie, le Parti comporte un solide noyau prolétarien autour duquel se groupe une masse d'origine paysanne
TERNATIONALE pauvre, ainsi que des intellectuels d'un niveau culturel général et marxiste assez avancé. Le mouvement qu'il a dirigé et sur lequel il se base a, proportionnellement, la même composition, tandis que les couches sociales fondamentales hostiles sont presque inexistantes.
En Chine, le noyau prolétarien dans le parti et le mouvement qu'il dirige. baigne dans une masse d'éléments paysans, petits-bourgeois et même bourgeois beaucoup plus vaste, hétérogène et flottante. D'autre part, le rapport de la population urbaine et de la population paysanne. ainsi que celui de l'industrie et de l'agriculture sont plus favorables en Yougoslavie qu'en Chine. En Yougoslavie la bourgeoisie est effeclivement détruite et le niveau culturel et économique du pays considérablement plus élevé qu'en Chine. En Chine, particulièrement dans le Sud, la bourgeoisie est encore, économiquement surtout, toute puissante et les possibilités de dominer économiquement par le secteur étatique l'immense secteur paysan encore soumis à des conditions d'exploitation capitaliste, sont encore extrémement faibles.
C'est-à-dire qu'il y a un dispositif de forces sociales différent et, par conséquent, doté aussi d'une dynamique ditférente, - en Yougoslavie et en Chine. On doit donc tenir compte de cela dans les perspectives de l'évolution en Chine.
Outre ce pays il y a,
Men Asie, autre pays qui doit retenir particulierement notre attention : c'est le VietNam, où le puissant mouvement révolutionnaire renferme les possibilités d'un développement autonome. Les commentaires n'ont pas manqué au sujet du geste récent de Ho-Chi-Minh qui a demandé sa reconnaissance à Tito, à l'insu de Moscou, poussé indirectement par les Chinois dont il dépend dans le présent.
Quant au Parti communiste japonais, qui a pris après la guerre un important développement, il serait bon que nous n'oubliions pas l'incident Nosaka et la façon dont il fut réglé. Pour la première fois un dirigeant stalinien attaqué officiellement par le Kominform, agence du Kremlin, soutenu ensuite par tout le Bureau politique de son parti, n'est pas exclu comme traître, mais, au contraire, conserve sa place dans l'organisme dirigeant (dont il reçoit de nouveau les télicitations) moyennant une " autocrilique » modérée et très habile dans ses termes (8).
A une étape ultérieure, ce compromis pourri entre le Kremlin et le P. C. japonais pourra laisser la place à une crise plus grave.
(8) C'est, au contraire, K. Nakanishi, auteur présumé de l'article paru dans l'organe du Kominform attaquant Nosaka et qui a pris immédiatement dans le P. C. jeponais la défense du Kominform, qui fut exeu comme provocateur.
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VUE D'ENSEMBLE
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ET CONCLUSIONS à la suite de la guerre et de ses conséquences. relativement des masses, 1938-1940, en Europe guerre et sur une p et de l'Asi
Le stalinisme, de système clos, deserté par les granqu'il était dans les années connut à travers sa liaison , est sorte vietorieuse de la i étendu son contrôle effectif artie considérable de l'Europe e. De qui a permis à plusieurs partis communistes d'accéder au pouvoir.
Toules ces transformations, sur une échelle gigantesque par rapport à la situation d'avant - guerre, introduites dans le système stalinien provoquent des résultats qui ne vont pas seulement dans le sens d'un renforcement pur et simple du stalinisme, c'est-à-dire du contrôle de la bureaucratie soviétique sur le mouvement ouvrier. Ce contrôle direct et absolu est en réalité beaucoup plus facile à élablir dans une situation de recul et de démoralisation du mouvement ouvrier, que dans une période de montée du mouvement. D'autre part. dans la mesure ou les Partis communistes acquièrent une puissance propre soit en dirigeant un large mouvement révolutionnaire de masses, soit en exerçant le pouvoir dans un pays, soit dans le cas fréquent d'une jonction de ces deux conditions, ces reaucratiques qu'ils direction, subissent la ses et se trouvent lin et la tendance à jeu. Céder à cette c'est déjà esquisser 'affranchissement Moscou, avec toutes que cela comporte.
partıs, aussi busoient dans leur pression des masdésormais placés jouer leur propre dernière tendance.
un mouvement e la tutelle de les conséquences
Pour la première fois depuis que le stalinisme s'est imposé dans le mouve. ment ouvrier, nous assistons et nous assisterons à la libération de tendances centrifuges, e: même à des ruptures de tout un parti avec le Kremlin (cas Yougoslave), qui résultent en quelque sorte de la croissance organique des Partis communistes, de leur liaison effective avec le mouvement révolutionnaire des masses et de la conquête du pouvoir, particulièremen: de la conquête du pouvoir par eux-mêmes.
Cette conclusion a une importance considérable, à notre avis, pour la compréhension du stalinisme en général, de sa crise, de ses perspectives. Elle est basée sur l'analyse de la nature du stalinisme donnée par b. Trotsky et notre mouvement international, et s'oppose par exemple diamétralement à toutes les théories qui veulent le considérer comme un courant à la fois anti-bourgeois et anti-prolétarien existant dans
Dans les monde capitaliste vivait da libre relatit, renforcé par successives du prolétariat stalinisme avait également certain équilibre, En U. R.
le ns un équiles défaites mondial. Le atteint S. S. même la bureaucratie avait réussi, à travers les procès de Moscou et les épurations, à se débarrasser de tout élément conselent selent d'opposition, et, au sein meme de la bureaucratie, la fraction thermidorienne s'était renforcée. A l'extérieur. le mouvement influencé par la bureaucratie soviétique, les différents Partis communistes, vivotaient dans la médiocrité après avoir essuyé défaites sur défaites. L'Eglise stalinienne, purgée des hérétiques, montait scrupuleusement la garde autour du statu quo, mais ss paix intérieure restait troublée par la crainte de la guerre qu'elle savail inévitable.
La guerre venue, l'équilibre fut rompu sur tous les plans et le monde est aujourd'hui entré dans la plus grande tourmente de l'histoire. Le stalinisme se trouve placé dans de nouvelles conditions, qu'il s'agit d'analyser plus correctement.
Quand nous parlions du stalinisme dans le passé, nous entendions le système mondial des Partis communistes groupés dans la III° Internationale, dirigé et contrôlé par la bureaucratie soviétique alin qu'il serve les intérêts propres de cette dernière, en particulier est paq angere. intérêts de sa politique étrangère. L'unité du système stalinien n'était pas le résultat d'une unité idéologique, d'une communauté de vues et de programme librement acceptée par chaque élément constitulit du système, mais plutôt le résultat d'une subordination, d'une dépendance bureaucratique des directions nationales à l'égard de la direction du Parti communiste russe, maître du Kremlin, maitre de l'U. R. S. S.
Ceci a été possible parce que la force principale des Partis communistes parmi les masses provenait de leur investiture de Moscou, considérée par ces masses comme le représentant incontesté de la Révolution d'Octobre, de la III° Internationale de Lénine, et de l'U. R. S. S., premier pays du socialisme. Aucun Parti communiste ne pouvait prétendre à une force propre, et son excommunication par Moscou équivalait à sa disparition en tant que parti de masses.
Pour dépasser cette étape il fallait que s'écoule un laps de temps relativement long d'expérience concrète du stalinisme ; il fallait aussi que le changement des conditions objectives ouvre une nouvelle période d'essor du mouvement révolutionnaire, surmontant le conservatisme et la démoralisation des masses qui lavorisent l'immobilisme bureaucratique dans le mouvement ouvrier.
Cette période est ouverte maintenant 16 avec le mouvement de résistance en Europe et le mouvement anti-impérialiste aux colonies, un essor impétueux. L'U. R. S. S. profitant de la division du camp impérialiste et de l'extrême affaiblissement des classes possédantes entre deux pôles d'attraction : le Kremannées d'avant-guerre avec le mouvement de résistance en Europe et le mouvement anti-impérialiste aux colonies, un essor impétueux. L'U. R. S. S. profitant de la camp impérialiste et de l'extrême affaiblissement des classes possédantes entre deux pôles d'attraction : le Krem-
N le mouvement ouvrier mais sans faire partie de celui-ci (9).
Une telle conception du stalinisme a le défaut capital de confondre le contrôle que la bureaucratie soviétique exerce sur l'avant-garde révolutionnaire des autres pays, avec cette avant-garde elle-même, et d'élaborer une théorie eminemment pessimiste et réactionnaire de la toute-puissance de la bureaucratie et du rôle effacé des masses dans le devenir historique. En effet, si les Partis communistes ne devraient etre jugés - comme Shachtman le veut — que par ce que valent leur programme et leur direction, imposées par Moscou, si leur base et le mouvement de masses dans lesquels ils baignent ne comptaient pas ; si cette base prolétarienne et ce mouvement révolutionnaire de masses n'étaient pas capables, dans certalnes conditions, de provoquer une différenciation et même des tendances à une action autonome dans ces partis communistes, alors l'attitude envers ces derniers devrait être toute différente de celle que notre mouvement observe à leur égard, savoir : lutter coude à coude avec leur base dans toute action anti-impérialiste el anti-capitaliste: suivre avec atlention et compréhension leur évolution intérieure ; favoriser toute tendance à l'affranchissement de la tutelle de Moscou ; ne pas confondre les victoires qu'ils peuvent remporter par eux-mêmes dans la lutte pour le pouvoir, aveo une victoire pure et simple de la bureaucratie soviétique.
Notre mouvement base ses perspectives révolutionnaires sur la conception suivante : Que la dynamique du mouvement révolutionnaire des masses, elle-même conditionnée en dernière analyse par l'évolution de la situation objective, s'avère plus puissante que tout appareil bureaucratique, et qu'il suffit qu'elle atteigne un certain niveau pour
(9) C'est Max Shachtman en particulier qui développe cette conception dans l'article intitulé • Une alle gauche du mouvement ouvrier ? », paru dans New International de septembre 1949.
TERNATIONALE rompre les barrages que ce dernier dresse devant le libre développement de Ia conscience de masses et de la révolution.
Nous avons voulu démontrer dans cet article que cette conception se vérifle actuellement aussi bien dans le cas de la crise du stalinisme dans le glacis en particuner, que dans le cas de la situation qui se crée en Chine et certains pays asiatiques secoués par la puissante lutte anti-impérialiste des masses coloniales. Par conséquent, l'expansion du stalinisme ne signifie pas simplement expansion du contrôle de la bureaucratie soviétique sur le mouvement ouvrier mondial : en effet, cette expansion est en réalité dialectique et elle introduil dans l'univers stalinien des forces centrifuges, de nouveaux ferments ; elle crée des situations nouvelles qui agissent et agiront dans le sens d'une aggravation de la crise générale du stalinisme, d'une dislocation du système, en commençant par sa périphérie.
Il est naturellement extrêmement important pour une compréhension plus approfondie de la situation actuelle du stalinisme et de son évolution, de connaître les reclassements opérés au sein même de la bureaucratie soviétique depuis la guerre, le rapport de forces entre ses différentes couches, leurs tendances et la dynamique de ces tendances. Cette étude reste à faire et doit se faire.
Il nous parait cependant que dans un proche avenir la desagrégation du stalinisme épousera fondamentalement la ligne générale d'une désagrégation par la périphérie avant qu'elle ne gagne profondément le centre même, et qu'il y a toute chance dans les années à venir pour que nous assistions à un processus tel que le prévoyait déjà le Programme transitoire de notre mouvement international : ... « la désagré" gation du Komintern qul n'a pas « d'appui direct dans le Guépéou, pré« cédera (probablement) la chute de « la clique bonapartiste et de toute la. « bureaucratie thermidorienne en général