ES coups de revolver tirés le 14 juilL let 1948 par l'obseur éludiant sici-
Alien Pellante sur le leader stalinien Togliatti déclenchèrent le mouvement le plus ample du proletariat lalen depuis linsurrection de 1940. Les coups de fusil des gendarmes de Scelba qui, le 29 novembre 1949, aba/tirent deux ouvriers agricoles dans les Pouilles, ne déclenchèrent qu'une grève générale sur commande, qui échoua aux deux tiers. Entre ces deux moments se place toute lévolution du mouvement ouvrier italien durant les derniers 18 mois.
La grève générale du 14 juillet 1948 fut une décharge soudaine de tout le mécontentement accumulé durant les mois précédents. L'enthousissme éveillé par le début de la campagne électorale du « Front Démocratique Populaire » et gaspillé par le crétinisme parlementaire et la phraséologie petite-bourgeoise de ses dirigeants, se manifesta a nsi malLa la de aile électorale ab 1s evsil. gré la défale électorale du 18 avril aux élections du 18 avril ne s'étai' pas encore traduite en une défaite du prolétariat dans l'action. Le mouvement synd'cal était encore unifié. La police motorisée se trouva't encore sur la défensive. Le pitronat hésitait encore à heurter de fron! les ouvriers des grands étahlissements industriels. Avec la grève générale du 14 juillet, le prolétariat fit effort magnifique pour reprendre l'initiative dans la lutte de classes. S'il échoua, ce n'élait pas faute d'élan ou de courage de sa part. Au contrire, pendant 24 heures le pouvoir bourgeois fut éhranlé dans maints grands centres de la péninsule. La capitulation cynique des chefs staliniens devant le pouvoir bour-
Il est hautement significatif que, dans ses conditions de batailles d'arrièregarde menées en rangs d'spersés par le geois poignarda dans le dos l'assaut des travailleurs et provoqua en même temps une vague inévitable de découragement et de démoral sation parmi les ouvriers avancés qui se sentirent trahis par leurs propres dirigeants.
La grève générale du 1er décembre 1949 arriva après une période prolongée de défai es ouvrières et de succès de la bourgeoisie dans leclion. Le mouvement syndica., une premiere tois seinde par la constitution de syndicats chretiens (L. C. G. I. D. Contedération Générale Italenne du travail bibre en 1948, le fut une seconde fois en 1949 par la creation de syndicats « sociauxdémocrates » (F. I L. Fédération du Travail Italienne). Le patronat déclencha une offensive de grande envergure en licenciant des milliers d'ouvriers des entrepr.ses. Dans les bureaux el les banques, il établit un régime d'intimidation contre tous les éléments combaltits ou simplement syndiqués à la C. G. I. L. (C. G. T. italienne). Une série de mouvements corporatifs suivis par l'ensemble des trava leurs avec un acharnement remarquable (grève des ouvriers agricoles qui dura 6 semaines à partir de juin 1949 ; grève des employes de banque en septembre 1949) se termina par des défai es complètes. Ces succès accentuèrent le courage el l'audace des représentants de l'Elat bourgeois, qui commencèrent à lancer systemauquement les gendarmes contre des manifestations pacifiques, inaugurant une nouvelle série sanglante d'ouvriers massacrés, comme au temps si célèbre de la « démocratie » prémussolinienne. liers ou propriétaires-nains au revenu annuel moyen de 150 dollars, celte masse misérable travaille en moyenne une centaine de jours par an, loge dans d'infâmes taudis et voil ses enfants en permanence sous-alimentés en face des immenses terres en friche des grands propriétaires fonciers. Résullat de cette situation : périodiquement se déclenchent des révoltes locales pour la conquête de la terre. Depuis la chute du fascisme, ces phénomènes ont été canalisés par la conslitution des coopératives paysannes qui ont le droit de demander prolétariat industriel agricoles de l'Italie venus à la rescousse.
venus à la rescousse.
marqué durant les les travailleurs méridionale soient
Leurs actions ont eux derniers mois le début d'une sérieuse reprise du mouvement ouvrier dans toute la péninsule. Ces actions ne s'expliquent pas par un degré de conscience part culièrement prononcé des masses méridionales, mais par une misère indicible qui rend insupportable la vie de tous les jours. Journa-
LE PROLETARIAT MERIDIONAL A LA RESCOUSSE
LE PROLETARIAT MERIDIONAL A LA RESCOUSSE
I l'assignation des terres en friche. Bien que ces assignations doivent être prononcées par les tribunaux et que, dans
NTERNATIONALE nie et aux environs de Rome, n'avait plus l'élan du mouvement initial. Le plus souvent, l'organisalion syndicale se contenta d'une occupation « symbolique ». Le terrain « occupé » n'était pas labouré. Dans de nombreux endroits, notamment en Sardaigne, les préfets réussirent a empêcher les occupations en promettant aux paysans d'accélérer les assignations de terre par voie légale. Il faut préciser qu'une des rares concessions faites par
Souvernement aux paysans, c'est transfert de l'autorité assignante aux préfets, jugés plus « libéraux »...
Pourtant, au cours de cette seconde étape des occupations des terres, se produisirent les violents incidents de Torremaggiorre, dans les Pouilles, qui firent déclencher la grève générale du 1er décembre. Quaire semaines auparavant, dans la province de Crotone, en Calabre, s'étaient produits d'autres incidents sanglants a Melissa, qui avaient coûté de la brutalite des forces dar saine tien de l'ordre ». A Torremaggiore, le gouvernement De Gasperi indiqua clairement une tois de plus « lordre » quil detena, celu qui interdit les réunions syndicales et fait tirer les gendarmes sur une foule désarmée réunie pour écouter les rapports sur les pourparlers entre syndicats et autorité publique. Et, illustration lamentable de la situation des bracolanti : l'agitation qui conduisit aux incidents el à l'assassinal du 29 novembre ne fut même pas déclenchée pour une amélioration du Sort des travailleurs. Elle avait uniquement pour but de faire respecter la loi de « imposition de main-d œuvre », qui oblige les propriétaires fonciers à employer un nombre d'ouvriers proportionnel à l'étendue de leurs domaines.
C'est donc pour le sérable salaire de que les bracoianti nifesté. Et restant maintien de leur mi-
5.000 frs par mois des Pouilles ont madans la tradition de la canaille cléricale italienne, le gouvernement leur a donné du plomb et de la mitraille... des pays capitalistes avancés. Vivant et se développant uniquement grâce aux commandes et aux crédits d'Etat, l'industrie, depuis la « Iberation » traverse une crise d'autant plus grave que les travailleurs avaient réussi à imposer un blocage des licenciements. Dès que les rapports de forces se trouvèrent transformés (1) et que le patronat se sentit suffisamment fort en face d'une classe ouvrière divisée, il commença à rompre partout les accords sur le blocage des
(1) Là où cette transformation ne s'est pas produite, les travailleurs continuent à obtenir des avantages sérieux. Ainsi aux usines Ansaldo, à Gênes, où ils viennent de conquérir la semaine de travail de 24 heures qui est payée au prix de 40 heures.
l'Italie méridionale
Halie septentrionale, claire est intimement locaux, les premiers plus encore qu'en le pouvoir judilié aux possédants mois qui suivirent la « libération » furent marqués par un certain épanouissement de ces coopératives, le gouvernement ayant cherché à légaliser de cette façon les occupațions de terre qui s'étaient produites pendant la période trouble. Des que le pouvoir central se trouva renforcé et l'appareil « Etat reconstruit, ces cooperatives, isolées au milieu d'une économie dirigee par leurs ennemis et manquant de crédits, de machines et de forces qualifiées, commencèrent à péricliter.
Il y a deux mois un nouveau mouvement d'occupation des terres se déclencha, moins spontané que celui de l'après-guerre, plus préparé et stimulé par la Confederterra (syndicat des ouvriers agricoles à direction slalinienne). Le mouvement partit de la Sicile et de la Calabre, deux régions dans lesquelles les « lanlundia » en friche connaissent la plus grande extension. Les occupations de terre furent réelles ; les paysans immédiatement ensemencèrent les terrains occupés. Aussi le gouvernement, qui lie une compréhension tactique supérieure à une utilisation judicieuse de la force armée, décida-t-il de taire quelques concessions inévitables. De Gasperi, president du Gonsell, it un voyage dans la region de Sila, une des provinces les plus arriérées, embrassa l'inévitable petit garçonnet, prononça l'inévit. ble discours « progressif » et légalisa l'assignation aux coopératives paysannes de quelques 30.000 ha, tandis que les 8.000 grands propriétaires fonciers possèdent 3,8 millions de ha, soit 25 % de toutes les terres cultivables italiennes partagées entre 8 millions d'entreprises agricoles. A la suite de cette intervention gouvernementale, la seconde elape des occupations de terre qui se produisit dans la Lucanie, les Pouilles, la Campa-
La volonté de défendre la vie même de leurs femmes et de leurs enfants a permis aux ouvriers agricoles de l'Italie méridionale de reprendre la lutte à un moment où la combativité de la classe ouvrière semblait à un point mort. De même l'altaque brutale du grand patronat contre le prolétariat industriel sous forme de licenciements massifs et de lock-out multipliés, semble être, pour la période à venir, le signal d'une sérieuse reprise de combaltivité des travailleurs de l'Italie septentrionale et centrale.
L'industrie italienne est en situation de déticit permanent. Le retard technologique et l'absence de marché intérieur suffisant rendent la grande industrie italienne incapable de concurrencer. sur les marchés mondiaux l'industrie lourde 24
LES LICENCIEMENTS DU GRAND PATRONAT
LES LICENCIEMENTS DU GRAND PATRONAT
QUATRIEME ucenciements et, par milliers, les travailleurs furent jetés sur la rue. Dans la seule région milanaise, la CAPRONI ou travaillent 6.000 ouvriers, et la SAFAR, furent fermées ; à l'ISOTTA FRASCHINI 5.000 ouvriers sur 10.000 furent licencrés.
Dans les conditions de chômage généralisé (au moins 2,5 millions de chômeurs complets et plusieurs centaines de milliers de chômeurs partiels nonenregistrés), être licencié d'une grande entreprise signine pratiquement perdre toute possibililé de travail pour de longs mois. C'est pourquoi les ouvriers n'acceptent pas ces décisions patronales sans tenter une résistance désespérée à ces • De quelle façon la bourgeoisie et l'Etat bourgeois réagissent-ils à ces ocsupations d'usine qui sont une menace directe à la propriété privée des moyens de production ? Il est à peine étonnant que celte réaction soit calme et tende à permettre aux ouvriers de « faire leur propre expérience », exactement comme lors du mouvement d'occupation des usines à Turin en septembre 1920. Le patronat se contente de protester, de refuser le paiement des salaires et, au cas où les ouvriers continuent la producion, de couper au bout de quelques jours d'expérience le courant electrique. Cela lui suffit. Qu'a-t-il besoin de faire intervenir la force publique ou de faire évacuer les locaux par la violence ? Il comprend très bien qu'abandonnés à eux-mêmes, les travailleurs qui occupent les entreprises se trouvent dans une impasse d'où ils sortiront tôt ou tard pleinement démoralisés et sans confiance aucune dans leurs organisations syndicales...
Or, la tactique adoptée par les staliniens satisfait pleinement les préoccupations patronales. Pendant de longs mois, la direction stalinienne de la CGIL s'était opposée systématiquement à toute occupation prolongée des usines, se conteniant d'occupalions « symboliques » de 24 heures. Sous la pression des ouvriers touchés par les licenciements et prêts à vendre chèrement leur peau, les cheis staliniens furent obligés d'opérer un repli stratégique. Aujourd'hui ils sanctionnent et favorisent même discrètement tes mouvements d'occupation, mais s'efforcent de les limiter et de les circonserire attentivement à un seul établissement. Les ouvriers occupants se mettent d'abord à réparer les machines et à nettoyer les locaux, puis commencent à grand peine la production. Les dirigeants syndicaux organisent entre temps la solidarilé financière dans la région et dans le meilleur des cas arrivent à mettre sur pied une cantine gratuite pour les travailleurs. Puis, une, deux, trois semaines passent et quand les patrons refusent de payer les travailleurs, les maigres réserves de ceux-ci sont épni-
TERNATIONAL verdicts de misère. Les occupations des usines fermées par le patronat se sont généralisées. Trois cas caractéristiques se sont produits fin novembre : aux établissemenls Breda à Venise, aux établissements OMI à Rome, aux élablissements Fonderie Liguri à Gênes. Le premier suivit une menace de licenciements et une demande d'inspection par les travailleurs des livres de compte patronaux. Le second suivit le non-payement des salaires, mesure de lock-out voilé utilisée couramment par le patronal. Le troisième est une réponse à la fois à des licenciements et au démantelement de l'usine par une société privée en liquidation. sées et leurs familles se trouvent littéralement sans le sou. Ils ne peuvent vendre les produits qu'ils ont eux-mêmes manufacturés ; la tactique stalinienne n'admet pas cette transgression de la loi bourgeoise. Il ne leur reste donc rien d'autre à faire que rentrer battus, avec d'amères pensées à l'adresse de leurs « dirigeants ».
Il est évident que cette tactique de mouvements isolés n'offre aucune perspective concrète aux ouvriers menacés de licenciement et risque de discréditer aux yeux des travailleurs aussi bien la grève que l'occupation des usines. La « guerre d'usure » que les chefs staliniens, dans leur compréhension tactique remarquable, ont choisie précisément au moment où l'intérêt économique du patronat exige l'arrêt momentané de la production, ne peut jouer qu'en faveur de la bourgeoisie. Celle-ci ne peut être contrainte de reculer que devant une attaque d'ensemble sur tout le front. Des mouvements partiels pour des objectifs très limités ont une importance décisive dans la mesure où ils permettent à la classe ouvrière de reconstituer son unité de front, dans la mesure où ils lui permettent de reprendre confiance dans ses forces. Mais pour remplir cette foncion, ces mouvements isoles et amites doivent etre vic.orieux. Or les chefs staliniens organisen! d'abord des mouvements limités condamnés par avance à l'échec, et les font ensuite culminer périodiquement dans des « grèves générales de démonstration ». comme celle du 1er décembre, condamnées à un échec encore plus retentissant. Combinant ainsi des erreurs opportunistes à un aventurisme échevelé, la direction stalinienne continue à faire tout son possible pour gaspiller et détruire le potentiel de combattivité du prolétariat italien, qui est en train de se renouveler après 18 mois de défaites.
Isolée dans une us'ne et réduite à la simple solidarité financière, l'occupation d'une usine est vouée à un échec certain si la direction n'est pas prête à aller jusqu'au bout. Pour pouvoir aller jusqu'au bout, elle doit agir selon un plan, -- ce lerme étant entendu dans
L'ART DE LA GREVE GENERALE
L'ART DE LA GREVE GENERALE
E son sens bolehevik et non dans le sens du projet lamentable appelé « plan de la GIl », acceptable par la bourgeoisie ei même par le vieux politicien réactionnaire Nitti. Agir selon un plan signifie : choisir une entreprise-clef menacée de lock-out et dont les matières premières sont de préférence produites en Italie même ; organiser dès son occupalion une agitation nationale autour de ce cas (il est caractérislique que toutes les agitations sur les occupations d'usine furent limitées par les dirigeants staliniens au plan régional) ; passer à la production et à la vente des produits fabriqués si le patronat refuse de payer les salaires ; organiser celle vente par les coopéralives ouvrières et paysannes, selon les besoins de la population ; illustrer grâce à des cas-exemples que la crise de l'industrie italienne est une crise de l'industrie capitaliste travaillant pour le marché, et que les besoins de la population exigent non pas la fermeture d'entreprises mais au contraire un essor formidable de la production ; organser un mouvement de solidarité tionale envers les ouvriers de l'usine occupée en passant si nécessaire à la confiscation des matières premières par les ouvriers ou mineurs qui les extraient de la terre, et au transport gratuit des produis tinis par les cheminols. C'esta-dire placer le patronat devant le fait accompli de la solidarité agissance et active de toute la classe ouvrière s'o- rientant à travers une série de succès rapides vers la grève générale pour la réalisalion d'un programme clair et pré-
LA CRISE DU
Organiser la résistance prolétarienne aux licenciements patronaux : préparer el déclencher la contre-offensive Patens des conditions de vie entin supgaranir à tous les travailleurs portable — ce qui est impossible sans prendre d'assaut quelques-unes des principales citadelles du capilal — ce sont des taches que • la direclion actuelle inféodée aux intérêts de la bureaucratie du Kremlin, ne veut ni ne peut atleindre. Il faut créer une nouvelle direction révolutionnaire dont les premiers élémens se sont formés dans le creuset des expériences négatives des dernieres années. sa formation peut être considérablement accélérée si l'avant-garde révolutionnaire réussit a regrouper et à organiser les militants d'avani-garde qui, sur la base de leur propre expérience, dans les principales régions d'Italie ont déja rompu ou sont Sur le point de rompre avec le P. C. italien.
La crise de celui-ci n'en est encore qu'à une étape initiale. Le C. C. de décembre a indiqué qu'une épuration prochaine deharrassera le parti de nombreux éléments « dévialionnistes ». Il est difficile de prédire l'ampleur et la signification réelle que prendront les étapes prochaines de la crise. Mais cer26 cis dont le premier point doit être : réouverture de toutes les usines fermées et leur remise en marche aux frais de Etat, sous con rôle ouvrier. Ce n'est pas aux ouvriers d'une usine en faillite de supporter le poids de la banqueroute capitaliste, L'argent pour renflouer ces industries doit être pris là où il se trouve : dans les coffres-forts des banques et du grand capital !
Et partant de là, c'est tout le programme de la révoition socialiste qui peut être expliqué simplement et concrètement aux masses à l'aide de revendicalions transitoires regroupées sous forme d'un plan ouvrier et paysan, à réaliser par un gouvernement ouvrier et paysan.
Une telle stratégie évitant à la fois les batailles sans espoir et en ordre dispersé aurait encore ce grand avantage d'éduquer les ouvriers sur la signification de leur lutle. Une défaite" qui se resente comme une elape vers la réasalion d'un objectif capable de résoudre les problèmes les plus brûlants de la classe peut servir de coup de fouet pour la combaltivité des masses. Une défaite qui paraît inutile et n'ouvre aucune perspective est par avance une cause de démoralisation accentuée. C'est pourquoi la tactique criminelle suivie par la direction stalinienne est non seulement responsable des défaites résultant des rapports de forces défavorables à la classe ouvrière, mis encore de la démoralisation provoquée par leur politique insensée. P. C. ITALIEN taines caraclér stiques générales peuvent être avancées dès maintenant. Précisons tout d'abord que la crise actuelle du P. C. a un ciractère contradicloire parce qu'elle se présente à un moment où le PC est engagé, du moins verbalement, dans une politique " gauchiste ». Alors que des militanis d'avantgarde se délachent sur sa gauche parce qu'ils ont compris que sa politique est contraire aux intérêts ouvriers - et. cela explique autant les erreurs opportunistes que les erreurs aventuristes - le PC italien perd sur sa droite une partie considérable de ceux qui l'avaient rejoint sur la base de sa politique « d'unité nationale » et qui condamnent sa phraseologie de classe comme « ant-democratique ». Ce phénomène est surinut important dans les milieux intellectuels et catholiques. N'oublions pas qu'il existe en Itale de nombreux militants du PC profondément atlachés à la religion catholique qui ont élé durement frappés par l'excommunication papale (mesure appliquée d'ailleurs avec beaucoup de circonspection). Il suffit de mentionner que le maire communiste de Turin, le plus imnorlant centre industriel et prolétarien d'Ilalie, a marié un de ses enfants à l'Eglise, envoyé un autre enfant à une école re
UAT RIE ME ligieuse, et organise aux frais de la muricipalité des conférences culturelles tenues par des ministres catholiques du cabinet De Gasperi ! L'opposition de ces milieux-là, qui pèse lourdement sur le paru, ne doit pas etre contondue avec lopposition qui exprime, lut-ce contusément, la révolte de la conscience de dlasse à l'acrobatie de la tactique sta#nienne.
Il faut préciser aussi que la question * yougoslave a semé. la confusion dans les rangs communistes italiens. Pendant la période de politique d'« unité nationale », le PC italien fit des contorsions particulièrement déplaisantes pour mettre son agitation ultra-chauvine en harmonie avec l'appui sans réserves (qu'il donna du moins publiquement) à la politique « anti-italienne des Yougoslaves en Istrie et à Trieste. Les diri geants du parti ne se sentirent vraiment à l'aise qu'au moment où la ruplure du Kominform avec Tito leur permit de prendre place dans le chœur de l'agitation chauvine anti-litiste, entonnée depuis longtemps par toute l'opinion publique « officielle » italienne. Mais de nombreux militants qui avaient dû la veille « nager contre le courant » sur celle question parliculière, ne purent faire un lournant aussi brusque et restèrent profondement déconcertés. De nombreux cadres staliniens s'étaient également baltus en tant que parlisans côte à côte avec les partisans yougoslaves duran! la guerre. L'organe central du PC, Unita, leur explique aujourd'hui que la lutte des partisans en Slovénie élait en réalité orginisée par la Gestapo, aussi sont-ils lents à accepter cette floraison nouvelle de la sagesse stalinienne. Un certain nombre d'entre eux se sont même
Contrairement à ce qui s'est passé dans la plupart des pays d'Europe ucitalien n'a la edit sous a dune fomene e dentale, la crise grave du slalinisme un renforcement, même numérique ou élecloral, de la social-démocratie. Au contr ire, au moment même ou la crise du stalinisme commence à écla'er publiquement, la social-démocra le italienne traverse elle-même une crise d'une gravité parliculière qui se manifeste par l'existence de trois partis socialistes. Et nous ne sommes pas encore au bout du calvaire du socialisme italien...
Cette crise de la socialdémocratie italienne se combinant à celle du stalinisme est l'expression d'une évolution fondamentalement saine du mouvement ouvrier italien. La combativité de la ouvrière, l'accentuation des contradictions de classe, le désr de clarification idéologique de la part de la Jeunesse ouvrière miliante, tous ces facleurs rendent impossible un retour en arrière des couches les plus avancées qui, en prenant conscienee de la
TERNATIONALE opposés ouvertement à la ligne anti-tltiste de la direction, et ont accepté d'organiser des voyages en Yougoslavie. D'où leur exclusion pour « trahison politique et liaison avec des éléments provocateurs trotskystes et titistes », formule qu'on retrouve dans presque chaque numéro des principaux organes fédéraux du PC italien.
Enfin, il faut signaler un troisième phénomène caractéristique de la crise du PC : un certain nombre de vieux militants, souvent des fondateurs du mouvement, commencent à se délacher du parti sur la base d'une expérience personnelle, régionalement ou corporativement limitée, après une série dincidents particuliers qui font deborder la coupe Deux cas caractéristiques sont celui d'Avico, secrétaire général du syndical national des ouvriers du pelrole, et de Morelli, ex-maire de limporlant centre mélallurgiste de Terni. Les cas de corruplion personnelle et de petites intrigues malodorantes que ces cadres ont remarqués dans leurs contacis avec les dirigeants nationaux, ont été décisifs pour déterminer leur rupture avec le PC. Ce phénomène se produit en Italie avec un grand relard par comparaison avec la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne ou les Elats-Unis. Par suite de la vicloire du fascisme en 1922, l'évolution idéologique de nombreux cadres communistes italiens avait élé arrêtée pour 21 ans. Aussi aujourd'hui on Irouve parmi les opposilionnels, à côté de jeunes mililanis qui nut fait une expérience récente du stalinisme, des fondateurs même du parti dant l'expérience du stalinisme dans le mouvement de masse n'est également pas antérieure à 1944. trahison du stalinisme ou du réformisme, cherchent une nouvelle voie de regroupement sans renrer dns un des deux mouvements de mystification de la classe.
La crise de la social-démocrate italienne éclata la première fois en janvier 1947, quand le parti unif'é se scinda en deux tronçons. La scission se fit malheureusement non suivant une ligne de démarcation idéologique claire (tendances marxis'es révolutionnaires contre tendances réformistes et collaborat onnistes), mais « pour ou contre l'uni'é l'action sans réserves avec le PC ». Le nouveau parti social-démocrate issu de cette scission le Poul, regroupa a la tois une parue de la aroite reformiste traditionnelle (Saragat, Daragona, Simenini), et une parie de l'extrêmegauche centriste (M. Malleoti, Z gari, Jeunesses Socialistes). Moins d'un . an après sa fondation, ce nouveau parti se trouva devant une crise grave quand ses chefs, contre les engagements solennels qu'ils avaient pris. entrèrent dans le gouvernement De Gasperi. La
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LA CRISE DU SOCIALISME ITALIEN
LA CRISE DU SOCIALISME ITALIEN
INTERNATIONAD plupart des élémenis centristes capitulerent devant cet abus de confiance flagrant de la droite réformiste ; seuls les cadres de la Jeunesse socialiste rompirent avec le PSLI à son Congrès de
Naples en janvier 1948. Mais la droite ayant perdu tout contact avec la classe ouvrière suivit toujours avec plus de logique sa voie purement pelite-bourgeoise. Elle accepta avec enthousiasme le plan Marshall et le pacte Atlantique. Elle organisa la scission syndicale. Elle se prononça pour un « bloc » électoral avec des parus purement bourgeois comme le Parti Républicain (2). La tendance « centre gauche », éternellement balancée entre ses velléités oppositionnelles et sa peur des « responsabilités du pouvoir » dans le expression de son incapacité à formuler concrètement une politique opposée à celle de la droite réformiste, chercha alors son salut dans l'« unification socialiste », c'est-à-dire chercha des alliés hors du part.
Elle les trouva dans d'autres groupes qui s'étaient séparés du PS après scission de janvier 1947, à savoir le groupe de Silone (Union des Socialistes.) sans plate-forme politique précise, mais caractérisé par une certaine renommée d'« honnêteté politique » honnêtelé (marchandise dont la rareté a fait monler, le prix) ; et la tendance réformiste dirigée par un vieux renard politicien et affairisle, Romita, qui cette année se sépara du PSI. Le haut patronage du Comisco avait prévu une « véritable » unification social-démocrate englobant tout le PSLI + Silone + Romita, A la dernière minute, la droite du PSLI n'ayant pas obtenu les garanties suffisantes qu'elle contrôlerait parti " unifié » de la même façon qu'elle contrôle actuellement son propre parti (par une « démocratie » qui mobilise pour le Congrès les voix de milliers de « membres » exislant seulement sur le papier) se retira de la combinaison. « L'unification socialiste » a donc simplement été une nouvelle scission, le centre et la gauche du PSLI rejoignant les groupes de Silone et de Romita pour former au Congrès de Florence de décembre 1949 le Parti Socialiste Unifié (3).
Les discours, déclarations de prinei-
(2) Au Congrès de Naples, Saragat justifia la collaboration gouvernementale par la nécessité de contrôler (!) l'action gouvernementale de la démocratic chrétienne. Au Congrès de Milan, en janvier 1949, il expliqua déjà que cette collaboration s'imposait pes et autres manifestations qui définissent le nouveau parti indiquent clairement qu'il n'entend en réalité se différencier en rien du PSLI. Il n'est pas contre la collaboration gouvernementale avec la bourgeoisie, il est seulement en faveur d'une collaboration dans de meilleures conditions (c'est-à-dire qu'il exigera au moins cinq maroquins lieu des trois maigres dont Saragat se contenta). Il n'est pas contre le pacte
Atlantique, il est seulement pour sa transformation (sic) en un « pacte de paix ». Il n'est pas pour la scission syndicale, il explique seulement qu'il faut l'accepter comme un fait... Il est clair que dans ces conditions il n'existe aucun obstacle majeur à une fusion ultérieure entre le PSU et le PSLI, à condition que le parti ainsi ainsi « unifié » suive une politique nettement saragatienne. Les malheureux chevaliers erranls centristes qui se sentent maintenant aussi dépaysés dans la maison de Silone qu'hier dans celle de Saragat, espèrent ardemment retrouver un climat plus familier dans une maison Saragat, Silone et Co. Détrompons-les. Après une éventuelle fusion, seule une scission leur ouvrira des perspectives nouvelles.
L'autre troncon de la social-démoratie ilalienne. le PSl. n'a pas connu des péripéties moins compliquées et déroutanles que celles du PSLI. Il y avait en son sein quatre tendances : une tendance pro-stalinienne dirigée par l'infâme petit agent kominformiste qu'est Pietro Nenni ; une tendance dite de « gauche » dirigée par Lelio Basso, appelé « le petit Lénine d'Italie » Lien que di seule ressemblance entre (bien que la ressemblance entre
Vladimir Illitch consiste dns une petite barbiche) qui refuse systémaliquement de se différencier de Nenni : une tendance de droite, purement réformiste, dirigée par Romita, et enfin une tendance dite du « centre », dirigée par d'anciens chefs partisans comme Riccardo Lombardi, venu du Parti d'Action. Cette dernière tendance regroupe à l'intérieur du parti tous les éléments vaguement mécontents de la politique nenniste, mais contrairement à cette base plutôt sans physionomie politique, ses dirigeants venus récemment au marxisme ont fait un effort honnête pour formuler une politique correspondant aux intérêts ouvriers.
La défaite électorale du « Front Démocratique Populaire » du 18 avril 1948 avait surtout été une défaite du PSI. Comme dans tout parti social-démocrate, cette défaite électorale fut le signal d'un changement de direction NenniBasso durent pendant près d'un an laisser le gouvernail aux représentants du « centre ». Mais comme tous les centristes, ceux-ci ne connaissent pas une menace plus grave que d'appliguer leur menace pis grave que d appliquer leur propre pontique. Investis malgré eux de la direction du part par la masse des membres mécontents, les nouveaux dirigeants s'efforcèrent de se différencier aussi peu que possible de Nenni.
parce que social-démocratie chrétienne sont toutes deux profondément démocratiques socialité » 11!
(3) Constatons en passant et démocratie
« des partis et animés de que la droite du P. S. L. I. « passionnément » attachée à la démocratie formelle a dissous des fédérations entières et agi plus bureaucratiquement que les staliniens n'ont jamais osé le faire en Italie. 28
QUATRIEME LIN Ils n'offrirent aux travailleurs aucune perspective différente de celles de la politique stalinienne de défaite. Ils ne surent endiguer en rien l'effritement du parti. Le Congrès de 1949 vit le départ de Romita et rendit la majorité à Nenni qui conduit le PSI comme un quelconque parti komintormiste. Au CC de décembre, Nenni attaqua le PO yougoslave pour être passé « dans le camp impé-
Le fait cependant que Riccardo Lombardi et ses amis n'ont pas un seul instant élé influencés par la comédie de la prétendue « unification » socialiste, est un signe excellent quant à leur orientation fondamentale. Il deur faut maintenant tirer la conclusion de l'expérience négative faite avec le réformisme, le maximalisme et le stalinisme. Ils doivent trouver le courage de tormuler clairement, du moins a eux-mêmes, la perspective de la construction d'un nouveau parti révolutionnaire pour le prolétariat italien. Ils doivent surtout se débarrasser de tout complexe d'intériorité envers le stalinisme. Dans le prolétariat italien et dans leur propre parti il y a des milliers de travailleurs qui ont compris que le stalinisme est Tantithèse et non pas la continuation du léninisme. Une évolution de leur part dans un sens révolutionnaire et internatonaliste, c'est-à-dire dans un sens léniniste, les transtormeralt rapidement en un pôle d'attraction de tout ce qu'il y a de sain dans la gauche social-démocrate, parmi les adhérents de la fraction Basso dans le PSI ainsi que chez les partisans de la gauche du PSU. Ils rendraient ainsi un service considérable à la cause de la construction du parti révolutionnaire italien, à celle de régénérescence du mouvement ouvrier européen en général.
Mais quelle que soit l'évolution tuture du " centre » du PSI, les cadres
TERNATIONALE rialiste » (Nenni lui-même a été un véritable soutien de la première et de la deuxième guerre impérialiste !). Le mécontentement dans le parti est a nouveau grand face à cette politique kominformiste. Et à nouveau, le « centre » ne sait présenter aux membres aucune politique concrète, en dehors d'allusions embarrassees a une decentralsation nécessaire du mouvement ouvrier. révolutionnaires existant deja en Italie connaissent leur devoir. Issus pour la plumit des Jeunesses e lenniss dans leur propre expérience d'après-guerre. ces cadres ont rejoint la IV• Internationale et jeté les premières bases pour la conslruction du parti révolutionnaire_ Après avoir regroupé les mililants issus de la social-democratie, leur tache ummédiate est maintenant de regrouper les militants et groupes en rupture avec le PC. Porter le programme bolchévikléniniste devant les larges masses ; participer à leurs luttes quotidiennes ; permettre aux ouvriers d'avant-garde de faire pratiquement l'expérience d'une direction, fut-elle embryonnaire, différente de la direction stalinienne, tels sont les objectifs que ces cadres chercheront à atteindre dans les mois à venir. Les possibilités de développement offertes par la situation objective sont excellentes. S'ils savent les utiliser, ils pourront donner une impulsion puissante au développement du mouvement révolutionnaire italien et, à travers leurs propres succès qui seront les succès du programme et de l'organisation de la Iv• Internalionale, ils accélèreront l'évolution progressive des groupes d'opposition, à l'intérieur et à l'extérieur des partis traditionnels, vers le Parti Mondial de la Révolution Socialiste.
15 décembre 1949.