A nouvelle Fédération syndicale mondiale, née à Londres au début de décembre entamé, il y a un an par les bureaucrates syndicaux des pays anglo-saxons 1948, couronne le mouvement de scission de la viellle Fa S. M., fut centrales syndicales mondiales, et si l'une a et par les chefs de « FORCE OUVRIERE ». Il existe dorénavant deux comme secrétare le Francais Louis grandes Saillant, et l'autre le Hollandais Vermsulen, personne n'ignore qu'elles en pratique dirigées respectivement par Moscou et Washington. Chaque a ainsi « ses » syndicats qui appliquent en premier lieu la ligne déterminée par « sa » politique étrangère, et jouent un franc rôle de briseur de grève chaque fois qu'il est nécessaire. Il suffit de rappeler l'altitude des bureaucraties syndicales américaine et britannique dans le cas de la grève des marins canadiens d'une part, et l'attitude des syndicats polonais augmentant les exportations de charbon vers la France au moment de la grève des mineurs français de l'autre.
On serait enclin à liquider toute cette affaire comme des mesures du Kremlin et de Wall Strest pour englober la classe ouvrière internationale dans leurs préparatifs de guerre respectifs, - preparatifs pas seulement moraux et idéologiques ! - si des question d'intérêt immédiat pour la classe ouvrère n'étaient impliquées dans le problème de l'UNITE SYNDICALE nationale et in!ernationale. Les révolutionnaires sont INCONDITIONNELLEMENT partisans de l'unité syndicale, du principe « FACE A UN SEUL PATRON, UN SEUL SYNDICAT ». Ils ne demandent pas aux ouvriers de partager leurs convictions politiques ou leur aversion pour P'orientation des bureaucrates avant de rejoindre un syndicat ; ils ne favorisent pas les
« syndicats de lutte » face aux « syndicais réformistes ». Ils comprennent que seule Punion de tous les travailleurs dans une organisation syndicale unique crée les conditions les meilleures pour une résistance favorable de la classe ouvrière contre son niveau de vie, auxquelles elle se trouve aujourd'hui exposée internationalement. les conditions actuelles de concurrence internationale exacerbée, les bas salaires des dockers allemands sont un moyen de pression sur salaires des dockers de tous les pays, et l'introduction du travail pièces dans les mines polonaises menace conditions de travail de tous les mineurs du monde. Obligés d'élaborer dans chaque pays une ORIENTATION vers Punité syndicale adaptée concrè ement aux traditions et aux conditions présentes du mouvement ouvrier national, les révolutionnaires doivent élaborer actuellement une ligne commune sur le problème de l'UNITE SYNDICALE MONDIALE, qui est urgent que celui de la réunification du mouvement syndical sur le plan national,
Les bureaucrates inféodés au Kremlin, par suite de leurs agissements contraires élémentaires de la démocratie ouvrière, et de leur politique contraire aux intérêts ouvriers, sont tout autant responsables de la scission internationale que les bureaucrates inféodés aux intérêts du STATE DEPARTMENT. Il reste un fat scission ne s'est pas produite entre syndicats de lutte de classe d'une part et syndicats « jaunes » de l'autre. Il est vrai que la pression américaine a fait inclure dans la centrale de Londres les syndicats chrétiens italiens et français qui sont, une large mesure, des syndicats dévoués au pa ronat. Ma.s celte centrale est composée en premier lieu par les deux grands syndic ts américains, l'A. F. L. et le C. I. O., par fédération des Trade-Unions britanniques, par les syndicats de l'Allemagne occidentale par ceux de la
Hollande pays scandinaves, presque totalité ouvriers organisés de ces De son côté, la vieille F. S. M. regroupe encore la C. G. T. française, la C. G. T. italienne syndicas yougoslaves, chinois, indonésiens et japona's qui, de leur côté également, comptent dans leurs rangs l'écrasante majorité des travailleurs organisés de leurs pays respectifs. Dans certains pays et groupes de pays, comme aux Indes et en Amérique latine, la situa ion est plus confuse, parce que la scission syndicale a donné naissance à centrales dont aucune ne possède, dans la classe ouvrière, un poids décisif rapport à l'autre. Il n'en reste pas moins vrai dans les principaux centres de la lutte prolétarienne à travers le monde, des syndicats déterminés, DANS LEUR PAYS la majorité des travailleurs, s'OPPOSENT INTERNATIONALEMENT dans des Centrales mondiales concurrentes.
Pareille situation exige des révolutionnaires une campagne en faveur de la reconstitution d'une seule Centrale syndicale mond'ale regroupant tous les syndicas nationaux forts de l'appui de la majorité des travailleurs. Nos camarades français et italiens travaillant dans la c. G. T. de leur pays expliqueront aux ouvriers que si les bureaucrates réformis es ont commis un crime en scindant mouvement syndical français et italien, les staliniens répètent maintenant ce crime aux Etats-Unis en essayan: de constituer une nouvelle centrale syndicale. Ni Pun ni l'autre de ces crimes ne justifie l'absence d'une seule F. S. M. où travailleurs communistes et socialistes se retrouveraient, au besoin, avec leurs diribureaucratiques actuels. Nos camarades anglais et hollandais de leur côté leurs pays que, s'il est criminel de la part des staliniens d'avoir transformé la F. S, M. en un simple instrument de la politique du Kremlin, cela n'autorise pas les Deakin, Irving Brown et Walter Reuther à les séparer de leurs frères de classe franças ou japonais, former les syndicats de leurs propres pays en centrales de propagande Pacte Atlantique. Ils expliqueront aux ouvriers dans l'une et l'autre la lutte pour la réunificalion du mouvement syndical mondial passe aujourd'hui par la LUTTE POUR LA DEMOCRATIE SYNDICALE et POUR DES DIRECTIONS SYNDICALES NATIONALES ET INTERNATIONALES INDEPENDANTES DE POLITIQUE DU KREMLIN ET DE WALL STREET ; mais que la moindre occasion pour reconstituer une F. S. M. unifiée devra être utilisée, même si ces conditions ne se trouvent pas réalisées.
A Petape actuelle, étape d'offensive mondiale contre la classe ouvrière et de piétinement ou de recul du mouvement ouvrier nombreux surlout par la PROPAGANDE que les révolutionnaires pourront combattre pour la réunification du mouvement syndical mondial. Mais une nouvelle vague de luttes cuvrières fera demain surgir, comme en 1934-36, comme en 1944, UNE PRES™ SION PUISSANTE DE LA BASE, dans tous les pays, en faveur d'une véritable Fédération Syndicale Mondiale unie et démocratique, Il s'agit de préparer aujourd'hui les esprits et les cadres pour que cette nouvelle vague ne puisse plus être canalisée par les bureaucraties stalinienne ou réformiste pour leurs propres intérés mesquins, mais pour qu'elle profite enfin à la cause du prolétariat mondial et de sa lutte émancipatrice.