E 70° anniversaire de Staline a donné l'occasion à des manifestations de la LL part de la bureaucratie soviétique et des dirigeants des Partis d'un cérémonial si pompeux, si liturgique, qu'il n'a probablement jamais été égalé dans le passé. 6
Aucun monarque asiatique de l'antiquité, aucun empereur romain, ou même byzantin, aucun souverain contemporain, aucun héros de l'humanite, n'a jamais été l'objet d'une apothéose semblable à celle du « Grand Staline » maître, chef, combattant, théoricien, stratège, coryphée de la science, savant, etc... « incomparable », littéralement selon la PRAVDA. « Le plus grand génie de tous les Temps ».
D'interminables tirades dans les journaux soviétiques et la presse stalinienne mondiale énumèrent les qualités innombrables et toutes exceptionnelles etre exceptionnel, et ce dans tous les domaines, y compris ceux des sciences et de cet des arts ; le compositeur soviétique Costakovitch, par exemple, découvrant à son tour le génie musical de Staline, guide inappréciable des musiciens soviétiques.
Devant Staline, les figures de Marx et de Lénine eux-mêmes s'estompent et pâlissent
Skazatsis, le président hongrois, ne dira-t-il pas que Staline a atteint de tels sommets de grandeur qu'il est difficile à l'œil humain désormais de le suivre ?
En réalité, cette fumée d'encens dans laquelle s'enveloppé et s'immatérialise, loin des yeux du commun des moriels, la figure du chef prestigieux, ne rappelle que trop l'adoration des idoles que des oligarchies privilégiées ont imposée aux masses dans l'histoire de l'humanité, afin d'émousser leur faculté critique, détourner leur attention des véritables responsables de leur misère, et de cacher ainsi la réalité de la domination exploiteuse et omnipotente, que ces oligarchies représeniaient.
Le culte de Staline s'explique doublement : d'un côté il exprime la satisfaction réelle des sommets de la bureaucratie soviétique et des Partis Communistes de l'actuel état de choses en U. R. S. S. et dans le mouvement ouvrier, dont ces milieux tirent leurs revenus et leurs privilèges ; d'autre part, la crainte buresucrates à une émulation toute « socialiste » d'adoration servile qui symbolise buresucrates à une de perdre ainsi cette position privilégiée, pousse les la puissance du régime bureaucratique.
Pour la bureaucratie stalinienne de l'U. R. S. S. et des Partis Communistes, le culte du chef suprême, symbole de communs, arbitre de conflits intérieurs, infaillible par rapport à tous dosser, le cas écheant, les responsabilites des crimes et des fautes de la bureaucratie, est une nécessité pour se maintenir et survivre. D'autre part la fidélite de chacun des membres de la bureaucratie ne au chef qui l'incarne. A qui mieux mieux, les bureaucrates s'empressent d'adorer Staline et de louer ses vertus.
Le caractère d'exagération inouïe, qui dépasse réellement le ridicule, de la divinisation de Staline, est le signe infaillible de la maturation avancée du régime bureaucratique qui est en train de pourrir. Par intérêt et par peu, la bureaucratie resserre ses rangs autour de son chef et crie plus fort que jamais, vante plus outrageusement que jamais ses mérites. Mais les craquements du régime percent le vacarme de ses profiteurs et se font de plus en plus entendre. Le 70° anniversaire de Staline, en apparence apogée de sa puissance, coïncide avec la plus grande crise du stalinisme qui mûrit de par le monde et dont les Yougoslavie, dans les autres démocraties populaires et un peu partout Partis Communistes ne sont qu'un avant-goût de ce que l'histoire dans les années à venir, pour ce régime d'impostures et de crimes contre les intérêts prépare dans réels des travailleurs et l'idée du socialisme.