Documents de la IVe Internationale

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La revue › vol. 8, n° 1

Lettre du Secrétariat International au P. C. yougoslave sur les déclarations de Vlahovitch

Quatrième Internationale, vol. 8, n° 1 · décembre 1949-janvier 1950 · p. 46-50 · 3 293 mots

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Le Secrétariat de la IV° INTERNATIONALE répond aux déclarations de VLAHOVITCH

L E Jour de la République (29 novembre), à Belgrade, Veljko Vlahovitch, membre du C. C. du P. C. Y., a tait deux déclarations qui revêtent un caractère officiel, engageant la ligne de votre Parti, co qui, par conséquent, les rend d'autant plus graves.

La première de ces déclarations concerne la question de l'Internationale.

Reprenant les propos que Djilas a deja tenus aux Btats-Unis sur l'opposition de votre Parti à la reconstruction d'une Internationale communiste, Vlahovitch considère à son tour « comme pleines de ridicule les diverses nouvelles répan•dues à l'étranger disant que le P. C. Y. travaille à la création d'une nouvelle Internationale, une prétendue Internationale « titiste ». Pour justifier cette position, il affirme que votre Parti considère " que la constatation faite dans la décision prise lors de la dissoluion du Komintern était parlaiement juste », à savoir: que la forme « d'organisation de l'unification ouvrière choisie par le premier Congrès de l'Internationale communiste et qui répondit aux besoins de la période du début de la renaissance du mouvement ouvrier, percait de plus en plus de sa valeur ».

La deuxième déclaration de Vlahovitch concerne la IVe Internationale. Vlahovitch fait la distinction entre « de nombreux communistes et travailleurs progressistes » qui défendent la Yougoslavie contre la campagne calomnieuse du Kremlin, et « cette autre catégorie d'hommes qui désirent aujourd'hui se Taire passer pour « amis », ces divers types suspects qui se rassemblent aulour d'une IV° Internationale, divers espions impérialistes, etc... ».

Si ces deux déclarations provenaient le staliniens orthodoxes, d'un de ceux que vous appelez à juste titre « les menteurs, les calomniateurs kominformistes », nous nous dispenserions vo-

LA DISSOLUTION

Quand en 1943, en pleine guerre imperialiste, Staline a dissous la lI° Internationale — à l'aide d'arguments ridicules et contradictoires que vous répétez actuellement — le sens de celte opération était clair pour tous les révolutionnaires conscients :

Il s'agissait d'une double capitulation -devant les exigences de l'impérialisme et celles de la bureaucratie soviétique

L'impérialisme et la bureaucratie de Moscou craignaient tous deux les luttes 16 lentiers d'y répondre, car notre expé-

Tience de plus de 25 années de lutte contre la bureaucratie soviétique dégénérée et les agents qu'elle dirige dans le monde, nous a appris que les calomnies perfides et abjectes sont les seules armes dont disposent ces méprisables exploiteurs du mouvement ouvrier révolutionnaire pour combattre nos idées et notre programme invincibles.

Mais ces déclaralions proviennent d'un des vôtres qui parle au nom de votre Parti, organisation que nous considérons comme un courant révolutionnaire qui s'est libéré pour des raisons justes et progressives du contrôle conTre-révolutionnaire du Kremlin, et qui tre-révolutionnaire a hissé avec sincérité le drapeau de la lutte contre l'opportunisme, les calomnies, les mensonges et les amalgames repugnants au moyen desquels le Kremlin et ses agents onl largement pourri le mouvement révolulionnaire international.

Voyez-vous, c'est creuser le tombeau de toutes les chances que peut avoir votre combat dans le mouvement ouvrier international si, pour diverses considérations tactiques ouautres, VoUS commencez a employer les méthodes pourries du stalinisme à propos de questions vitales de la Révolution socialiste mondiale et de militants du mouvement ouvrier avec lesquels vous avez des divergences ideologiques.

Parce que nous avons dès le début, spontanément et sincèrement, défendu votre cause contre le Kremlin, et parce que nous la défendrons indépendamment de votre attitude à notre égard aussi longtemps que vous ne capitulerez pas devant les exigences de l'impérialisme et de la bureaucratie soviétique, nous croyons aujourd'hui devoir répondre aux déclarations de Vlahovitch, sans amertume, mais aussi sans diplomatie inutile et indigne de révolutionnaires. DU KOMINTERN révolutionnaires du prolétariat international et des masses coloniales, luttes inévitables à la suite de la guerre et de ses conséquences désagrégatrices pour les régimes capitalistes. L'impérialisme était soucienx du maintien du système capitaliste dans le monde. La bureaucrate de Moscou, soucieuse du maintien de ses privileges, craignait tout mouvement lout mouvement de masses qui aurait de masses qui échappe à son contrôle tout mouvement troublé sa politique d'accords et de par-

QUATRIEME I-N rage de zones d'influence avec l'impérialisme (comme vous-mêmes l'avez compris notamment dans le cas de la Grèce) et qui aurait mis fin à son régime despotique sur une grande partie du mouvement ouvrier mondial et sur les masses travailleuses de l'U. R. S. S. même.

Cette crainte commune des impériaListes et de la bureaucratie moscovite les lit s'entendre sur la dissolution de II. C Certes, la dégénérescence de celle-ci était protonde, et nul — pas même Churchill, Roosevelt et Staline, qui s'envendirent a Yalta et a indirent a Volta et à déhéran Teheran - ne pouvaient envisager qu'elle redevienne l'instrument révolutionnaire du prolétariat qui avait été constitué sous la direction de Lénine et Trotsky. Mais ce qu'ils craignaient, c'est que son nom Tame et lidae me nouraient c'en faire même et l'idée que pouvaient sen faire les masses, stimulent des éléments révolutionnaires, et que certains de ceuxei s'efforcent de l'utiliser pour propager le programme de la révolution mondiale. Staline pouvait craindre également que des organismes et même des partis ayant, pour diverses raisons, échappé au cours de la guerre au controle du Cinépeou. et ayant acquis une foree

Pour des raisons opportunistes, Staline a dissous l'Internationale Commumiste. Quant aux arguments « théoritates » qui ont couvert cette opération capitularde et opportuniste, il est in-" digne de révolutionnaires se réclamant du marxisme-léninisme de leur accorder même un grain de sérieux. Car qu'y a-t-il de fondamentalement changé du paint de vue des arguments que Lénine mettait en avant avee tant d'insistance et de passion, quand il invitait en 1919 les différentes tendances révolutionnaires à se grouper dans une puissante • Internationale Communiste » et des arguments qui liguraient dans les statuts ip cette Internationale ?

« Le mouvement ascendant extrême•ment rapide de la Revolution mondiale

- déclarait la lettre d'invilation accompagnant la convocation du Congrès de la II® Internationale - posant constamment de nouveaux problèmes, le danger d'étouffement de cette révolution par l'alliance des Etats capitalistes s'unissant contre la révolution sous le drapeau hypocrite de la Société des les tentatives des partis social-traitres Nations » (Lire aujourd'hui « O.N.U de s'unir et d'aider leurs gouvernements et leurs bourgeoisies à trahir la classe cuvrière après s'être accordé une « amnistie » réciproque ; enfin l'expérience révolutionnaire extrêmement riche déjà acquise et l'internationalisation de tout le mouvement révolutionnaire — toutes ces circonstances nous obligent à prendre l'initiative de mettre à l'ordre du jour de la discussion la question de la convocation d'un Congrès international des partis prolétariens révolutionmaires. »

TERNATIONALE propre dans la lutte, se servent du nom de II. G. pour mener une politique qui ne soit pas strictement alignée sur les besoins diplomatiques du Kremlin.

La dissolution de II. C. fut accomplie au moment où le Kremlin menait la politique la plus opportuniste. Loin d'être le truit d'une progression révolutionnaire du prolétariat, loin d'être une sage application du marxisme-léninisme, cette décision cadrait avec la politique de collaboration de classes des P. C. de France, d'Italie, de Grece, ete., qui a mené le défaites.

A ce propos, faire observer P. C. les plus avaien, tant m prolétariat à de graves permeltez-nous de vous que quelques-uns des importants qui, paraît-il, ari politiquement qu'en avaient tant mur ponuquement qu en 1943 on pouvait supprimer l. C., se sont retrouves dans le Kominform; parmi eux se trouvaient les p. u. de France et d'Italie qui ont failli à la lutte pour le pouvoir dans leurs pays, et tous ces partis, si développés politiquement en 1943, ont — sur l'ordre de Moscou - commencé à vous calomnier et à vous attaquer honteusement.

Selon larticle premier des statuts de la IIe Internationale :

« La nouvelle Association Internationale des Travailleurs est fondée dans le but d'organiser une action d'ensemble du proletariat des différents pays, tendant à une seule et même fin, à savoir : le renversement du capitalisme, l'établissement de la dictature du prolétariat et d'une république internationale des soviets qui permettront d'abolir totalement les classes et de réaliser le socialisme, premier degré de la société communiste.»

Que Vlahovitch prenne la peine d'expliquer aux revolutionnaires pour quelles raisons ces arguments ne seraient plus valables aujourd'hui. La Révolulion communiste mondiale est-elle réalisée ? Le capitalisme ne la menace-t-il pas, encore plus mortellement qu'en 1919, dans les pays où elle a commencé ? N'y a-t-il plus de problèmes nouveaux qui exigent une élaboration colleelive au moyen d'une organisation collective du mouvement révolutionnaire ? L'internationalisation du mouvement ouvrier, dont parlait Lénine, est-elle moindre qu'en 1919? La coordination, la propulsion, la direction des luttes ouvrières sont-elles moins nécessaires qu'au temps de Lénine ?

On pourrait allonger à l'infini la liste des questions qui militent toutes pour l'existence d'une Internationale révolutonnaire du prolétariat

Le mouvement ouvrier ne peut se satisfaire de liens clandestins entre des partis nationaux, mais a besoin d'avoir → au vu et au su de tout le prolétariat — un organisme international.

C'est un besoin comprs par les

POURQUOI L'INTERNATIONALE ?

POURQUOI L'INTERNATIONALE ?

masses travailleuses même les moins developpées politiquement : ainsi, les sociaux-démocrates eux-mêmes s'efforcent de donner à leur mouvement une apparence d'organisation internationale. Les communistes n'ont-ils pas. pendant le longues années, dénoncé une des manifestations les plus grossières de l'opportunisme social-démocrate dans l'allilude des partis socialistes sur la question de l'Internationale ? Plus encore. au lendemain de la guerre, un certain nombre de P. C. - dont le votre -ont constitué le « Bureau d'Infôrmalion » (Kominform) qui était plus ou moins une sorfe d'organisme international — avec, bien entendu, des fonelions et un régime tout à fait appropriés aux nécessités du Kremlin,

La lutte de classe n'est pas formée par la somme des luttes indépendantes de prolétariats nationaux ; il y a une lutte de classe internationale qui ne peut pas être menée efficacement jusqu'à la victoire finale sur le vieux monde capitaliste sans une organisation internationale de l'avant-garde prolétarienne.

REORIENTER LE

La question de l'Internationale n'est pas du reste simplement organisationnelle. Car, avant jout, pour former une organisation internationale, il faut d'abord avoir un programme international valable pour tout le prolétarlat international et les masses coloniales. Le regroupement organisationnel et les formes organisationnelles concrètes à l'échelle internationale, ne peuvent être envisagées que sur la base d'un tel programme.

Or, quel message auriez-vous adresser au prolétariat mondial ? Dérendre la Yougoslavie contre le Kremin, revendiquer des rapports égaux entre Etats socialistes el entre Partis communistes ? Si justes et nécessalres que soient ces objectifs, ils ne constituent pas encore un programme de valeur international capable de réorganiser et de réorienter le prolétariat et les masses coloniales démoralisées par les pratiques du Kremlin.

Du reste, comment défendre la Yougoslavie ? La meilleure façon de la défendre et de lui permettre de surmonter les difficultés dans l'édification du sociallsme, difficultés inévitables aussi longtemps qu'elle reste isolée, n'est-elle pas précisément de fournir aux ouvriers des autres pays les armes idéologiques et l'aide politique nécessaire pour qu'ils

LA IV* INTERNATIONALE

Quant à la déclaration de Vlahovitch qui nous concerne directement en tant que v° Internationale, nous vous faisons grace de la manière nuancée avec laquelle vous enveloppez les calomnies du Kremlin et de ses agents contre notre 48

En réalité, l'altitude que Djilas et Vlahoviteh déclarent être celle de volre Parti tout entier sur la question de l'Internatonale, ne signifie objectivement qu'une tendance à la capitulation devant la double pression de l'impérialisme et du Kremlin. Peut-etre justiflez-vous celte attitude par des considération« tactiques ». pensant qu'il est inutile de provoquer l'impérialisme et le Kremlin et qu'il est préférable de travailles sur ce pian clandestinement dans chaque pays séparément ? Peut-être vous abritez-vous derrière l'argument que volt expérience avee le Kremlin et son Kominform fut néfaste, et vous plaisezvous à confondre l'Internationale aver le contrôle centraliste policier et bureaucratique du Kremlin ?

Mais si de chez vous, ce vres excuses stalinisme qui remplacer les léninisme par " tactiques ». cieuses ». qui létariat.

tels arguments existen ne seraient que de pauopportunistes héritées du a pris pour habitude de principes du marxismede soi-disant manœuvres

« habiles » et « astune trompent que le pro-

PROLETARIAT puissent eux-mêmes aussi faire la Révolution et l'étendre au monde entier : Ou bien conflez-vous ces tâches aux dirigeants dégénérés de l'U. R. S. S. ei aux directions kominformistes des Partis communistes ? Des délégations ouvrieces se rendent et se rendront dans volre pays. Des ouvriers veulent et voudront défendre votre mouvement comme UNE PARTIE DU MOUVEMENT REVOLUTIONNAIRE MONDIAL. Mais que leur répondrez-vous quand ils vous diront : Que devons-nous faire pour mener la lutte de classe dans notre pays : Obéir à Thorez, Togliattl, ete., ou créer un nouveau parti révolutionnaire; une nouvelle Internationale révolutionnaire t C'est une question que la lutte de classe elle-même vous posera.

Aussi longtemps que vous conserverez sur la question de l'Internationale une attitude négative ou même vague, les révolutionnaires conscients vous jugeils ne vous teront jamais entièremeni ront avec les plus grandes réserves conflance malgré tous les autres aspectprogressifs de votre évolution : ils verront dana votre refus de vous intégrer totalement et loyalement dans le mouvement révolutionnaire mondial un signe grave qui, jusqu'a présent, a annonce l'évolution rétrograde, nationaliste ei bureaucratique d'autres courants du mouvement ouvrier. EST UN PARTI MONDIAL mouvement. Vlahovitch parle en effei des « types suspects qui se rassembleni autour d'une IV° Internationale ».

Sachez que la IV° Internationale est un Parti mondlal, ayant des sections nationales dans plus de 35 pays, sur les

QUATRIEME cinq continents, et qu'elle est la seule erganisalion du mouvement ouvrier qui défende, poursuive et développe l'œuvre de Léon Trotsky et la plate-forme de l'Opposition de Gauche du Parti bolchevik russe, opposition qul, depuis la mort de Lénine, a combattu contre la dégénérescence de ce Parti et de la Ill° Internationale tout en ière.

Les trotskystes authentiques, les vrais et les seuls trotskystes, ce sont nos membres, militant dans le mouvement organisé de la IVe iniernationale.

Pour brouiller les cartes, pour écarter tes larges masses ouvrières de nos idées, de notre programme et de notre organisation, le Kremlin et son appareil de propigande, aussi puissant que corrompu, depuis plus de 20 ans déjà, qua¡nent de « trotskystes » la plupart de ses adversaires et no amment toutes sortes d'éléments, parmi lesquels souvent des types suspeets, des aventuriers, des espions et ses propres bureaucrates en elisgrâce.

Des camarades dirigeants de votre Parti ont déjà compris la pratique des malgames staliniens et ils l ont dénoncée comme incompatible avec la moralité du mouvement ouvrier. N'est-ce pas le camarade M. Pijade qui a écrit au sujet du procès monté de Budapest qu'il a été orchestré par les mêmes hommes qui ont monté les infâmes procès de Moscou de 1936-1938 durant lesquels furent exterminés, après avoir été salis vomme espions, assassins, ete., ceux qui avaient été les meilleurs hommes du Parti bolchevik russe et de l'Internationale Communiste ? N'est-ce pas le camarade Pijade encore une fois qui a dit que la dégénérescence des Partis communistes a commencé :

« Depuis le jour même où on a proclamé que le trotskysme a cessé d'être un courant dans le mouvement ouvrier et qu'il est devenu l'agent du fascisme, depuis ce jour-là et particulièrement après la deuxième guerre mondiale, toute pensée qui n'est pas en accord aveu les pensées des dirigeants soviétiques est déclarée trotskyste sous forme d'agence fasciste. De cette façon, il ne reste que l'extermination physique et le bûcher pour les sorciers, toute discussion étant exclue. *

Vos violons ne sont pas accordés. Ne lonnez pas l'impression pénible que les préjugés et les pratiques pourries du Kremlin sont en train de prendre le dessus dans volre organisation et que vous êtes prêts à employer envers une endance du mouvement ouvrier. son aile marxiste el révolutionnaire par excellence, les mêmes méthodes que le Kremlin emploie à votre égard.

Nous sommes fiers de notre organisation, de notre programme, de notre tes, car ces partis sont complètetnent: bureaucratisés, et la sélection des cadres ne s'y fait pas sur la base de critères er d'aptitudes idéologiques, mais sur la base de la servilité des fonctionnaires bureaucrates.

Malgré l'isolement auquel nous a acculés, à la faveur de conditions objectives défavorables à la révolution mondiale, la propagande calomnieuse du monstrueux appareil stalinien dirigé par

Moscou, notre mouvemen. est vivant dans tous les pays où il existe, lié à sa classe, participant à ses luttes, prêt à tous les sacrifices pour le triomphe des idées Invincibles de Marx, de Lénine et de Trotsky.

Vous osez appeler « types suspects » les trotskystes qui, au cours de la dernière guerre, ont perdu dons les camps d'extermination en Allemagne et devant •les pelotons d'exécution de la réaction impérialiste, des centaines de militants. révolutionnaires conscients et intègres. Le Secrétaire de notre Section française Marcel Hie et des dizaines de ses compagnons ; en Belgique nos deux secrétaires successifs, Léon Lesoil et Léon : en Holl nde, une pleiade de dirigeants révolutionnaires, dont Sneevliet exreprésentant de la III° Internationale en Chine) : en Grèce, l'ancien secrétaire du P. C. grec, P. Pouliopoulos et deux cents autres militants trotskystes, assassinés par les occupants allemands, ilaliens et bulgares ; en Chine, des dizaines le nos e dres et de membres tombés dans la lutte contre l'impérialisme japonais et la réaction du Kuo-Min-Tang : en Indochine, d'innombrables victimes, ete → voilà nos " types suspects » Vous osez aussi appeler " suspects » les militants trotskystes emprisonnés actuellement en Bolivie pour avoir dirigé la lutte des mineurs boliviens contre le régime féodo-bourgeois ; les militants grecs dont nos dirigeants empriSonnés actuellement dns le camp de concentration de Makron sos.

C'est naturellement votre droit de ne pas partager nos idées et de les combattre, si vous le jugez nécessaire. Mais ca qui est de toute façon inadmissible, Cest de lancer sur notre mouvement le diserédit et les soupçons au lieu de mener une discussion politique, comme s'il y avait des éléments qui craignent une lelle confrontation idéologique et veulent l'escamoter à la manière stalinienne. Sinon, comment expliquer par exemple qu'en France les éléments qui partagent votre point de vue sur le conflit avee le Kremlin, constitués en fraction dans le P. C. F. et éditant un Bulletin, « La Lutte », croient nécessaire de se différencier calomnieusement des trotskystes français, el en même temps répètent dans leurs articles une série d'idées el de critiques que seuls les trotskysles ont défendues ouvertement jusqu'à présent dans le mouvement ouvrier français et internationalement ?

Nous ne resterons pas passifs devant ces procédés. Nous relèverons chaque fois tout défi lancé directement ou indired ement à notre mouvement. Nous dé- drapeau, sous lequi meilleurs militants •'Octobre, du Parti le l'Internalionale exterminés par les ine. Les « lypes l ont combattu les de la Révolution bolchevik russe el avant qu'ils soient bourreaux de Stauspects » abondent lans les parlis dirigés par le Kremlin et surfoul dans leurs sphères dirigean-

DATRIEME IN fendrons avec opiniâtreté nos idées, notre programme, l'intégrité révolutionnaire de notre mouvement, de nos militants, de nos organisations. Nous mettons à Pindex de toute l'avant-garde révolutionnaire mondiale et de tous les éléments avancés à qui nous faisons actuellement appel pour aider la cause yougoslave, tout écart de la vérité que certains de vos dirigeants auront tendance à commettre, toute position erronée et toute méthode de lutte empruntée à l'arsenal pourri des dirigeants du Kremlin.

Ne sous-estimez pas la Taculte enlique des éléments de l'avant-garde révolutionnaire mondiale dont vous demandez le soutien. Ils vous jugeront sur vos actes, sur toute votre ligne et non pas sur la seule partie juste de votre lutte contre le Kremlin.

Vous-mêmes dites que la vérité doit vaincre et qu'elle vaincra. Oui, elle vaincra.

1er décembre 1949.

LE SECRETARIAT INTERNATIONAL

DE LA IVe INTERNATIONALE.

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