Documents de la IVe Internationale

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La revue › vol. 8, n° 1

Le Moyen-Orient depuis la guerre de Palestine (fin)

S. Munir · Quatrième Internationale, vol. 8, n° 1 · décembre 1949-janvier 1950 · p. 38-41 · 3 234 mots

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L serait vain de nier que la période comprise entre mai 1948 et mai 1949 a ele une période de stagnation du mouvement ouvrier dans l'Orient arabe, sauf peut-étre pour quelques pays à la périphérie des Etats arabes, comme i Soudan (où sont nés quelques syndicats puissants qui ont pris part a la lutte politique du mouvement antiimpérialiste soudanais) ou Chypre (qui avait peu de liens avec les pays arabes et moins enoore avec la guerre palestinienne). Cette stagnation était évidemment naturelle en présence de la créalion d'Israel, de la güerre et de l'atmosphère chauvine due à celle-ci. Cependânt la classe ouvrière arabe au Moyen-Orient n'a pas été vaincue dans une lutte décisive, et par conséquent elle est capable tirer les leçons des événements de l'an

Mais des changements comparables à une grande défaite de la classe ouvrière se sont produits dans un endroit du Moyen-Orient, en Palestine même. La fuite massive des Arabes de Haïfa, centre de la classe ouvrière palestinienne (raffineries de pétrole, ateliers de chemins de ter...), de Jalla et du reste de la plaine côtière entraine l'annihilation complète de la classe ouvrière arabe de Palestine (ainsi que, soit dit en passant, l'annihilation de tout le développement capitaliste progressif de parties de la société arabe de Palestine). La coopération des ouvriers arabes et juis à Haita dans les grandes grèves d'ouvriers et d'employés d'Etat au printemps de 1946 ou dans la grève des raffineries de pétrole au début de 1947 avait une importance dépassant le cadre local. La barrière entre ouvriers arabes et juifs qui avait ete construite par limperialisme, le sionisme et la réaction arabe et qui avait été rompue à diverses reprises — par exemple au cour des grèves mentionnées ci-dessus — a maintenant été renforcée par des frontières politiques entre Etats belligérants ou du moins rivaux, éliminant un contact physique entre ouvriers arabes et juifs.

autres pays du MoyenOrient, la guerre de Palestine a laissé des traces. En Egypte le mouvemeni ouvrier ouvrier n'est jamais revenu au point culminant de février 1946 lorsque, pendant quelques jours, le Comité des Ouvriers et des Etudiants était maître des dant il allait y avoir encore de aouvelles grandes luttes, des grèves. En septembre 1947, par exemple, une grève éclata à l'usine de textile de Mehellaal-Kubra sont employés environ 30.000 travailleurs. La grève aboutit a des conflits armés avec la police. Le 5 avril 1948, c'est la police elle-même qui se mit en grève pour revendiquer de meilleures conditions de travail, Dans la grève d'Alexandrie, des milliers de travailleurs abandonnèrent les usines et organisèrent une énorme démonstration qui fut accompagnée par les policiers en grève dont une partie était armée. Il fallut deux jours à l'armée égyptienne pour parvenir à rétablir l'ordre après que la loi martiale eut été proclamée. Il faut souligner que cette grève n'était que le peint culminant de toute une série de grèves et de conflits dans les compagnies pétrolières, les usines de textile, les sucreries et les compagnies de transport (dont le Canal de Suez) qui éclatèrent en mars et en avril 1948.

Mais un mois plus taril, en mai 1948, commença l'invasion de la Palestine et l'état de siège fut proclamé. Une nouvelle offensive fut déclenchée contre toute activité indépendante des syndicats, des arrestations de travailleurs et d'intellectuels de gauche furent opérées, De vastes camps de concentration furent établis pour tous ceux qui étaient catalogués communistes, l'un de ces camps clerte minels étant fixé à al-Tor, un lieu d'exil pour les criminels renommé pour sa mortalité élevée ! Ainsi la guerre palestinienne entraîna un ralentissement de l'activité ouvrière politiqué et syndicale en raison de la répression policière et de l'état de siège qui fut maintenu en mai 1949 pour toute une année après la cessation des hostilités. En outre, le gouvernement les classes dirigeantes égyptiennes, qui ont toujours tenté de convaincre les masses égyptiennes que le communisme est un mouvement de minorités nonégyptiennes vivant en Egypte, s'efforcent maintenant de relier celui-ci à l'espionnage israëlien et sioniste.

Cependant en Egypte, à la différence de certains autres pays, les efforts pour tourner l'attention des masses sur la guerre palestinienne et le danger sto-

(*) Voir le début de cette étude dans rues du Caire et d'Alexandrie. Cepen-notre numéro d'octobre-novembre 1949.

rues du Caire

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niste ont échoué dans une grande mesure. Si heureux que ce soit pour les fatures luttes de la classe ouvrière egyptienne. cela provenait en partie Eune certaine apathie de la part des travailleurs organisés en Egypte a regard du mouvement ouvrier des autres pays arabes par suite de l'incapacité des dirigeants syndicaux staliniens à coordonner l'organisation et les luttes des travailleurs organisés dans tout le Moyen-Orient.

La croisade contre la classe ouvrière et le mouvement ouvrier déferla sur la Syrie et l'Irak Tous les syndicats qui n'étaient pas liés au gouvernement furent brutalement interdits et nombre de leurs dirigeants arrêtés. Deux semaines après la résolution de lO. N. U. divisant la Palestine, le P. O. de Syrie etait mis hors la loi. En Irak, une série de dirigeants et de membres de l'organisation stalinienne illégale fut exécutée. Même au Liban ou les communistes disposaient d'une liber é plus grande. Mustafa al-Aris, l'un de leurs dirigeants et le représentant des syndicats du Moyen-Orient à la F. S. M., fut arrêté le 19 novembre 1948.

Mais tandis que l'activité de la classe ouvrière égyptienne ne connut qu'une oertaine stagnation en raison de la répression policière, le mouvement ouvrier de Syrie et d'Irak a subi une défaite morale considérable. Une des principales raisons en fut l'appui que la bureaucratie soviétique donna à la partition de la Palestine par l'O. N. U. Les classes dirigeantes syriennes ont réussi à inciter ceux qui, le 1er décembre 1947, manifestaient contre la partition à altaquer le siège stalinien à Damas. Les staliniens syriens et irakiens qui avaient touJours d'ardents adversaires de la partition, la reliant à juste titre au plan

FAILLITE TOTALE DE LA

Les événements des deux dernières années au Moyen-Orient, le sort des partis staliniens dans cette partie du monde, et le tournant polilique de ces partis qui se produisit après que la Russie eut changé son attitude dans la politique du Moyen-Orient, ne font que prouver trop clairement la faillite totale du programme stalinien développé pendani plus d'une décade et demie dans les pays arabes. Conformément à leur politique mondiale, les staliniens se sont abstenus dans le Moyen-Orient de toute politique ouvrière indépendante, ils ont flatté les leaders nationalistes féodaux et bourgeois, ont tenté de former avee cEux-ci des • fronts populaires » et ont préché l'unité nationale ». On pourrait remplir un livre d'exemples de la manière dont les staliniens arabes ont omis le socialisme de leur programme, dont ils ont même renoncé à la revendicalion du partage des propriétés féo-

TERNATIONALE impérialisle d'asservissement du MoyenOrient (soulignant le fait que la partition concordait avec le plan d'une Grande Syrie) du jour au lendemain cessèrent toute opposition en raison de la position des Russes et firent un de leurs fameux tournants à 180° Quelques années auparavant, les staliniens avaient été occupés à former des comités communs aveo des partis féodaux et chauvins en Irak, en Syrie et en Palestine pour combattre la partition et le Sionisme: Les gouvernements réactionnaires de Syrie et d'Irak n'eurent donc pas de mal à identifier le communisme au sionisme aux yeux des masses, ce qui ajouta une défaite morale à la répression policière. Le stalinisme fut abandonné par plusieurs de ses principaux dirigeants en Liban, en Irak et dans les parties arabes de la Palestine. ceux-ci nassant au camp de la réaction. En outre, en Syrie et en Irak, les agents féodaux de l'impérialisme dans une certaine mesure parvinrent à infecter de leur poison chauvin les masses politiquement conscientes des villes. Par exemples les manifestations de Bagdad qui dénoncèrent la rentrée des politidiens probrilanniques dans le cabinet irakien n'exprimèrent aucune opposition à l'aventure palestinienne de l'armée irakienne, au contraire elles demandèrent poursuite de la guerre contre les Juifs. Ce courant chauvin fut fortiflé par le fait que, contrairement à l'armée égyptienne, ni l'armée syrienne ni l'armée irakienne ne subirent de grandes défaites sur le champ de bataille palestinien. Aussi les mouvements ouvriers de Syrie et d'Irak pourront se montrer plus difficile et plus pénible à relever que celui d'Egypte... POLITIQUE STALINIENNE nous limiterons à l'attitude des Staliniens arabes envers les deux forces qui eurent le rôle principal dans l'Orient arabe dans la réalisation du plan impérialiste d'incitalion à la guerre palestinienne : les dirigeants des Arabes de Palestine el la Ligue arabe.

Les staliniens arabes de Palestine avaient pour ligne politique fondamenlale d'amener la direction féodale réactionnaire des Arabes de Palestine à une alliance « d'unité nationale » avec lorganisation stalinienne, la « Ligue pour la libération nationale ». En même temps les staliniens juifs conservaient leur propre organisation distincte, le « P. C. de Palestine », (avec la bannière bleue et blanche du sionisme) Lorsque le parti du Mutti, le soi-disant " parti arabe », reprit officiellement son activité après la guerre, le secrétaire de la « Ligue » stalinienne lui adressa le télégramme suivant : « La LIGUE POUR LA LIBERATION NATIONALE de Palesline vous envoie ses félicitations pour la décision de votre parti national de reprendre son activité et nous pensons dales, dont ils grèves dans les " naux » et dont « est devenue leur sont opposés aux établissements natiol'unité nationale » but principal. Nous que cette décision nous aidera tous à unir nos efforts pour servir notre chère patrie, » (al-Ittihad, n° 1).

Mais, pous ne pas être injuste à leur egard, nous devons rapporter que les staliniens ont soutenu d'autres gens que le plus réactionnaire représentant des intérêts féodaux en Palestine, le parti du Mufti. Quand Mussa-al-Alami - qui, plus tard, devint le dirigeant d'une opposition quelque peu urbaine au parti du Multi - fut nommé représentant des Arabes palestiniens aux pourparlers pour la formation de la ligue arabe, l'organe stalinien écrivit : « Le peuple arabe en Palestine voit dans l'élection de Mussa al-Alami comme représentant à ces pourparlers un premier pas, et un grand pas dans la direction de l'unité nationale en Palestine. » (al-Ittihad, n° 1). Aujourd'hui al-Alami est le porte-parole de l'Angleterre et du roi Abdullah.

L'attitude stalinienne envers la Ligue arabe ne tut guère meilleure. Apres sa formation, les staliniens égyptiens écrivirent dans leur journal al-Fagr al-Gadid (16 mai 1915) :

« La Ligue arabe... constitue un soutien de la tendance mondiale dominante de cette époque, la lutte contre l'impérialisme fasciste... La Ligue arabe ne restreint pas les droits nationaux souverains de ses membres. Elle garantit ces droits, les renforce et les défend contre toute violation. Bien plus, elle œuvre à la réalisation des droits nationaux des nations qui en sont membres el. les remplit d'espoirs, de liberté et d'indépendance. Il n'y a pas de doute que la Ligue arabe réussira à atteindre ce but aussi longtemps que sa politique restera basée sur une liaison de la cause nationale arabe à la situation générale internationale et aussi longtemps qu'elle croira que l'histoire tend énergiquement au renforcement des libertés des peuples et de leurs droits natioплих... »

Avec cette politique, il n'y a pas do doute que les staliniens du MoyenOrient contribuèrent à renforcer le preslige des leaders arabes chargés de réaliser le plan impérialiste de guerre raciale et d'écrasement de la classe ouvrière dans le Moyen-Orient.

Les staliniens arabes s'alignèrent immédiatement sur le changement de la politique étrangère russe. Un tract publié au début d'avril 1949 et signé des partis staliniens de plusieurs pays du Moyen-Orient déclarait : « La guerre palestinienne a prouvé de façon indis-

Comme nous Pavons vu. la guerre palestinienne a fail un pas de plus dans la balkanisation du Moyen-Orient. L'impérialisme anglo-américain est parven à créer une situation dans laquelle il est capable de traiter séparément avec chaque Etat de la façon la plus commode pour la réalisation de ses plans économiques et politiques, La guerre a 40

TERNATION ALE cutable que la Ligue arabe n'est qu'un instrument aux mains de limpérialisme. un antre d'intrigues et de trahisons contre les peuples arabes. » Il semble que la Ligue arabe ait surtout traht les illusions staliniennes. Mais le même tract parle encore d' « unité nationale » et de « front populaire », bien qu'on n'y ait pas encore désigné le nouveau partenaire destiné à trahir les nouvelles illusions.

Sur l'arène palestinienne le tournant fut même plus accusé. Les mêmes staliniers arabes qui avaient salué le parti du Mufti et Mussa al-Alami ont maintenant - dans l'Etat d'Israël - tusionné avec le parti stalinien juit et rejoint les staliniens juifs dans leurs louanges pour la création de cet Etat. Leur programme commun pour les élections au Parlement juil commençait par les mots: « De l'interdiction nous sommes passes a la liberté! » Il no manquait • qu'une répudiation de leur politique antérieure. Mais on y obvin rapidement dans une brochure en arabe publice en septembre 1948 sous le titre : " Pourquoi nous devons combattre pour un Etat arabe en Palestine » (conformément à la résolution des Nations Unies sur la partition).

Nous-meme partageons la responsabilité (de la catastrophe de la sociélé arabe en Palestine) à cause de la faute commise dans notre politique d'unité nationale. Notre revendication d'une unité nationale totale, y compris la direction du mouvement national avec des elements nationaux sinceres. était réalité une couverlure pour la trahison de cette direction. Notre devoir aurait dû être de démasquer le véritable caractèro de celle-ci devant les masses. d'une manière explicite et courageuse afin de l'empêcher de diriger le peuple et de poursuivre ses abominables crimes.

Combien juste, mais combien tard. Cependant l'ancien amour n'était termine que pour en commencer un nouveau - dont on peut déjà discerner les signes. Quand l'armée d'Israël s'empara du village égyptien Abu-Ageila décembre 1948, elle trouva un camp de concentration égyptien plein de staliniens arabes de Hebron, Gaza et autres lieux qui avaient été occupés par l'armée égyplienne. Bien qu'ils aient éte internés pour leur opposition à la guerre, ils n'ont pas été libérés mais transtérés immédiatement dans un camp de concenfration israëlien ou ils sont restes internés jusqu'a ce jour. fourni l'occasion de réprimer la classe ouvrière dans l'Orient arabe, et la politique stalinienne a eu sa part dans la démoralisation du mouvement ouvrier. La question est maintenant de savoir quelles sont les perspectives de la classa ouvrière du Moyen-Orient pour le proche avenir.

Comme tout processus historique. les

ET MAINTENANT ?

ET MAINTENANT ?

recents développements dans le MoyenOrient ne manqueront pas d'avoir des effets dialectiquement opposés. Le rélablissement apres la guerre des liaisons du Moyen-Orient avee l'Amérique et l'Europe a provoqué une grave crise dans les industries indigènes qui s'étaient développées pendant la guerre. La Syrie a souffert d'un chômage grave et l'industrie égyptienne, notamment le textile, menacée par l'absenee de marché intérieur, ressent la nécessité d'exporter et de concurrencer les produits etrangers.

Toutefois les plus fortes concentrations ouvrières sur cette partie du globe ont toujours été effectuées par des capitaux étrangers. Les nouveaux invesussements de capitaux etrangers, notamment de capitaux américains (petrole, plans de développement, eto.) entraineront de nouvelles grandes concentralions d'ouvriers et d'organisations ouvrières. En outre, ces investissements et ces plans s'effectuant sur l'échelle du Moyen-Orient, la classe ouvrière arabe sera confrontée par l'urgente nécessité de coordonner ses luttes des différents pays de l'Orient arabe. Il y a lieu de noter que la seule grève dans ces pays qui dépassa les frontières fixées par imperiausme, se produisit d iraq Peroleum co, qur opere sur tout le MoyenOrient.

En même temps, les dillicultés des pays du Moyen-Orient à s'approvisionner et à trouver des marchés feront connaitre les souffrances extrêmes que les masses du Moyen-Orient subissent en raison des divisions introduites par rimpérialisme. I va sans dire qu'en cas de nouvelle crise économique mondiale. ces soutirances se transtormeront en une catastrophe pour les masses du Moyen-Orient.

Politiquement, la guerre palestinienne n'aura pas que les conséquences immédiales décrites ci-dessus. Il est bien vrai que le chauvinisme a été nourri, qu'un état de tension permanente a été créé, que le Moyen-Orient est plus divisé qu'il ne l'a jamais été. Mais la guerre palestinienne a aussi prouvé une chose, a savoir la dépendance totale de la bourgeoisie et des chefs féodaux du MoyenOrient envers l'impérialisme, leur impuissance à diriger même la moindre lutte contre l'impérialisme et leur incapacité totale à surmonter le particularisme et esprit de clocher. Bien plus, la delaite militaire et la responsabilite de la création d'un demi-million de réfugiés arabes (responsabilité partagée bien entendu par l'impérialisme britanmique et les massacres sionistes, comme • Deir Yassin, Lydda, Galilée et autres leux) ont, dans une grande mesure. miné le prestige et l'influence politique de la direction féodale et bourgeoise arabe. Mais cela ne signifie pas une radicaMsation automatique des masses arabes. Mant qu'il n'y aura pas une direction sommuniste révolutionnaire capable de

TERNATIONALE diriger les désillusions des masses sur des voies de classe progressives, des fanatiques religieux ou des « héros * militaires les tourneront vers la haine raciale et des émeutes communalistes. en entrainant la petite bourgeoisie urbaine et le lumpenproletariat des énormes taudis du Caire, d'Alexandrie.

d'Alep, de une chose manœuvres tions de

Beirouth et de Bagdad. Mais est claire : la marge de staliniennes dans les quesl'unité nationale » et du

« front populaire » a considérablement été réduite.

La classe ouvrière du Moyen-Orientaujourd'hui a pour tache première de revendiquer la legalisation des syndicats et des organisations ouvrières. Mais l'objectif principal vers lequel doivent tendre les groupes trotskystes du MoyenOrient, c'est l'unification des travailleur: par-dessus les fronteres imperiaustes. Notre ancien mot d'ordre — un Congres des syndicats de tout le Moyen-Orient - non seulement reste encore valable. mais a acquis plus d'importance dans la nouvelle situation.

Aujourd'hui, après l'expérience de la guerre palestinienne, les dirigeants staliniens de quelques syndicats du MoyenOrient auront plus de difficulté pour saboter cette unification, comme ils le firent dans le passé afin d'éviter de nuire à leurs rapports avec la classe ouvrière. (Interrogé pour savoir le: raisons de son opposition à un Congrès des travailleurs du Moyen-Orient dans le cadre de la f. S. M., Mustala al-ATIS representant stalmien de la F. s. M., repondit un jour que, dans ce cas, il serait obligé d'inviter également • l'Histadrut juif, ce qu'il désirait éviter.)

Un Congrès des travailleurs du Moyen-Orient serait le meilleur moyen pour éliminer l'esprit de clocher et le chauvinisme, et pour coordonner la lutte dans les différents pays. Basé sur une politique internationaliste, il pourrait faire appel aux ouvriers appartenant aux minorités nationales, y compris aux ouvriers juifs. Il pourrait devenir le noyau des Etats-Unis socialistes du MoyenOrient.

La lutte des travailleurs du MoyenOrient peut avoir à faire face prochainement à une répression sévère. Ni les classes dirigeantes locales dont la position est devenue très precaire, mi timpérialisme pour lequel le Moyen-Oriens a acquis une importance économique et stratégique essentielle ne peuvent se permettre une politique libérale l'égard des travailleurs et du mouvement ouvrier. Seule l'action concertée et l'organisation commune des travailleurs d'Egypte, des deux parties de la Palestine, de la Syrie, du Liban et de l'Irak peuvent réussir à surmonter cette répression, à libérer les masses laborieuses des ouvriers et des pauvres fellahs du joug étranger et indigène et à construire une société nouvelle.

Mai 1949.

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