Voici la suite de l'article de nos camarades grecs, dont la première partie fut publiée dans le numéro précédent (8-11) de notre revue. Cet article étant daté de Juillet 1949, il ne traite par conséquent pas de la situation toute récente en Grèce, après la capitulation des partisans ordonnée par le Kremlin.
Nos camarades étaient arrivés à la conclusion qu'à la suite du renforcement de la réaction indigène, activement aidée par Pimpérialisme américain, et de la dislocation du mouvement des partisans provoquée par toute la politique de sa direction stalinienne, particulièrement depuis le limogeage de Markos et la lutte contre Tito, il n'y avait plus aucune chance sérieuse de victoire pour le mouvement. Prolonger la lutte dans ces conditions était faire le jeu de la bourgeoisie grecque, de l'impérialisme yankee et même de la bureaucratie soviétique. II fallait IMPOSER la paix dans des conditions qui n'écrasent pas le mouvement ouvrier tant éprouvé de ce petit pays, par une pression simultanée du prolétariat grec et du prolétariat international.
Obéissant aux directives du Kremlin, le P. C. grec vient de décider « de stopper la lutte armée et de diriger la puissance entière du mouvement vers une large lutte politique et économique ; d'organiser un front général de lutte pour la démocratie, l'indépendance, la paix et la démocratisation de la Grèce ». (Compte rendu de la décision du 6º Plénum du C. C. du P. C. G., publié par l'organe du Kominform du 18 octobre 1949.) Ceci consacre en réalité la capitulacion sans conditions du mouvement des partisans grecs. Il faut rappeler qu'au début même de 1949, le rapport de Zachariadès au 5º Plénum de janvier du C. C. du P. C. G. était axé sur l'estimation que l'année 1949 serait celle de « la victoire finale ». Le même Zachariadès explique aujourd'hui que cette estimation « correcte » fut bouleversée principalement en raison de « la trahison de la clique de Tito ». « La décision du 5° Plénum, écrit l'organe du Kominform Pour une Paix durable, pour une Démocratie Populaire (18 novembre 1949), qui disait que 1949 serait l'année de la victoire, était correcte quand la clique de Tito n'avait pas encore ouvertement passé au camp impérialiste et prétendait être un ami du mouvement démocratique grec. »
La défaite des partisans pèsera naturellement lourdement sur l'évolution prochaine du mouvement ouvrier grec. Elle pèsera davantage sur le parti stalinien grec, qui s'avéra dans les dernières dix années le principal organisateur des défaites auxquelles fut conduit le splendide mouvement révolutionnaire des masses grecques, en lutte pour une existence meilleure.
-EPUIS cing ans, c'est-a-dire depuis D la « libération », le cas de la
Grèce plus que celui de tout autre pays d'Europe démontre de la façon la plus irréfutable la dégénérescence du régime capitaliste. Dans le cadre de conflits sociaux exaspérés — que le pays n'avait jamais encore connus — au cours des années qui suivirent la « libération » on peut faire les constatations suivantes :
a) Malgré les importants renforts matériels octroyés par l'étranger, la désagrégation de l'économie s'est poursuivie à une cadence accélérée ainsi que la destruction des moyens de production (el avant tout du principal d'entre eux : les masses ouvrières du pays).
b) La misère des masses ouvrières, paysannes et petites bourgeoises est allée croissant.
0) La cupidité et la soit de profits de Foligarchie capitaliste ont atteint des proportions inouies.
Pd) Enfin, de la part de la bourgeoisie indigène et de ses protecteurs, les impérialistes étrangers, un monstrueux régime politique policier et militaire a été imposé aux masses, rivalisant de barbarie avec les plus abjects régimes dietatoriaux de l'histoire.
Les privations, la misère, les soutfrances des masses opprimées et exploitees du monde entier, et plus particulièrement de Grèce, démontrent clairement aujourd'hui la colossale duperie de ces fameuses « libertés » au nom desquelles les impérialistes des « démocraties » et leurs alliés staliniens oni entrainé les peuples à la boucherie.
Ceux-ci n'ont conquis ni leur « libéralion du besoin » ni leur « libération de la terreur », ni la « liberté de s'exprimer ». Bien au contraire, le besoin, la terreur, le baillonnement des masses sont à leur apogée. Tels sont les fruits de la victoire « antifasciste » des impérialistes démocrates et des bureaucrates soviétiques », obtenue au prix de ruisseaux de sang ouvrier, de souffrances atroces des peuples de la terre, de vastes destrucuons des moyens de production.
El cela parce que les staliniens ont trahi la révolution socialiste précisément à l'heure où l'histoire appela:t les masses opprimées au renversement révolutionnaire de tous les capitalistes, « démocrales » aussi bien que fascistes, et à la suppression de toute exploitation, aussi bien celle des capitalistes que celle de la bureaucratie « soviélique » non moins contre-révolutionnaire et ennemie du socialisme qu'elle n'est « anticapitaliste ».
C) Dans l'évolution de la situation d'après-guerre en Grèce, on constate que pas moins de 20 gouvernements se sont succédé, depuis celui " d'union nationale » de Papandreou-Zergou a gouvernement de coalition LihérauxPopulistes-Unilaires sous la présidence de Diomidés avec un parlement élu sous le règne de la terreur et d'innombrables falsifications, et représentatif de tout ce que la « direction politique nationale » a de plus barbare et de plus pourri.
Le contrôle de tous les secteurs de la vie économique, polilique et sociale du pays par l'impérialisme américan, ainsi que le rôle de l'appareil policier et militaire va croissant.
De même on en est arrivé à la suppression complète des libertés politiques et syndicales les plus fondamentales et des libertés élémentaires du citoyen tandis qu'une terreur inouïe règne dans les villes et les campagnes. Le nombre des emprisonnés et déportés atteint plusieurs diz ines de milliers : les exécutions des condamnés se poursuivent quotidiennement ainsi que les épurations et les arrestations pour délit d'opinion, les transferts et arrestations de populations entières, le maintien de Macronissos et autres lieux de supplices, elc., etc. Parallèlement, une vague de détourne36 ments vertigineux effectués par la jeunesse dorée de la elisse possédante: a deterlé sur le pays, tous les partis bourgeois sans exception sont soudoyes par l'oligarchie plutocratique des Katsambas el des Bodosakis. Des vivres pour une valeur de plusieurs dizaines de milliards de drachmes ont pourri dans les entrepots et ont dû être jetés à la mer, tandis que des dizaines de milliers d'enfants sous-alimentés meurent de tuberculose, que des dizaines de milliers de chômeurs ont faim, que le salaire ouvrier minimum ne dépasse pas 8.000 drachmes et qu'environ un million de paysans pauvres ayant quitté leur foyer en raison des opérations militaires recorvent « pour vivre » une allocation de
1.000 drachmes par, jour.
L'indice des prix monte tandis que les traitements des fonclionnaires restent stables ou s'y adaptent faiblement. Les impôts écrasent les artisans et les petits commerçants Le déficit du budgel depassant la somme colossale de un trill on de drachmes menace. les masses populaires de charges nouvelles. Toutes les ressources du pays sont consacrées au financement et à la continuation de la guerre civile qui dure déjà depuis trois longues années.
Tous ces faits viennent souligner :
a) la profonde crise économique, politique, financière et sociale qui secoue jusqu'au tréfond un pays embrase par les récentes luttes de classes gagnees par la réaction capitalisle indigène et l'impérialisme mondial grâce à la politique contre-révolutionnaire des staliniens pendant et après la guerre (aussi b'en en Grèce que sur une échelle mondiale). Sans celte politique, cette crise aurait sonné le glas du système capitaliste agonisant ; b) la faiblesse interne extrême de la classe dominanle et la haine comprimée des masses contre son régime ; c) les possibilités objectives qui existent encore d'une solution révolutionnaire de la crise à la condition préalable indispensable d'un regroupement, d'une réorganisalion et du relèvement du mouvement ouvrier sous une nouvelle direction anli-bureaucratique. L'enfer grec dans lequel agonisent les masses vrières, paysannes el petites bourgeoises opprimées est le résultat de deux faits fondamentaux de notre époque (analysés déjà par la IVe Intern tionale). à savoir l'agonte mortelle du capitalisme et la crise de la direction du mouvement ouvrier due à la trahison stalinienne.
D) Toutes les évolutions récentes du pays semblent s'axer autour de la guerre civile à la campagne et de son issue violorieuse. Après avoir sapé les bases du mouvement ouvrier dans les villes et complètement désorganisé celui-ci, le stalinisme a cultivé l'illusion que la solution du problème social serait réalisée par la vicloire de la guerre des partisans. D'autre part c'est soi-disant pour
DATRIEME IN • détruire le banditisme » que la bourgeoisie a imposé aux masses un régime de terreur et de violence sans précédent, supprimant les libertés les plus élémentaires et imposant une exploitation économique de type colonial. Et c'est pour « renforcer le pouvoir légal » (issu des élections truquées du 31 mars), « contre la guerre des partisans fomentée par l'étranger », que les impérialistes proclament qu'ils sont intervenus efficacement en Grèce. Par allleurs, c'est pour " soutenir le peuple démocratique contre les tyrans vendus aux étrangers » qu'a timidement été justifiée l'aide minime octroyée jusqu'à present par les dinerentes « democrates populaires » satellites de la bureauoratie « soviétique ».
Que se cache-t-il derrière tout cela ?
De la part de la réaction capitaliste qui a fomenté et Imposé la guerre civile ; une tentative de briser la lutte des ouvriers, des paysans et des petits bourgeois, de les plier à un régime d'oppression et d'exploitation économiliquidant. sion et dexploitation économique sans précédent, de détruire en la phys quement leur avant-garde militante, d'épurer et de renforcer l'appareil d'Etat et tout particulièrement d'equiper, selon la technique moderne. • une armée de plusieurs centaines de milliers d'hommes afin de l'utiliser à la première occasion pour réaliser ses visées impérialistes secrètes.
L'impérialisme américain qui aide effectivement la bourgeoisie grecque dans la conduile de la guerre a pour buts : la destruction d'un mouvement de masse anti-capitaliste, soumission anti-impérialiste et pro-soviétique, économique et politique tolale d'un pays de grande imporlance stratégique, transformation en un bastion anti-soviétique dans les Balkans.
Enfin la bureaucratie « soviétique » qui exploite pour son propre compte la guerre des partisans et sous l'ordre de laquelle se trouvent aussi bien les gouvernements des « démocraties populaires » balkaniques à lexception de Tito) que la direction du P. C. grec et le gouvernement bureaucratique fictif des montagnes utilise l'indignation des masses el la résistance des militan!s contre l'offensive de la réaction pour affablir l'impéralisme américain, et le gouvernement d'Alhènes et pour faire . passer le pays dans la sphère d'influence soviétique par la victoire de la guerre des partisans. Mais, cette vicfoire devenant impossible sans risquer des complications plus générales, des buts plus modestes ont été poursuivis dès le début de 1949: la séparation d'une partie de la Macédoine en vue de la création d'un « Elat macédonien uniflé et indépendant » du type des « démocraties popula res » (parallèlement la bureaucralie soviétique n'a cessé de soutenir les visées bulgares relatives à un accès sur la mer Egée). Et dernierement, celte revendication elle-même
TERNATIONALE ne semblant pas réalisable, la bureaucratie séviétique s'est montrée disposée à liquider la guerre des partisans pour des concessions que les Américains pourraient faire dans d'autres secteurs.
Ainsi s'entrecroise l'antagonisme international U. R. S. S.-Amérique SUE l'arène sanglante de la Grèce où « la guerre civile » des monlagnes se poursuit toujours.
E) Etant donné le rapport de forces dans le pays (baisse continuelle mouvement ouvrier dans les villes, absence de soulèvement de larges masses paysannes dans les campagnes, faiblesse interne du capitalisme grec, bien qu'etlectivement soutenu par l'impérialisme américain), la guerre civile non seulement ne pourra pas bénéficier d'un mouvement anti-capitaliste plus ample des masses ouvrières et paysannes, ni se débarrasser de sa direction stalinienne, ni réorganiser démocratiquement, trouver une orientation de classe, ni se lier au mouvement révolutionnaire. Sans renforts importants de l'intérieur et de l'extérieur (pratiquement elle élé abandonnée par l'U, R. S. S. et les « démocraties populaires balkaniques), sans aucune trace de démocratie, sous un régime de terreur imposé par la bureaucralie stalinienne (inlerdiction de toute critique, même dans les sphères dirigeantes de la bureaucratie : épuration Markos-Chrysa), avec une politique ayant cree la plus grande contus on dans ses rangs (décisions du 5º Plenum du C. C. grec, du 2º Plenum du C. C. du M. U. F.), elle a subi des revers sanplants tant au Péloponnèse qu'en Roumélie et ailleurs, revers que n'ont pu éviter ni l'héroïsme désespéré des Ancartes, ni l'absence d'ardeur guerrière des soldats de l'armée gouvernementale pressés de rentrer chez eux.
C'est à cette phase de dramatique désagrégation du mouvement des partisans que correspondent les récentes propositions du gouvernement des montagnes et les prises de contact de la bureaucratie soviélique en vue de terminer la guerre civile par un compromis. Mais ni le gouvernement d'Athènes ni les impérialistes américains ne se montrent disposés à accepter ces propositions. Ils veulent continuer coûte que coûte cette guerre civile qu'euxmêmes ont imposée aux masses pour les raisons suivantes : a) liquider jusqu'au dernier, si possible, les militants qui, traqués après décembre, ont été obligés de détendre les armes à la main leur vie et leur liberté ; b) maintenir, sous le prétexte de la « guerre contre le handitisme », les masses prolétariennes des villes sous le joug d'une exploitation et d'une terreur sans précédent c) conserver une armée bien équipée de plusieurs centaines de milliers d'hommes, les corps militaires et les missions militaires étrangers comme une menace braquée au flanc sud des « démocralles populaires », visant toujours
OUATRIEME I a une pénétration économique et polltique de l'impérialisme dans ces pays:
d) convertir la Grèce, dont l'importance stratégique est connue, en un bastion anti-soviétique.
Tout au contraire, la tin de la guerre et la pacification du pays sont aujourd'hui d'un intérêt vital et sont un devoir de classe pour le prolétariat et les autres exploités qui sont actuellement incapables de terminer la guerre des partisans par une offensive anticapitaliste et une victoire de la Révolution socialiste. Une hypothétique victoire la direction stalidans les conditions présentes, nienne et avec l'intervention armée des pays du glacis soviétique, constituerait un pas en avant vers la guerre et instaurerait de toute façon dans le pays un régime d'oppression et d'exploitation des masses par tout un appareil inféodé à la bureaucratie soviétique, ce serait une
« solution » servant les intérêts de l'U. R. S. S. aux dépens des masses et non la révolution socialiste. Ce n'est pas par hasard qu'actuellement chaque ouvrier, chaque paysan pauvre, chaque petit bourgeois ruiné, chaque ménagère pauvre, chaque sinistré « victime des
Andartes » selon la propagande réactionnaire, chaque soldat aspire à une cessation immédiate de la boucherie, à une un de la guerre, à la démobilisation, au retour aux villages et aux champs, à la suppression des mesures exceptionnelles, aux libertés politiques syndicales, à une amnistie générale pour les emprisonnés, déportés et Andartes, à un niveau de vie plus humain, Ainsi la cessation de la boucherie et la pacification du pays deviennent une revendication anți-capitaliste et anti-impérialiste des masses. des mobilisés et des civils, des ouvriers, des paysans pauvres et des petits bourgeois ; une revendication qui peut être imposée malgré et contre la volonté de J'oligarchie capitaliste et des impérialistes étrangers, pir la mobilisation de larges masses à l'intérieur du pays et par la pression du prolétariat mondial. et surtout des ouvriers américains et anglais sur leurs gouvernements impérialistes respectifs.
F) La politique stalinienne place ses espoirs sur un compromis dans les pourparlers des « Grands » et dans les conversations diplomatiques des « pacificateurs » de l'O. N. U. Cette politique qui découle de la nature même du stalinisme est une politique de tromperie. Il n'y a en réalité pas de possibilité de conciliation car la réaction victorieuse veut la continuation de la guerre jusqu'à la destruction totale des Andartes,
You, ce qui revient au même, leur reddition sans conditions. La pacification du pays (qui constituerait une victoire anti-capitaliste du prolétariat et des autres exploités plutôt qu'un « compromis ») peut être imposée par la pression et l'action des masses dans le pays et à l'étranger. Il est indubitable qu'une déelaration de la diplomatie soviétique et 36
NTERNATIONALE des gouvernements balkaniques affirmant qu'ils respecteraient « indepencance » et « integrite terriloriale » Ne la Grèce et une déclaration correspondante de la diplomatie américaine et du gouvernement grec d'Athènes affirmant qu'ils respecteraient « l'indépendance » et " integrité territoriale » des pays balkaniques (Albanie, Bulgarie, Yougoslavie) atténueraient la tension internationale sur la question grecque. Mais ce qui garantirait vraiment la fin de la guerre et la pacification du pays, c'est la conquête des libertés démocratiques politiques et syndicales (de parole et de presse, etc.) pour les individus, les partis et les masses : la suppression de toutes les mesures exceptionnelles et la fin des interventions de l'Etat dans les allaires des syndicats ; une amnistie générale et la libération immédiate des emprisonnés et déportés pour leur action syndicale, politique et de guerillas:
Ir démission du gouvernement actuel de guerre civile et la proclamation d'élections : la démobilisation des réservistes es le départ des unités et des missionmilitaires étrangères ; le retour des vietimes de guerre à leurs villages et la distribution des vivres qui pourrissent dans les entrepôts d'Etal, par des Comités populaires de contrôle élus par des assemblées populaires : l'augmentation des traitements et des salaires en rapport avec le coût de la vie et l'égalisation du salaire des femmes à celui des hommes : le contrôle de la réalisation des revendications ci-dessus devant être exercé par des comités ouvriers de l'étranger composés de représentants de toutes les tendances mouvement ouvrier et élus par des assemblées de travailleurs de tous les centres industriels importants d'Europe. d'Amérique et d'U. R. S. S. C'est ainsi seulement que les Andartes (qui eux aussi désirent la paix mais sont obligés de combattre) pourraient avoir assez de confiance pour rentrer dans leurs villes et leurs villages, à leurs foyers, et reprendre leurs occupations auprès de leurs frères de classe, sûrs d'etre à l'abri du couteau des fascistes ou des mandats d'arrêt des gendarmes. C'est seulement ainsi que le mouvement ouvrier politique et syndical pourrait se réorganiser et être propulsé afin remplir sa mission historique. C'est ainsi seulement que les masses pourraient confronter leurs expériences, isoler les cliques bureaucratiques qui travaillent l'une pour la bourgeoisie indigène et l'impérialisme étranger et l'autre pour la bureaueratie soviétique et qui les ont plusieurs fois trahies) et la're sortir de leurs propres rangs une nouvelle direction révolutionnaire loyale et anti-bureaucratique.
Mener une propagande quotidienne opiniatre en faveur de cette politique dans les villes et les villages, démasquer devant les masses les responsables de la guerre civile de décembre et d'après décembre qui sont ceux mêmes qui dé- sirent aujourd'hui aussi sa continuation, dévoiler la duperie réactionnaire de la propagande gouvernementale invitant les Andartes à déposer les armes les premiers, ce qui serait se livrer sans dérense à la fureur de la réaction capitaliste gouvernementale ou para-gouvernementale, organiser la propagande défaitiste chez les soldats de l'armée gouvernementale qui, de tout cœur, désirent la fin de la guerre et le retour à leur foyer, les inciter à suivre l'exemple de la 567° compagnie (qui tout entière refusa de se battre et demanda la paix et à fraterniser avec les Andarles ; mener une propagande antiImreaucratique parmi les Andartes pour les exhorter à désavouer leur direction hureaucralique et à former des comités démocratiquement élus — telles sont lourdes et difficiles qui inles tâches combent à l'avant-garde révolutionnaire.
G) Ce serait - répétons-le — une dangereuse illusion de croire qu'après sa victoire militaire sur les « rebedles » le gouvernement de la réaction capitaliste et l'impérialisme américain, allié, accorderaient volontiers et de plein gré des libertés politiques et syndicales aux masses et procéderaient à des « élections libres ». Pas le moins du monde. Incapables de faire la moindre concession économique susceptible d'améliorer un peu le niveau de vie des masses, Toligarchie capitalisté et limpérialisme américain derrière elle son! obligés d'étouffer les libertés les plus elémentaires qui permettraient aux masses de défendre leurs intérêts de classe et leurs revendications économiques contre le capital. Chacune de ces luttes des masses, s'amplifiant et s'exaspérant, Terait courir un danger mortel au régime de domination politique sur le lerrain social, saturé de sang. C'est pour cela que la bourgeoisie projette de conserver coûte que coûte le régime actuel de dictature sanglante revêlu de l'habit maculé et usé jusqu'a la corde du parlementarisme dont elle se passerait volontiers s'il ne servait a duper les larges masses ouvrières en Angleterre et en Amérique au moyen de leurs gouvernements respectifs. C'est pour cela que les Iberles politiques et syndicales. l'amnistie générale, la pacification du pays el les autres revendications dn programme de classe ci-dessus ne seront jamais accordées par la classe dominante (même au cas hypothétique d'une solution générale des antagonismes internationaux) mais doivent être conquises par les masses exploitées du
TERNATIONALE pays avec le soutien effeclif de la solidarite prolétarienne mondiale et doivent être arrachées à la réaction. Ainsi même les élections qui doivent avoir lieu et dont le système est actuellement discuté ne sauraient dans les conditions présentes être autre chose que des élections de terreur, de duperie, de falsificalions et de violence, pareilles à celles du 31 mars 1946. Seule une lutte anti-capitaliste des masses inexorable et dépourvue d'illusions, qui débutera par les revendications les plus immédiates pour s'élever dans sa marche ascendante jusqu'à son but historique, sous une nouvelle direction de classe, éclairée, loyale et anti-bureaucratique peut réduire à néant ces projets de la réaction.
Cependant cette lutte ne peut se borner aux revendications économiques immédiates des ouvriers et des fonctionnaires (adaptalion des salaires au coût de la vie, égalisation du salaire des lemmes à celui des hommes, etc.), elle doit comprendre les mots d'ordre tondamentaux suivants d'un programme polilique immédiat de lutte :
Libertés politiques et syndicales pour les individus, les partis, les masses.
Amnistie générale aux prisonniers, aux déportés et aux Andartes.
Fin immédiate de la guerre civile. Pacification du pays par l'action des masses, avec garantie des libertés democratiques et sous contrôle ouvrier international.
Les victimes de guerre à leurs champs, les soldats à leurs foyers.
Départ des missions et des unités militaires étrangères.
A bas le gouvernement de la guerre civile Elections proportionnelles avec plein droit de vote pour les femmes et peur les hommes sans limitation ni discrimination.
A bas la politique stalinienne et la bureaucratie stalinienne, principales responsables de la défaite du mouvement des masses.
A bas l'intervention étrangère dans le pays, qui étrangle le mouvement des masses et la politique expansionniste soviétique qui le trahit et le soumet aux buts contre-révolutionnaires d'une bureaucratie privilégiée absolutiste — responsable tous deux d'une guerre funeste.
Juillet 1949.