Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 8, n° 1

L'assassinat de Kostov

Quatrième Internationale, vol. 8, n° 1 · décembre 1949-janvier 1950 · p. 3-4 · 789 mots

Texte lu par machine sur le scan (relu en 2026 colonne par colonne) : il peut contenir des fautes de lecture. Pour citer, reportez-vous au scan de la page.

LA Bulgarie à son tour a eu son procès, Kostov, membre du Parti communiste du Parti communiste depuls 1924, secrétare du parti en 1940, secrétare général du parti personnage de l'Etat et - du parti après Dimitrov jusqu'en mars 1948, a été condamné à mort et pendu

Cependant tout au long du procès, il a nié catégoriquement les trois princi-

B paux chefs d'accusation, à savoir : a) qu'il était devenu un mouchard lors de son arrestat/on par la police bulgare bulgare en 1942 ; b) qu'il était ensuite passé service de l'espionnage anglo-américain ; c) qu'il avait comploté avec Tito pour rattacher à la Yougoslavie, renverser le gouvernement bulgare et assassiner Dimitrov.

La farce de ces procès tous orchestrés de Moscou ne fut jamais plus sinistre Quand, tout au début du procès, Kostov nia une première fois, la surprise fut telle que le tribunal désorienté crut nécessaire de suspendre l'audience pendant vingt minutes afin de recevoir nouvelles instructions maîtres

; et quand les juges sont revenus salle, ils n'ont pas continué l'interrogatoire de Kostov, mais ont commencé à lire « ses aveux » écrits devant la police

D'autre part, la presse stalinienne mondiale, y compris celle de Sofia et de Moscou, a évité pendant les premières 48 heures de mentionner le refus de Kostov de « se repentir » ainsi que les arguments solides qu'il avança pour sa défense, comme par exemple le fait que les archives de la police bulgare furent saisies en 1944 et publiées ensuite officiellement par le P. C. bulgare. Or, il ressortait de ces archives que Kostov ne fut jamais au service de la police, malgré les tortures auxquelles il fut soumis lors de son arrestation.

La fin du procès n'est pas moins révélatrice des procédés révoltants de la « justice » stalinienne. Kostov a nié à nouveau les accusations lors de la déclaration qu'il a pu faire pendant deux minutes au milieu d'un vacarme souleve par la clique guépéoutiste cherchant à l'intimider, tandis que les gendarmes qui Pentouraient le contraigna'ent à s'interrompre et à s'asseoir. Quelques minutes avant qu'il prenne la parole pour la dernière fois, les écouteurs des correspondants étrangers avaient cessé de fonctionner. Enfin, après la fin du procès et apres la pendaison, le gouvernement a annoncé que Kostov avait désavoué son attitude « arrogante » au procès et reconnu ses « crimes ».

Les Yougoslaves qui s'étaient empressés bien avant l'ouverture du procès d'accabler Kostov, l'accusant eux aussi d'être « suspect », furent non moins surpris par son attitude courageuse devant ses juges pris de remords tardifs, n'ont plus insisté que sur le caractère factice du procès et sur son déroulement odieux.

pendu parce que « aveux » durant, son procès étaient la « preuve » de ses « crimes ». Kostov fut pendu bien qu'il ait nié, la « preuve» de ses « crimes » étant ses « aveux » écrits devant la police et ceux ses co-accusés. Et ses dénégations au tribunal constituaient un « crime » de plus.

Les apologistes de ces crimes, journalistes staliniens ou compagnons de route à la Benda (éléments petits bourgeois pour carriérisme peur regroupe dans l'écurie stalinienne) s'abritent derrière de grandes phrases, évoquant les nécessités de l'histoire, etc., les quelques remords qu'éprouve peut-être leur conscience corrompue. Comme si le socialisme révolution pouvaient être servis par le mensonge et l'ignominie, l'engourdissement de toute faculté orlique, empêchant de dans les motifs politiques précis déterminant tous les procès et allongeant la sinistre file des pendus !

A Budapest, à Sofia, demain à Varsovie, à Prague, dans toutes les « démocraties populaires », le Kremlin jugera et pendra tous les éléments de ses propres partis communisies qui, d'une façon ou d'une autre, effectivement ou potentiellement, s'opposent à la politique de « russification ». de ces pays, politique servant excluslvement les intérêts propres de la bureaucratie soviétique

Les Rajk, les Kostov, les Gomulka, eux-mêmes bureaucrates staliniens de premier plan, personnifient l'écho déformé de la résistance des masses politique de domination exploiteuse et omnipotente de Moscou, qui monte jusqu'aux sommets des partis communistes.

Mais la terreur la plus sanglante aura peine à venir à bout de cette résistance. Avec Kostov en Bulgarie, selon une information du TIMES, furent arrêtés E au res membres du C. C. du P. C. bulgare et quelque 300 secrétaires locaux. Des informations récentes de Belgrade disent que V. Kolarov s'opposerai; à son tour à la mainmise si brutale de Moscou sur la Bulgare, « province désorgarisée de l'empire russe ». En Albanie, la lutte entre les mercenaires de Moscou et les forces révolutionnaires du pays est parvenue à sa phase armée. Dans la conjoncture internationale actuelle le joug de Moscou n'a aucune perspective de stabilisation dans le glacis.

Une erreur sur cette page ?