Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 7, numéro de l’été

Nouveaux développements à Belgrade

Quatrième Internationale, vol. 7, numéro de l’été · été 1949 · p. 8-9 · 814 mots

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Les derniers mois, alaon los doradères semaines, ont vu s'ac- - . contuer en plusieurs points l'évolution en Yougoalavie. C'est le résultat d'une pression économique et politique acorue du Kremlin sur ce pays, pression qui vise à renverser coûte que cotte "la olique titiste" dont la dissidence & ouvert incontestablement la brèche la plus importante dans l'édifice stalinien depuis l'extermination de l'aile révolutionnaire en URSS. Ne se contentant pas d'avoir rompu tous les rapports économiques avec la Yougoslavie, le Kremlin a profité de la discussion du traité de peix autrichien à la dernière "conférenoe des quatre" à Paris pour abandonner les revendications yougoslaves sur l'Autriche. Même coup lors des dernières élections à Trieste.

D'autre part, la poursuite de la lutte de "l'armée démocratique grecque"' contre les "monarchos-fascistes d'Athènes" est devenue aux youx du Kremlin d'un intérêt tout à fait secondaire en face de l'utilisation de cette armée pour combattre Tito et maintenir une situation trouble dans la partie yougoslave de la Macédoine. C'est là un exemple révoltant du oynisme bureaucratique caractérisant la politique du Kremlin qui se pornet de monnayer le sang des masses greoques engagées depuis des années dans un combat à mort contre la réaction, pour servir ses plans de campagne contre Tito.

Markos fut la première victime de cette campagne qui décapita et démoralisa le mouvement des partisans grece, afin de permettre son noyautage par les agents direets du Kremlin, et son utilisation contre Belgrade. Des rapports d'Athènes indiquent que ce mouvement, désorienté et démoralisé de l'intérieur, traqué par la pression militaire accrue du gouvernement résotionnaire grec, se disloque actuellement en petites bandes formées essentiellement d'éléments de la minorité slavo-macédonienne, que le Kremlin tâche de transformer en "maquis" essentiellement anti-titiste opérant dans les montagnes bulgaro-yougoslaves et dans la partie yougoslave de la Macédoine.

C'est en partie pour répondre à cette menace que Tito, parlant à Tola, a annoncé la fermeture graduelle de la frontière greco-yougoslave. Cette mesure oorrespond aussi, bien air, au désir des Anglo-saxons protecteurs du régime infâme d'Athènes.

A la suite de son isolement de l'est, Belgrade qui traverse une grave crise de réorientation économique et qui a abeolument besoin de s'approvisionner à l'ouest en matières premières, en machines et en capitaux est obligé d'entror dans la vote des concessions partielles. Une retraite de ses positions diplomatiques défendues jusqu'à présent se dessine aussi en ce qui concerne ses revendications sur l'Autriche et Trieste.

Tout ceoi ne serait pas encore grave et ne signifierait en aucune façon l'intégration de Belgrade dans le bloc impérialiste si les dirigeants yougoslaves expliquaient chaque fois sincèrement les raisons de ces retraites et de ces concessions, en reconnaissant olairement la pression impérialiste, et surtout s'ils cessaient de défendre l'idée ab-

- 8 - surde d'une possibilité de construire et d'achever dana de telles conditions le socialisme en Tongualavie. Dena la mesure où setto soi-disant "éditioation du socialion"- en Yougoslavie devient un but en soi elle ne peut que camoutler la tentative d'une bureaucratie naissante de rester cofte que coûte au pouvoir et de s'accoutumer à toutes les concessions envers l'impérialisme.

Ce qui est possible en Yougoslavie, c'est de commencer à édifier le socialisme en s'efforcant d'élargir sa base pour l'extengion tout d'abord de la véritable révolution prolétarienne dans toute la péninsule balkanique et dans toute l'Europe,

L'idéologie de "l'Etat Socialiste Yougoslave" prédominant sur celle de l'utilisation de la Tougoslavie pour élargir la base de la révolution, est une idéologio réactionnaire,

Mais une telle orientation vers la révolution mondiale présuppose naturollement un véritable pouvoir prolétarien en Yougoslavie, basé sur les masses démocratiquement et librement organisémen classe dominante, et une réelle compréhension et une réelle déndhiation du stalinisme.

Sur ce dernier point, quelques progrès ont été aocomplis ces derniers temps par les dirigeants yougoslaves. Ayant tout bien pesó, ils se sont décidés à passer à leur tour à une contre-offensive idéologique contre 1o Kremlin et le Kominform. Dans leurs discours et leurs publications ont paru récemment des caractérisations et des analyses de la politique du Kremlin, de la nature des "Démocraties Populaires" ot de la nature de classe de la Yougoslavie elle-même tout à fait remarquables, parmi lesquelles nous voulons citer : Le discours d'introduction à la nouvelle loi sur les "Comités du Peuple" de E.Kardelj à l'Assemblée Nationale ; le discours de Djilas à l'occasion de l'anniversaire de l'insurrection diamontenegro; le disoours de Tito au Ille Congrès du Front Populaire.

Nous reviendrons prochainement dans une étude sur ces développements idéologiques qui s'opérent doul la pression des événements et par la logique de la lutte dans les milieux du Parti Communiste Yougoslave. Il n'y a pas de doute qu'indépendemment de l'évolution ultérieure de la Yougoslavie, qui n'est pas du trut encore réglée, c'est actuellement que s' ouvre la phase de discussion, de fermentation idéologique, d'examen eritique, de recherche d'une orientation pour toute une couche de communistes yougoslaves. Que notre Internationale ne perde pas de vue cette constatation.

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