Le 47è Congrès du parti socialiste n'a préoccupé que très peu même les professionnels de la politique. Tout le monde savait par avance que rien de particulier ne pouvait en sortir.Ces participants de la "3è force", incapables de voir au-delà du bout de leur nez, constataient que le gaullisme et le parti stalinien ne sont plus en montée; dans quelques cas même, les élections leur donnent quelques élus départamentaux ou municipaur aux dépens des gaullistes. Le franc a l'air de faire bonne figure si on veut bien comparer aux difficultés que rencontre la livre sterling. Le gouvernement ne semble plus être
- 9 - munacé d'un vote défavorable de 1'Assemblée natinnal mbichu 8108s pour Le moment la perspective d'une crise gouvernementale/qui nier au cours de l'été. Un beau petit Congrès pouvait se tenir avant de partir en vacances.
Evidemment, les ministres socialistes les Moch, les Lacoste, s'étaient fait la main sur les mineurs et les travailleurs en général, Evidemment, les socialistes La perte de confian g?E& Isident enregistrer aucun suscès sur la gaucke; rapportant rien ni des travailleurs ni des petits-bourgeois. Enfin il y a une ombre au tableau, la grande bourgeoisie ne leur etant pas particulièrement reconnaissante de leurs bons services. Paul Reynaud et autres défenseurs du capitalisme francais qui n'ont pas abandonné leurs plans contre la Sécurité Sociale, les entreprises nationalisées, eto, , songent à débarquer les socialistes du gouvernement pour réaliser ces plans dès que la situation se mentrera plus propice.
Que faire dono ? - les débats du Congrès socialiste ont été très paisibles en dépit de l'existence de trois tendances. Il y avait une "extrême gauche" dirigée par Bouthien qui , tout en reconnaissant que la politique suivie jusqu'à présent avait eu "sans doute son utilité", se prononçait pour mettre un terme à la participation ministérielle ; elle recueillit 423 mandats, Il y avait aussi une "gaucho" avec 4.Philip et Depreux qui approuvait aussi la politique passée mais demandait des "modifications profondes" à la politique gouvernementale pour la continuation de la collaboration ministérielle; elle obtint 852 mandats, Enfin la majorité, dirigée par Ioniel Mayer et Guy Mollet et dispos ant de 1663 mandats, déclara qu'elle n'était pas tout à fait "satisfaite" des résultats de la participation gouvernementale, et chargea une commission "d'élaborer un programme d'ensemble audacieux et clair à l'échelle nationale et internationale".
Les divergences étaient aussi minces que possible. In réalité, le Congrès dans son ensemble avait plutôt tendance à se féliciter qu'après tout cela aurait pu aller beaucoup plus mal : on se retrouvait vivant et avec quelques membres brisés. Blum lui-même ne fit-il pas une courte apparition après une lorgue maladie, se survivant à lui-même tout comme la démocratie bourgeoise?
Le Congrès socialiste reflêtait effectivement un aspect de cette exsangue quatrième République, qui s'étonne de ne pas être morte sous les coups de droite et de gauche. Et ces petits-bourgeois attrihuent ce fait à eux-mêmes, se découvrent des génies méconn us et ne voient pas qu'ils sont tout simplement les bénéficiaires inespérés des échecs staliniens dans la "guerre froide" qui a sévi entre Washington et Moscou,
Mais oes stratèges de la "lutte sur les deux fronts" ne compre -nant pas plus ce qui se passera que ce qui s'est passé, ne tarderent pas à déchanter. La nouvelle conjoncture économique mondiale déterminée par crise montante aux Etats-Unis, l'incapacité de l'économie francaise à produire à des prix capables de faire front sur les marchés mondiaux, la saignée incessante résultant do la continuation de la guerre au Viet-Nam, ne vont pas tarder à produire leurs fruits, notamment du chômage dans les villes, une crise dans les campagnes, des faillites, le déséninihre budgetaire, ainsi que leurs conséquences politiques. Le gantieme, malgré son raou 80tuel, sera là pour recueillir le ménontomoment des petits bourgeois, Mais que fera la classe envrière? Après ses deux défaites de 1947 et de 1948, il est indiscutable que des flements de démoralisation existent, favorisés
- 10 - par la politique stalinienne.\ Il faut relever que , pour la première fois à un Congrès socialiste, il n'y a pas eu une seule voix (de véritables membres du parti socialiste - nous ne parlons pas de déguisés du parti socialiste unitaire) pour défendre l'unité d'action avec le parti communiste. Ce sont avant tout les résultats de la politique stalinienne, malgré les appels pseudo pathétiques de Thorez aux ouvriers socialistes. Cependant, de grandes ressources de combativité sont présentes et la classe ou. • vrière est loin d'avoir dit son dernier mot. Dans l'éditorial du numéro précédent de "QUATRIEME INTERNATIONALE" nous avons montré divers indices d'une nouvelle maturation des luttes ouvrières en France et du retard oocasionné par la politique des vieilles directions et l'absence d'une direction révolutionnaire reconnue. Les stupides petits-bourgeois rédacteurs des diverses motions politiques qui se sont partagées les votes du Congrès socialiste se sont unanimement flattés d'avoir sauvé la République de la dictature gaulliste et de la dictature stolinienne, ils sont seuls à y croire. Ils ont en fait travaillé pour la réaction et rendu plus ardue la tâche des ouvriers et de l'avant-garde révolutionnaire en France. Mais cette tâche, ceux-ci l'accompliront malgré les vestiges de la social-démocratie et aussi malgré le puissant obstacle du stalinisme.