Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 7, numéro de l’été

Les staliniens français et la guerre du Viet-Nam

D. · Quatrième Internationale, vol. 7, numéro de l’été · été 1949 · p. 60-61 · 688 mots

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A entendre "_'Humanité", le P.C.F. aurait toujours lutté contre temps refusé les crédits destinés à la "sale guerre". C'est contraire à la la guerre du Viet Nam et les députés du groupe communiste auraient de tous vérité et la lutte contre l'impérialisme français rend également indispensable le rappel des faits et des discours passés relatifs aux variations du PCF en la matière.

Jusqu'au 20 mars 194], le groupe parlementaire communiste vota régul tèrement et sans la moindre hésitation tous les prédits de guerre. Or, le début de la reconquête de l'Indochine par l'impérialisme français date de septembre 1945, avec le débarquement de Leclero en Cochinohine(1)•

Le groupe communiste vota les crédits de l'Indochine le 4 avril 1946, budget en augmentation bien que depuis prés d'un mois un accora venait d'atre signé avec Ho-Chi-Minh. ("Journal Officiel du 5 avril 1946). Son porte-parole larribère spécifia : "Il ne s'agit pas pour nous de demander le rappel du corps expéditionnaire d'Extrême-Orient".

Non content de voter les crédits de guerre, le groupe communiste s'associa également à plusieurs reprises dans l'unanimité de l'Assemblée Nationale, à des motions de félicitations au corps expéditionnaire et au général Leclero. Le 4 avril 1946, il vota le texte suivant : "L'Assemblée

Nationale Constituante adresse aux troupes du corps expéditionnaire d'Extrême-Orient et à leurs chefs l'expression de la gratitude et de la confiance du pays au lendemain du jour où l'entrée à Hanoi consacre la réussite de la politique de libération pacifique de toutes les populations de l'Union Indochinoise, suivie par le gouvernement de la République". ("Journal Officiel"). Rappelons que cette date est considérée par la population du Viet-Nam comme un jour de deuil national.

Autre participation au vote de félicitations le vendredi 2o décembre 1946 au lendemain de la reprise intensive de la guerre : (1) Il est bon de rappeler aussi à cette occasion que le 18 juin dernier, le PCF célébra la mémoire du général Leclerc, disputant à de Gaulle le nom de ce condottiere ultra-réactionnaire et taisant qu'il avait dirigé les premiers coups oontre le Viet-Nam. Mais à ce moment-là, Leclero obétonait aux ordres d'un gouvernement où figuraient en bonne place les ministres staliniens.

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"L'Assemblée Nationale adresse l'expression de son affectueuse sympathie aux combattants français d'Indochine et salue leurs efforts pour maintenir en Extrême-Orient la présence pacificatrice et civilisatrice de la France". (Journal Officiel). c'est le 20 mars 1947 que le groupe communiste pour la première fois ne vota pas les crédits pour l'Indochine. Il ne vota pas contre d'ailleurs mais se réfugia dans l'abstention. Et encore, les ministres communis -tes, pour ne point rompre la solidarité ministérielle, votérent ces crédits. Ce vote n'avait pas le sens d'un retournement de la politique du PCF pour vant, les députés communistes votèrent ces crédits au sein de la commission 1! indépendance totale du Viet-Nam. C'est si vrai que quelques jours auparades finances. Le C.C. du PCT réuni le 19 mars 1947, tout en mandatant le groupe parlementaire de ne pas voter les crédits militaires pour la poursuite de la guerre, précisait : "L'intérêt national exige le maintien de l'influenoe et des positions francaises en Extrême-Orient"•

Dans ses discours à l'Asremblée du 18 et du 20 mars 1947, Jacques Duolos répétait à plusieurs reprises ;"Nous sommes pour la présence fran -caise en Extrême-Orient". Il justifiat cette position par l'argument on ne peut plus hypocrite : "Notre départ en Extrême-Orient y amenerait d'autres présonces qui n'auraient peut-être pas un caractère très démocratique"•

Le sens du refus de vote des crédits de guerre par le PCF c'est le meilleur moyen d'assurer le maintien de la présence franqu'à son avis. caise au Viet-Nam est de négocier avec Ho-Chi-Minh. Malgre l'intensification de son agitation contre la "sale guerre", le parti stalinien n'a Jamais dépassé l'objectif ainsi défini, n'a jamais dénoncé l'Union Francaise, il continue à se présenter comme le meilleur défenseur de la "patrié"; au fond ne oherche -aux colonies comme dans la métropolequ'à utiliser les vements des masses dans les cadres du capitalisme, à l'intérieur de ces cadres, pour amener les capitalistes de ces pays à composer aux meilleurs termes pour la bureaucratie moscovite.

Juillet 1949

D.

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