La "Sacrée Congrégation du Saint-Office" vient de rendre publique sa décision du 28 juin dernier d'excommunier 1p3o facto les catholiques "qui professent ou propagent les doctrines anti-chrétiennes des communistes".
Cette décision marque le point culminant de la lutte engagée entre le Vatican et le Kremlin depuis les événements qui ont conduit au procès du cardinal Mindszenty en Hongrie et à la tension qui règne aotuellement entre 1' Stat et l'Eglise catholique en Tehécoslovaquie. Cette lutte s'inscrit plus généralement dans le cadre de l'antagonisme qui oppose l'URSS au bloc impérialiste dirigé par Jashington et dont le Vatican est devenu une pièce maîtresse.
Dans les "démocraties populaires" en particulier l' Eglise catholique représente la dernicre ligne de résistance des anciennes classes dominantes qui s'efforcent de polariser tout courant populaire pour les dresser contre les régimes instaurés par le Kremlin dans ces pays. De ce point de vue la résistance de l'Eglise catholique ne sert que des fina réactionnaires et se rattache en définitive aux tentatives de l'impérialisme de reprendre pied dans ces pays et à la lutte contrerévolutionnaire qu'il mène dans le monde.
Mais le stalinisme a tout fait pour faciliter la campagne réactionnaire du Vatican, associé "spirituel" de Washington.
L'attitude du merrieme révoluionnaire envers la religion et 13glise fut clairement définie par Marx, Engels et lénine, Elle se ré-
- 11 - sume dans les principes suivants :
La) La religion, opium du peuple, a des causes avant tout sociales et non pas simplement culturelles lignorance des masses) comme le pensent les bourgeois progressifs et les anarchistes. "Dans les pays capitalistes modernes, la base de la religion est primordialement sociale, écrit Lénine (1). Les plus profondes racines de la religion moderne plongent l'oppression sociale des masses et dans leur complète impuissance apparente devant les forces aveugles du capitalisme qui, chaque jour et chaque heure, inflige mille fois plus de souffrances et de tortures sur la masse du peuple travailleur que les souffrances que leur causent des événements exceptionnels comme la guerre, les séismes, eto.. "La peur crée les Dieux". Peur des forces aveugles du capital -aveugles parce que les masses ne peuvent pas prévoir leurs actionsune force qui à chaque pas dans la vis menace l'ouvrier et le petit propriétaire de destruction et ruine "subite ", "imprevue", "acidentelle", entrainant la mendicité, le paupérisme, la prostitution, les morts de famine - est la raoine de la religion moderne que le matérialisme doit retenir avant tout bien dans son esprit s'il ne veut pas rester dans l'école infantile du matérialisme".
Pour cette raison, la lutte contre la religion doit être menée non pas seulement et non pas tellement avec des arguments idéologiques théoriques ou des décrets, mais avant tout par une lutte "unifiée, disciplinée, planifiée et consciente" des masses en vue d'exterminer "le joug du capital dans toutes ses formes" (Lénine).
Les communistes au pouvoir déclareront la religion "affaire privée" par rapport à l'Etat et attendront qu'elle déperisse progressivement au fur et à mesure que les racines de la division de la société en classes disparaissent.
Mb) Cependant, si la religion est considérée affaire privée par rapport à l'otat, elle n'est pas considérée comme telle par rapport au Parti Révolutionnaire.
Les marxistes révolutionnaires sont des matérialistes dialecticiens et par conséquent athées et athées-militants. Ils ont le devoir de défendre et propager leurs vues, mais ils ne les impo seront par aucune exercice de violence.
Les marxistes-révolutionnaires s'opposeront à toute formo de guerre à la religion et à toute campagne anti-cléricale qui ranimerait des "guerres religieuses", lesquelles en definitive ne peuvent profiter qu'a 1 Eglise et attacher encore davantage les masses arrièrées à leurs idoles.
Sur ce point, l'attitude de Marx, d'Engels et de Lénine se sépare résolument de l'anti-cléricalisme bourgeois radical ou anarchiste. Il faut subordonner la lutte ouverte contre la religion et l'Eglise à la lutte sociale des masses pour extirper les racines sociales de la religion.
Le stalinisme a faussé ces trois principes. En remplaçant la
(1) IT.IENINE, L'attitude du Parti Prolétarien envers la religion.- (26 mai 1909) • - 12 - véritable révolution prolétarienne par la dictature bureaucratique de la "démocratie populaire" qui perpetue l'esclavage économique et politique des masses, il s'est rendu incapable d'attaquer réellement les racines sociales de la religion, et n'a pu conquérir l'appui conscient des masses dans la lutte contre toute forme. de réaction. En se réconciliant d' autre part idéologiquement aveo la religion, dont il a lui aussi besoin en tant qui "opium" des masses qu'il exploite, il consolide encore plus les positions de la religion et de l'Eglise parmi les masses. En s'efforçant non pas de rendre la religion affaire privée par rapport à 1'Etat, mais de soumettre l'Eglise par la force, par des procès truqués à la Moscou, par les persécutions, etc. afin de l'utiliser lui aussi en tant que pion docile dans son appareil étatique totalitaire, il provoque une résistance et ranime les "guerres de religion" qui camouflent les véritables conflits sociaux, au profit de l'Eglise et de la reaction.